Quatrième volontariat dans le Manitoba.

Le récit de ce quatrième volontariat est un peu spécial.

Il y a 5 ans, je savais déjà que je voulais prendre une année à la fin de mes études pour faire quelque chose de totalement différent. Je ne savais pas encore tout à fait où, encore moins quand et certainement pas quoi.

Un PVT au Canada ? C’était très attirant, mais je n’étais pas totalement convaincue.

A force de traîner sur des blogs en tout genre, je suis tombée sur celui de Lætitia(Routes Parallèles) et celui d’Ann (Anolalemag) qui étaient en pleine aventure sur cet immense territoire. Après avoir suivi avec passion ces deux récits de voyage, je n’avais plus de doute.

Le point commun entre ces deux blogs et le lieu même où je me trouve pour écrire cet article: le Falcon Trails Resort. Sans ces deux blogs, je n’aurais jamais entendu parler de cet endroit, et je n’aurai sans doute jamais passé trois mois de ma vie dans le Manitoba. C’est donc grâce à ses auteures que je remercie chaudement, si nous sommes parvenus jusqu’ici…et quelle aventure!

Une des cabines dont nous nous occupions.

Je rêvais donc secrètement de cet endroit pendant plusieurs années, pensant que peut-être, un jour, je pourrais moi aussi y travailler pendant un temps.

Quelques mois avant notre grand départ pour le Canada, j’ai donc tenté ma chance. J’ai envoyé un mail à Barb, la propriétaire du Falcon Trails Resort en lui expliquant toutes les raisons de ma motivation à aller me perdre au fin fond des forêts du Manitoba pour m’engager dans un tel volontariat. La réponse ne s’est pas faite attendre, avec un enthousiasme incroyable, Barb m’a répondu quelque chose comme «avec grand plaisir!»

Le soucis c’est que nous arrivions à Montréal, que nous n’avions pas de voiture et ne pouvions pas estimer combien de temps cela nous prendrait d’en avoir une. Entre temps nous avions programmé d’autres volontariats beaucoup moins lointain et il m’était alors impossible de fixer une date d’arrivée. Nos échanges se tarirent et j’oubliais même pendant un temps que je l’avais contacté, trop préoccupée par tout ce que nous vivions au quotidien.

Et puis, par un jour de janvier pluvieux alors que nous agonisions dans notre premier volontariat à Québec, Barb me recontacta pour me demander si nous pouvions venir au mois de Mars. Nous n’avions à l’époque ni voiture, ni la moindre idée de ce que nous ferions entre ce jour là et le mois de Mars, mais nous nous sommes précipités sur cette proposition. Nous y serions allés en stop s’il le fallait! Tout ce que j’espérais d’un volontariat n’avait été que déception absolue à l’endroit où nous nous trouvions, et le simple fait d’avoir cet hôte à l’autre bout du Canada qui se rappelait de nos messages échangés quelques 4 mois plus tôt me redonnait soudainement espoir.

Je vous passe les détails de notre arrivée, ainsi que la description de ce lieu si exceptionnel où nous avons travaillé durant ces trois mois, et vous propose plutôt de le voir en images.

Par où commencer?

5 Mars 2018

Arrivée à Falcon Lake.
Sortir de la Transcanadienne, celle-là même qui a été notre principal compagnon et notre principale source de divertissement pendant ces quelques 3000 kilomètres parcours depuis Terre-Neuve. Emprunter une route non goudronnée, s’enfoncer à vive allure dans la forêt à la nuit tombante, sillonner pendant plusieurs dizaines de minutes.

Arrivée chez Barb.
Elle nous accueille entourée de trois gros chiens. Une pancarte «Barefoot Friendly» se tient devant la porte d’entrée. De l’autre côté, il y a Craig, le mari de Barb qui se trouve justement pieds nus par -20 degrés.
Quelques pas plus tard, l’émerveillement commence dans le salon de nos hôtes. Le genre de maison que je ne vois que dans mes rêves, se dessine devant mes yeux, je suis ébahie. Barb et son mari étaient charpentiers avant de prendre leur retraite, ils ont construit leur maison eux mêmes, ainsi que toutes les cabines et toutes les structures du Falcon Trail Resort.

Le voyage était épuisant, je suis ébahie, je suis perdue, je ne dis pas un mot.

Il y a à côté de nous des gens très étranges.
Un garçon du nom de Rob qui semble surexcité de vivre et qui nous invite à l’événement de l’année : une célébration du soleil sur une piste de snow. Je lui explique que je ne suis jamais allée au ski de toute ma vie, il me répond que c’est le moment idéal! Et puis il y a Ben, un garçon super grand, super carré, super fin. Il me fait penser à mon frère, il est charpentier et Mennonite. Je ne comprends pas qui ils sont.
Plus le temps passe et plus il y a de gens qui arrivent dans le salon. On finit par comprendre que leur point commun et qu’ils travaillent tous d’une manière ou d’une autre pour le resort et qu’ils s’entendent bien mieux qu’une vraie famille.

 

 

6 Mars 2018

J’aurai bien passé ma journée à dormir, récupérer des courtes nuits que nous avons passé précédemment. Je suis toujours autant perdue. Ce décor, ces gens, ce rythme de vie, n’a absolument aucun point commun avec ce que nous avons vécu à Terre-Neuve.

Le soir, nous sommes conviés à un concert à domicile. C’est bien la première fois que nous en voyons un. Un couple de musicien folk se retrouvent dans notre salon, Clarke & Betsie. Tout comme nous, ils viennent de loin, de Kansas City pour être tout à fait exact. Quel étrange hasard que nos vies se croisent dans un endroit aussi reculé de tout. En les voyant, je me rappelle pourquoi j’aime tant les américains. Ils sont remplis d’ondes positives, posent plein de questions, s’émerveillent de tout et nous parle de leur métier à sillonner les villes pour partager leur amour de la musique folk. C’est un petit concert avec une vingtaine d’invités. Les invités sont pris d’une soudaine fièvre et se mettent tous à chanter, attraper ce qu’ils peuvent dans la maison pour en faire un instrument et rejoindre les deux compères en rythme. Il y en à un au fond du salon qui a attrapé un carton pour en faire une boite à rythme et sa voisine est en folie avec une paire de cueillières. Le spectacle est assez fou à voir. Les invités ne veulent pas partir, chaque fois que la musique s’arrête, quelqu’un propose une nouvelle chanson. Il est 2h du matin quand tout le monde s’en va. A contre coeur mais il le fallait bien!

 

 

10 Mars 2018

L’événement de l’année est arrivé, la célébration du soleil sur les pistes de ski à lieu ce jour.
Si je reste dubitative face à tant d’excitation, je ne suis pas en reste non plus, puisqu’il s’agit de ma première fois sur des skis. Après nos premiers jours de travail, nous voilà invités à descendre les pistes du Falcon Lake. Mon copain me dit que ça ne devrait pas être trop compliqué pour moi puisque les pistes n’ont rien de vertigineuses (c’est le Manitoba, pas les Rocheuses!). C’est tout de même suffisant pour que je reste accrochée en haut de la piste à un lampadère en criant «JE VEUX PAS DESCENDRE » telle Josiane Balasko en perdition. L’abruti d’adolescent qui gardait la remontée mécanique en bas de la piste n’ absolument aucune pitié à mon égard, puisqu’en essayant d’attraper cet objet de torture, j’en ai perdu mes bâtons de ski, ce qu’il a bien évidemment trouvé très drôle de ne pas me redonner. J’ai du mettre à peu près une heure à me plaindre en haut de la piste et à ne pas descendre. Une fois la première descente de faite, ça allait beaucoup mieux.

Pas assez malheureusement pour participer à l’événement de l’année qui était en réalité tout un circuit à bosses et obstacles en snowboard. J’éprouve encore en écrivant ces mots une gratitude absolue envers mes hôtes qui nous ont offert cette journée, et envers mon copain pour sa patience et son amour inconditionnel même dans les situations où je suis totalement exécrable.

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Construire une maison sur roues en 10 étapes !

C’était pas du tout prévu…

Il y a un an, si on m’avait dit que j’achèterai une camionnette pour l’aménager quelques mois plus tard, j’aurai dit: «bah voyons donc, ça n’a pas de bon sens tout cé» avec l’accent québécois bien sûr! Pourquoi s’infliger autant de stress au lieu d’acheter un van déjà tout aménagé?! On peut désormais dire que la personne qui aurait dit cela n’est plus, elle a disparu quelques part au-dessus de l’Atlantique, juste avant de poser les pieds au Canada…

Si vous n’avez pas suivi le pourquoi du comment nous avons finalement opté pour une camionnette totalement vide au lieu d’un van aménagé, je vous invite à relire cet article.

Si par contre vous êtes intéressés par l’aménagement de notre bébé Gordon, restez-là c’est ici que ça se passe !

Avant toute chose, je tiens à citer et remercier deux sites en particulier qui m’ont non seulement aidé à faire le choix d’un van à aménager soi-même, mais qui ont aussi été mes références, que dis-je MA BIBLE pour la construction pas à pas de notre van. J’ai nommé: thevanual (qui est en anglais) et thetravellingshed (qui est en français). Si vous allez faire un tour sur ces deux sites, vous verrez que notre van n’a au final pas grand chose en commun avec les modèles présentés, notre van n’étant pas du tout le même que ceux qui y figurent, il fallait donc tout repenser (c’était d’ailleurs ma partie préférée). Un autre paramètre expliquant la divergence de notre van à été l’argent. Nous aurions adoré avoir un van tout beau, tout propre, tout design mais ce n’était pas très utile puisque nous ne comptions pas vivre dedans à long terme, nous avons donc préféré rester très minimalistes pour économiser sur le budget aménagement pour pouvoir davantage l »investir dans le budget voyage.

Au final, nous sommes très heureux esthétiquement de ce que nous avons réaliser, c’est un van qui nous ressemble.

 

ETAPE 1 – L’ECHAUFFEMENT (préparation)

Lorsque nous avons acheté Gordon, il n’était pas tout vide à l’intérieur.

Puisqu’il s’agissait d’une camionnette qui transportait auparavant des frigidaires, il était paré de magnifiques étagères en fer, qui faisaient un bruit infernal en permanence sur la route.

