PVT CANADA – TROISIÈME VOLONTARIAT in NEWFOUNDLAND ❤❤❤

 

Un mois déjà.

Il y a un mois nous quittions notre troisième volontariat à Terre-Neuve. Le temps file, les kilomètres aussi, mais je n’ai pas oublié un instant de ce volontariat placé sous le signe de l’immersion en terre-inconnue, pas seulement géographiquement, mais bel et bien à tous les niveaux.

Un proverbe que j’ai adoré trouver au beau milieu de la maison de nos hôtes et qui leur correspondait totalement!

  • Immersion en territoire reculé

  • Il nous aura fallu plusieurs jours de route et une journée en ferry pour rejoindre ce nouveau volontariat. C’était osé.

  • Je me rappelle de ce soir du mois d’Octobre 2017 où je cherchais le volontariat qui suivrait celui de Québec. J’avais envie de m’aventurer vers l’Est, j’avais regardé des images de Terre-Neuve et j’étais tombée amoureuse. L’annonce pour ce volontariat venait juste d’être publiée et après avoir convaincu mon copain que c’était l’idée du siècle, j’ai sauté dessus sans aucune hésitation. Le courant est tout de suite bien passé avec les hôtes. Je n’avais qu’une hâte depuis notre arrivée à Montréal: filer à Terre-Neuve !

    Les deux mois qui ont précédé notre arrivée à Terre-Neuve, nous ont toutefois valu une petite piqûre d’anxiété. Chaque personne que nous croisions et qui nous demandait quelle serait notre future destination avait toujours le chic pour essayer de nous faire comprendre que cette destination était insensée voire «risquée» (comme quoi l’exagération à la Marseillaise a traversé l’Atlantique.) C’est donc un poil fébrils suite à toutes ces mises en garde que nous avons posé les pieds à Terre-Neuve.

    Force est de constater que la seule chose que nous avions véritablement à craindre de ce périple, c’était l’ennui.

  • Retrouvez ici mon récit sur Terre-Neuve.
  • Nous n’allions pas seulement à Terre-Neuve, nous allions dans un village de la côte Ouest de l’île qui n’avait ni rue, ni adresse et dont la ville la plus proche (comprenez bien: l’endroit le plus proche pour acheter à manger, se trouvait à plus de 45 minutes de route.) Le seul lieu public et commerçant aux alentours était le bureau de poste! Autant vous dire que sans occupation et vu les conditions météos, nous aurions pu finir fossilisés autour d’un poêle. Heureusement pour nous, nos hôtes ont su rendre ce séjour très intéressant pour bien des raisons…

 

  • Immersion en territoire «Do It Yourself with a big smile on your face»

  • C’est avec un grand soulagement et beaucoup d’enthousiasme que j’ai troqué mes gants de fermière pour des pinceaux et de la peinture. Nous avons en effet participé aux finitions matérielles de la première auberge écologique du Sud de l’île. L’auberge ouvrira ses portes à l’été prochain et nous sommes fiers d’y avoir laissé nos marques dans ses fondations. Lana & Roshni, nos hôtes pour ce volontariat avaient déjà bien avancé le travail alors même qu’elles vivaient là depuis moins d’un an. Le terrain et la maison était incroyablement grands (d’un point de vue français) et les projets de nos hôtes étaient du même acabit.

  • Pour vous planter le décor: imaginez une maison sur deux étages avec l’un d’eux entièrement privatif et le second réservé aux invités. L’espace pour les clients comportait un très grand espace commun avec bibliothèque, cuisine et terrasse extérieure, ainsi que trois chambres dont un dortoir. A l’extérieur, se trouvait une grande maison en bois qui deviendra prochainement un cinéma et plus loin, un grand hangar qui servira de «dancing-hall» et projets musicaux-dansants en tout genre. Entre ces bâtiments se trouvaient les futurs emplacements dédiés aux amateurs de camping écologique avec douches solaires et toilettes à composte. A l’avant, se trouvait la plus grande fierté de nos hôtes: leur potager dans lequel se situait également une serre en forme de dôme. Cela peut sembler peu comme infrastructure touristique, surtout s’il s’agit d’un point de vue d’un habitué du Club Med, mais ça le devient beaucoup moins lorsqu’on réalise qu’absolument tout a été conçu, pensé et réalisé par ces deux petits bouts de femme avec l’aide de quelques amis et volontaires seulement.

