PVT CANADA – 1 AN PLUS TARD, L’HEURE DES COMPTES…

Ah Janvier… On pensait avoir définitivement enterré les problèmes de 2018 (entre la voiture volée, les amendes de la voiture volée, une nouvelle voiture à acheter pour ne pas perdre son travail, etc.) mais non, 2019 a commencé tout aussi mal.

Je suis de celle qui fuie l’argent comme s’il s’agissait d’une malédiction. Je me suis toujours dit que je préférais passer ma vie à gagner peu ma vie mais la vivre heureuse, plutôt que de courir après les millions dans un job qui me ferait oublier de vivre. J’ai bien vite été calmée de mon syndrome de Peter Pan.

C’était il y a 2 ans, le moment d’économiser pour ce fameux PVT Canada. J’ai commencé à entretenir une relation bien triste avec l’argent. Chaque jour j’avançais dans l’unique but de gagner un peu plus d’oseille. Remplir ses poches un maximum, dans des jobs pas bien valorisants, quitte à accepter le racisme latent et le harcèlement de certains managers. Ils pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient pendant qu’ils s’épuisaient à partager aux yeux du monde leur petitesse, je comptais les heures pour les convertir en euros.

C’était maladif.

Et c’était le quotidien d’un grand nombre de mes collègues qui pratiquait cela pour une durée indéterminée.

Bien heureuse d’avoir pu faire un gros bras d’honneur à ces nombreux mois qui m’auront ma foi, donné l’opportunité de faire une belle analyse sociologique en plus de ça. Je suis passée d’un extrême à un autre. Celui de travailler sans rémunération autre que le logis et le couvert. Et même s’il a été parfois agréable de ne pas dépenser un seul centime pendant plusieurs semaines, ce n’est pas non plus un mode de vie que j’encourage sur du long terme. Le travail volontaire manque de limites et d’encadrement et donne bien souvent lieu à une exploitation encore plus grande. (Je vous laisse lire ou relire mon bilan sur les volontariats à ce sujet.)

L’heure des comptes

Les autorités canadiennes demandent à chaque détenteur de PVT d’arriver au Canada avec un fond minimum de 2500 $, c’est gentil pour ceux qui n’ont pas eu le temps de trop économiser avant de partir, c’est suicidaire pour ceux qui ne trouvent pas de job dans le mois qui suit leur installation. J’exagère à peine. Ne parlons pas pour ceux qui comme nous, ont décidé de travailler sans aucun revenu à la clé pendant plusieurs mois.

Pour ce PVT Canada, j’avais travaillé et économisé pendant un peu plus d’un an dans des jobs qui ne m’ont pas permis de mettre autant de côté que ce que j’aurai espéré, mais c’était finalement déjà pas mal pour un SMIC. Les conditions de travail étant ce qu’elles sont en France, mon copain a quant à lui, bien plus galéré pour trouver un travail autre que des missions intérims d’une journée et des cdd d’un mois. Sur un an, tous ses jobs cumulés ne dépassent pas les 6 mois. Et comme nous étions déjà malchanceux avant de partir, nous avons eu droit à nos problèmes de la vie quotidienne totalement imprévus quelques mois avant de partir (ordinateur qui décide de mourir subitement, facture d’électricité improbable, problèmes de voitures, etc.) Bref, un véritable cauchemar avant même d’avoir acheté nos billets d’avion pour le grand départ. Les économies que j’avais fièrement amassées pour partir fondaient comme neige au soleil et je désespérais de voir que ce que j’avais mis de coté devoir être séparé en deux, pour permettre à mon copain de ne pas mourir de faim à côté de moi pendant notre voyage.

Pour vous donner des chiffres, nous sommes partis avec un peu plus de 8 000 euros. 8 000 euros divisés par deux, pour vivre pendant 10 mois, je vous laisse faire le calcul ça ne fait pas beaucoup.

Comment perdre de l’argent bêtement et se faire bloquer sa carte de crédit.

Ça ne fait pas beaucoup, surtout quand on commence sur un mauvais départ… Une facture de téléphone de 300 euros qui fait bien mal, 2 semaines après notre arrivée par exemple.

Au même moment, nous achetions notre van au Québec et c’est bien évidemment pour cela que j’avais besoin de crédit, d’ou mon hors forfait, car il fallait que j’augmente le plafond de ma carte bancaire pour payer. Parcours du combattant. Impossible. Il me manquait 400 dollars pour avoir la somme juste, et c’est là que ma carte bancaire a été bloquée. Celle de mon copain l’était aussi, et nous n’avions pas encore payer la SAAQ, le service d’immatriculation québécois et nous n’avions pas non plus suffisamment pour mettre de l’essence pour nous emmener à notre volontariat suivant. Par de multiples combines qui mettraient des heures à détailler ici, nous nous en sommes sortis, pas sans crise d’angoisse et sans sueur, mais ça donnait déjà le ton des mois qui allaient suivre.

