Deux semaines en Alberta.

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Troisième étape de notre road-trip estival.

Et dire que c’était déjà il y a plus de deux mois… Nos deux semaines en Alberta sont passées comme des étoiles filantes ! Avant d’y aller, j’avais beaucoup entendu parler de l’Alberta . J’avais eu beaucoup de retours très positifs concernant la beauté de ses paysages, la vie relativement peu chère qu’elle offrait, les nombreuses opportunités d’emploi et son côté très moderne ville de verre et ses espaces verts. Seules ombres au tableau, le portrait très négatif de son très oisif Fort McMurray et de sa capitale Edmonton dont la principale fierté réside dans la construction de l’un des plus gigantesques centres de consommation de l’Amérique du Nord (oui rien que ça). Nous n’y avons pas mis les pieds, et je me garderai ainsi d’émettre le moindre avis sur ce sujet. Nous avons à la place préféré jouer la carte du touriste à 200%, découvrant ainsi les plus belles pépites de la province.

Sur la route des dinosaures.

Medecine Hat, une belle surprise !

Notre premier arrêt en Alberta fut assez marquant. Après des kilomètres et des kilometres de champs et De villages abandonnés parcourus lors de notre traversée du Saskatchewan, il ne nous aura fallu qu’une petite heure de route après la frontière pour arriver dans la première grosse ville du Sud de l’Alberta : Medecine Hat. Je ne vais pas vous cacher que j’appréhendais un peu cette ville suite à la description qu’en avait fait mon guide Lonely Planet (décidément je m’abstiendrais de leurs conseils pour mes prochaines escapades.) Medecine Hat y était décrite comme la ville du pétrole par excellence et donc comme une ville sombre, peu dynamique en dehors de son busy business et particulièrement inspirante pour les écrivains en mal de spleen.

Je nous imaginais déjà entrain de passer la nuit aux pieds d’une usine alors qu’en réalité pas du tout, ce fut une très belle surprise. Medecine Hat était très bien aménagée et très verte, de gros efforts avaient été fait pour qu’elle finisse dans le top 5 des villes avec le plus de parcs et de domaines boisés du Canada.

Malheureusement pour nous, le déluge nous a rattrapé et a rendu impossible toute tentative de découverte plus approfondie de la ville. En revanche, elle nous aura permis de croiser la route d’une personne dont nous nous souviendrons pendant longtemps. Alors que nous nous étions réfugiés dans notre QG le Mcdo, nous avons fait la découverte d’un voyageur solitaire trempé jusqu’aux os. Un canadien du même âge que nous qui voyageait à contre sens de notre voyage, d’Ouest en Est… en vélo !

A l’heure où j’écris ces mots, sa traversée du pays s’est achevée depuis longtemps et le voilà qui désormais traverse l’Europe ! Rencontrer des gens inspirants un jour de pluie est d’un réconfort absolu. Une belle leçon d’optimisme pour poursuivre notre voyage !

Dinosaur Provincial Park

Le soir même de cette rencontre, reboostés à bloc par cette rencontre, nous avons donc décidé de continuer notre route en direction des dinosaures malgré la pluie, la foudre et le froid. C’était une idée fabuleuse ! Nous n’avions pas encore franchi l’entrée du Parc Provincial que nous en prenions déjà plein les yeux. La nuit fut glaciale mais le lieu était tellement magique que j’en avais perdu toute motivation de me plaindre de quoi que ce soit (c’est dire la beauté de la chose!)

Notre premier contact avec les hoodoos canadiens !!!

Petit précis pour mieux comprendre de quoi il s’agit.

Il y a 75 millions d’années, ce qui est maintenant l’est de l’Alberta, était une plaine littorale de faible altitude aux abords d’une mer vaste mais peu profonde. La température subtropicale ressemblait à celle du nord de la Floride aujourd’hui. D’innombrables créatures fréquentaient l’endroit : des poissons, des amphibiens, des tortues, des oiseaux, des mammifères primitifs et environ 35 espèces de dinosaures. Certaines de ces créatures sont mortes dans les lits des rivières et dans les vasières, et leurs os ont été enfouis sous des couches de sable et de boue. Le passage du temps, combiné à la pression, à l’absence d’oxygène et au dépôt de minéraux, a produit des fossiles, soit des empreintes d’os, de dents et de peaux de créatures qui fréquentaient autrefois la région. La formation de couches de roches sur ces fossiles en a permis la conservation.

Ce n’est qu’à la fin de la dernière période glaciaire il y a environ 13 000 ans — une fraction de seconde dans l’histoire géologique — que les glaciers ont enlevé les couches supérieures de roches. D’importantes quantités d’eau de fonte ont sculpté les couches fragiles de grès et de mudstone, dénudant les sédiments fossilifères et, parallèlement, créant la vallée de la rivière Red Deer. Les cheminées de fées (ou hoodoos), les mesas isolées et les basses ravines de cette vallée, située au cœur des bad lands de l’Alberta, contiennent la plus importante concentration de fossiles de dinosaures de la période du crétacé supérieur jamais découverte.

(Mes remerciements au Gouvernement Canadien pour ce petit précis historique.)