La partie conducteur était totalement séparée de l’arrière par une cloison en métal, ce qui ne permettait pas du tout de pouvoir circuler dans le van autrement qu’en sortant du van et en remontant par l’arrière. La première étape a donc était de tout démonter avant de penser à une quelconque construction.

 

ETAPE 2 – Pour le moment tout va bien… l’ISOLATION

Après avoir démonté tout ce qui ne nous plaisait pas dans Gordon et l’avoir nettoyer avec amour. On s’est rendu compte que Gordon n’était pas bien, mais alors pas bien isolé du tout. C’est bien simple, durant nos premiers trajets j’étais un peu en panique d’avoir fait l’achat de ce van, puisque j’avais l’impression que j’allais perdre mes orteils avant d’arriver à destination tellement il faisait froid à l’intérieur. Nous avons donc décidé de l’isoler pour l’hiver mais aussi pour l’été car si le froid s’infiltrait facilement, on se doutait bien que les 40 degrès à l’ombre en été, ne nous ferait pas non plus de cadeau.

Après avoir fait un petit tour dans les magasins de bricolage canadien, on était un peu désappointés par les tarifs des isolants… Et puis Jean-Marie, le fermier chez qui nous travaillions à l’époque, nous a sauvé la mise en nous offrant non seulement son garage pour travailler au chaud mais aussi tous les isolants dont nous pouvions rêver.

Notre van est donc grâce à lui, équipé d’une épaisse couche de laine de ver (parfait isolant thermique, qui permet d’éviter la moisissure mais aussi la rouille), que nous avons recouvert d’une fine couche d’isolant réflectif, à la fois pour son côté esthético-pratique (pas besoin de clouter les parois du van, avec du scotch il tient parfaitement bien) mais aussi idéal comme isolant estivale, puisqu’il empêche la chaleur de pénétrer à l’intérieur.

Sur cette partie, nous avons donc fait une économie non négligeable de plusieurs centaines d’euros.

Nous avons décidé de garder l’ancienne ossature en bois à laquelle était précédemment fixée les étagères en fer, nous l’avons remise à neuf et peinte avec la couleur la plus chaleureuse qui soit.

 

ETAPE 3 – A L’HEURE DU GOUTER, ESTIMER SON TERRAIN

Une fois l’étape 2 terminée, Gordon nous montrait enfin tout son potentiel, nous pouvions enfin découvrir tout l’espace dont nous disposions pour imaginer notre future maison sur roues. Munie de mon mètre à couture,qui ne me quitte jamais et qui à fait rire bien des canadiens, nous avons mesuré tout ce que nous pouvions mesurer. C’était l’étape la plus facile, mais aussi celle où il ne fallait pas se planter.

ETAPE 4 – PREMIERES ESQUISSES, (premières angoisses)

Nous ne pouvions pas tenir debout dans Gordon , alors oui, ce n’était pas une découverte certes, puisque Gordon mesure 1m30 de hauteur à l’intérieur. Ce qui a été plus délicat a été de découvrir que Gordon ne mesurait que 1m60 et des poussières de largeur.

Comment vous dire… Pour mon copain, tout va bien (ahahah) mais pour moi… je fais plus d’1m70, nos possibilités de faire un lit dans la largeur du van pour gagner un maximum d’espace venaient d’être réduites à néant, à moins que je ne dorme avec les genoux sur le ventre. Autant camper dehors dans ces conditions là! Il fallait donc penser à un lit en longueur qui prenne un minimum de place et qui dispose également de beaucoup de rangements, puisqu’il ne pouvait y avoir aucun rangement en hauteur sous peine de finir le crane brisé, une nuit où nous nous serions levés trop vite. Cela arrive même aux meilleurs (bisous Charles VIII, on ne t’oublie pas!)

ETAPE 5 – VOUS REPRENDREZ BIEN UNE TASSE DE THE ? (CHOISIR SON BUDGET)

Passée l’étape des croquis les plus fantaisistes qui soit (lit qui roule, lit qui descend du plafond), il a fallu là encore faire preuve de réalisme et de se dire que notre lit serait avant tout un lit en bois avant de pouvoir lui inventer des ailes. En dehors du lit, il a fallu penser au budget dans sa globalité : quel sol mettre pour quel prix ? Faut-il installer des panneaux solaires pour pouvoir recharger nos appareils électroniques ? Installer une douche solaire dans le van ? Comment faire pour les WC ? Y a t-il un espace suffisant pour faire un évier et un petit plan de travail pour la cuisine ? Beaucoup de questions auxquelles nous n’avions pas de réponse pendant un temps et puis, tout à coup tout est devenu clair dans nos esprits.

ETAPE 6 – LE CHOIX DU MINIMALISME, qui a besoin d’un WC quand on peut avoir un seau ?

Pourquoi s’embarrasser de poser un sol en lino, quand nous en avions déjà un en contreplaqué (certes usé) mais quoi de mieux qu’un bon tapis bien moelleux pour économiser le prix d’un sol tout neuf?! Pourquoi installer des panneaux solaires pour être connectés aux objets dont on veut justement se déconnecter pendant notre voyage? Pourquoi se casser la tête à faire rentrer une douche à l’intérieur du van, quand on peut se laver face au soleil à l’extérieur? Pourquoi se préoccuper d’aménager des WC quand on peut avoir un seau? Pourquoi faire un évier quand on a déjà une bassine et un bidon d’eau?

C’était une période très étrange, on végétait sur plein de sujets parce qu’il faisait beaucoup trop froid pour sortir et que nos journées de travail étaient plutot épuisantes, c’était exactement au même moment, où je découvrais le documentaire Netflix sur le Minimalisme dont je vous ai parlé dans cet article. C’était tout d’un coup une révélation. Le plus dur n’était pas de construire notre van, le plus dur était de se détacher de toutes les choses matérielles et du comfort quotidien auquels nous étions habitués. Quand je regarde toutes les vidéos Youtube sur tous ces gens qui construisent des vans hyper perfectionnés pour y vivre dedans j’ai les yeux qui brillent et je voulais faire exactement la même chose, mais quel intérêt, si le but de notre van est de voyager et non pas de devenir des « digital nomads » hyper-connectés comme on en voit si souvent sur les réseaux sociaux. Il fallait que je déconstruise toute cette imagerie que j’associais à la vie en van, pour construire une maison sur roues qui soit avant toute chose pratique.

ETAPE 7 – CROQUER DES CROQUIS, sortez les critériums !

Une fois mes idées remises en place, c’est comme si mes croquis s’étaient dessinés par eux mêmes. Quelques coups de crayons et nous avions une idée de ce à quoi pourrait ressembler notre van :

  • un lit amovible avec une partie fixe qui permettrait:
  • de grands espaces de stockage
  • plusieurs placards et des rangements sur les portes
  • une douche solaire extérieure
  • aucune sorte d’électricité
  • des rideaux thermiques pour l’été
  • des rideaux textiles pour se sentir dans un petit cocon

 

ETAPE 8 – DU DESSIN A LA REALITE, ça avait pourtant l’air de tenir sur le papier ?!

 

Quelques semaines plus tard, nous avons commencé à travailler sur la construction de notre petit Gordon, grâce à nos hôtes nous avons eu un autre garage à disposition, avec tous les outils nécessaires à sa construction. Il a fallu prendre le temps pour réajuster certaines choses qui sur le papier semblait évidentes, mais qui l’étaient beaucoup moins en réalité (comme le sommier des lits).

Le plus gros couac dans mes mesures aura été la hauteur du lit: l’espace dédié au rangement est incroyable, nous avons au final bien plus d’espace que ce que j’avais imaginé, mais il aurait peut être mérité d’être un poil plus petit pour que nous puissions tenir droit en étant assis sur notre lit, ce qui n’est pas vraiment le cas. Les espaces de rangement que nous voulions mettre au niveau des portes à été repensé autrement, sinon les portes ne se seraient plus fermées. Quant à l’espace vacant pour faire une cuisine, nous avons préféré le laisser libre pour le moment et si l’envie nous en prend de l’aménager plus tard, pour le moment il est un espace idéal pour y mettre en vrac toutes les affaires pour lesquelles nous n’avons pas encore attribué de place.

Je vous passe bien évidemment nos meilleurs exploits, ou comment nous avons perdu toute une matinée à scier nos pieds de lit à la main. Heureusement qu’un Canadien  a eu pitié de nous et nous a montré comment utiliser une scie électrique. Ça nous a fait économiser quelques précieuses minutes de vie !

ETAPE 9 – AU DIABLE LA RIGUEUR, faites une maison qui vous ressemble.

Adieu étagères parfaitement symétriques, digne du plus beau des catalogues IKEA.

Notre van est loin d’être parfait, mais il est encore mieux que ce que nous imaginions.

Une de mes parties préférées à été de choisir les textiles pour notre van, ceux pour la literie et ceux pour nos rideaux. Pour le coup tout vient de chez IKEA, on ne s’est pas foulé, et j’ai eu le temps de faire mes propres rideaux à la main comme je le voulais.

Pour la literie, c’était un peu plus compliqué, notre lit n’est pas véritablement un QUEEN SIZE mais il s’en rapproche. Nous avons opté pour un matelas en mousse qu’ils appellent ici « MEMORY FOAM » car il épouse la forme de votre corps pour plus de moelleux. C’est ce qu’il y a de moins cher sur le marché mais pas forcement de plus confortable, puisqu’il mesure moins de 5cm d’épaisseur (après quelques nuits dessus, on vous dira ce qu’il en est). Puis, nous avons ajouté une alaise bien bien moelleuse comme les Américains savent si bien les faire. Pour davantage de moelleux (ça n’en fini plus), nous avons des couvertures en laine juste au dessus de notre sommier que nous avait gentillement offert, Carole, notre hôte à la ferme à Québec. Par le plus grand des miracles, les draps que nous avons acheté à IKEA sont absolument parfait pour notre lit.

Encore une fois, nous avons été très chanceux et sommes très reconnaissants, de tout ce que nous ont donné nos hôtes à la ferme, puisque grâce à eux, nous n’avons pas eu besoin d’investir dans une couette, et très peu dans tout le matériel de camping dont nous disposons.

 

ETAPE 10 – LAISSER PARLER l’artiste qui sommeille en vous. (Place à la créativité).

Enfin et le meilleur pour la fin.