Quelques deux mois plus tard, nous entamions notre première traversée du Canada de Terre-Neuve au Manitoba, pas loin de 5 000 kilométrés puisque nous sommes partis de Québec et que nous y sommes repassés en partant. C’était sans doute LA folie de notre voyage. La partie la plus intéressante, riche en rebondissements et découvertes mais aussi la plus onéreuse. Malgré toutes mes prévisions, je ne pensais pas que cela amputerait autant notre budget. A ce moment, la principale source de nos dépenses étaient l’essence, puis les hébergements puisque nous ne pouvions pas dormir dans notre van et enfin la première panne que nous avons eu avec notre van et qui a diminué notre budget de 1000$ d’un coup…

Nous sommes arrivés dans le Manitoba en plein mois de Mars avec un budget très inquiétant… un peu moins de 2000 dollars pour nous deux. VOILA VOILA. Bien évidemment nous n’étions pas suicidaires, si nous n’avions pas eu une promesse de job à Falcon Lake, nous n’aurions pas traversé la moitié du Canada pour finir au milieu de nulle part. Voila en partie pourquoi nous avons décidé de rester pas loin de 4 mois dans le Manitoba, ce qui nous a permis de nous refaire des économies, d’aménager notre van, et de prévoir avec beaucoup plus de précautions un budget adapté à notre road trip estival.

Là encore, je me suis un peu loupée au cours des premières semaines car je ne m’attendais pas à ce que les campings soient aussi chers, que les douches soient en supplément, que le paquet de pate à certains endroits des Rocheuses soit à 9 dollars les 100g, qu’absolument tout, même le plus petit lieu d’exposition soit payant et que le prix des parkings en ville soit non seulement exorbitant mais force à bouger de place sa voiture toutes les 2h.

Bref, niveau facilité de déplacements pour les voyageurs, le Canada a encore beaucoup à apprendre, à moins que cela ne soit fait exprès ?!

Grace à Dieu, Krisna, Bouddha et Jéhovah, surtout KRISNA, nous avons réussi à aller jusqu’au bout de notre voyage avec les économies qui nous restaient et à payer notre premier mois de loyer Vancouverois sans soucis. Un véritable challenge. Et comme j’avais trouvé du travail moins de 48h après avoir déménagé j’étais plutôt confiante pour la suite (enfin nous avions un peu de chance).

L’avantage d’être « pauvre »

Sur la route, on a rencontré beaucoup de voyageurs PVTistes ou non qui traversaient comme nous le pays. On s’est très vite rendu compte qu’on était bien en deça des budgets moyens de la plupart des gens que l’on croisait. Alors on s’excuse d’avoir refusé à plusieurs reprises de suivre des personnes fraichement rencontrés dans des bars mais parfois économiser sur 3-4 verres nous a permis de voyager un peu plus sereinement. On comptait en profiter un peu plus à Vancouver, mais ici la vie est tellement chère et nos problèmes tellement nombreux, que nous n’avons encore jamais fait de sortie au restaurant par nous-mêmes. J’ai acheté mes premières bouteilles d’alcools canadiennes le jour de Noel, c’était un évènement… 30 dollars, deux bouteilles de rouge. JOYEUX NOEL.

Mais nous ne sommes pas malheureux pour autant. Pendant notre voyage on a eu la chance d’être avec des hôtes qui nous ont beaucoup fait sortir, manger aux restaurants, emmener dans des bars. Et aujourd’hui, nos patrons font également la même chose. Alors malgré toutes les choses assez malencontreuses et la perte d’argent phénoménal de ces deux derniers mois, on ne vit quand meme pas trop mal . Et puis c’est aussi ça la frustration d’être dans une grande ville.

Ne pas posséder beaucoup et devoir contrôler ses dépenses en permanence ont toutefois des effets bénéfiques. Nous profitons deux fois plus de tout ce qui nous est offert et de tout ce que nous vivons. Tout semble beaucoup plus intense. Il y a des choses que nous n’aurions jamais faites si nous avions eu plus d’argent. Moi, la fille qui n’aime pas vraiment la randonnée, j’aurai sans doute pris une gondola à chaque fois qu’il y avait une montagne à gravir, au lieu de ça, nous avons toujours tout fait à pieds. Cela peut paraitre banal, mais c est ce qui fait la difference entre faire du tourisme et voyager. Les chemins ne sont pas tout tracés. Nous avons dormi dans des endroits improbables et inoubliables, chose qui ne serait jamais arrivée si nous nous étions pris des emplacements de campings ou des hôtels, au lieu de quoi, nous avons pratiquement toujours fait du camping sauvage. Nous avons partagé des nuits avec des gens qui étaient dans des situations bien pires que nous et qui semblaient s’en plaindre et s’en préoccuper encore bien moins que nous.

Et maintenant ? De retour à une vie sédentaire, je suis heureuse de vivre avec peu d’affaire, chose qui n’était pas du tout le cas avant de partir, sans non plus rentrer dans cette mode du minimalisme qui ne m’attire pas du tout.

Alors oui, 2019 à plutot mal commencer, avec toujours et encore des problèmes de voiture, auquel vient s’ajouter notre séjour au Mexique qui n’est pas de tout repos. Mais si 2018 nous a bien appris quelque chose, c’est qu’il y a toujours moyen de s’en sortir.

Bonne année à vous tous et merci de lire ces mots.

A tres vite, pour un nouveau récit en terrain Mexicain 😉

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