Drumheller

De villages désertiques en villages désertiques. Nous avons poursuivi notre chemin jusqu’à Drumheller, où j’ai fait une indigestion de Dinosaures au musée qui leur est dédié.

D’habitude, grande fan des musées en tout genre, celui-ci m’a donné des vertiges à cause de sa densité. Alors d’accord, on en a eu pour notre argent puisque l’entrée n’est pas donnée, mais au bout d’une heure et demi, j’étais perdue. Alors que je pensais avoir fait le tour du musée, j’en étais en réalité même pas à la moitié !

La ville de Drumheller m’a beaucoup plus inspirée que le musée. Elle avait des airs de ville bloquée dans les années 80, un mélange de Jurassic Park et de Retour vers le Futur.

Preppy Calgary

Et puis nous sommes arrivés dans notre première grande métropole de l’Ouest Canadien : Calgary. Pour tout vous dire, je ne sais toujours pas quoi penser de cette ville. Nous n’y sommes restés que deux jours, c’est peut-être pour ça.

Notre premier contact avec cette ville était un centre commercial uniquement remplis de boutiques asiatiques à moitié à l’abandon ou en liquidation. Globalement, c’est un peu l’impression que m’ a donné le quartier de Chinatown. Un peu plus loin la « city » vibrait de mille feux : bâtiments, bureaux, centre commerciaux, tout semblait être sorti de terre il y a peu de temps. Même les habitants semblaient tout neufs, chaque personne que nous croisions étaient incroyablement bien habillée, maquillée, coiffée. Les serveuses et vendeuses semblaient mener une double vie, j’imaginais qu’elles étaient mannequins la nuit. Après tout ce temps passé dans les forets du Manitoba et sur la route, arriver dans cette ville si jeune et distinguée m’a fait un choc. Je ne m’attendais pas à une ville aussi radicalement différente de ce qu’on avait pu expérimenter jusqu’alors.

Très rapidement, nous sommes également tombés sur les vices urbains de la côte ouest américaine : la drogue dure venue d’Asie, crack ; héroïne, bath salt, le genre de drogues qui transforment ces usagers en véritable zombies arpentant les rues.

C’était beaucoup d’émotions pour qui sait ne pas fermer les yeux sur ce genre de choses…

Les Rocheuses

Ne voulant pas nous attarder trop longtemps dans les grandes villes. Nous avons poursuivi notre chemin vers les Rocheuses. Et que dire des Rocheuses en dehors des communes banalités ?

C’était incroyablement beau.

C’était incroyablement beau.

C’était incroyablement beau.

Notre quota de « wildlife » a explosé, nous avons vu environ 9 ours, un cerf, plusieurs aigles, des coyotes et nous avons même dormi en charmante compagnie d’un lynx.

J’ai adoré Banff et ses environs, certains diront que son aspect Disneyland est un peu oppressant et repoussant, moi c’est ce que j’ai adoré !

Les environs de Lake Louise étaient quant à eux, un véritable enfer, nous avions beau être seulement début juin, le trafic était absolument fou : aucun parking de disponible, les campings saturés, des centaines de perches à selfies en folie… Un moment douloureux à passer pour les nerfs mais qui valait cependant la peine d’avoir fait tout ce chemin.

Notre pass découverte des Parcs Nationaux nous a permis de prendre notre temps pour visiter toutes les curiosités géologiques tout au long de la route de Banff à Jasper et de Jasper au Parc National Yoho.

Jasper n’avait strictement rien à voir avec Banff.

S’en était fini de la frénésie touristique. Jasper est une ville calme et apaisante surtout par temps pluvieux. Les environs de la ville réservent de nombreuses surprises (canyons, hot springs, etc.) mais la ville elle-même m’a quelque peu irritée pour son manque d’infrastructures. Beaucoup de magasins, très grands, très kitsch remplis de produits chinois, mais aucun moyen de trouver un endroit pour boire un café. Les cafés du coin se résumant à Tim Hortons et 2-3 autres cafés indépendants à la capacité d’accueil maximum de 15 personnes. Pour une ville qui reçoit des milliers de touristes PAR JOUR, c’est un peu léger… très léger ! (Admirez la parisienne en colère qui sommeille en moi!)

Il y avait toutefois quelque chose de très poétique qui se dégageait de cet endroit aux airs de « ville du bout du monde ». Un je-ne-sais-quoi qui me rend très nostalgique rien que d’y repenser.

Quant à notre trajet retour jusqu’au Parc National Yoho pour rejoindre la Colombie-Britannique, quelle aventure !

Des monticules de neige se sont abattus sur nous un 10 Juin. C’était un moment magique et inoubliable qui nous permettra de dire que nous avons vu les Rocheuses en été et en hiver, en l’espace d’une nuit. Le glacier Athabasca n’en était que plus majestueux sous cette épaisse couche de neige et les routes donnaient l’impression de rejoindre le Pôle Nord.

MERCI L’ALBERTA pour ces deux merveilleuses semaines que tu nous as permis de vivre.

C’est avec un énorme sourire d’enfant heureux que nous te quittons, pour qui sait, mieux revenir !

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