Alors que nous pensions avoir terminé notre van, la palme de l’ingéniosité revient à mon incroyable copain. Nous stressions à l’idée de devoir chier dans les bois (excusez l’expression) à même le sol et sans aucun confort, voilà que l’idée la plus brillante lui est venue quelques jours avant notre départ. Et je vous laisse sur cette découverte incroyable comme image de fin.

A très vite pour plus de photos de Gordon les copains !

 

 

Mécanismes de survie en milieu hostile

En Avril, j’ai tout de même réussi à faire autre chose que d’être simplement fatiguée.

Après avoir longuement attendu l’arrivée du Printemps, je me suis faite à l’idée que peut-être, il ne viendrait pas.

Je me suis découverte d’un fil, je ne porte plus mon manteau c’est terminé, c’est ma manière à moi de lutter contre le froid. Ici, il fait toujours entre -10 et 5 degrés, le vent se lève et la glace sur le lac craque tous les soirs. Elle aussi ne supporte plus les variations de températures, comme ma peau qui s’est remise à peler, je crois bien que je n’ai jamais eu un teint aussi blanc de ma vie. Alors il n’y a rien de mieux à faire que de se fortifier l’esprit et se remonter le moral en nourrissant un peu son cerveau.

Ce mois-ci était riche en découvertes. J’ai pu prendre le temps de comprendre un peu mieux la psychologie des tueurs en série, je me suis remise à m’intéresser à Freud et son interprétation des rêves, je me suis replongée dans la psychose de Norman Bates.

Je me suis intéressée à ces choses qu’on n’aimerait mieux ne jamais savoir, comme par exemple: l’autodestruction du corps*.

Je ne me suis jamais demandée ce que je deviendrai une fois que mon cœur aurait arrêté de battre. Je veux dire, physiquement parlant.

C’est à la fois macabre et rassurant d’y voir désormais un peu plus clair. Et comme je suis d’humeur généreuse, je veux bien vous expliquer ce que j’en ai retenu.

Une fois mort, vous allez vous auto-détruire en plusieurs étapes. Cette autodestruction s’explique par la dégradation des lipides et des glucides. Votre peau prendra une apparence marbrée, et vos veines que vous n’êtes pas habitués à admirer sur votre peau, s’exprimeront de toute leur beauté en un magnifique tatouage sur l’intégralité de votre corps. Viendra ensuite la décomposition organique proprement dite, qui provient de la flore bactérienne hébergée par les intestins. Elle débutera par le colon et s’étendra à l’abdomen où des taches vertes correspondant à la dégradation des pigments biliaires apparaîtront. Cette coloration verdâtre se répandra ensuite sur tout votre corps avant d’atteindre les extrémités, qui elles résistent plus longtemps. Vos tissus et organes deviendront beaucoup plus fluides. Je vous épargne tous les détails vraiment sordides de putréfaction et décompositions progressives de votre apparence extérieure. Mais dites-vous bien que si le simple mot de putréfaction vous dégoûte, il y en a pour qui l’odeur est un véritable délice. Je ne fait pas référence aux tueurs en série, rassurez-vous, non, je vous parle des insectes. Volants ou rampants, quand vous aurez désertez votre corps, c’est eux qui viendront l’habiter. Dit ainsi, je vous l’accorde, c’est effrayant, on n’a pas vraiment envie de savoir ça pour passer une bonne journée. Mais c’est peut-être le moment de remettre en question votre rapport aux insectes et de les affectionner davantage, puisqu’ils feront sans doute un jour parti de vous. On en distingue quatre catégories (et c’est là encore un parallèle très étrange avec mon étude des tueurs en série): les nécrophages qui se nourrissent de la viande putréfiée, les nécrophiles qui se nourrissent des nécrophages, les omnivores qui se nourrissent à la fois des nécrophiles et du cadavre et puis, les opportunistes qui comme certaines araignées se servent du cadavre comme refuge. (J’ai toujours détesté les opportunistes, voilà sans doute pourquoi je déteste aussi les araignées.) Ces quatre catégories se répartissent elles-mêmes en huit escouades : toutes prêtes à entrer en scène au rythme des modifications du substrat nourricier dont elles activent la dégradation. La première escouade composée essentiellement de diptères, mouches bleues pondant leurs larves dans les plis humides et les blessures, intervient au moment même où un sujet donné bascule de vie à trépas. La deuxième escouade constituée par les Sarcophagidae, carnivores alléchés par la décomposition des matières fécales, se nourrit directement de la charogne. La fermentation des graisses et des matières protéiques attire ensuite la troisième escouade, coléoptères et lépidoptères qui se partagent le travail entre la ponte et la dévoration des chairs. Quatrième, cinquième et sixièmes escouades profitent des différentes humeurs du corps jusqu’à son dessèchement. Enfin, les Dermestidae et Tineidae racleront les tendons et les ligaments avant que les Tenebrionidae et Ptinidae n’éliminent les restes des escouades précédentes,  larves, chrysalides et insectes morts. Mouches, papillons, coléoptères, acariens, scarabées noirs et rouges s’installent dans les corps humains. Ils pondent, mangent se reproduisent, se métamorphose. Ainsi, de la mort vient la vie et même si le procédé n’est pas très glamour, je trouve que c’est assez rassurant de se dire que bien qu’on ne sache toujours pas ce que devient l’âme après la mort, le corps lui, se détruit pour vivre ailleurs et cela est certain. Je sens que vous êtes désormais impatients que je vous parle de la réincarnation. Oh, mais cet article est déjà bien trop long !

Le plus beau cimetière Canadien, quelque part à Terre-Neuve.

Dans la même veine, j’ai aussi pris le temps d’écouter de belles pépites radiophoniques, dont le témoignage d’un ancien directeur RH parlant de ses pratiques et du management des grandes entreprises. Un schéma en parfaite adéquation avec l’imagerie de la chaîne alimentaire, en perpétuel recherche du maillon faible et de la façon la plus efficace pour rendre toute tentative de résistance impossible et chaque employé impuissant. Après moult réflexions et méditations sur le sujet, je me suis rendue compte que malgré tout le mal que j’ai pu dire et voir dans ce système, j’étais encore loin du compte…

J’ai vu un documentaire sur le Minimalisme (merci Netflix) et même si je me demande encore pourquoi en 2018, les documentaires américains continuent de ressembler à des publicités d’1h30 pour une pilule magique qui vendrait le bonheur absolu, il y avait tout de même quelques chouettes mises en scène dans ce docu. Le sujet donne beaucoup à réfléchir, et je reviendrai sans doute dessus.

Avril aura donc été sans conteste le mois le plus froid, le plus long et également celui où je me serais plainte le plus (on ne se refait pas !)

Et voilà que le 30 Avril, les températures s’affolent. La neige a disparu, la glace du lac fond à petit feu et les premiers moustiques font leur apparition.

Déjà 6 piqures en une seule journée, en voilà qui ne m’avaient pas manqué !

Au revoir l’hiver, ne te presse pas trop pour revenir ! XoXo

Promis pour le prochain article je vous en dirais plus sur ce qu’on a fait en cette fin d’hiver et où le printemps nous mène! A très vite !

* Si cet exquis passage sur l’autodestruction du corps vous intéresse, je vous invite à vous plonger dans Mécanismes de survie en milieu hostile, le livre très étrange d’Olivia Rosenthal.

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A V R I L – F A T I G U E

 

 

 

Mercredi 4 Avril 2018

 

Je suis fatiguée.

Je n’ai pas besoin de sommeil non.

J’écris ces mots et je suis en week-end prolongé de trois jours.

J’ai dormi 8h et 35 minutes la nuit dernière.

Notre matelas me donne certes quelques douleurs au dos mais je suis reposée comme il faut.

C’est une fatigue plus insidieuse…

De temps à autre, je prends du magnésium pour combler les carences qu’apportent mes longues journées d’hiver.

J’ai beau dormir manger à ma faim, parfois je n’ai malgré tout aucune force autant mentalement que physiquement.

Mon corps me fait mal.

Chaque jour, une autre partie de mon corps réclame mon attention.

Mon esprit souffre du vide.

Que se passe t-il?

Je suis fatiguée du chemin parcouru.

Je pensais que le stress dû au voyage serait moindre une fois sur place, en réalité il est tout aussi présent mais sous une autre forme.

Il ne se manifeste qu’en arrière plan, par des sauts d’humeur, des migraines ou des douleurs abdominales qui sévissent à peu près n’importe quand et n’importe où, la plupart du temps quand tout va bien.

Une bonne journée se termine et soudainement, le cerveau vrille: «qu’est qu’on fait-là?»

C’est fatiguant.

Je suis fatiguée de n’être plus qu’une ombre de moi-même.

C’est peut-être bête et superficiel mais le fait de ne plus rien avoir ici s’avère parfois compliqué.

J’apprends le minimalisme, certes, mais j’apprends surtout à enterrer une partie de moi, malgré moi.

Porter les même vêtements tous les jours, manger les mêmes plats simplifiés au possible par manque de place et de matériel.

Ne plus porter la moindre parure.

Ne plus se maquiller.

Ne plus s’habiller autrement qu’en oignon.

Ne plus pouvoir prendre soin de ses cheveux et ressembler en permanence à une chaussette en fin de vie.

C’est fatiguant.

Je suis fatiguée de toutes les fausses joies auxquelles j’ai droit.

Déceptions climatiques comme déceptions humaines.

Les marchands de pluie qui nous annoncent l’arrivée du printemps alors qu’une tempête de neige d’une semaine se prépare.

Ainsi que les personnes que l’on rencontre qui pour, je ne sais quelle raison, nous promettent mille et une chose sans en réaliser aucune.

Ces personnes qui le temps d’un instant deviennent notre unique famille et qui dès que tu tournes le dos, t’oublient pour mieux te remplacer.

Pour une personne qui s’attache très facilement aux gens, c’est fatiguant.

Dans un contexte où vous n’avez ni maison, ni travail fixe, aucune sécurité financière et aucune idée de ce que vous allez faire le lendemain, la moindre contrariété devient un motif d’épuisement. Une seule chose ne va pas et c’est l’ensemble qui est remis en question.

Il est tellement dur d’avoir des repères que lorsqu’on me demande ce qui me manque le plus ici, j’ai envie de répondre: rien et tout à la fois.

