Premier Workaway au Québec : une expérience un poil « malaisante ».

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Je me rappelle d’une chanson que j’avais appris à jouer à la guitare adolescente, « Waiting for an angel » de Ben Harper.
Les paroles disaient: « sois toujours gentil avec une personne que tu rencontres pour la première fois, c’est peut-être un ange… »
C’est à cette chanson que je pensais en quittant notre premier volontariat.
J’aurai volontiers repris la chanson pour modifier les paroles: « sois toujours méfiant avec une peronne que tu rencontres pour la première fois, c’est peut-être quelqu’un de douteux… »

Je vous plante le décor.
Imaginez, un quartier dortoir, à la périphérie d’une grande ville Québecoise, appelons-là par son nom : Limoilou.
Un nom qui me plaisait bien sur la carte. C’est doux, Limoilou.
J’imaginais de petites maisons coquettes enveloppées dans du coton.
J’imaginais un vendeur de glace ambulant l’été qui se serait transformé en vendeur de chichis l’hiver.
J’imaginais de grands parcs où les habitants viendraient flaner été comme hiver.
J’imaginais tellement de choses, et hélas, la vie ne me l’a visiblement pas assez répété, l’idéalisation est un très mauvais défaut…

Heureusement, nous sommes arrivés de nuit à Limoilou. Arrivés devant notre premier workaway, une grande auberge, l’émerveillement est là, la batisse est magnifique, elle date de la fin du XIXe siècle, un véritable bijou orné d’une tourelle.

La première nuit est assez épique, nous rencontrons notre hôte qui nous convie chez lui autour d’une pizza. C’est un personnage haut en couleur, il court partout, semble déborder d’énergie, enchaine blague sur blague, ne perd jamais son sourire de toute la soirée. C’est une personne qui nous parait de suite très attachante, nous sommes heureux de commencer ainsi le voyage. Et pourtant, les lendemains déchantent.

Nous sommes seuls pour commencer notre premier journée de travail. Seuls, face à neuf chambres à nettoyer, en moins de 5h.
Notre hôte prit 4 petites minutes pour nous expliquer le fonctionnement de notre journée de travail. Tout avait l’air très simple en theorie. Nous nous sommes rapidement atteles à la tâche et très vite nous avons manque de repères pour beaucoup de choses. Pensant qu’il y avait des draps de rechange pour toutes les chambres déjà au propre, nous nous contentions de nettoyer à fond les chambres. Très vite, on s’est aperçu qu’il aurait fallu nettoyer tous les draps et toutes les serviettes au fur et à mesure. Il n’y avait en réalité pas de kit de rechange pour toutes les chambres. Tout devait être lavé, séché et repassé dès que les clients partaient, mais ça bien sûr, nous ne l’avons appris que trop tard.

Ce jour la, nous avons finis notre journée bien plus tard qu’elle n’aurait dû s’achever, mais il s’agissait de notre premier jour, nous pensions aue c’etait normal. OUI MAIS pourtant, nous aurions dû nous rendre compte dès le départ que quelque chose clochait: nous n’avons pas mangé de la journée, notre hôte ne s’est pas inquiété de savoir si tout allait bien pour nous de ce côté là. Pire que cela, quand nous allions le voir pour lui poser des questions ou lui demander de l’aide, nous le prenions toujours en plein délit de glandage verre de vin et journal à la main…

Les jours s’enchainèrent plus ou moins sur le même rythme, nous étions un peu désabusés de la charge de travail que nous avions. Au départ, on « pardonnait » notre hôte de cette surcharge de travail, qu’il compensait par sa bonne humeur quotidienne et son enthousiasme. Lorsque d’autres volontaires nous on rejoint, la charge de travail s’est tout de suite allégée, et nous avons pu souffler un peu.

Ce workaway a été une période de grosses remises en question. A plusieurs reprises, je me suis demandée si mes attentes envers ce projet de volontariat étaient bien raisonnables, si elles étaient bien réalistes. J’en venais à me dire que j’avais peut-être trop idéalise ce projet. Je pensais que le volontariat me permettrait de rencontrer des personnes de tout horizons, qu’un véritable échange culturel s’opèrait, et que cela nous permettrait d’acquérir de nouvelles compétences, comme de pouvoir en perfectionner d’autres. J’étais perdue. Notre hôte passait son temps à nous « taquiner » comme il aimait si bien le dire, mais ne s’intéressait pas du tout à nous. Aujourd’hui encore, je me pose la question de savoir ce qu’il aura retenu de nous. Son sport préféré était de lancer des conversations polémiques et de faire des appréciations douteuses sur nombres de gens ou catégorie de gens… Pour quelqu’un qui aimait recevoir des volontaires du monde entier, nous le trouvions bien fermé d’esprit et rempli de clichés sur beaucoup de points. Notre hôte buvait beaucoup, ceci expliquant peut-etre cela. Il nous avait fait croire qu’il avait de gros problèmes de sommeil et pouvait s’endormir à n’importe quel moment le soir, ce qui est arrivé un nombre incalculable de fois. On aurait volontiers cru à sa maladie, si nous n’avions pas remarqué qu’il vidait chaque jour plusieurs bouteilles de vin à lui tout seul, et ce, dès 8h du matin, jusqu’à s’effondrer le soir.

