PVT CANADA – Deuxième Volontariat à la ferme ❤

 

 

 

 

 

15 Janvier 2018

Arrivée à la ferme, notre deuxième volontariat toujours au Québec mais plus au Sud cette fois-ci, non loin de Sherbrooke, la quatrième grande ville de la province.

 

 

Minuit passé. La journée a été longue et stressante. Dans cette même journée, nous avons acheté notre van Gordon, (un périple rocambolesque à relire ici); nous avons quitté notre premier volontariat dans lequel nous ne nous sentions plus bien (une autre histoire à lire ici), et nous avons surtout découvert la conduite au Québec sur route enneigée et partiellement de nuit.

Après avoir quitté la Transcanadienne, nous arrivons au milieu de nulle part.

Une route couverte de neige sur des dizaines de kilomètres, entourée de champs dont on ne devine que difficilement l’étendu, tellement la route est sombre. Quelques habitations de-ci de là. Maintenant c’est sûr, nous avons bien quitté la ville.

 

 

La ferme dans laquelle nous travaillions était énorme, du moins à mes yeux. Il s’agissait d’une ferme communautaire, où divers individus sans lien de parenté aucun, s’étaient retrouvés là pour divers motifs, tout particulièrement pour des raisons spirituelles. Nous étions donc toujours entourés d’une bonne dizaine de personnes au quotidien, aux parcours et aux âges différents. C’est en cela que cette expérience a été très enrichissante. Nous avons rencontré plus de Québecois en deux jours à la ferme, qu’en un mois à Québec!

 

Ce volontariat nous a permis de vivre une véritable immersion dans ce milieu qui nous était jusqu’alors que très peu familier. Nous participions à toutes les tâches de la ferme. Nous nourrissions les animaux de la bergerie matin et soir. Nous allions couper et récupérer du bois de chauffage en forêt pour le stocker en vue de l’hiver prochain. Nous travaillions de temps en temps à la boucherie de la ferme. Nous aidions à la préparation des repas. Pour cela, il fallait se lever très tôt et être prêt à partir à 6h30 du matin. Les journées étaient ponctuées de pauses, mais nous travaillions jusqu’à 17h30.

Le froid et le manque de sommeil nous assommaient assez régulièrement. Le bûchage n’était pas réellement une partie de plaisir mais cela nous à au moins donner l’occasion de nous prendre pour des bûcherons une fois dans notre vie! Un rythme de vie assez difficile à tenir, mais je m’y attendais! Je n’étais donc pas vraiment surprise de m’effondrer tous les soirs, sans avoir réussi à lire plus de deux lignes de mon livre. Les repas du soir se prenant ici aux alentours de 18h, j’étais prête à dormir aux alentours de 21h, ce qui ne m’était plus arrivée depuis l’âge de mes 6 ans si je me souviens bien…

 

 

Comme nous sommes arrivés au tout début de la saison des agnelages, nous avons pu assister à un nombre assez incroyable de naissance de petits agneaux. Une de mes missions suprême était de m’occuper des agneaux sans maman et de les nourrir au biberon. Les jours passants, je m’attachais de plus en plus à eux, même si je savais qu’ils ne me voyaient certainement que comme une grosse mamelle ambulante, le fait de les voir sauter au dessus des barrières et se jeter sur moi dès que j’ouvrais la porte de la bergerie, sans même avoir de lait, me faisait fondre d’amour. Nous étions aussi entourés de chats très affectueux, de poules un peu vénères, de cochons tout rose, de chevaux, et de vaches.

Nous avons passé de longs moments à cuisiner de grosses quantités, puisque nous étions toujours une dizaine voire plus, à manger midi et soir à la ferme. La ferme étant en partie autosuffisante, nous avons appris à cuisiner des choses variées avec ce dont nous disposions sur place: la viande bien évidemment, qui provenait de la boucherie de la ferme et les légumes de la serre. Quelques fois, il nous arrivait également de nous servir de produits à base d’érable ou de miel, puisque la ferme disposait également d’une cabane à sucre et de plusieurs ruches.