Parfois je me demande si je suis bien faite pour voyager et puis je me rappelle la personne que j’étais avant de partir.

Je n’aimais pas avoir un chez moi, je n’aimais pas avoir un travail fixe, je n’aimais pas la routine.

Ah oui, maintenant je me rappelle à quel point avant ce voyage, tout était déjà fatiguant…

Et voilà que je m’épuise à y songer.

Je me fatigue.

La fatigue en image.

 

[EDIT]: Nous sommes le 20 avril, les températures sont passées au dessus des 10 degrés, le soleil est doux et chaud, la neige n’a pas encore fondu, le lac est encore gelé, et bizarrement tout va beaucoup, beaucoup mieux.

PVT CANADA – TROISIÈME VOLONTARIAT in NEWFOUNDLAND ❤❤❤

 

Un mois déjà.

Il y a un mois nous quittions notre troisième volontariat à Terre-Neuve. Le temps file, les kilomètres aussi, mais je n’ai pas oublié un instant de ce volontariat placé sous le signe de l’immersion en terre-inconnue, pas seulement géographiquement, mais bel et bien à tous les niveaux.

Un proverbe que j’ai adoré trouver au beau milieu de la maison de nos hôtes et qui leur correspondait totalement!

  • Immersion en territoire reculé

  • Il nous aura fallu plusieurs jours de route et une journée en ferry pour rejoindre ce nouveau volontariat. C’était osé.

  • Je me rappelle de ce soir du mois d’Octobre 2017 où je cherchais le volontariat qui suivrait celui de Québec. J’avais envie de m’aventurer vers l’Est, j’avais regardé des images de Terre-Neuve et j’étais tombée amoureuse. L’annonce pour ce volontariat venait juste d’être publiée et après avoir convaincu mon copain que c’était l’idée du siècle, j’ai sauté dessus sans aucune hésitation. Le courant est tout de suite bien passé avec les hôtes. Je n’avais qu’une hâte depuis notre arrivée à Montréal: filer à Terre-Neuve !

    Les deux mois qui ont précédé notre arrivée à Terre-Neuve, nous ont toutefois valu une petite piqûre d’anxiété. Chaque personne que nous croisions et qui nous demandait quelle serait notre future destination avait toujours le chic pour essayer de nous faire comprendre que cette destination était insensée voire «risquée» (comme quoi l’exagération à la Marseillaise a traversé l’Atlantique.) C’est donc un poil fébrils suite à toutes ces mises en garde que nous avons posé les pieds à Terre-Neuve.

    Force est de constater que la seule chose que nous avions véritablement à craindre de ce périple, c’était l’ennui.

  • Retrouvez ici mon récit sur Terre-Neuve.
  • Nous n’allions pas seulement à Terre-Neuve, nous allions dans un village de la côte Ouest de l’île qui n’avait ni rue, ni adresse et dont la ville la plus proche (comprenez bien: l’endroit le plus proche pour acheter à manger, se trouvait à plus de 45 minutes de route.) Le seul lieu public et commerçant aux alentours était le bureau de poste! Autant vous dire que sans occupation et vu les conditions météos, nous aurions pu finir fossilisés autour d’un poêle. Heureusement pour nous, nos hôtes ont su rendre ce séjour très intéressant pour bien des raisons…

 

  • Immersion en territoire «Do It Yourself with a big smile on your face»

  • C’est avec un grand soulagement et beaucoup d’enthousiasme que j’ai troqué mes gants de fermière pour des pinceaux et de la peinture. Nous avons en effet participé aux finitions matérielles de la première auberge écologique du Sud de l’île. L’auberge ouvrira ses portes à l’été prochain et nous sommes fiers d’y avoir laissé nos marques dans ses fondations. Lana & Roshni, nos hôtes pour ce volontariat avaient déjà bien avancé le travail alors même qu’elles vivaient là depuis moins d’un an. Le terrain et la maison était incroyablement grands (d’un point de vue français) et les projets de nos hôtes étaient du même acabit.

  • Pour vous planter le décor: imaginez une maison sur deux étages avec l’un d’eux entièrement privatif et le second réservé aux invités. L’espace pour les clients comportait un très grand espace commun avec bibliothèque, cuisine et terrasse extérieure, ainsi que trois chambres dont un dortoir. A l’extérieur, se trouvait une grande maison en bois qui deviendra prochainement un cinéma et plus loin, un grand hangar qui servira de «dancing-hall» et projets musicaux-dansants en tout genre. Entre ces bâtiments se trouvaient les futurs emplacements dédiés aux amateurs de camping écologique avec douches solaires et toilettes à composte. A l’avant, se trouvait la plus grande fierté de nos hôtes: leur potager dans lequel se situait également une serre en forme de dôme. Cela peut sembler peu comme infrastructure touristique, surtout s’il s’agit d’un point de vue d’un habitué du Club Med, mais ça le devient beaucoup moins lorsqu’on réalise qu’absolument tout a été conçu, pensé et réalisé par ces deux petits bouts de femme avec l’aide de quelques amis et volontaires seulement.

  • Tout ce projet m’a de suite emballé. Quoi de plus beau que d’ouvrir sa maison pour accueillir des voyageurs du monde entier, pour leur proposer non pas seulement une chambre où se reposer, mais tout un pan de culture et de divertissement à la canadienne, ainsi qu’une cuisine avec des aliments provenant tout droit du jardin et une attention toute particulière à l’énergie utilisée et au respect de la nature dans un milieu encore quasiment vierge de toute modification humaine. Oui, rien que ça! (Et c’est déjà beaucoup étant donné la longueur de cette phrase!)

  • Immersion en territoire artistique

  • Nous avons donc eu l’opportunité de faire travailler notre créativité durant ces quelques semaines à Terre-Neuve en participant aux dernières touches de décoration de cette future auberge. Peindre des murs, inventer, dessiner, créer des meubles, récupérer du matériel usagé pour en «faire du neuf» étaient nos principales occupations. J’ai adoré m’occuper de toutes ces petites choses, en étant toujours bien accompagnée par ma petite tribu de chatons que vous voyez ci-dessus.

Ici on s’est amusé à faire des décorations pour le potager, histoire que les touristes à venir ne se trompent pas en cueillant les légumes !

Et là, je me suis amusée à designer la pièce qui servira d’accueil pour les filles, en utilisant uniquement des matériaux récupérés dans la nature.


Et ici, ma première peinture murale, je suis assez fière de ma lune 😀

 

 

  • Immersion en territoire communautaire
  • Une immersion supplémentaire dans un milieu qui m’était totalement inconnu…

  • Comme je l’ai expliqué en début d’article, nous étions dans une petite ville bien enclavée dans la côte Ouest de l’île. Il devait y avoir une centaines d’habitants tout au plus et chaque quartier de cette vallée était découpé en plusieurs communautés. La-bas, tout le monde connaissait tout le monde. Chacun se rendait service de temps en temps et surtout tous se retrouvaient régulièrement plusieurs soirs par semaine pour se réunir dans une salle communale pour divers événements dont le plus récurent était: la pratique du DARTS.

  • Le DARTS comment vous dire…

  • C’est le sport national, la fierté de tout un peuple, la lune pour les étoiles… Trouvez un Newfie du sud qui n’y a jamais joué serait aussi tragique de de rencontrer un breton qui n’a jamais bu, c’est dire… Je ne vous vendrai pas plus de rêve, l’enjolivement s’arrête ici, le DARTS ce n’est rien d’autre que ce que nous connaissons sous le nom de fléchettes. Bien qu’en France ce jeu est loin derrière la pratique du billard qui tend à disparaître… ici ce n’est pas qu’un simple jeu, c’est une raison de vivre. Malheureusement pour moi, j’ai su à l’instant même où je franchissais la porte de cette salle que toute cette frénésie pour un jeu aussi aléatoire me pèserait très rapidement sur le système.

  • C’était bien me connaître… à la deuxième partie, je n’avais qu’une envie c’était d’aller siroter mon jus d’orange (non je ne suis toujours pas passer à la bière) mais impossible ! The show must go on ! A la quatrième partie lorsque mes co-équipiers m’ont annoncé que c’était la pause, je jubilais à l’idée de ne plus à avoir à lancer de fléchettes pendant 10 minutes consécutives…Manque de chance, la pause ne dura que cinq minutes et on en enchaîna sur trois puis quatre parties supplémentaires, où je ne m’efforçais même plus de viser la cible tant ce jeu me rendait folle. Avec du recul, j’aurai pu apprécier cette soirée pour son côté inouïe mais l’insistance qui a suivi tous les jours suivants pour qu’on retourne s’enchaîner 10 parties de Darts sans même avoir l’occasion de parler à son voisin de table me désespérait plus qu’autre chose. Nous avons préfèré ne pas nous forcer à faire quelque chose qui ne nous mettait pas à l’aise pour nous plonger corps et âme dans un tout autre projet : un numéro de danse incroyablement majestueux et acrobatique pour la clôture du carnaval. Nous avions pour cela décidé de mettre la France à l’honneur avec l’une de ses chansons les plus emblématiques, interprétée par l’illustre Plastic Bertrand. Vous voyez de quoi je parle ?! Autant vous dire qu’on en a fait tourner des serviettes après ce show éblouissant…

Ça plane pour nous au Canada, notre premier moment de gloire.

 

    • Immersion en territoire végan

    L’immersion la plus totale et la plus incroyable restera tout de même celle au véganisme.

  • N’étant pas à végétarienne du tout à la base (la vie serait tellement triste sans charcuterie) l’absence de viande était déjà un pas vers l’inconnu. Rien d’insurmontable de mon côté, mais là où ça se compliquait c’était par rapport aux produits laitiers et aux œufs… Si je n’avais pas trop de difficulté à ne pas boire de lait ni à manger de fromage pendant plusieurs semaines, l’absence d’œufs allait me poser de sérieux problèmes :  pas de gâteaux, pas de quiche, pas de crêpes… Autant enlever l’eau à la mer !

    J’avais aussi de grands doutes quant à ma capacité à me nourrir quasi-exclusivement de légumes et de fruits séchés. Au final, l’expérience fut pour moi très bénéfique, d’une part car je me suis surprise à adorer tous les plats cuisinés et à ne pas ressentir de sensation de faim à la fin des repas. Mais je ne vais pas vous mentir, l’absence de féculent était toutefois douloureuse vers la fin, on a d’ailleurs craqué à plusieurs reprises en cuisinant des pâtes aux légumes.

