Vancouver, 2 ans plus tard – Dernier Bilan

Il y a deux ans, après avoir traversé le Canada d’Est en Ouest pendant 10 mois, nous posions nos valises à Vancouver.

La raison de cette nouvelle vie sédentaire ? Nous étions arrivés au bout de la route et nous ne pouvions financièrement plus aller plus loin. Par chance, nous avons vite réalisé que Vancouver était l’une des villes les plus agréables que nous ayons traversées sur le chemin. Entre les -36 degrés de Montréal et la morosité de Winnipeg; Vancouver donnait l’impression d’être arrivé tout droit à Disneyland, entre ses grattes ciels futuristes et son décor incroyable entre mer et montagnes.

Si vous me suivez depuis un certain temps, vous avez sans doute déjà lu mon premier article sur mes six premiers mois à Vancouver, où vous pouvez y lire que ma lune de miel avec cette ville n’avait pas fait long feu. Il faut dire que très rapidement, Vancouver me l’a bien mis à l’envers.Tout était pourtant bien parti: un job trouvé en moins de 48h et un logement somptueux en moins de 24h, qui fut aussitôt suivi du vol de mon van et des problèmes relatifs à celui-ci pendant plus de 4 mois: convocations en justice, amendes exorbitantes, escroqueries en tout genre et pour couronner le tout, un nouveau véhicule dont le moteur explose en moins d’un mois… la descente aux enfers!

Alors en effet, au lieu de vivre ma meilleure vie, je badais dans mon basement somptueux qui moisissait à vue d’oeil (et oui, là encore un cauchemar de plus!) 

Après la résolution de la majeure partie des problèmes susnommés, j’ai ENFIN pu profiter de ce que cette ville avait à offrir. Pour autant, le bilan que j’en tire n’est pas plus positif que le précédent. Je vous explique ici pourquoi.

Vancouver, au top de tous les palmarès.

Alors d’accord, je rends sans problème ce qui est à Vancouver quand il s’agit de reconnaître ses qualités, car oui elle en a bien quelques unes (sinon ne nous serions pas si nombreux à venir y tenter l’aventure et à y rester aussi longtemps).

Vancouver fait régulièrement la fierté du Canada en se classant dans de nombreux top 5: le top 5 des meilleures villes Nord Américaines, des plus belles villes DU MONDE, ou encore celle de la ville avec la meilleure qualité de vie. Si je suis plutôt d’accord avec les deux premiers top 5, je reviendrais plus tard sur pourquoi je ne suis absolument pas d’accord avec le dernier classement listé. 

Il y a aussi des top un peu plus étonnants comme celui-ci qui nous apprend que le campus universitaire de Vancouver est celui dans lequel réside la plus grande proportion de sugarbabies, ces filles qui recourent à des hommes ultra riches pour subvenir à leurs besoins en échange de services affectifs ++ si affinités…

Vancouver est de part son emplacement géographique et son aménagement urbanistique, une ville absolument incroyable. Il est en effet bien rare en Amérique du Nord, de trouver une ville où les constructions humaines s’acclimatent aussi bien avec la nature qui l’entoure. Tout ici semble avoir été pensé et conçu avec soin pour mettre en valeur les paysages environnants: de l’utilisation du verre pour les grattes-ciels pour mieux refléter la nature, jusqu à l’absence de voie rapide au centre ville pour ne pas enlaidir l’ensemble. C’est une ville qui même en son centre respire grâce à l’aménagement de nombreux parcs et de nombreuses promenades. Il est aisé de s’y déplacer à pied ou à vélo.

Le jardin VanDusen au coeur de la ville.

Certains quartiers sont d’une propreté assez irréprochable. C’est une ville où l’on se sent relativement en sécurité de jour comme de nuit, le harcèlement de rue semble inexistant et les agressions physiques ne sont pas si courantes pour une grande ville.

Vancouver n’est pas réputée pour sa vie culturelle, vous y trouverez quelques musées mais rien de bien stimulant pour une métropole de cette taille. Par contre, si vous aimez manger, Vancouver se rapproche de ce qu il y a de plus innovant et cosmopolite en matière de scène culinaire: il est je pense tout à fait possible de vivre 40 ans ici, sans avoir fait le tour de tous les restaurants tellement l’offre est abondante. Parmis ces autres points positifs, on peut également citer le fait qu’il est assez aisé de trouver du travail rapidement si vous ne visez pas un job trop qualifié.

Pour moi, le point fort de Vancouver, celui qui la rend si unique au delà de sa richesse économique, de son marché de l’emploi et de ses aménités, c’est la diversité de ses habitants. Nulle part ailleurs, je n’ai vu autant de cultures se mélanger, travailler ensemble et vivre ensemble. Ce n’est pas une réussite en tout point, puisque cela amène de nombreux communautarismes qui ne rendent pas toujours la vie agréable (coucou les voisins), mais c’est assurément ce qui fait de Vancouver une ville extraordinaire.