  • Tout ce projet m’a de suite emballé. Quoi de plus beau que d’ouvrir sa maison pour accueillir des voyageurs du monde entier, pour leur proposer non pas seulement une chambre où se reposer, mais tout un pan de culture et de divertissement à la canadienne, ainsi qu’une cuisine avec des aliments provenant tout droit du jardin et une attention toute particulière à l’énergie utilisée et au respect de la nature dans un milieu encore quasiment vierge de toute modification humaine. Oui, rien que ça! (Et c’est déjà beaucoup étant donné la longueur de cette phrase!)

  • Immersion en territoire artistique

  • Nous avons donc eu l’opportunité de faire travailler notre créativité durant ces quelques semaines à Terre-Neuve en participant aux dernières touches de décoration de cette future auberge. Peindre des murs, inventer, dessiner, créer des meubles, récupérer du matériel usagé pour en «faire du neuf» étaient nos principales occupations. J’ai adoré m’occuper de toutes ces petites choses, en étant toujours bien accompagnée par ma petite tribu de chatons que vous voyez ci-dessus.

Ici on s’est amusé à faire des décorations pour le potager, histoire que les touristes à venir ne se trompent pas en cueillant les légumes !

Et là, je me suis amusée à designer la pièce qui servira d’accueil pour les filles, en utilisant uniquement des matériaux récupérés dans la nature.


Et ici, ma première peinture murale, je suis assez fière de ma lune 😀

 

 

  • Immersion en territoire communautaire
  • Une immersion supplémentaire dans un milieu qui m’était totalement inconnu…

  • Comme je l’ai expliqué en début d’article, nous étions dans une petite ville bien enclavée dans la côte Ouest de l’île. Il devait y avoir une centaines d’habitants tout au plus et chaque quartier de cette vallée était découpé en plusieurs communautés. La-bas, tout le monde connaissait tout le monde. Chacun se rendait service de temps en temps et surtout tous se retrouvaient régulièrement plusieurs soirs par semaine pour se réunir dans une salle communale pour divers événements dont le plus récurent était: la pratique du DARTS.

  • Le DARTS comment vous dire…

  • C’est le sport national, la fierté de tout un peuple, la lune pour les étoiles… Trouvez un Newfie du sud qui n’y a jamais joué serait aussi tragique de de rencontrer un breton qui n’a jamais bu, c’est dire… Je ne vous vendrai pas plus de rêve, l’enjolivement s’arrête ici, le DARTS ce n’est rien d’autre que ce que nous connaissons sous le nom de fléchettes. Bien qu’en France ce jeu est loin derrière la pratique du billard qui tend à disparaître… ici ce n’est pas qu’un simple jeu, c’est une raison de vivre. Malheureusement pour moi, j’ai su à l’instant même où je franchissais la porte de cette salle que toute cette frénésie pour un jeu aussi aléatoire me pèserait très rapidement sur le système.

  • C’était bien me connaître… à la deuxième partie, je n’avais qu’une envie c’était d’aller siroter mon jus d’orange (non je ne suis toujours pas passer à la bière) mais impossible ! The show must go on ! A la quatrième partie lorsque mes co-équipiers m’ont annoncé que c’était la pause, je jubilais à l’idée de ne plus à avoir à lancer de fléchettes pendant 10 minutes consécutives…Manque de chance, la pause ne dura que cinq minutes et on en enchaîna sur trois puis quatre parties supplémentaires, où je ne m’efforçais même plus de viser la cible tant ce jeu me rendait folle. Avec du recul, j’aurai pu apprécier cette soirée pour son côté inouïe mais l’insistance qui a suivi tous les jours suivants pour qu’on retourne s’enchaîner 10 parties de Darts sans même avoir l’occasion de parler à son voisin de table me désespérait plus qu’autre chose. Nous avons préfèré ne pas nous forcer à faire quelque chose qui ne nous mettait pas à l’aise pour nous plonger corps et âme dans un tout autre projet : un numéro de danse incroyablement majestueux et acrobatique pour la clôture du carnaval. Nous avions pour cela décidé de mettre la France à l’honneur avec l’une de ses chansons les plus emblématiques, interprétée par l’illustre Plastic Bertrand. Vous voyez de quoi je parle ?! Autant vous dire qu’on en a fait tourner des serviettes après ce show éblouissant…