Nous pensions être parano, nous pensions être deux raleurs invétérés, mais nous avons vite éte rejoints dans notre opinion par nos camarades volontaires. Nous n’aurions peut-être pas été aussi à cran sur les problèmes qui entouraient ce monsieur, si nous n’avions pas eu l’impression d’être dans une grosse supercherie de « volontariat ».

L’auberge ne possédait aucun employé autre que notre hôte, seuls les volontaires assuraient le maintien intégral des chambres, des communs, et parfois de l’accueil. Nous avons d’ailleurs fini notre séjour par être 8 volontaires, c’était le bon moment pour retaper un peu l’auberge tiens…

Notre hôte n’était pas à plaindre, puisque son auberge affichait complet durant tout notre séjour, avec des chambres au delà de la centaine de dollars par nuit. Sans employé, il faisait donc de considérables économies, qu’il aurait pu justement placer dans un accueil plus « digne » de ses volontaires. Si nous n’avions pas à nous plaindre de notre petite chambre de bonne (équipé d’un four et d’un frigo), nous avons eu droit en tout et pour tout à 2 dollars par personne et par jour pour notre petit déjeuner durant un mois entier. Notre hôte nous faisait remarquer sans cesse que nous lui coutions bien trop cher, (nous faisions des courses en gros et il ne supportait malheureusement pas de voir que je mangeais des fruits au petit déjeuner (SATAN!) et que mon copain mange de la charcuterie (du pain nature c’est pourtant mieux non ?!). Il est vrai que sa technique du « prenez ma carte, achetez ce que vous voulez » était bien rôdée… Il est bien connu que, genes de ne pas vouloir trop abuser de sa générosité, nous étions toujours mal à l’aise de dépenser plus que ce qu’il ne fallait. Au fil du temps, notre hôte ne nous invitait plus à ses quelques repas du soir chez lui, pour la même raison que celle précédemment évoquée, ce qui fait que nous ne le voyions quasiment plus du tout. Il ne nous disait que vaguement bonjour le matin. D’autres volontaires, vivaient quant à eux dans un appartement où le chauffage ne fonctionnait plus depuis des mois, en plein décembre par -25 degrès. Quelques autres histoires bien plus sordides vinrent s’ajouter à cela… Nous ne nous posions désormais plus la question, il y avait vraiment erreur sur le terme « volontariat ».

Le travail n’était aucunement épanouissant, nous nous contentions de faire le ménage, les lessives, le repassage, répondre au téléphone pour dire « rappellez-plus tard! ».  Notre hôte ne nous a jamais rien indique au niveau de l’accueil et encore moins au niveau de la gestion de l’auberge. Si bien qu’il nous est arrivé un nombre incalculable de fois, de nous retrouver face à des clients (lorsque notre hote était absent) et de ne pas avoir la moindre idée de quoi répondre à leur question à propos de l’auberge. Quel dommage !

Pour autant, l’expérience n’a pas été si mauvaise qu’elle n’y parait.
Nous avons eu l’immense chance, d’être entourés de gens formidables (allemand, français, québécois, mexicains) que nous n’oublierons jamais, et que je l’espere, nous continuerons de revoir dans le futur.  Les longues semaines de ménage étaient ponctuées de soirées vraiment cool.

BILAN OBJECTIF : Un premier workaway assez difficile pour commencer, mais qui nous a encouragé à mieux cibler ce que nous voulions comme échange et comme travail.

BILAN OPTIMISTE : Un mal pour un bien, les prochains volontariats ne pourront qu’être meilleurs !

 

2 commentaires sur “Premier Workaway au Québec : une expérience un poil « malaisante ».

    1. Salut Irène !
      Malheureusement nous ne savons pas trop comment nous y prendre pour signaler cette auberge.
      Le problème est que cette auberge a sur le site Workaway de très bonnes critiques (malgré quelques « petits détails » comme l’absence de chauffage depuis plusieurs mois (années maintenant) pointés du doigt à plusieurs reprises).
      C’est un peu comme les sites du style Airbnb où les gens laissent toujours des messages positifs pour ne pas se fatiguer à pointer les failles, au bout d’un certain temps, tu es la personne qui arrive et qui constate que l’appartement est sale et peu soigné, mais comme 100 personnes avant toi n’ont rien dit, tu penses que c’est toi qui est trop maniaque et tu n’oses pas aller dans le sens contraire des avis précédents. Nous attendons d’avoir d’autres expériences de volontariat avant de commenter la page de cette auberge et en parler à Workaway. Jusqu’à présent, les expériences suivantes nous ont bel et bien prouvé que ce que nous imaginions être l’esprit Workaway, n’est pas une utopie et que l’auberge est bien loin de cet esprit là. :/

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