    J’aurai appris de nombreuses nouvelles recettes dont celle du tiramisu composé à 80% d’haricots blancs,mais j’aurai surtout compris que ce mode de vie n’est pas pour moi. Je sens les vegans convaincus s’attrister en lisant ces mots. Je sais bien que tout changement de style de vie implique une certaine période d’adaptation, mais je ne m’attendais pas à voir les effets bénéfiques du véganisme apparaître immédiatement, ventre plat et sensation de légèreté, accompagné de tous ses effets négatifs en même temps. Mon organisme a été totalement dévasté en très peu de temps et durant des semaines : mal de ventre permanent, vidanges au rythme de 4 à 5x par jour, sensation de faim constante, manque d’énergie et perturbation hormonale totale… Vous me direz que le changement était sans doute trop brutale et que l’absence quasi totale de féculents étaient peu être excessif pour ce faire un avis définitif sur le véganisme, je vous l’accord. Malgré tout, avec toute la volonté du monde, je ne trouve pas que le véganisme soit la voie du « manger mieux » en ce qui me concerne, je considère que c’est la nourriture qui nous rend heureux de manger qui nous permet de vivre mieux, pour cette raison, je ne pourrais jamais dire non aux œufs, et encore moins aux tiramisu bien gras, bien crémeux ! Même si je comprends l’idéologie qu’il y a derrière le végétarisme et que je soutiens totalement, je comprends beaucoup moins celle du véganisme, surtout après avoir travaillé dans une ferme et avoir consommé mes propres œufs de poule et le lait des vaches présentes. C’est un grand débat, mais dans un pays comme le Canada, où tout s’achète congelé, les fruits, les légumes, la viande, et où les principaux cafés/lieux de restauration sont des fast-foods totalement anti-végétariens, le véganisme reste quelque chose de très en marge pour ceux qui ne vivent pas dans les grandes villes, et cela mène malheureusement  à une alimentation saine, certes, mais totalement déséquilibrée. 

    Un volontariat supplémentaire au Canada qui nous aura ouvert davantage les yeux sur plein de choses et fait remettre en question pas mal de sujets.

    A bientôt !

 

 

PVT CANADA – Deuxième Volontariat à la ferme ❤

 

 

 

 

 

15 Janvier 2018

Arrivée à la ferme, notre deuxième volontariat toujours au Québec mais plus au Sud cette fois-ci, non loin de Sherbrooke, la quatrième grande ville de la province.

 

 

Minuit passé. La journée a été longue et stressante. Dans cette même journée, nous avons acheté notre van Gordon, (un périple rocambolesque à relire ici); nous avons quitté notre premier volontariat dans lequel nous ne nous sentions plus bien (une autre histoire à lire ici), et nous avons surtout découvert la conduite au Québec sur route enneigée et partiellement de nuit.

Après avoir quitté la Transcanadienne, nous arrivons au milieu de nulle part.

Une route couverte de neige sur des dizaines de kilomètres, entourée de champs dont on ne devine que difficilement l’étendu, tellement la route est sombre. Quelques habitations de-ci de là. Maintenant c’est sûr, nous avons bien quitté la ville.

 

 

La ferme dans laquelle nous travaillions était énorme, du moins à mes yeux. Il s’agissait d’une ferme communautaire, où divers individus sans lien de parenté aucun, s’étaient retrouvés là pour divers motifs, tout particulièrement pour des raisons spirituelles. Nous étions donc toujours entourés d’une bonne dizaine de personnes au quotidien, aux parcours et aux âges différents. C’est en cela que cette expérience a été très enrichissante. Nous avons rencontré plus de Québecois en deux jours à la ferme, qu’en un mois à Québec!

 

Ce volontariat nous a permis de vivre une véritable immersion dans ce milieu qui nous était jusqu’alors que très peu familier. Nous participions à toutes les tâches de la ferme. Nous nourrissions les animaux de la bergerie matin et soir. Nous allions couper et récupérer du bois de chauffage en forêt pour le stocker en vue de l’hiver prochain. Nous travaillions de temps en temps à la boucherie de la ferme. Nous aidions à la préparation des repas. Pour cela, il fallait se lever très tôt et être prêt à partir à 6h30 du matin. Les journées étaient ponctuées de pauses, mais nous travaillions jusqu’à 17h30.

Le froid et le manque de sommeil nous assommaient assez régulièrement. Le bûchage n’était pas réellement une partie de plaisir mais cela nous à au moins donner l’occasion de nous prendre pour des bûcherons une fois dans notre vie! Un rythme de vie assez difficile à tenir, mais je m’y attendais! Je n’étais donc pas vraiment surprise de m’effondrer tous les soirs, sans avoir réussi à lire plus de deux lignes de mon livre. Les repas du soir se prenant ici aux alentours de 18h, j’étais prête à dormir aux alentours de 21h, ce qui ne m’était plus arrivée depuis l’âge de mes 6 ans si je me souviens bien…

 

 

Comme nous sommes arrivés au tout début de la saison des agnelages, nous avons pu assister à un nombre assez incroyable de naissance de petits agneaux. Une de mes missions suprême était de m’occuper des agneaux sans maman et de les nourrir au biberon. Les jours passants, je m’attachais de plus en plus à eux, même si je savais qu’ils ne me voyaient certainement que comme une grosse mamelle ambulante, le fait de les voir sauter au dessus des barrières et se jeter sur moi dès que j’ouvrais la porte de la bergerie, sans même avoir de lait, me faisait fondre d’amour. Nous étions aussi entourés de chats très affectueux, de poules un peu vénères, de cochons tout rose, de chevaux, et de vaches.

Nous avons passé de longs moments à cuisiner de grosses quantités, puisque nous étions toujours une dizaine voire plus, à manger midi et soir à la ferme. La ferme étant en partie autosuffisante, nous avons appris à cuisiner des choses variées avec ce dont nous disposions sur place: la viande bien évidemment, qui provenait de la boucherie de la ferme et les légumes de la serre. Quelques fois, il nous arrivait également de nous servir de produits à base d’érable ou de miel, puisque la ferme disposait également d’une cabane à sucre et de plusieurs ruches.

 

Prenez une bonne bouffée de mignonnerie. C’est cadeau !

Cette expérience à la ferme a été une très bonne occasion pour moi de découvrir un milieu que je souhaitais connaitre depuis longtemps. Elle nous a aussi permis de nous apercevoir un peu mieux de ce qu’est la vie rurale au Canada.

Les points positifs

Les points positifs que je retire de cette expérience ? D’abord, la gentillesse et la douceur de notre hôte principal, Carole. Quelque chose d’incroyablement fort se dégageait de cette femme, rare sont les personnes qui arrivent à m’apaiser à ce point rien qu’en parlant. La bonne humeur et la personnalité assez folle de son mari les rendaient d’autant plus adorables tous les deux ! Je n’énumèrerai pas les qualités de chacune des personnes qui nous entouraient, mais elles étaient toutes uniques et très attachantes. Mention spéciale à Laurie et son frère Tommy qui nous ont bien fait rire et à Mélissa, notre Marseillaise préférée à vie <3

Ensuite, il y a tous les repas incroyablement délicieux auxquels nous avons eu droit durant tout ce mois. Un festin !

Et puis, la sérénité des lieux.

Les points négatifs ?

Au début, j’étais très dubitative par rapport au côté  »religieux » de cette communauté, parce qu’il n’avait pas été évoque et que nous l’avons découvert seulement en arrivant. De nature curieuse, je me suis laissée porter par le lieux alors même que je n’ai pas vraiment d’affection avec quelque religion que ce soit… C’était finalement une très bonne expérience que d’être plongée dans un univers qui ne m’était pas du tout familier. Après, je pense aussi que mon aventure précédente aux États-Unis avec une colocataire ultra pratiquante m’a fait accepter beaucoup mieux la présence aussi marquée de la religion autour de moi, cela ne me dérangeait pas, mais je pense que cela aurait pu en déranger plus d’un. C’est pourquoi je pense qu’il aurait fallu parler de cet aspect de la ferme bien avant que nous le découvrions par nous-mêmes.

Ce qui m’a en revanche posé problème est davantage la notion du  »communautaire » dans cette ferme… Généralement, je ne suis pas très fan des grands regroupements de personnes. Pourquoi ? Parce qu’il y a toujours un leader, celui qui décide des sujets de conversation, celui qui prend les décisions, celui qu’on entendra toujours plus que les autres réunis et puis il y a les autres justement. Ceux qui sont beaucoup plus introvertis ou tout simplement moins bavards. Certains des membres de cette communauté ne prenaient jamais la parole. Peut-être n’avaient-ils tout simplement rien à dire penserez-vous… Je n’y crois pas car ils suffisaient qu’on s’interresse à eux pour qu’ils se livrent. J’ai ressenti à ce moment beaucoup d’empathie et j’ai par la suite moi-même expérimenté ce sentiment de solitude et cette impression de désintéret totale de communication à mon égard avec certains des membres de la communauté. On ne peut pas plaire à tout le monde c’est un fait… Ce point négatif aura au moins eu le mérite de me questionner davantage sur le fonctionnement des communautés. Moi, qui ait passé un bon semestre lors de mes études à réfléchir et théoriser les communautés et les sectes américaines, j’aurai de quoi disserter pour un prochain article… Peut-être que j’y reviendrai si nous sommes amenés à expérimenter les communautés non spirituelles en Colombie-Britannique, je sais qu’il y en a beaucoup, et je reste convaincue que cela fait une grande différence. 

Et malgré tout…

Malgré tout, plus les jours passent et plus je me rends compte de la chance que nous avons de découvrir tous ces gens qui nous ouvrent leur porte en nous disant:  » bienvenue chez vous! »

À très bientôt sur les routes de Terre-Neuve !