 

Prenez une bonne bouffée de mignonnerie. C’est cadeau !

Cette expérience à la ferme a été une très bonne occasion pour moi de découvrir un milieu que je souhaitais connaitre depuis longtemps. Elle nous a aussi permis de nous apercevoir un peu mieux de ce qu’est la vie rurale au Canada.

Les points positifs

Les points positifs que je retire de cette expérience ? D’abord, la gentillesse et la douceur de notre hôte principal, Carole. Quelque chose d’incroyablement fort se dégageait de cette femme, rare sont les personnes qui arrivent à m’apaiser à ce point rien qu’en parlant. La bonne humeur et la personnalité assez folle de son mari les rendaient d’autant plus adorables tous les deux ! Je n’énumèrerai pas les qualités de chacune des personnes qui nous entouraient, mais elles étaient toutes uniques et très attachantes. Mention spéciale à Laurie et son frère Tommy qui nous ont bien fait rire et à Mélissa, notre Marseillaise préférée à vie <3

Ensuite, il y a tous les repas incroyablement délicieux auxquels nous avons eu droit durant tout ce mois. Un festin !

Et puis, la sérénité des lieux.

Les points négatifs ?

Au début, j’étais très dubitative par rapport au côté  »religieux » de cette communauté, parce qu’il n’avait pas été évoque et que nous l’avons découvert seulement en arrivant. De nature curieuse, je me suis laissée porter par le lieux alors même que je n’ai pas vraiment d’affection avec quelque religion que ce soit… C’était finalement une très bonne expérience que d’être plongée dans un univers qui ne m’était pas du tout familier. Après, je pense aussi que mon aventure précédente aux États-Unis avec une colocataire ultra pratiquante m’a fait accepter beaucoup mieux la présence aussi marquée de la religion autour de moi, cela ne me dérangeait pas, mais je pense que cela aurait pu en déranger plus d’un. C’est pourquoi je pense qu’il aurait fallu parler de cet aspect de la ferme bien avant que nous le découvrions par nous-mêmes.

Ce qui m’a en revanche posé problème est davantage la notion du  »communautaire » dans cette ferme… Généralement, je ne suis pas très fan des grands regroupements de personnes. Pourquoi ? Parce qu’il y a toujours un leader, celui qui décide des sujets de conversation, celui qui prend les décisions, celui qu’on entendra toujours plus que les autres réunis et puis il y a les autres justement. Ceux qui sont beaucoup plus introvertis ou tout simplement moins bavards. Certains des membres de cette communauté ne prenaient jamais la parole. Peut-être n’avaient-ils tout simplement rien à dire penserez-vous… Je n’y crois pas car ils suffisaient qu’on s’interresse à eux pour qu’ils se livrent. J’ai ressenti à ce moment beaucoup d’empathie et j’ai par la suite moi-même expérimenté ce sentiment de solitude et cette impression de désintéret totale de communication à mon égard avec certains des membres de la communauté. On ne peut pas plaire à tout le monde c’est un fait… Ce point négatif aura au moins eu le mérite de me questionner davantage sur le fonctionnement des communautés. Moi, qui ait passé un bon semestre lors de mes études à réfléchir et théoriser les communautés et les sectes américaines, j’aurai de quoi disserter pour un prochain article… Peut-être que j’y reviendrai si nous sommes amenés à expérimenter les communautés non spirituelles en Colombie-Britannique, je sais qu’il y en a beaucoup, et je reste convaincue que cela fait une grande différence. 

Et malgré tout…

Malgré tout, plus les jours passent et plus je me rends compte de la chance que nous avons de découvrir tous ces gens qui nous ouvrent leur porte en nous disant:  » bienvenue chez vous! »

À très bientôt sur les routes de Terre-Neuve !

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