IMMERSION EN TERRE ̷i̷n̷c̷o̷n̷n̷u̷e̷-NEUVE

Catégories Canada, PVT, Voyage0 Commentaire

 

Je suis :

 

  • la première province à avoir répondu à l’appel de détresse du Titanic
  • la première province à avoir testé le vaccin contre la variole
  • la première province à avoir opéré une communication sans fil outre Atlantique par télégramme
  • la première province à avoir construit une rue, puis une ville en Amérique du Nord
  • et la dernière province à avoir rejoint le Canada en 1949

 

QUI SUIS-JE ?

BIENVENUE A TERRE-NEUVE !

L’île de Terre-Neuve est un gros bijou montagneux situé à l’extrême Est du Canada. Pour la traverser, il vous faudra tout de même plus de 9h de route.

Ici, il n’y a aucun train, bien qu’il y en ait eu un durant plus d’un siècle reliant le Sud-Ouest à sa capitale Saint John’s au Nord-Est.

Si vous voulez vous déplacer à l’intérieur de l’île ce sera donc en voiture ou à pied (ne comptez pas trop sur les bus, il y en a qu’un par jour et il ne dessert pas toutes les villes.)

Pour vous y rendre, le plus simple sera de prendre l’avion mais les vols ne sont pas donnés, puisqu’il vous coûtera environ le même tarif pour vous y rendre que d’aller à Mexico en partant de Montréal.

L’autre solution si vous avez du temps (comme nous), c’est de prendre un traversier. Il y en a deux par jours qui partent de North Sydney (en Nouvelle-Ecosse) pour rejoindre Port-Aux-Basques au sud de l’île. Cette traversée dure environ 7h si les conditions météos sont avec vous. Vous pourrez bien évidemment prendre votre véhicule avec vous, c’est d’ailleurs ce que la plupart des passagers font car comme mentionné plus haut, il n’y a aucun transport en commun sur l’île et pour tout vous avouer il ne me semble pas non plus  avoir croisé d’agence de location de voiture dans le Sud de l’Ile.

Cependant vous pouvez arriver directement à la capitale de Terre-Neuve en traversier, pour cela, il vous faudra  attendre le printemps puisque celui-ci est en service que durant les beaux jours. Prenez de quoi lire car cette traversée vous prendra… 16h !

Vous l’aurez donc compris Terre-Neuve est une destination qui se mérite.

Pour rejoindre l’île surnommée THE ROCK, nous avons quitté notre deuxième volontariat au Québec, pour nous rendre à North Sydney. Cela nous aurait pris deux jours de route si nous nous étions pas aventurés sur l’Île du Prince Edouard (une autre île canadienne beaucoup plus touristique).

Durant toute la traversée nous étions entourés de glace. Le ferry fendait ces énormes perles gelées sans aucune difficulté.

Est-ce bien utile de préciser à quel point cela était impressionnant ?!

Au rythme des icebergs

Nous avions pris le ferry de jour à l’aller, ce qui nous fit arriver de nuit sur l’île. Les paysages étaient incroyables dès la sortie du ferry. Pendant un instant nous avons eu peur d’avoir pris le mauvais bateau et d’être arrivé tout droit dans une réserve de pétrole en Alaska : montagnes noires, fumées épaisses et gros blizzard. Comme toujours, nous n’avons pas été épargnés par une énorme tempête de neige, qui nous empêchait de voir correctement la route, ce qui rendait l’atmosphère de cet endroit encore plus saisissant.

Pour nous rendre chez nos nouveaux hôtes, on se rendit très vite compte que certains endroits sur l’île n’ont ni adresse ni rue, pas facile de se repérer quand on y arrive pour la première fois, de nuit qui plus est.

On nous avait donné comme point de repère le bâtiment de la Poste. Français que nous sommes, nous cherchions un gros bâtiment, pas un petit cabanon… on a cherché longtemps !

 

Voyager à Terre-Neuve l’hiver est un poil ambitieux. De nature très optimiste je ne m’attendais pas à ce que l’île soit aussi endormie à cette période de l’année.

Voilà 6 leçons à retenir de ce périple:

  • L’hiver à Terre-Neuve est une période d’hibernation qui ne concerne pas seulement les animaux mais surtout les hommes. Les activités touristiques et les hébergements  sont à quelques exceptions TOUS fermés (pour ce qui concerne l’Ouest de l’île). Impossible donc de trouver la moindre auberge de jeunesse ouverte à cette période de l’année, encore moins de couchsurfing… Quelques chambres sont disponibles sur Airbnb dans les « grandes villes » pour pas trop cher. Sinon, si vous avez de grosses économies vous pourrez toutefois trouver des chambres aux alentours de 120$ la nuit tout le long de la route qui mène à St John’s. Sachant qu’il n’y a qu’une seule route pour vous rendre de Port aux Basques (point d’arrivée du ferry d’hiver) jusqu’à la capitale St John’s, vous ne pourrez pas faire de boucle. Il vous faudra donc rouler 930 kilomètres x2, un bon budget essence si vous roulez en van. Le mieux sera de prévoir une bonne semaine, pour profiter des paysages malgré le froid. Et attention ici encore : la plupart des sentiers de randonnée sont fermés l’hiver ou difficilement accessibles. Ce qui m’amène à la leçon n°2:

 

  • Attention aux distances à Terre-Neuve ! Même s’il y a beaucoup de stations essence sur la Transcanadienne, assurez-vous de ne jamais partir avec la jauge d’essence presque vide, ce serait très risqué. Les distances sont parfois trompeuses…Exemple : Corner Brook, la deuxième plus grande ville après la capitale St John’s se trouve à 230 kilomètres de Port-aux Basques. En France, pour parcourir la même distance sur autoroute, il faudrait environ 2h… A Terre-Neuve, il faudra davantage prévoir 3h30 surtout si vous êtes pris dans une tempête de neige ou de pluie …. Ce qui nous amène à la leçon n°3:

 

  • La météo à Terre-Neuve ou la magie de l’imprévisible. Si vous êtes Breton ou que vous connaissez la Bretagne, Terre-Neuve ne vous surprendra pas énormément sur ce plan. À la différence qu’ici il neige tous les ans et que le vent est beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP plus violent que tout ce que vous aurez pu vivre sur les côtes Bretonnes. Exemple type: nous sommes arrivés sous des vents allant jusqu’à 70 km/h et cela n’était absolument pas considéré comme étant une tempête. Été comme hiver, le temps ne prévient pas et aime faire quelques caprices, vous pouvez partir sous un ciel dégagé magnifique et revenir avec une visibilité quasiment inexistante et des rafales de vent capables de vous faire tomber par terre si vous restez trop longtemps dehors à lutter contre la gravité. Pour une meilleure compréhension de ce qui précède, référez-vous aux images ci-dessous :

  • Leçon N°4: en hiver, ne vous attendez pas à manger dans un restaurant gastronomique, ni même dans un restaurant bon marché de qualité et encore moins à boire un café autre part que dans un fast-food. La triste réalité d’une bonne partie du Canada, Tim Hortons est le grand géant omniprésent et Terre-Neuve en est sont fief. Si vous aimez le challenge, vous pouvez persévérer et trouver certains endroits un peu reculés dans les villages qui servent des plats locaux, mais Trip Advisor ne pourra rien faire pour vous si vous êtes en manque de produits frais bien cuisinés ! Moralité: si vous êtes restaurateur,ou que vous désirez ouvrir un café,  une brasserie, une boulangerie, une boutique de traiteur, lancez-vous Terre-Neuve n’attend que vous !

 

  • Leçon n°5: Évitez de tomber en panne ou d’avoir le moindre problème mécanique sur l’île. Tout d’abord, parce que vous êtes sur une île et que toute réparation vous coûtera toujours plus cher que la normale. Et deuxièmement, parce-que vous êtes sur une île et que les garagistes sauront voir votre détresse de touriste piégé au milieu de nulle part et en tirer profit comme pas permis.

 

  • Leçon n°6 : Vous avez beau être sur une île peu peuplé, ou la nature représente 85% du paysage, très connue et renommée pour ses sentiers de randonnée, la diversité de sa faune et de ses oiseaux migratoires. Malheureusement, l’île n’échappe pas à la laideur des villes Nord-Américaines par certains endroits  (ces bâtiments cubiques en béton aussi tristes que des murs de prisons)et par l’attitude totalement anti-écolo de certains de ses habitants. Aucun effort n’est fait pour rendre le coeur des « grandes villes » autre que la capitale, attractif. Nous avons passé un samedi après-midi à Corner Brook, le centre commercial était désert, la plupart des magasins étaient fermés et l’attraction de la journée était encore et toujours ce cher Tim Hortons. J’aurais aimé voir le Nord-Est de l’île plus touristique et davantage tourné sur le développement durable pour avoir un avis un peu plus mitigé sur la question. Ce sera je l’espère, pour une prochaine fois !

 

Ici Corner Brook et son usine à nuages.

 

La liste des mises en garde étant terminée, nous pouvons désormais passé aux choses positives qui font de Terre-Neuve un endroit formidable à découvrir été comme hiver.

Terre-Neuve, mon petit paradis blanc

Peut-être est-ce la présence de la mer tout autour de nous, qui m’a fait me sentir étrangement et immédiatement bien à Terre-Neuve. Nous avions parcouru un long chemin pour venir jusqu’ici, nous savions que nous pourrions être déçus. Nous étions fatigués, nous savions que nous allions nous aventurer dans un endroit assez reculé et qu’il valait mieux que notre volontariat se passe bien. Nous savions que nous n’arrivions pas dans une période facile de l’année et que cela allait sans doute compliquer grandement notre voyage.