Canadian Winter Road Trip – EAST 1

CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR 😉

Paris – Sarajevo

J’ai découvert dans une libraire de Québec, toute une collection de bouquins Folio à 2 Euros ayant pour thème «l’éloge»: éloge des vacances, l’éloge de la douceur, l’éloge de la sensualité…

Celui qui a retenu mon attention avait une couverture étrange avec une moitié de cadran solaire, il portait le nom de « Petit éloge du temps comme il va ». C’est le deuxième livre que je lis sur le sol Canadien. J’ai sauté sur ce livre parce-que je connaissais déjà l’auteur pour un de ses précédents ouvrages: L’art difficile de ne presque rien faire. Moi forcément, ça me parle.

J’étais à quelques pages de la fin, quand nous avons pris la route vers l’Est, pour rejoindre les Provinces Maritimes. Nous avons quitté notre deuxième volontariat au Québec pour rejoindre Terre-Neuve en moins de cinq jours. Sur la carte, ça ne semblait pas si loin, et pourtant le premier jour que nous avons passé à bord de notre van, nous a pris pas loin de 10h de route, uniquement pour rejoindre Moncton au New-Brunswick, (qui est seulement la province accolée au Québec). La route était longue, droite et difficile (beaucoup de neige, beaucoup de pluie, beaucoup de vent). Arrivés vers Minuit à destination, après un arrêt désespéré sur un parking désert pour manger un Subway (le deuxième de ma vie), je lis quelques lignes du dernier chapitre de mon livre et tombe sur un nom qui m’est familier : Sylvain Tesson. Une sensation étrange me transperce, une de celles qui vous saisie pour vous dire : tu aurais pu écrire ces mots, tu aurais pu citer cette phrase, tu aurais pu donner cette référence. Mes yeux se baladent à travers les pages et redécouvre toute une tirade de Sylvain Tesson sur le voyage, celle-là même qui m’avait inspiré la création de cette vidéo.

 

Une de mes plus grosses envies au Canada était d’aller découvrir l’Ile du Prince-Edouard, cette province dont on ne parle jamais et qui est pourtant la plus densément peuplé du Canada (du fait de sa taille). Même si l’île entière semblait être en hibernation pour la saison, rien que pour traverser le fameux pont de 13km qui relie l’île au continent, cela valait le coup.

 

 

Le temps suspendu

Cette citation de Sylvain Tesson faisait notamment référence à la notion de ralentissement du temps lorsque nous voyageons. Et en effet, depuis que nous sommes partis, le temps semble s’être arrêté. J’ai du mal à croire que cela ne fait que deux mois que nous sommes arrivés, tellement nous avons fait de choses. Pour la première fois de ma vie, je ne cours pas après le temps, parfois après le sommeil (il y a des choses qui ne changent jamais); mais la meilleure des richesses nous l’avons enfin entre nos mains. C’est une sensation bien étrange, que de n’être attendu nulle part, de n’avoir personne à qui rendre des comptes, et de porter sa maison sur quatre roues. Il nous arrive très souvent de nous demander ce qu’on fait là, et ce premier road-trip hivernal aura été l’occasion de se poser davantage de questions.

 

Le problème du Carpe Diem

Voyager l’hiver au Canada, c’est une multitude d’émotions allant de la fascination à la consternation.

Les paysages que nous traversons valent la peine qu’on s’y déplace rien que pour les voir drapés de leur manteau de neige, pour expérimenter la solitude et l’immensité à son maximum, pour découvrir l’une des faces majeure de l’identité canadienne. C’est aussi un voyage qui nous fait nous rendre compte de la difficulté d’être des touristes en hiver. Tout est difficile. Trouver un logement, trouver où manger, trouver des endroits ouverts pour ne pas rester toute la journée dehors sous -15 degrés. Des questions qu’on ne se seraient jamais posées en hiver en Europe, parce-que tout y est bien plus urbanisé. Ce qui nous redonne le sourire quand avancer devient difficile, c’est de rencontrer tous ces Canadiens qui nous regardent avec étonnement et perplexité, incroyablement surpris de voir le chemin que nous avons parcouru pour nous retrouver devant leur yeux.

Pour toutes ces situations improbables que l’hiver nous fait vivre et toutes ces beautés incroyables qu’il nous fait découvrir, je ne regrette pas un instant ces 1900 kilomètres de route que nous avons parcouru jusqu’à Terre-Neuve, un Paris-Sarajevo express.

 

Parfois je lutte contre mon défaut majeur du « What’s next », vouloir toujours anticiper, fantasmer, programmer ce qui va suivre et cette incapacité de vivre au temps présent. Je repense à une autre citation de ce Petit éloge du temps comme il va, de Claudio Magris. Il disait:

Peut-être est-ce cela, le péché originel, être incapable d’aimer et d’être heureux, de vivre à fond le temps, l’instant, sans avoir la rage de le brûler, de le faire finir tout de suite. (…) Tuer le temps, forme édulcorée du suicide.

Nous avons encore tant à voir et à apprendre de nous-même, le chemin ne fait que commencer.

 

Premier Workaway au Québec : une expérience un poil « malaisante ».

Je me rappelle d’une chanson que j’avais appris à jouer à la guitare adolescente, « Waiting for an angel » de Ben Harper.
Les paroles disaient: « sois toujours gentil avec une personne que tu rencontres pour la première fois, c’est peut-être un ange… »
C’est à cette chanson que je pensais en quittant notre premier volontariat.
J’aurai volontiers repris la chanson pour modifier les paroles: « sois toujours méfiant avec une peronne que tu rencontres pour la première fois, c’est peut-être quelqu’un de douteux… »

Je vous plante le décor.
Imaginez, un quartier dortoir, à la périphérie d’une grande ville Québecoise, appelons-là par son nom : Limoilou.
Un nom qui me plaisait bien sur la carte. C’est doux, Limoilou.
J’imaginais de petites maisons coquettes enveloppées dans du coton.
J’imaginais un vendeur de glace ambulant l’été qui se serait transformé en vendeur de chichis l’hiver.
J’imaginais de grands parcs où les habitants viendraient flaner été comme hiver.
J’imaginais tellement de choses, et hélas, la vie ne me l’a visiblement pas assez répété, l’idéalisation est un très mauvais défaut…

Heureusement, nous sommes arrivés de nuit à Limoilou. Arrivés devant notre premier workaway, une grande auberge, l’émerveillement est là, la batisse est magnifique, elle date de la fin du XIXe siècle, un véritable bijou orné d’une tourelle.

La première nuit est assez épique, nous rencontrons notre hôte qui nous convie chez lui autour d’une pizza. C’est un personnage haut en couleur, il court partout, semble déborder d’énergie, enchaine blague sur blague, ne perd jamais son sourire de toute la soirée. C’est une personne qui nous parait de suite très attachante, nous sommes heureux de commencer ainsi le voyage. Et pourtant, les lendemains déchantent.

Nous sommes seuls pour commencer notre premier journée de travail. Seuls, face à neuf chambres à nettoyer, en moins de 5h.
Notre hôte prit 4 petites minutes pour nous expliquer le fonctionnement de notre journée de travail. Tout avait l’air très simple en theorie. Nous nous sommes rapidement atteles à la tâche et très vite nous avons manque de repères pour beaucoup de choses. Pensant qu’il y avait des draps de rechange pour toutes les chambres déjà au propre, nous nous contentions de nettoyer à fond les chambres. Très vite, on s’est aperçu qu’il aurait fallu nettoyer tous les draps et toutes les serviettes au fur et à mesure. Il n’y avait en réalité pas de kit de rechange pour toutes les chambres. Tout devait être lavé, séché et repassé dès que les clients partaient, mais ça bien sûr, nous ne l’avons appris que trop tard.

Ce jour la, nous avons finis notre journée bien plus tard qu’elle n’aurait dû s’achever, mais il s’agissait de notre premier jour, nous pensions aue c’etait normal. OUI MAIS pourtant, nous aurions dû nous rendre compte dès le départ que quelque chose clochait: nous n’avons pas mangé de la journée, notre hôte ne s’est pas inquiété de savoir si tout allait bien pour nous de ce côté là. Pire que cela, quand nous allions le voir pour lui poser des questions ou lui demander de l’aide, nous le prenions toujours en plein délit de glandage verre de vin et journal à la main…

Les jours s’enchainèrent plus ou moins sur le même rythme, nous étions un peu désabusés de la charge de travail que nous avions. Au départ, on « pardonnait » notre hôte de cette surcharge de travail, qu’il compensait par sa bonne humeur quotidienne et son enthousiasme. Lorsque d’autres volontaires nous on rejoint, la charge de travail s’est tout de suite allégée, et nous avons pu souffler un peu.

Ce workaway a été une période de grosses remises en question. A plusieurs reprises, je me suis demandée si mes attentes envers ce projet de volontariat étaient bien raisonnables, si elles étaient bien réalistes. J’en venais à me dire que j’avais peut-être trop idéalise ce projet. Je pensais que le volontariat me permettrait de rencontrer des personnes de tout horizons, qu’un véritable échange culturel s’opèrait, et que cela nous permettrait d’acquérir de nouvelles compétences, comme de pouvoir en perfectionner d’autres. J’étais perdue. Notre hôte passait son temps à nous « taquiner » comme il aimait si bien le dire, mais ne s’intéressait pas du tout à nous. Aujourd’hui encore, je me pose la question de savoir ce qu’il aura retenu de nous. Son sport préféré était de lancer des conversations polémiques et de faire des appréciations douteuses sur nombres de gens ou catégorie de gens… Pour quelqu’un qui aimait recevoir des volontaires du monde entier, nous le trouvions bien fermé d’esprit et rempli de clichés sur beaucoup de points. Notre hôte buvait beaucoup, ceci expliquant peut-etre cela. Il nous avait fait croire qu’il avait de gros problèmes de sommeil et pouvait s’endormir à n’importe quel moment le soir, ce qui est arrivé un nombre incalculable de fois. On aurait volontiers cru à sa maladie, si nous n’avions pas remarqué qu’il vidait chaque jour plusieurs bouteilles de vin à lui tout seul, et ce, dès 8h du matin, jusqu’à s’effondrer le soir.

Nous pensions être parano, nous pensions être deux raleurs invétérés, mais nous avons vite éte rejoints dans notre opinion par nos camarades volontaires. Nous n’aurions peut-être pas été aussi à cran sur les problèmes qui entouraient ce monsieur, si nous n’avions pas eu l’impression d’être dans une grosse supercherie de « volontariat ».

