Voyager en couple, bonheur ou douleur ? De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas.

Brisons le mystère de ce titre dès la première phrase. Il s’agit uniquement d’une paraphrase du Klub des Loosers pour vous donner envie de lire cet article dans l’attente que des choses déchirantes y soient dévoilées… l’avenir vous dira si vos attentes seront comblées.

Si l’amour est un paradis blanc, je préfère encore être en enfer, au moins la-bas on se gèle pas les miches.

Il y a 8 ans, un garçon que je connaissais à peine m’a demandé si j’avais envie de voir New York avec lui.

Je ne pensais pas que cette proposition changerait le cours de ma vie. Non seulement personne ne m’avait jamais demandé de partir en voyage avec elle, mais en plus, c’était bien la première fois que je tombais sur quelqu’un qui avait envie de visiter les mêmes endroits que moi. Bien sûr, j’ai fini par dire oui.

C’est ce voyage-là qui m’a fait tomber en amour de l’Amérique du Nord, et c’est surtout ce voyage-là qui a tué la touriste et éveillé en moi l’âme d’une voyageuse.

Quelques années plus tard, nous avons remis ça. Cette fois ci, ce n’était pas un voyage d’une dizaine de jours, mais une aventure qui nécessitait de quitter nos jobs, nos logements et nos familles pour une période indéterminée.

Toute l’année qui a précédé notre départ au Canada, se sont dessinés deux camps: les optimistes accomplis qui nous souhaitaient le meilleur et qui voyaient en ce grand voyage, une preuve d’amour singulière et de l’autre coté les défaitistes acharnés qui nous prédisaient le pire, l’erreur de notre vie.

C’est vrai qu’on n’est pas parti sur de bonnes bases.

Portrait aux moufles.

Partir au Canada était mon idée.

J’en avais envie depuis longtemps. Malheureusement, ce n était pas le cas de mon copain.

J’estimais qu’on avait perdu assez de temps à faire des choses qui ne nous épanouissaient pas et j’ai pressé le destin. Trois mois après la fin de mes études, nous avions tous les deux étés tirés au sort pour le PVT Canada. Faire partie des 100 premiers sélectionnés de cette année-là ne pouvait être autre chose qu’un signe du destin.

Impossible pour ma part de faire marche arrière, pourtant je voyais mon copain reculer, s’éloigner, angoisser à l’idée d’engager deux années de sa vie pour un projet qui ne l’emballait pas plus que ça.  

Après mille et une péripéties, et un gros déficit d’économie, on était finalement cote à cote dans l’avion qui nous menait en terre québécoise.

Le destin ne nous a pas gâté.

Arrivés au Canada par -36 degrés, de la neige jusqu’ aux genoux, une valise cassée par un abruti fini à l’aéroport, un premier volontariat qui ne se passe pas vraiment bien, des hors forfaits qui donnent des envies de suicide, nos cartes de crédits bloquées, un première Noel canadien plutôt agressif… Le père Noel avait été une belle ordure cette fois-là.

Quelques semaines plus tard, s’astreindre au rythme de vie le plus difficile que je n’ai jamais connu: levés a 5h du matin, effondrés à 19h, une vie d’agriculteurs canadiens passée dehors à profiter quotidiennement des températures négatives.

Tomber en panne au milieu de nulle part.

Tomber une fois, deux fois, trois fois.

Toujours trouver la force de se relever, mais la santé qui ne suit plus. Enchainé jours et nuits sur les routes gelées canadiennes, en se demandant bien pourquoi: mais qu’est qu’on fout la ?!

La copine la plus angoissante du monde.

On était loin.

Loin de chez nous, loin de tout ce que nous avions toujours connu, loin de ce que j’attendais, loin d’un voyage de plaisance, loin du supermarché le plus proche, loin de tout.

De la vie nomade de notre début de PVT jusqu’ à notre vie sédentaire de ces derniers mois, on a passé notre temps à se prendre des coups. On n’aura pas eu un mois de repris, il y aura eu des hauts mais surtout des bas, il n’y a pas un seul mois qui y aura échappé.

Pas facile tout ça, et pourtant…

Pourtant on a tenu bon.

Tu veux sortir avec moi ? Jai beaucoup d’amour à donner.

On ne se sera pas encore dit oui qu’on aura déjà traversé le meilleur mais surtout le pire ensemble.

On aurait dû se séparer.

J’ai arrêté de compter quand ça ne tenait plus sur mes dix doigts.

J’ai failli donner raison au club des défaitistes, mais je ne l’ai pas fait.

J’ai été conditionnée à penser et agir avec raison depuis tant d’années que mon paramétrage était entrain de se casser la gueule et ma tête criait ALERTE ALERTE sans cesse.