Certains pensaient que nous étions malchanceux d’être arrivés au beau milieu d’une tempête de neige et de vent, pour moi, c’était le plus beau cadeau que l’île puisse nous offrir. En se réveillant le lendemain matin, j’avais l’impression de vivre dans du coton. Le paysage était entièrement recouvert de neige. Ici, contrairement aux 2 mois précédents que nous avions passés autour de grandes villes, il n’y avait aucun bulldozer pour ramasser et tasser la neige sur un coin de la route. Les paysages étaient incroyables. Je n’avais encore rien vu d’aussi saisissant depuis notre arrivée au Canada. L’espace à Terre-Neuve me faisait penser à l’Islande. Vous pouvez rouler des kilomètres et des kilomètres sans trouver âme humaine qui vive. Nous n’avons croisé aucun, vraiment AUCUN immeuble sur plus de 800 km parcourus. Les maisons occupent l’île sans aucune véritable organisation, elles sont près des routes et leur terrain sont incroyablement grands. Chose courante au Canada ? Peut-être bien ! Mais pas tant que ça à une telle échelle. Terre-Neuve a également la particularité d’accueillir des événements naturels magiques tout au long de l’année, elle est l’endroit idéal pour : voir des baleines, parfois même des requins, des aurores boréales et surtout admirer le voyage des icebergs venus tout droit de l’Arctique pour mourir au large des côtes.

Ah! Vous savez ce qu’il y a de bien aussi sur ce petit paradis blanc ? Il n’y a pas de police. Et s’il y en une alors… c’est qu’elle devait être fermée pour la saison! Oubliez toutes les restrictions que vous avez rigoureusement suivies jusqu’alors au Canada: vous pouvez sortir boire dehors avec votre bouteille à la main, vous pouvez fumer à la sortie des lieux publiques, vous pouvez rouler à 120km/h sur la Transcanadienne, de toute façon les locaux vous dépasseront avec un bon 150 km/h. Vous voulez camper quelque part ? Arrêtez vous, n’importe où, choisissez le meilleur des paysages, plantez votre tente, soyez respectueux des lieux, évitez d’attirer les animaux sauvages. On ne viendra pas vous réveiller à l’aube pour vous mettre une amende. Ici, tout le monde vit en petites communautés, tout le monde connait tout le monde et dans de telles circonstances, pas besoin de faire règner la loi, chacun sait ce qu’il  a le droit de faire ou non, sans avoir besoin d’être rappelé à l’ordre. Bonjour liberté !

Cette liberté de vivre, nous l’avons ressenti dans le volontariat que nous avons effectué là-bas et qui fera l’objet de mon future article. La liberté de pouvoir créer, car ici à Terre-Neuve, il y a encore tellement de choses à imaginer, penser, construire, produire, que j’ai du mal à comprendre pourquoi aussi peu de gens pvtistes ou non, ne viennent pas si aventurer plus souvent.

En plus de ça, les gens d’ici sont le portrait exact décrit par mon guide Lonely Planet de 2006…Comme quoi, la révolution internet, le temps qui passe, et la modernité n’auront pas changer la gentillesse des Newfies. Ne soyez donc pas étonné, si dans les magasins on vous appelle « My love » ou « Sweetie », si les voitures s’arrêtent automatiquement pour vous demander ce qu’il ne va pas lorsque vous êtes sur le bas-côté de la route ou vous prête un téléphone lorsque vous êtes en galère.

Vous l’aurez compris, l’hiver n’est pas le meilleur moment pour faire des activités extérieures, quoique rien ne vous empêchera de marcher, de faire des raquettes ou encore du ski de fond, mais l’été regorge d’activités en tout genre. J’émets toutefois un doute quant à la possibilité de se baigner dans l’Atlantique à cette latitude… Que celui qui ose m’envoie des preuves !

Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter beaucoup d’endroits sur l’île, mais j’ai toutefois eu mon petit coup de coeur pour l’extrémité Sud, à la toute fin de la route principale, la Transcanadienne, se trouve un village de pêcheurs au doux nom de Rose Blanche. A cette période le village était totalement inanimé mais j’ai pourtant adoré l’atmosphère de cet endroit qui me faisait penser à ce que le monde ressemblerait  après une longue période de glaciation. En y allant,vous passerez aussi par le village au nom beaucoup moins doux de l’Isle aux Morts, qui offrent de merveilleux angles de vue comme celui-ci :

 

 

L’ISLE AUX MORTS

***

Pour finir en beauté, quelques images de la plage située à quelques minutes à pieds de chez nous.

C’est la première fois que vous voyez une plage sous la neige ? Moi aussi !

Plutôt pas mal comme balade du dimanche !

A tout bientôt, pour un prochain article sur notre troisième volontariat à…

Terre-Neuve pardi ! Je sais bien que vous en vouliez plus !

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