L’auberge ne possédait aucun employé autre que notre hôte, seuls les volontaires assuraient le maintien intégral des chambres, des communs, et parfois de l’accueil. Nous avons d’ailleurs fini notre séjour par être 8 volontaires, c’était le bon moment pour retaper un peu l’auberge tiens…

Notre hôte n’était pas à plaindre, puisque son auberge affichait complet durant tout notre séjour, avec des chambres au delà de la centaine de dollars par nuit. Sans employé, il faisait donc de considérables économies, qu’il aurait pu justement placer dans un accueil plus « digne » de ses volontaires. Si nous n’avions pas à nous plaindre de notre petite chambre de bonne (équipé d’un four et d’un frigo), nous avons eu droit en tout et pour tout à 2 dollars par personne et par jour pour notre petit déjeuner durant un mois entier. Notre hôte nous faisait remarquer sans cesse que nous lui coutions bien trop cher, (nous faisions des courses en gros et il ne supportait malheureusement pas de voir que je mangeais des fruits au petit déjeuner (SATAN!) et que mon copain mange de la charcuterie (du pain nature c’est pourtant mieux non ?!). Il est vrai que sa technique du « prenez ma carte, achetez ce que vous voulez » était bien rôdée… Il est bien connu que, genes de ne pas vouloir trop abuser de sa générosité, nous étions toujours mal à l’aise de dépenser plus que ce qu’il ne fallait. Au fil du temps, notre hôte ne nous invitait plus à ses quelques repas du soir chez lui, pour la même raison que celle précédemment évoquée, ce qui fait que nous ne le voyions quasiment plus du tout. Il ne nous disait que vaguement bonjour le matin. D’autres volontaires, vivaient quant à eux dans un appartement où le chauffage ne fonctionnait plus depuis des mois, en plein décembre par -25 degrès. Quelques autres histoires bien plus sordides vinrent s’ajouter à cela… Nous ne nous posions désormais plus la question, il y avait vraiment erreur sur le terme « volontariat ».

Le travail n’était aucunement épanouissant, nous nous contentions de faire le ménage, les lessives, le repassage, répondre au téléphone pour dire « rappellez-plus tard! ».  Notre hôte ne nous a jamais rien indique au niveau de l’accueil et encore moins au niveau de la gestion de l’auberge. Si bien qu’il nous est arrivé un nombre incalculable de fois, de nous retrouver face à des clients (lorsque notre hote était absent) et de ne pas avoir la moindre idée de quoi répondre à leur question à propos de l’auberge. Quel dommage !

Pour autant, l’expérience n’a pas été si mauvaise qu’elle n’y parait.
Nous avons eu l’immense chance, d’être entourés de gens formidables (allemand, français, québécois, mexicains) que nous n’oublierons jamais, et que je l’espere, nous continuerons de revoir dans le futur.  Les longues semaines de ménage étaient ponctuées de soirées vraiment cool.

BILAN OBJECTIF : Un premier workaway assez difficile pour commencer, mais qui nous a encouragé à mieux cibler ce que nous voulions comme échange et comme travail.

BILAN OPTIMISTE : Un mal pour un bien, les prochains volontariats ne pourront qu’être meilleurs !

 

ACHETER UNE VAN AU QUEBEC

Voilà une grosse étape de passée !

Il y a quelques jours, la famille s’est agrandie d’un très gros bébé : Gordon, un robuste Ford Econoline.

L’achat d’une van (eh oui, ici c’est au féminin) était l’une de mes plus grosses préocuppations depuis notre arrivée. Les distances étant affreusement longues ici-bas et à moins de vivre dans une grosse ville, les transports deviennent très vite très chers et très compliqués.

Avant de partir, j’avais bien envie de prendre un bon gros camping-car pour être à l’aise partout même en hiver. Les prix de ce genre de véhicules d’occasion ne valaient pas bien plus chers que ma Citroën C3 en France, alors je me disais que ce serait une bonne affaire, et puis … En y réfléchissant bien, avant le confort, il faut d’abord penser au côté pratique. Un camping-car c’est avant toute chose: beaucoup de difficultés pour se garer et surtout un gros consommateur de carburant. De plus, il aurait été beaucoup plus difficile à manier sur les routes où nous voudrions nous aventurer. C’etait donc beaucoup trop d’inconvénients pour un comfort un peu démesuré.

Choisir sa van en fonction de son mode de voyage.

Très vite, j’ai donc revu mes critères de sélection à la baisse. Puisque nous serons principalement hébérgés en échange de services, nous ne dormirons normalement que très occasionnellement dans notre van. Je le voulais toutefois suffisamment confortable pour qu’on puisse y rester quelques nuits d’affilées lors de nos futures voyages et campings dans les parcs nationaux. Nous avons donc commencé à chercher des véhicules suffisamment grands pour accueillir deux personnes à la fois pour dormir et cuisiner à l’intérieur du véhicule les jours de pluie.

 

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Trouver sa van.

La plus grande difficulté a été de trouver une van à proximité de l’endroit où nous résidions. La plupart des offres intéressantes étaient à Montréal quand nous étions à Québec, 3h de route et deux tickets de bus aux alentours de 50$ chacun… ça faisait cher la visite ! Au moment, où nous étions sur le point de nous résigner à refaire un tour sur Montréal pour se trouver une van, notre future bébé est apparu sous forme de pop-up quatre jours seulement avant notre départ de Québec. Et comme la nature fait bien les choses… elle se trouvait au bout de notre rue.

Nous l’avons acheté à une entreprise qui en avait pris grand soin, elle n’était pas sale à l’intérieur et ne portait aucun signe de rouille (chose très rare ici avec le froid extrême).

Au départ, ce qui aurait pu être un gros défaut est devenu son atout majeur : notre van n’est pas du tout amménagé. Nous avons donc tout à construire à l’intérieur : faire l’isolation, poser un sol, construire un lit, un espace cuisine, installer un peu d’électricité… Alors que nous avons un niveau proche du néant en bricolage. Les optimistes diront que c’est un achat audacieux, les pessimistes diront que c’est un pari risqué. Soit. Puisque nous sommes venus ici pour apprendre le plus possible à se servir de notre cerveau et de nos 10 doigts, je trouve que c’est un beau challenge ! Le point positif c’est que comme nous sommes toujours en volontariat chez des gens très bricoleurs, nous avons toujours à disposition plein d’outils pour faire nos travaux. Nous devrions commencer très prochainement le nettoyage et l’isolation du van. Affaire à suivre !

Les démarches à faire pour acheter une van.

Acheter une van au Québec est en théorie tout aussi simple que d’aller s’acheter une brosse à dent au supermarché. En pratique, c’était un peu plus compliqué, puisque nous sommes deux chats noirs et que rien ne se passe jamais comme prévu pour nous !

Un seul conseil si vous vous appretez à acheter une van et que vous êtes pressé par le temps : FAITES UN VIREMENT BANCAIRE. Tout simplement parce-que c’est le moyen le plus simple, le plus sure et le plus efficace. Nous, nous avons payé l’intégralité de notre van en cash, en coupures de 20$ (merci la banque). Autant vous dire qu’on se croyait dans un film de bandits avec toutes nos liasses de billets. Bien entendu, nous nous sommes tous les deux fait bloquer notre carte de crédit car nous avons dépassé les montants que nos banques nous permettaient de retirer à un distributeur. Erreur de débutant, puisqu’après cela nous ne pouvions plus non plus payer l’immatriculation de la voiture, ni l’essence, ni nos courses de la semaine (AH BAH BRAVO LES NAZES!)

Nous avons toutefois réussi à trouvé une solution à ce problème bien fâcheux, mais cette journée d’achat restera tout de même l’une des plus cauchemardesques de ces dernières années administrativement parlant!

En théorie, vous pourrez donc sans soucis acheter votre van et repartir avec l’esprit tranquille le jour même de votre achat. Une fois que vous aurez signé la cession du véhicule auprès de votre vendeur, vous devrez choisir une assurance pour votre van. Ce qu’il y a de très énervant ici à Québec, c’est que vous ne pourrez jamais avoir d’estimation au préalable en allant voir des compagnies d’assurance sur place. Tout se passe par téléphone ou sur des comparateurs en ligne. Comme je n’avais pas tous les renseignements pour remplir les questionnaires en ligne, ni la foi et le budget pour téléphoner à différentes compagnies, j’ai choisi celle qui était en face de chez moi et que m’avait conseillé mon vendeur: Desjardins. Le prix de l’assurance de votre véhicule comprend beaucoup de paramètres et peut varier de beaucoup: plus le véhicule est vieux moins l’assurance sera élevée, votre âge sera pris en compte ainsi que la date à laquelle vous avez obtenu votre permis de conduire. Si vous avez un permis international ou non, si vous avez déjà eu un accident dans votre pays d’origine, les trajets que vous comptez faire avec votre van, etc. etc.

Pour vous donner un ordre d’idée, notre van à 10 ans d’âge et nous coûtera pour cette année 2018 autour de 320 euros l’assurance, un bon deal en somme!

Après l’assurance, vous devrez impérativement faire immatriculer votre véhicule à la SAAQ.

Une épreuve administrative de plus, bien évidemment payante… Autour de 400$ pour notre van, puisqu’en plus du changement d’immatriculation s’ajoute la taxe applicable lorsqu’il s’agit d’un achat d’occasion dans une entreprise.

L’attente n’est pas bien longue et les papiers sont réglés très rapidement. Attention là encore, les cartes de crédit françaises ne passent pas dans les machines de la SAAQ, seules les cartes de débit Canadiennes passent et les virements bancaires ne sont possibles qu’avec un chèque de banque canadien. Il ne vous reste plus qu’à payer en cash, alors si vous avez bloqué votre carte les jours précédents : BON COURAGE !

Voilà! Une fois cette dernière étape passée, il ne vous reste plus qu’à enlever votre ancienne plaque d’immatriculation, mettre la nouvelle et savourer votre liberté retrouvée ! À vous les routes canadiennes!

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On se retrouve prochainement pour le récit de notre (galère) aménagement du van.

Bisous les copains !

Road-trip hivernal en Islande ❤

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L’Islande, genèse d’un voyage en terre glaciaire.