En revenant à une vie sédentaire dans une grande métropole, j’avais peur que notre PVT ne soit plus aussi fort en découvertes, je me trompais car au lieu de simplement découvrir le Canada à travers une ville, ce sont les portes du monde qui s’ouvraient à nous, à travers toutes les personnes que nous côtoyons au quotidien. 

Ceci étant dit, je ne reviens pas pour autant sur mon appréciation de la ville… Vancouver, tu as vraiment un pète au casque !

Vancouver et son univers impitoyable.

Je vous parlais tout à l’heure du palmarès assez incroyable de Vancouver en matière de ville ou il fait le plus bon vivre, et évoquais le fait qu elle faisait partie des villes ayant la meilleure qualité de vie… MAIS QUELLE  BLAGUE !!!

Le sondage aurait dû préciser: meilleure qualité de vie pour les personnes touchant plus de $3000 dollars par mois, ce qui ne prend absolument pas en compte les personnes au salaire minimum et encore moins ceux en deçà soit une bonne moitié de sa population, donc en fait… CE SONDAGE EST BIDON. En voici la preuve. 

Le sondage est organisé selon plusieurs critères parmis lesquelles figurent :

  • le facteur politique et l’environnement social
  • l’environnement économique
  • l’environnement culturel
  • le facteur médical
  • le système éducatif
  • le service public
  • les lieux de divertissement
  • les lieux d’habitation
  • le facteur consommation ou encore le facteur environnemental

D’un point de vue de millionnaire (et dieu sait qu ils sont nombreux dans cette ville), comme le dirait notre ami JP Fanguin: la question elle est vite répondue :tout est parfait dans le meilleur des mondes. 

faislebonchoix hashtag on Twitter

Maintenant si vous faites l’effort de vous imaginer au salaire minimum (ce qui est le cas d’un grand nombre de Vancouvérois, mais aussi de beaucoup de Pvtistes) on peut se demander deux choses : mais qui a répondu aux questions ??? Et si Vancouver est au top, ne faut-il pas gravement s’inquiéter pour les dernieres villes de ce classement ?!

Si Vancouver et le Canada en général est bien maître d’une chose, c’est sans doute dans l’art de la dissimulation: dissimulation de certaines périodes noires et très troubles de son histoire, de ses faits criminels et de ses magouilles économiques. 

Vancouver et plus précisément la Colombie-Britannique, dispose d’un nombre incroyablement élevé de disparitions inquiétantes et de meurtres, sans que cela ne fasse l’objet d’enquêtes régulières dans les médias. Si vous voulez en apprendre plus à ce sujet, je vous conseille le très bon livre d’Emanuelle Walter,Stolen Sisters: The Story of Two Missing Girls, Their Families and How Canada Has Failed Indigenous Women, celui de Lori Shenher That Lonely Section of Hell: The Botched Investigation of a Serial Killer Who Almost Got Away ou encore l’énorme enquête sur le dossier Picton: On the Farm: Robert William Pickton and the Tragic Story of Vancouver’s Missing Women. Si vous préférez les vidéos, je vous recommande chaudement celle de Victoria Charlton (que j’adore) à ce sujet.

Vancouver n’a donc rien d’une ville modèle en matière de criminalité et encore moins de justice, surtout quand il s’agit des minorités. 

Ces derniers temps, un des sujets qui me touche particulièrement est le nombre absolument démesuré d’affaires de violence et de meurtres comis par la police lors de  »wellness check-out », des interventions de sécurité censés s’assurer que des personnes au comportement jugé suicidaire ne commettent pas l’irréparable.

Pour ce qui est du facteur économique, il n’est absolument pas dissociable des problèmes de criminalité et de corruption. Parmi les palmarès que cette ville remporte avec un énorme succès figure celui des loyers les plus chers au monde. Cela se justifie par une spéculation totalement démesurée des acheteurs Hong Kongais qui achètent la plupart des bâtiments récents de la ville avant même qu’ils ne soient mis sur le marché Vancouvérois. Le conseil municipal de la ville a décidé de réagir en sanctionnant ces acheteurs étrangers d’une taxe à hauteur de 25% du prix de vente du bien immobilier pour les dissuader de spéculer, mais devinez quoi ? Les acheteurs Hong Kongais achètent d’autant plus, car cela rend l’investissement encore plus profitable à long terme. Dans 10 ans, si rien ne change, le loyer moyen d’un appartement avec une chambre en centre ville se situera au dessus des $2000 (soit au dessus de 1280 euros), bon courage les futurs pvtistes ! 

