Construire une maison sur roues en 10 étapes !

C’était pas du tout prévu…

Il y a un an, si on m’avait dit que j’achèterai une camionnette pour l’aménager quelques mois plus tard, j’aurai dit: «bah voyons donc, ça n’a pas de bon sens tout cé» avec l’accent québécois bien sûr! Pourquoi s’infliger autant de stress au lieu d’acheter un van déjà tout aménagé?! On peut désormais dire que la personne qui aurait dit cela n’est plus, elle a disparu quelques part au-dessus de l’Atlantique, juste avant de poser les pieds au Canada…

Si vous n’avez pas suivi le pourquoi du comment nous avons finalement opté pour une camionnette totalement vide au lieu d’un van aménagé, je vous invite à relire cet article.

Si par contre vous êtes intéressés par l’aménagement de notre bébé Gordon, restez-là c’est ici que ça se passe !

Avant toute chose, je tiens à citer et remercier deux sites en particulier qui m’ont non seulement aidé à faire le choix d’un van à aménager soi-même, mais qui ont aussi été mes références, que dis-je MA BIBLE pour la construction pas à pas de notre van. J’ai nommé: thevanual (qui est en anglais) et thetravellingshed (qui est en français). Si vous allez faire un tour sur ces deux sites, vous verrez que notre van n’a au final pas grand chose en commun avec les modèles présentés, notre van n’étant pas du tout le même que ceux qui y figurent, il fallait donc tout repenser (c’était d’ailleurs ma partie préférée). Un autre paramètre expliquant la divergence de notre van à été l’argent. Nous aurions adoré avoir un van tout beau, tout propre, tout design mais ce n’était pas très utile puisque nous ne comptions pas vivre dedans à long terme, nous avons donc préféré rester très minimalistes pour économiser sur le budget aménagement pour pouvoir davantage l »investir dans le budget voyage.

Au final, nous sommes très heureux esthétiquement de ce que nous avons réaliser, c’est un van qui nous ressemble.

 

ETAPE 1 – L’ECHAUFFEMENT (préparation)

Lorsque nous avons acheté Gordon, il n’était pas tout vide à l’intérieur.

Puisqu’il s’agissait d’une camionnette qui transportait auparavant des frigidaires, il était paré de magnifiques étagères en fer, qui faisaient un bruit infernal en permanence sur la route.

La partie conducteur était totalement séparée de l’arrière par une cloison en métal, ce qui ne permettait pas du tout de pouvoir circuler dans le van autrement qu’en sortant du van et en remontant par l’arrière. La première étape a donc était de tout démonter avant de penser à une quelconque construction.

 

ETAPE 2 – Pour le moment tout va bien… l’ISOLATION

Après avoir démonté tout ce qui ne nous plaisait pas dans Gordon et l’avoir nettoyer avec amour. On s’est rendu compte que Gordon n’était pas bien, mais alors pas bien isolé du tout. C’est bien simple, durant nos premiers trajets j’étais un peu en panique d’avoir fait l’achat de ce van, puisque j’avais l’impression que j’allais perdre mes orteils avant d’arriver à destination tellement il faisait froid à l’intérieur. Nous avons donc décidé de l’isoler pour l’hiver mais aussi pour l’été car si le froid s’infiltrait facilement, on se doutait bien que les 40 degrès à l’ombre en été, ne nous ferait pas non plus de cadeau.

Après avoir fait un petit tour dans les magasins de bricolage canadien, on était un peu désappointés par les tarifs des isolants… Et puis Jean-Marie, le fermier chez qui nous travaillions à l’époque, nous a sauvé la mise en nous offrant non seulement son garage pour travailler au chaud mais aussi tous les isolants dont nous pouvions rêver.

Notre van est donc grâce à lui, équipé d’une épaisse couche de laine de ver (parfait isolant thermique, qui permet d’éviter la moisissure mais aussi la rouille), que nous avons recouvert d’une fine couche d’isolant réflectif, à la fois pour son côté esthético-pratique (pas besoin de clouter les parois du van, avec du scotch il tient parfaitement bien) mais aussi idéal comme isolant estivale, puisqu’il empêche la chaleur de pénétrer à l’intérieur.

Sur cette partie, nous avons donc fait une économie non négligeable de plusieurs centaines d’euros.

Nous avons décidé de garder l’ancienne ossature en bois à laquelle était précédemment fixée les étagères en fer, nous l’avons remise à neuf et peinte avec la couleur la plus chaleureuse qui soit.