J’ai paniqué intérieurement à de nombreuses reprises, j’ai cherché à faire taire la raison et quand j’y suis parvenue l’instinct a repris le dessus pour me chuchoter au creux de l’oreille : si ça devait être fini, ça ferait déjà longtemps que vous n essaierai plus de vous relever à chaque fois que les aléas de la vie vous mettent à terre.

Au lieu de ça, à chaque croche pied vous ne scillez plus aussi facilement. Vous avez arrêté de vous accuser mutuellement de vous faire tomber et regardez-vous à présent, vous avancez sereinement.

Voyager en couple, c’est être quasiment 24h24 7j7 avec la personne qui partage votre vie.

Mieux vaut avoir des choses à se raconter, mieux vaut vraiment se connaitre avant de s’engager dans une démarche qui accorde si peu d’intimité et de moment solitaire.

De ce côté-là, nous n’avons eu aucun problème, c’est même ce qui nous a permis de devenir totalement fusionnel. Il s’est avéré qu’en plus d’être le meilleur ami que je n’ai jamais eu, mon copain était aussi le meilleur collègue de travail et ce peut importe la pénibilité du travail.

Là ou pour moi les choses étaient beaucoup plus compliquées, c’était de me rendre compte de mes défauts à travers les qualités de mon copain.

J’ai toujours voulu prendre exemple sur son hyper sociabilité sans jamais vraiment y parvenir, et ce voyage ou nous avons rencontrés tellement de gens été l’occasion parfaite pour m’entrainer, or je me suis juste rendue compte une fois de plus que je n’étais pas comme ça.

En soi,ce n’est pas bien grave, ça le devient quand vous vous sentez très vite isolée des gens autour de vous, parce que nous étions tellement diamétralement opposés que ce soit dans les personnalités ou dans les modes de vie que je ne savais même pas quoi dire à part: ’eh bien, voilà qui n’est pas commun.’ Alors que mon copain, tel un caméléon, réussissait à sympathiser avec le plus rustre des rustres et à continuer de lancer des vannes à ceux qui ne pouvaient pas nous encadrer, quand mes yeux criaient FUCK YOU ASSHOLE.

J’ai voulu en prendre de la graine, mais la graine n’a jamais poussé.

Pendant une longue période, c’était quelque chose que je vivais très mal, et la grande force de ce voyage aura été d’apprendre à passer au-dessus de ces choses qui nous font mal, nous rendent vulnérables et nous donnent un sentiment permanent d’infériorité.

Ce voyage aura aussi permis de valider une fois de plus l’image totalement dégoulinante d’amour que je me suis faite de mon copain depuis des années.

Si nos défauts se sont révélés en pleine lumière cette année, ils ont vite été éclipsés par l’éclat de nos qualités.

Il m’aura fallu du temps pour comprendre que mes points forts étaient souvent ses points faibles et inversement.

Il m’aura fallu du temps pour l’accepter et pour me dire qu’en réalité c’est là, la vraie force de notre couple.

Je vous passe bien évidemment les détails d’un voyage en plein Pole Nord qui rendent toute vie de couple compliquée. Les tenues absolument tue-l’amour que nous avons portés pendant plus de 10 mois, l’absence totale d’intimité au sein des hébergements de nos hôtes pendant nos Workaway, et un espace de vie réduit à quelques mètres carrés pendant des mois.

Bref, on était bien loin de la vie parisienne de nos débuts.

Je ne regarde personne d’autre que toi en dehors des 4 milliards de filles de cette planète…

Si je devais prodiguer un seul conseil pour une vie de couple en béton ce serait : COMMUNIQUEZ. Dites-tout, (du moins ce qui nécessite d’être dit) et dans ce tout, il y a bien évidemment des belles choses comme beaucoup de choses blessantes. Le véritable amour passe au-dessus des rancœurs, des déceptions et des incompréhensions, mais pour cela faut-il encore pouvoir se les avouer pour avancer.

Parlez avec votre cœur mais apprenez surtout à écouter l’autre.

Préparez-vous à ne pas toujours être d’accord, cela ne veut pas dire que l’un d’entre vous à tort.

Donnez-vous de l’espace, donnez-vous de la liberté, pour toujours mieux vous retrouver.

(La rubrique du cœur est terminée.)

Une pensée à notre ami Fréderic Beigbeder (pour l’anecdote nous avions tous les deux tournés dans l’adaptation de son roman L’amour dure 3 ans), pour dire que sa théorie ne tient pas.

Nos années d’amour se compte désormais au multiple de 3 et malgré l’humidité, la flamme ne s’éteint pas.

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