A côté de ça, les drogues dures telles que l’héroïne et le fentanyl, venue d’Asie et principalement de Chine (TIENS TIENS) inonde les rues de downtown Eastside, et ne cesse d’enrichir de puissantes familles asiatiques qui réinvestissent par la suite cet argent dans des projets immobiliers. Tout ceci avec une certaine approbation des autorités qui ne font rien pour stopper les centaines de port containers remplis de drogues qui transitent chaque jour dans le port de Vancouver. 

Et les choses ne sont pas prêtent de s’améliorer puisque ces sujets ne font que rarement l’actualité… si bien que consternée par le manque de transparence et d’informations utiles, j’ai fini par ne plus du tout s’intéresser aux médias Vancouvérois qu’il s’agisse des journaux comme de la radio. 

Je ne parlerais pas du système éducatif et de l’éducation de manière générale qui me déplaisent fortement et encore moins de l’aspect écologique, qui pourrait etre l’objet d’un article entier d’indignation.

Pour ce qui est du système médical, je n’ai personnellement pas à me plaindre car j’ai la chance d’être en bonne santé mais c’est un système qui pour la française que je suis, me paraît très insatisfaisant et injuste pour ceux qui ont une santé et un porte-monnaie fragiles.

Je ne reviendrais pas sur le facteur culturel que j’ai déjà évoqué plus haut et que je résumerais en un mot: décevant. 

Le facteur économique est quant à lui au beau fixe.

Pour ce qui est des transports en commun, je ne suis pas d’accord avec la plupart des personnes qui les qualifient de très performants: ils le sont seulement si vous habitez au centre ville ou proche d’une station de métro. Ceci dit, le système tend à s’améliorer avec le temps. Toutefois, ce qui me dérange le plus est le manque d’hygiène et de propreté. Traversant une partie d’East Hasting quotidiennement (appelons le: le quartier des drogués) j’ai l’habitude de partager cet espace restreint avec des personnes fortement drogués et/ou alcoolisés transportant des poubelles avec eux (ici recycler permet de vous faire de l’argent… pour pouvoir acheter plus de drogues). Généralement ces personnes ne se sont pas lavés depuis plusieurs semaines, si ce n’est mois… C’est un phenome commun à beaucoup de grandes villes, mais je ne l’ai jamais vu à une aussi grande échelle et fréquence. Etant une cliente régulière des bus nocturnes, je peux vous dire que j’ai vu un tas de choses extremement sales se produirent dans ses bus… Pour n’en citer que quelques unes : des hommes se coupant les ongles des pieds sur les sièges passagers, s’asseyant cul nu sur les banquettes, avec des vêtements trempés de bière et/ou d’excréments, en tout impunité pendant que le commun des mortels paye son trajet $3 l’allée, et peut se voir refuser l’accès si l’appoint n’est pas au point. Voilà un petit apercu des ambiances nocturnes.

Pour toutes ces raisons, je suis en désaccord total avec ce sondage qui fait de Vancouver l’une des villes avec la meilleure qualité de vie, mais mon sentiment de malaise avec cette ville ne s’arrête pas là…

Narciss in the city

Si je devais ne reprocher qu’une chose à Vancouver, ce serait le comportement de ses habitants. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai eu vent de ces rumeurs comme quoi les Canadiens feraient partie des gens les plus gentils et accueillants au monde… Effectivement, quand nous étions à Terre-Neuve nous l’avons bien vu, par contre venez à Vancouver, restez quelques mois, et travaillez si possible en service clientèle, vous n’allez pas être déçus du voyage !

Je n’ai jamais vu une concentration de personnes aussi narcissiques et autocentrés que dans cette ville. Beaucoup d’étrangers vous diront qu’il est difficile de se lier d’amitié avec des Vancouvérois, mais cela ne vient pas du fait que les Vancouvérois sont particulièrement froids ou distants, le problème vient du fait que peu s’intéressent aux autres. Rarement un Vancouverois born and raised in Vancouver ne m’aura montré de réel intérêt. Si les Vancouverois se livrent facilement sur leur vie sentimentale, ils sont bien souvent incapables de s’intéresser à la vôtre en retour, et cela n’a rien à voir avec de la timidité. Cet égocentrisme se reflète dans les habitudes de ses habitants et l’on comprend ainsi beaucoup mieux pourquoi l’absence de lieux culturels n’est un manque que pour ceux qui en connaissent la valeur, c’est à dire ceux qui viennent d’ailleurs. 

Pour avoir travailler en service clientèle pendant plusieurs mois, on se rend aussi très rapidement compte que les Vancouvérois ont des comportements très enfantins dans le mauvais sens du terme. Les Vancouvérois sont souvent capricieux, colériques et très impatients, ils ont le goût du scandale et de la complainte facile.