 

ETAPE 3 – A L’HEURE DU GOUTER, ESTIMER SON TERRAIN

Une fois l’étape 2 terminée, Gordon nous montrait enfin tout son potentiel, nous pouvions enfin découvrir tout l’espace dont nous disposions pour imaginer notre future maison sur roues. Munie de mon mètre à couture,qui ne me quitte jamais et qui à fait rire bien des canadiens, nous avons mesuré tout ce que nous pouvions mesurer. C’était l’étape la plus facile, mais aussi celle où il ne fallait pas se planter.

ETAPE 4 – PREMIERES ESQUISSES, (premières angoisses)

Nous ne pouvions pas tenir debout dans Gordon , alors oui, ce n’était pas une découverte certes, puisque Gordon mesure 1m30 de hauteur à l’intérieur. Ce qui a été plus délicat a été de découvrir que Gordon ne mesurait que 1m60 et des poussières de largeur.

Comment vous dire… Pour mon copain, tout va bien (ahahah) mais pour moi… je fais plus d’1m70, nos possibilités de faire un lit dans la largeur du van pour gagner un maximum d’espace venaient d’être réduites à néant, à moins que je ne dorme avec les genoux sur le ventre. Autant camper dehors dans ces conditions là! Il fallait donc penser à un lit en longueur qui prenne un minimum de place et qui dispose également de beaucoup de rangements, puisqu’il ne pouvait y avoir aucun rangement en hauteur sous peine de finir le crane brisé, une nuit où nous nous serions levés trop vite. Cela arrive même aux meilleurs (bisous Charles VIII, on ne t’oublie pas!)

ETAPE 5 – VOUS REPRENDREZ BIEN UNE TASSE DE THE ? (CHOISIR SON BUDGET)

Passée l’étape des croquis les plus fantaisistes qui soit (lit qui roule, lit qui descend du plafond), il a fallu là encore faire preuve de réalisme et de se dire que notre lit serait avant tout un lit en bois avant de pouvoir lui inventer des ailes. En dehors du lit, il a fallu penser au budget dans sa globalité : quel sol mettre pour quel prix ? Faut-il installer des panneaux solaires pour pouvoir recharger nos appareils électroniques ? Installer une douche solaire dans le van ? Comment faire pour les WC ? Y a t-il un espace suffisant pour faire un évier et un petit plan de travail pour la cuisine ? Beaucoup de questions auxquelles nous n’avions pas de réponse pendant un temps et puis, tout à coup tout est devenu clair dans nos esprits.

ETAPE 6 – LE CHOIX DU MINIMALISME, qui a besoin d’un WC quand on peut avoir un seau ?

Pourquoi s’embarrasser de poser un sol en lino, quand nous en avions déjà un en contreplaqué (certes usé) mais quoi de mieux qu’un bon tapis bien moelleux pour économiser le prix d’un sol tout neuf?! Pourquoi installer des panneaux solaires pour être connectés aux objets dont on veut justement se déconnecter pendant notre voyage? Pourquoi se casser la tête à faire rentrer une douche à l’intérieur du van, quand on peut se laver face au soleil à l’extérieur? Pourquoi se préoccuper d’aménager des WC quand on peut avoir un seau? Pourquoi faire un évier quand on a déjà une bassine et un bidon d’eau?

C’était une période très étrange, on végétait sur plein de sujets parce qu’il faisait beaucoup trop froid pour sortir et que nos journées de travail étaient plutot épuisantes, c’était exactement au même moment, où je découvrais le documentaire Netflix sur le Minimalisme dont je vous ai parlé dans cet article. C’était tout d’un coup une révélation. Le plus dur n’était pas de construire notre van, le plus dur était de se détacher de toutes les choses matérielles et du comfort quotidien auquels nous étions habitués. Quand je regarde toutes les vidéos Youtube sur tous ces gens qui construisent des vans hyper perfectionnés pour y vivre dedans j’ai les yeux qui brillent et je voulais faire exactement la même chose, mais quel intérêt, si le but de notre van est de voyager et non pas de devenir des « digital nomads » hyper-connectés comme on en voit si souvent sur les réseaux sociaux. Il fallait que je déconstruise toute cette imagerie que j’associais à la vie en van, pour construire une maison sur roues qui soit avant toute chose pratique.

ETAPE 7 – CROQUER DES CROQUIS, sortez les critériums !