Ça plane pour nous au Canada, notre premier moment de gloire.

 

    • Immersion en territoire végan

    L’immersion la plus totale et la plus incroyable restera tout de même celle au véganisme.

  • N’étant pas à végétarienne du tout à la base (la vie serait tellement triste sans charcuterie) l’absence de viande était déjà un pas vers l’inconnu. Rien d’insurmontable de mon côté, mais là où ça se compliquait c’était par rapport aux produits laitiers et aux œufs… Si je n’avais pas trop de difficulté à ne pas boire de lait ni à manger de fromage pendant plusieurs semaines, l’absence d’œufs allait me poser de sérieux problèmes :  pas de gâteaux, pas de quiche, pas de crêpes… Autant enlever l’eau à la mer !

    J’avais aussi de grands doutes quant à ma capacité à me nourrir quasi-exclusivement de légumes et de fruits séchés. Au final, l’expérience fut pour moi très bénéfique, d’une part car je me suis surprise à adorer tous les plats cuisinés et à ne pas ressentir de sensation de faim à la fin des repas. Mais je ne vais pas vous mentir, l’absence de féculent était toutefois douloureuse vers la fin, on a d’ailleurs craqué à plusieurs reprises en cuisinant des pâtes aux légumes.

    J’aurai appris de nombreuses nouvelles recettes dont celle du tiramisu composé à 80% d’haricots blancs,mais j’aurai surtout compris que ce mode de vie n’est pas pour moi. Je sens les vegans convaincus s’attrister en lisant ces mots. Je sais bien que tout changement de style de vie implique une certaine période d’adaptation, mais je ne m’attendais pas à voir les effets bénéfiques du véganisme apparaître immédiatement, ventre plat et sensation de légèreté, accompagné de tous ses effets négatifs en même temps. Mon organisme a été totalement dévasté en très peu de temps et durant des semaines : mal de ventre permanent, vidanges au rythme de 4 à 5x par jour, sensation de faim constante, manque d’énergie et perturbation hormonale totale… Vous me direz que le changement était sans doute trop brutale et que l’absence quasi totale de féculents étaient peu être excessif pour ce faire un avis définitif sur le véganisme, je vous l’accord. Malgré tout, avec toute la volonté du monde, je ne trouve pas que le véganisme soit la voie du « manger mieux » en ce qui me concerne, je considère que c’est la nourriture qui nous rend heureux de manger qui nous permet de vivre mieux, pour cette raison, je ne pourrais jamais dire non aux œufs, et encore moins aux tiramisu bien gras, bien crémeux ! Même si je comprends l’idéologie qu’il y a derrière le végétarisme et que je soutiens totalement, je comprends beaucoup moins celle du véganisme, surtout après avoir travaillé dans une ferme et avoir consommé mes propres œufs de poule et le lait des vaches présentes. C’est un grand débat, mais dans un pays comme le Canada, où tout s’achète congelé, les fruits, les légumes, la viande, et où les principaux cafés/lieux de restauration sont des fast-foods totalement anti-végétariens, le véganisme reste quelque chose de très en marge pour ceux qui ne vivent pas dans les grandes villes, et cela mène malheureusement  à une alimentation saine, certes, mais totalement déséquilibrée. 

    Un volontariat supplémentaire au Canada qui nous aura ouvert davantage les yeux sur plein de choses et fait remettre en question pas mal de sujets.

    A bientôt !

 

 

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