Je déplore la superficialité très Nord Américaine des contacts avec les Vancouvérois, qui vous demandent toujours comment vous allez, sans prendre la peine d’écouter la réponse et qui ont en HORREUR que vous puissiez répondre que ca ne va pas (il faudrait prendre la peine d’en écouter les raisons, vous vous rendez compte?!) Alors toutes les discussions sont vite expédiées, les débats n’existent peu ou pas et les sourires sont toujours de mise, même quand la personne vous méprise. Il y a d’ailleurs un sport que les Vancouvérois adorent plus que tout:

LE PASSIVE/AGGRESSIVE

Comme évoqué plus haut, le risque que vous vous trouviez confronté à une scène de harcèlement de rue ou de violence physique est quasi nul par contre le risque que vous soyez exposé ou victime d’une agression dite passive est très élevée. Les Vancouvérois ont en HORREUR les conflits physiques et verbaux alors même qu’ils adorent faire des scandales, ainsi pour pouvoir pratiquer leur activité favorite en toute impunité, ils ont créé ce qu’on appelle le comportement passive/agressive qui consiste à faire prendre conscience à leur interlocuteur qu’il se fiche de lui ou le méprise. Cela va de la simple impolitesse : je te marche dessus à trois reprises, me retourne en te disant:  »je suis désolé » et te remarche dessus une fois supplémentaire en m’assurant d’y ajouter un coup de coude pour te faire remarquer qu’en fait JE NE SUIS ABSOLUMENT PAS DÉSOLÉ AHAHA. A des situations un peu plus musclées de personnes qui, parce qu’elles ont décrétés que leur café n’était pas assez chaud ou que la serveuse n’est pas suffisament souriante, requiert de parler au manager pour demander leur licenciement immédiat en mentionnant que: C’EST POUR LE BIEN DE L’ENTREPRISE.

No love in the city

Ces comportements que je juge très puériles se retrouvent aussi dans les relations amicales et amoureuses, ou le ghosting (acte qui consiste à mettre fin à une relation avec une personne en interrompant sans avertissement ni explication toute communication et en ignorant les tentatives de reprise) est une pratique TRES repandue. 

Ici, la séduction est un terme qui n’existe que dans les dictionnaires. Je n’ai pas de statistique précis à donner, mais je crois pouvoir avancer que plus de la moitié des rencontres amoureuses se font ici uniquement sur des applications de rencontres, et sont davantage appréhendés comme une forme de divertissement, plutôt que d’une quête d’un lien d’attachement entre deux personnes. 

Bien sûr, ce n’est pas ce dernier aspect de la vie à Vancouver qui retient le plus mon attention, puisqu’il ne me concerne pas et que je suis très heureuse d’avoir vécu à l’abris dans les bras de mon copain, mais cela reste un point qui du haut de la fin de ma vingtaine me laisse assez dubitative et que je rattache avec le narcissisme ambiant que je déplore tant chez ses habitants.

J’y vois aussi un lien très fort avec l’indifférence que suscite ces scènes de rue épouvantables de personnes sans abris, tantôt délirants tantôt agonisantes dans les principales rues de Vancouver. Cela ne semble en rien gêner les passants qui en profitent pour prendre un repas en terrasse à côté d’un vieillard nu et tremblant qui croupie à 2m de là dans ses excréments, ou de ses familles qui continuent de venir faire leur shopping avec leurs enfants qui ne s’étonnent même plus de voir des femmes et des transexuels mal en point se prendre un fix en plein après-midi avant d’aller vendre leur corps au premier passant qui serait d’accord.

Alors bien sur, pour chaque élément que j’avance, vous pourrez me trouver un exemple inverse, argumenter que vous ne percevez pas les choses de la même manière, que votre expérience est tout à fait différente, voire opposée, et à ce propos je serais contente d’entendre des points divergents des miens.

Vancouver aura malgré tout etait une tres bonne expérience, malgré toutes les aspects négatifs que j’ai pu citer. 

Vancouver a changé beaucoup de choses dans ma personnalité, dans ma façon de voir ce qu’il se passe tout autour de moi. Elle ma donné envie de me battre davantage pour mes opinions, de m’investir un peu plus dans ce que j’estime être important pour mon bien être, celui de ma famille et celui de l’endroit dans lequel je décide de vivre. 

Et même si je suis heureuse aujourd’hui de tourner la page et de passer à autre chose, il n’en reste pas moins que Vancouver aura été une étape vraiment importante dans ma vie, aussi bien professionnellement que sur des points beaucoup plus personnels.

Alors rien que pour cela, je conclurais cet article sur une note positive en disant: MERCI VANCOUVER pour tout ce que tu nous as donné et apporté. Malgré tout le mal que j’ai pu dire de toi, il ne suffirait pas de grand chose pour que tu sois véritablement à la hauteur de ta réputation.

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