Ecrire un roman en un mois.

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Ecrire un roman en un mois

 

Bienvenue dans le Nanowrimo

Mais qu’est ce que c’est que ce truc ? Le Nanowrimo c’est très simple, c’est le Mois National d’Ecriture de Roman. Ça se passe au mois de Novembre, chaque année depuis plus de 10 ans. Le but étant d’écrire un roman de 50 000 mots soit en moyenne 175 pages Word en un seul mois. C’est complètement délirant, d’autant plus que la plupart des gens qui se lancent dans ce projet ont un travail à côté ou font des études. Le fait est que le projet est tellement cool et inspirant, qu’il a donné lieu à l’émergence de communautés un peu partout dans le monde qui se réunissent pour écrire ensemble, dans des cafés, dans des bibliothèques, des lieux dédiés et même sur des groupes Skype. Quoi de plus motivant pour être créatif ?

Comment – Pourquoi ? 

Je vous parle de ça comme si j’étais en plein dedans mais en fait mon Nanowrimo date de l’année dernière. Je venais de terminer mes études et j’étais à la recherche d’un emploi. Pour ne pas sombrer et passer mon temps à moisir en attendant un appel désespéré de KFC tout en espérant trouver un travail créatif par la suite. Je me suis alors dit: Le Nanowrimo ? POURQUOI PAS ! Une chouette aventure qui m’a occupé en moyenne 12 h par semaine. C’est pas énorme, ce qui explique en partie pourquoi j’ai à peine franchi le pallier des 30 000 mots à la fin du mois. Bon, la course au plus grand nombre de mots n’était pas du tout mon objectif, je voulais simplement avoir un prétexte pour me pousser à écrire un peu tous les soirs.

MA VIE – MON OEUVRE : 

Un an s’est donc déroulé depuis l’écriture de ce roman. Je l’avais soigneusement mis de côté pour le relire et le retoucher. Et comme de par hasard, 1 an plus tard, je me retrouve au chômage à avoir tout mon temps pour le corriger. Voici donc mon « chef-d’oeuvre »: Lycosidae, pour lequel je me suis même appliquée à trouver une couverture :

Un extrait ?

Ma mère me donna un prénom chinois pour que je n’oublie jamais mes origines. Un prénom dur à porter car dur à prononcer, c’était compliqué à l’école, compliqué avec l’administration, compliqué partout où j’allais. C’était tout aussi compliqué lorsque je me retrouvais face à quelqu’un pour qui ce nom n’était pas inconnu. Ma mère voulait que je sois comme elle, une femme forte aussi bien physiquement que moralement. La seule réussite qu’elle ne m’ait jamais souhaitée était de n’avoir peur de rien. Ma mère m’affubla donc dès la naissance d’un nom de pirate, pas n’importe lequel…Chang I Sao, surnommée à très juste titre « la terreur de la Chine du Sud », connue notamment pour avoir était à la tête de 400 navires pirates, et pour avoir commandé plus de 70 000 hommes. Une femme redoutable, d’autant plus pour son siècle. Femme de pouvoir mais aussi de business. Lorsqu’elle fut fatiguée des batailles en mer, elle se reconvertit en gérante de bordel. Une vie toute somme, assez banale. Je me suis toujours rassurée en me disant que le choix de mon nom aurait pu être pire, même si j’aurais préféré quelque chose de moins original.

Un exercice de style

Etant plutôt adepte des challenges du type « écrire avec plein de contraintes », je me suis moi-même fixée certaines règles, non seulement pour que ce soit plus fun mais aussi pour que je réussisse à être créative même les jours où je ne me sentais pas d’écrire. Je me suis donc fixée un thème dès le départ: bien sombre pour une bonne ambiance d’angoisse.

J’ai décidé que je passerai en moyenne 3 à 4 jours d’écriture sur un seul chapitre. J’ai donc calculé en fonction de ça combien de chapitres il y aurait. Pour chaque chapitre, j’ai attribué une lettre de l’alphabet. Chacune de ces lettres correspondait à un sous-thème. Chaque sous-thème correspondait à un personnage. Chaque chapitre est une sorte de courte nouvelle, puisque chacun correspond au récit d’un personnage qui au premier abord n’a aucun lien avec celui qui le précède et celui qui le succède. Je n’ai jamais fait de plan pour mon récit, je n’ai jamais anticipé un chapitre à l’avance. Tout s’est fait de manière assez fluide en écriture automatique. Au final, je trouve que le roman forme un tout peut-être même plus cohérent que si je l’avais écrit avec un squelette.

A l’année prochaine ? 

Mon seul regret est de ne pas avoir été jusqu’au bout des chapitres que je voulais écrire. Il m’en manque trois, parce-que j’ai pas mal traîné au début et que j’ai arrêté le Nano vers le 20 novembre, les aléas du chômage… parfois on retrouve du travail! Même le dernier chapitre a été laissé en plan en plein milieu d’une phrase. J’ai essayé de donner une fin correcte au roman après sa relecture un an plus tard, mais disons que la flamme qui m’animait pour écrire ce bouquin n’était plus du tout aussi vive.

L’expérience reste somme toute une sacrée aventure. Je ne me pensais pas capable d’écrire un roman de fiction et pourtant voilà qui est fait. Un très bon exercice pour s’entraîner, trouver et peaufiner son style. Une expérience qui m’a donné envie de me lancer pleinement dans l’écriture, mais cette fois-ci en prenant mon temps et en me focalisant davantage sur une histoire bien précise que sur de l’improvisation pure et dure.

Alors ça vous tente ? A vos plumes !

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