Une fois mes idées remises en place, c’est comme si mes croquis s’étaient dessinés par eux mêmes. Quelques coups de crayons et nous avions une idée de ce à quoi pourrait ressembler notre van :

  • un lit amovible avec une partie fixe qui permettrait:
  • de grands espaces de stockage
  • plusieurs placards et des rangements sur les portes
  • une douche solaire extérieure
  • aucune sorte d’électricité
  • des rideaux thermiques pour l’été
  • des rideaux textiles pour se sentir dans un petit cocon

 

ETAPE 8 – DU DESSIN A LA REALITE, ça avait pourtant l’air de tenir sur le papier ?!

 

Quelques semaines plus tard, nous avons commencé à travailler sur la construction de notre petit Gordon, grâce à nos hôtes nous avons eu un autre garage à disposition, avec tous les outils nécessaires à sa construction. Il a fallu prendre le temps pour réajuster certaines choses qui sur le papier semblait évidentes, mais qui l’étaient beaucoup moins en réalité (comme le sommier des lits).

Le plus gros couac dans mes mesures aura été la hauteur du lit: l’espace dédié au rangement est incroyable, nous avons au final bien plus d’espace que ce que j’avais imaginé, mais il aurait peut être mérité d’être un poil plus petit pour que nous puissions tenir droit en étant assis sur notre lit, ce qui n’est pas vraiment le cas. Les espaces de rangement que nous voulions mettre au niveau des portes à été repensé autrement, sinon les portes ne se seraient plus fermées. Quant à l’espace vacant pour faire une cuisine, nous avons préféré le laisser libre pour le moment et si l’envie nous en prend de l’aménager plus tard, pour le moment il est un espace idéal pour y mettre en vrac toutes les affaires pour lesquelles nous n’avons pas encore attribué de place.

Je vous passe bien évidemment nos meilleurs exploits, ou comment nous avons perdu toute une matinée à scier nos pieds de lit à la main. Heureusement qu’un Canadien  a eu pitié de nous et nous a montré comment utiliser une scie électrique. Ça nous a fait économiser quelques précieuses minutes de vie !

ETAPE 9 – AU DIABLE LA RIGUEUR, faites une maison qui vous ressemble.

Adieu étagères parfaitement symétriques, digne du plus beau des catalogues IKEA.

Notre van est loin d’être parfait, mais il est encore mieux que ce que nous imaginions.

Une de mes parties préférées à été de choisir les textiles pour notre van, ceux pour la literie et ceux pour nos rideaux. Pour le coup tout vient de chez IKEA, on ne s’est pas foulé, et j’ai eu le temps de faire mes propres rideaux à la main comme je le voulais.

Pour la literie, c’était un peu plus compliqué, notre lit n’est pas véritablement un QUEEN SIZE mais il s’en rapproche. Nous avons opté pour un matelas en mousse qu’ils appellent ici « MEMORY FOAM » car il épouse la forme de votre corps pour plus de moelleux. C’est ce qu’il y a de moins cher sur le marché mais pas forcement de plus confortable, puisqu’il mesure moins de 5cm d’épaisseur (après quelques nuits dessus, on vous dira ce qu’il en est). Puis, nous avons ajouté une alaise bien bien moelleuse comme les Américains savent si bien les faire. Pour davantage de moelleux (ça n’en fini plus), nous avons des couvertures en laine juste au dessus de notre sommier que nous avait gentillement offert, Carole, notre hôte à la ferme à Québec. Par le plus grand des miracles, les draps que nous avons acheté à IKEA sont absolument parfait pour notre lit.

Encore une fois, nous avons été très chanceux et sommes très reconnaissants, de tout ce que nous ont donné nos hôtes à la ferme, puisque grâce à eux, nous n’avons pas eu besoin d’investir dans une couette, et très peu dans tout le matériel de camping dont nous disposons.

 

ETAPE 10 – LAISSER PARLER l’artiste qui sommeille en vous. (Place à la créativité).

Enfin et le meilleur pour la fin.

Alors que nous pensions avoir terminé notre van, la palme de l’ingéniosité revient à mon incroyable copain. Nous stressions à l’idée de devoir chier dans les bois (excusez l’expression) à même le sol et sans aucun confort, voilà que l’idée la plus brillante lui est venue quelques jours avant notre départ. Et je vous laisse sur cette découverte incroyable comme image de fin.

A très vite pour plus de photos de Gordon les copains !

 

 

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