Coup de foudre pour le Saskatchewan !

 

  • Deuxième étape de notre road-trip estival.

C’était un voyage qu’on attendait depuis longtemps…la traversée du Saskatchewan!

Bizarrement , quand la plupart des gens ont tendance à me recommander un endroit à visiter ou au contraire, un endroit à éviter, je me méfie. Non pas parce que je ne leur fait pas confiance mais parce que mes goûts divergent énormément de la moyenne. En France par exemple, on m’avait dit beaucoup de bien de villes comme Nantes et Grenoble, pourtant ce sont des villes que j’ai très moyennement appréciées. Alors, lorsque plusieurs personnes ont essayé de nous dissuader de nous arrêter dans le Saskatchewan ça m’a fait sourire, parce que je savais d’avance qu’il y aurait de grandes chances pour que cet endroit me plaise énormément. Pourtant, ce n’était pas gagné! Même dans les guides touristiques, le Saskatchewan est dépeint comme le vilain grenier agricole du Canada, où personne ne veut s’aventurer.

Rien n’est fait pour vous donner véritablement envie de vous y arrêter. Dans mon guide Ulysse, seulement 15 pages sont dédiées à la découverte de cette province boudée, contre les 100 pages concernant la Colombie-Britannique. Plus de la moitié de ces pages concernent les deux villes principales: Regina et Saskatoon et l’une de ses activités les plus lucratives: les tunnels de Moose Jaws (une reconstitution d’un moment phare de la prohibition en Amérique du Nord animée par des comédiens); quant au reste de cet immense territoire, très peu de crédit lui est attribué.

Concernant mon guide Lonely Planet de 2002 (je vous en parlais dans mon précédent article) c’est encore pire. Il n’était pas rare de tomber sur des descriptions du type : « cette petite ville a été très importante à telle époque pour telle communauté, mais aujourd’hui, il s’agit juste d’une ville sans intérêt.» Je veux bien excuser Lonely Planet pour cette fois, en espérant que 15 éditions plus tard, ils se soient mis à jour sur le sujet et donne davantage envie de venir dans cette province.

Ce n’est donc pas grâce aux guides touristiques que nous avons découvert cette province, mais grâce à de nombreuses recherches sur internet.

  • Expérimenter l’immensité.

Si je devais résumer les raisons qui ont fait du Saskatchewan notre coup de cœur en quelques mots, je dirais que cela tient surtout à une expérience inédite pour ma part, celle de l’immensité ! En Europe il y a des champs partout et pourtant l’horizon s’arrête toujours à un point donné : une maison, une usine, une autoroute. Le territoire est morcelé mais ne s’étend jamais vraiment à perte de vue sur un angle de 360°. Au Saskatchewan, si. L’horizon est sans fin, sans obstruction aucune. L’immensité s’accompagne d’un sentiment de puissance et de grandeur de la nature humaine : des milliers de km façonnés par l’homme, à la force de ses mains. Comme beaucoup d’endroits au Canada, celui-ci sent particulièrement la sueur (c’est une image hein!) la force et la rigueur. Pourtant les gens d’ici ont l’air calme et serein, peut-être parce-que nous sommes arrivés au bon moment de l’année, car il paraît que c’est là où se trouvent les pires hivers du Canada, à cause du vent qui s’infiltre sur les prairies gelées. J’ai aussi entendu dire que de vivre dans un environnement à l’horizon dégagé participait grandement au bonheur de ses habitants. En ce sens, on comprend d’ailleurs beaucoup mieux pourquoi les gens des villes sont beaucoup plus enclins à la dépression, de même pour les habitants des forêts sans fin du Manitoba que nous avons côtoyés l’hiver dernier.

C’est une émotion étrange, difficilement définissable. L’immensité rend libre, ou du moins contribue à nous donner l’impression de l’être.

  • Les trésors cachés du Saskatchewan.

Les villages abandonnés.

S’il y a bien une chose que nous avons adoré dans le Saskatchewan ce sont les lieux abandonnées, il y en avait pour tous les gouts : églises, maisons et même villages. Il suffit d’ouvrir les yeux, tout au long des petites routes, et qui sait, peut-être trouverez vous une petite pépite pour passer la nuit !

Le lac Diefenbaker.

L’autre grande merveille du Saskatchewan est le lac Diefenbaker. 225Km de long, 66m de fond à certain endroits. Vous trouvez cela incroyable comme taille pour un lac ? C’est normal puisqu’il s’agit d’un lac artificiel de l’Est à l’Ouest, les petites villes (disons plutôt villages) sont super mignons pour passer une après-midi tranquille au bord de l’eau.

Plus à l’Ouest, si vous n’avez pas peur de vous aventurer en dehors des sentiers battus, non loin de Beechy, vous trouverez un endroit bien caché pour randonner, pique-niquer et dormir. Dunes de sable et collines verdoyantes à perte de vue. Aucune âme humaine, ni construction à l’horizon. Silence et volupté assurés !

Saskatoon, une ville un brin énigmatique.

Notre route a également croisé le chemin de Saskatoon, une ville dont je n’avais jamais entendu parler avant d’arriver au Canada. Ce n’est pas la capitale du Saskatchewan (il s’agit de Régina). C’est dans cette ville que nous avons croisé les premières terrasses canadiennes de l’été, il n’en fallait pas plus pour nous rendre heureux. Nous avons particulièrement aimé le calme, et la non-odeur omniprésente de la pollution, ainsi que les espaces vert de la ville. Nous n’avons pas pris le temps de visiter des musées, même s’il y en avait quelques uns. C’est une ville que nous avons trouvé un brin étrange, avec tout un quartier à l’abandon (boutiques/restaurants fermés et immeubles en décrépitude), tandis que le reste de la ville construite à l’américaine, était constituée de malls et de zones commerciales en périphérie, alors que le centre,lui, était riche en buildings bureaucratique mais très pauvre en magasins.

Je ne dirais pas que Saskatoon est une ville à ne surtout pas rater, mais elle a le mérite de trancher nettement à côté de villes comme Quebec, Calgary ou encore Vancouver. Alors si vous avez envie de découvrir le Canada sous toutes ses facettes, Saskatoon est résolument un endroit à parcourir pour comprendre la diversité incroyable des villes de ce pays.

A très bientôt pour la suite de nos aventures en Alberta!

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