On ne va pas se mentir, notre escale en Islande n’aurait jamais eu lieu si ce gros caillou perdu au milieu de nulle part n’avait pas été sur le chemin pour aller au Canada. L’idée de s’y arrêter plus longtemps qu’une escale habituelle s’est faite un peu sur un coup de tête, certes. Pourtant, l’envie de découvrir ce pays était un rêve bien présent dans nos têtes, bien avant que l’île ne se fasse remarquer avec le volcan Eyjafjallajökull (abandonnez d’ailleurs toute tentative de prononcer ce mot, il y a peu de chance que vous vous en sortiez bien).

Je ne connaissais pas grand chose à l’Islande. J’en avais une idée à la fois très abstraite et poétique. Je ne l’ai pas mentionné dans mon précédent article sur mes sources d’inspirations et pourtant c’est bel et bien la musique qui m’a donné envie de voir ce pays de mes propres yeux. Pas n’importe quelle musique, non ! Celle de Björk. Je suis tombée amoureuse d’elle très très jeune. Tout me fascinait chez elle: son personnage, son univers, son accent et ses mélodies inimitables. Il y a quelque chose de mystique dans ce qu’elle compose, qui me touche d’une manière incroyable depuis des années. Le fait d’entendre de nouveaux artistes émergés comme Sigur Ros ou encore Asgeir en France, qui ont eux aussi des univers très particuliers, d’une douceur et en même temps d’une puissance hyper singulière, m’ont poussé à m’interroger sur l’impact de l’environnement sur la création artistique assez tôt. Je tentais alors d’imaginer à quoi pouvait ressembler ce pays.
La réalité a dépassé mon imagination durant ces quelques jours passés en Islande.

 

Þjóðvegur 1 – ROUTE 1

Ce qu’on retiendra sans aucun doute de ce voyage, ce sera la route.
Que de temps passé dans notre petite Suzuki de location! C’était pourtant notre plus grande crainte avant de partir: un road-trip sur route glacée ! Pas vraiment rassurant comme voyage, et n’ayant jamais conduit dans des conditions similaires, il y avait de quoi être un peu angoissé.
A ceux qui se demandent si ce n’est pas trop risqué de voyager à cette période de l’année sans SUV de type mega JEEP à la Jurassic Park, la réponse est non. Nous n’avons eu aucun soucis (en grande partie grâce au pilote) et je vous avouerai même qu’il était parfois plus compliqué de se déplacer sur ses deux pieds qu’avec la voiture.
On en aura vu de la route ! De l’aéroport de Keflavik jusqu’au Jokulsarlon, en passant par les sources chaudes de Fontana: au total pas loin de 900 km en un peu moins de 4 jours. La Route 1 qui est la route principale en Islande, faisant tout le tour de l’île, aura été notre plus fidèle compagne. Et ce fut une chose bien étrange que de parcourir tout ce chemin quasi exclusivement sur une seule route, qui en une cinquantaine de kilomètres pouvait se métamorphoser du tout au tout, de la ville au désert de glace.

En route vers le Sud.

Nous sommes arrivés de nuit en Islande. C’était un peu étrange puisqu’il n’était que 16h de l’après-midi. Les paysages étaient indiscernables au loin, tellement les nuits islandais sont obscures. Ce n’est qu’en nous réveillant le lendemain matin que nous avons pris conscience de la beauté des lieux qui nous entouraient. Le soleil d’hiver est aussi lève-tard que nous, ça tombait bien. Il s’est décidé à se lever vers les coups de 11h du matin. Nous sommes donc partis au même moment pour longer toute la côte Sud, qui nous a permis de voir les « big cities » à l’Islandaise, comprendre : une dizaine de maisons perdues au milieu des montagnes, sans aucune commodité aux alentours. Cette même route nous a également menée sur les plages de sable noir. Le but était d’arriver au Parc National du Vatnajoküll et tout particulièrement à la mer de glace du Jokülarson avant que la nuit ne tombe. Pari réussi. Je ne détaillerai pas la découverte du Jokülarson pour laisser la surprise à ceux qui iraient s’y aventurer un jour. Je ne dirais que quelques mots: je garderai ce souvenir en mémoire à vie. C’était un moment à la fois très émouvant, très glissant et très drôle. Voilà tout ce que je peux dire sans vous spoiler.

 

L’immanquable Cercle d’Or.

Le lendemain, nous avons quitté notre superbe auberge à Hella pour partir sur le chemin du fameux Cercle d’Or aka les 3 sites touristiques les plus fréquentés en Islande : la chute de Gulfoss, les geyseyrs de Geysir et le parc national de Pingvellir. On avait un peu peur de passer de la solitude infinie de la veille à une invasion de touristes en mal de selfies, mais on a finalement été très surpris de voir qu’il n’y avait pas beaucoup de touristes à cette période de l’année sur le parcours. Pour tout vous avouer, j’étais même très heureuse de voir tous ces gens venus du monde entier, si concentrés, si attentifs et si patients face aux geysers de Geysir. Un silence presque absolu et toujours les mêmes cris d’émerveillements face à un phénomène naturel. Un moment si rare, qu’il en valait bien toutes les performances artistiques du monde! Tout ce trajet était aux limites du surnaturel.

 

L’incroyable désert blanc de Pingvellir.

L’apogée de ce Cercle d’Or aura été pour nous la traversée du Parc National de Pingvellir. Un désert de neige sans fin.
C’est en écrivant ces lignes, que je m’aperçois de la difficulté de narrer un voyage aussi simple et à la fois aussi grandiose que l’Islande.
Tout ce voyage n’aura été qu’observation et étonnement de bout en bout. Il est certain qu’un voyage aussi contemplatif que celui-ci ne plairait pas à tout le monde. Il est toutefois possible de pratiquer des activités inoubliables, pour ceux qui voudraient se procurer quelques émotions fortes supplémentaires (une petite séance de plongée hivernale ?)

 

 

Le coeur qui palpite à Reyjkavik

Notre arrivée à Reyjkavik après ces quelques jours isolés au milieu de la nature, m’a un peu retourné.
Heureusement pour nos économies, nous ne sommes pas restés très longtemps à Reyjkavik. Cette ville avait absolument tout pour nous plaire.
Une capitale à taille humaine. L’architecture des batiments n’a rien d’agressif comme dans beaucoup de grandes capitales. Le nombre impressionant de café/bars plus cosy les uns que les autres, m’ont fait regretter de ne pas avoir fait mon année Erasmus ici-bas. On se serait volontiers ruinés dans les petites boutiques qui proposaient des aquarelles toutes plus belles les unes que les autres.

 

De nuit comme de jour, il règne à Reyjkavik une atmosphère de calme et de serénité que je n’avais encore jamais ressentie ailleurs. La nuit est paisible. Nous sommes enveloppés dans du coton. La ville est silencieuse. Sans doute grâce à la neige. Les Islandais du coin sont extrêmement bienveillants. Il y a de la musique partout, devant chaque façade de bar. Ici un groupe de musique local et plus loin Ricky Martin qui s’excite à compter jusqu’à trois. Au petit matin, la ville est encore plus belle que la nuit. Encore une fois, surpris de ne pas avoir pu les discerner la veille dans la nuit noire, les montagnes encerclant la ville sont de toute beauté. Quelques touristes s’attroupent non loin du magnifique centre Harpa pour prendre des clichés du soleil levant à l’horizon. Et voilà déjà que le voyage s’achève, on aurait pourtant aimé qu’il dure plus longtemps. A notre grand regret, la saison des aurores boréales ne nous aura pas gâté, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot. La chasse se poursuivra en terre Canadienne !

A savoir avant de partir.

(Attention cartographe en devenir !)

Qui dit road-trip dit: tout votre argent va partir dans l’essence! C’était l’une de nos plus grande dépense en Islande.
L’hiver, c’est encore pire ! La voiture lutte dans les montées, lutte contre le froid, lutte contre la neige pour avancer et forcément consomme beaucoup plus. Notre petite Suzuki au réservoir de 30 litres se vidait plus rapidement que la normale, il a bien fallu s’y faire !

Manger dans un restaurant vous coûtera votre rein droit. Si vous voulez faire des économies, réservez des auberges où vous pouvez-vous faire vous même à manger. La nourriture dans les magasins est aussi élevée, si vous avez de la place dans vos valises vous pouvez prendre quelques bricoles pour vous dépanner, ce qui fera grandement baisser la note des frais. Boire un verre en ville est aussi un investissement, mais bon, après avoir passé plusieurs jours à manger de la soupe lyophilisée et du riz blanc, vous aurez bien le droit à un petit verre quand même !

L’hébergement l’hiver : c’est sans surprise que vous ne pourrez pas faire d’économie en faisant du camping, il vous faudra donc trouver un hébergement avec au moins quatre murs et un toit. Autour de Reykjavik il y a plein d’hébergements tout à fait abordable, c’est en s’aventurant vers le Sud que les choses se compliquent… Le territoire étant désertique, il n’y a pas beaucoup d’offres et les tarifs sont un poil plus élevés que dans la capitale. Il y a toutefois quelques auberges (de jeunesse ou non) qui sont une très bonne solution.

La location de voiture : personnellement je suis passée par le site Guide To Iceland pour réserver une voiture quelques semaines en avance. C’est un site local qui dispose de conseillers multilingues et qui permet de louer des voitures, des hébergements et des visites touristiques. Le site regroupe tout un tas de voitures disponibles dans une large gamme de sociétés de location. J’avais choisi une Hyundai chez RentaWreck, et pour une raison qui reste toujours un mystère à ce jour, nous avons fini avec une Suzuki. L’agence était vraiment très cool, quelqu’un est venu nous chercher directement à la sortie de l’aéroport avec notre voiture, la prise en main de la voiture s’est faite en deux temps trois mouvements. Pour rendre la voiture, tout était aussi simple et rapide: aucun papier à signer, on nous a juste demandé de laisser les clés dans la voiture en partant. OUI OUI, ce n’est pas une blague.

N’hésitez pas à me poser des questions ou à demander plus de détails si vous le souhaitez 🙂

Ce voyage a pris fin il y a une semaine déjà, difficile de prendre du recul avec tout ce qu’il y a à vivre en ce moment.
Je reviens tout bientôt pour vous raconter notre périple cauchemardesque pour quitter l’Islande et notre toute première semaine Canadienne.

A très bientôt et en attendant, passez de très bonnes fêtes !