Voyager en couple, bonheur ou douleur ? De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas.

Brisons le mystère de ce titre dès la première phrase. Il s’agit uniquement d’une paraphrase du Klub des Loosers pour vous donner envie de lire cet article dans l’attente que des choses déchirantes y soient dévoilées… l’avenir vous dira si vos attentes seront comblées.

Si l’amour est un paradis blanc, je préfère encore être en enfer, au moins la-bas on se gèle pas les miches.

Il y a 8 ans, un garçon que je connaissais à peine m’a demandé si j’avais envie de voir New York avec lui.

Je ne pensais pas que cette proposition changerait le cours de ma vie. Non seulement personne ne m’avait jamais demandé de partir en voyage avec elle, mais en plus, c’était bien la première fois que je tombais sur quelqu’un qui avait envie de visiter les mêmes endroits que moi. Bien sûr, j’ai fini par dire oui.

C’est ce voyage-là qui m’a fait tomber en amour de l’Amérique du Nord, et c’est surtout ce voyage-là qui a tué la touriste et éveillé en moi l’âme d’une voyageuse.

Quelques années plus tard, nous avons remis ça. Cette fois ci, ce n’était pas un voyage d’une dizaine de jours, mais une aventure qui nécessitait de quitter nos jobs, nos logements et nos familles pour une période indéterminée.

Toute l’année qui a précédé notre départ au Canada, se sont dessinés deux camps: les optimistes accomplis qui nous souhaitaient le meilleur et qui voyaient en ce grand voyage, une preuve d’amour singulière et de l’autre coté les défaitistes acharnés qui nous prédisaient le pire, l’erreur de notre vie.

C’est vrai qu’on n’est pas parti sur de bonnes bases.

Portrait aux moufles.

Partir au Canada était mon idée.

J’en avais envie depuis longtemps. Malheureusement, ce n était pas le cas de mon copain.

J’estimais qu’on avait perdu assez de temps à faire des choses qui ne nous épanouissaient pas et j’ai pressé le destin. Trois mois après la fin de mes études, nous avions tous les deux étés tirés au sort pour le PVT Canada. Faire partie des 100 premiers sélectionnés de cette année-là ne pouvait être autre chose qu’un signe du destin.

Impossible pour ma part de faire marche arrière, pourtant je voyais mon copain reculer, s’éloigner, angoisser à l’idée d’engager deux années de sa vie pour un projet qui ne l’emballait pas plus que ça.  

Après mille et une péripéties, et un gros déficit d’économie, on était finalement cote à cote dans l’avion qui nous menait en terre québécoise.

Le destin ne nous a pas gâté.

Arrivés au Canada par -36 degrés, de la neige jusqu’ aux genoux, une valise cassée par un abruti fini à l’aéroport, un premier volontariat qui ne se passe pas vraiment bien, des hors forfaits qui donnent des envies de suicide, nos cartes de crédits bloquées, un première Noel canadien plutôt agressif… Le père Noel avait été une belle ordure cette fois-là.

Quelques semaines plus tard, s’astreindre au rythme de vie le plus difficile que je n’ai jamais connu: levés a 5h du matin, effondrés à 19h, une vie d’agriculteurs canadiens passée dehors à profiter quotidiennement des températures négatives.

Tomber en panne au milieu de nulle part.

Tomber une fois, deux fois, trois fois.

Toujours trouver la force de se relever, mais la santé qui ne suit plus. Enchainé jours et nuits sur les routes gelées canadiennes, en se demandant bien pourquoi: mais qu’est qu’on fout la ?!

La copine la plus angoissante du monde.

On était loin.

Loin de chez nous, loin de tout ce que nous avions toujours connu, loin de ce que j’attendais, loin d’un voyage de plaisance, loin du supermarché le plus proche, loin de tout.

De la vie nomade de notre début de PVT jusqu’ à notre vie sédentaire de ces derniers mois, on a passé notre temps à se prendre des coups. On n’aura pas eu un mois de repris, il y aura eu des hauts mais surtout des bas, il n’y a pas un seul mois qui y aura échappé.

Pas facile tout ça, et pourtant…

Pourtant on a tenu bon.

Tu veux sortir avec moi ? Jai beaucoup d’amour à donner.

On ne se sera pas encore dit oui qu’on aura déjà traversé le meilleur mais surtout le pire ensemble.

On aurait dû se séparer.

J’ai arrêté de compter quand ça ne tenait plus sur mes dix doigts.

J’ai failli donner raison au club des défaitistes, mais je ne l’ai pas fait.

J’ai été conditionnée à penser et agir avec raison depuis tant d’années que mon paramétrage était entrain de se casser la gueule et ma tête criait ALERTE ALERTE sans cesse.

J’ai paniqué intérieurement à de nombreuses reprises, j’ai cherché à faire taire la raison et quand j’y suis parvenue l’instinct a repris le dessus pour me chuchoter au creux de l’oreille : si ça devait être fini, ça ferait déjà longtemps que vous n essaierai plus de vous relever à chaque fois que les aléas de la vie vous mettent à terre.

Au lieu de ça, à chaque croche pied vous ne scillez plus aussi facilement. Vous avez arrêté de vous accuser mutuellement de vous faire tomber et regardez-vous à présent, vous avancez sereinement.

Voyager en couple, c’est être quasiment 24h24 7j7 avec la personne qui partage votre vie.

Mieux vaut avoir des choses à se raconter, mieux vaut vraiment se connaitre avant de s’engager dans une démarche qui accorde si peu d’intimité et de moment solitaire.

De ce côté-là, nous n’avons eu aucun problème, c’est même ce qui nous a permis de devenir totalement fusionnel. Il s’est avéré qu’en plus d’être le meilleur ami que je n’ai jamais eu, mon copain était aussi le meilleur collègue de travail et ce peut importe la pénibilité du travail.

Là ou pour moi les choses étaient beaucoup plus compliquées, c’était de me rendre compte de mes défauts à travers les qualités de mon copain.

J’ai toujours voulu prendre exemple sur son hyper sociabilité sans jamais vraiment y parvenir, et ce voyage ou nous avons rencontrés tellement de gens été l’occasion parfaite pour m’entrainer, or je me suis juste rendue compte une fois de plus que je n’étais pas comme ça.

En soi,ce n’est pas bien grave, ça le devient quand vous vous sentez très vite isolée des gens autour de vous, parce que nous étions tellement diamétralement opposés que ce soit dans les personnalités ou dans les modes de vie que je ne savais même pas quoi dire à part: ’eh bien, voilà qui n’est pas commun.’ Alors que mon copain, tel un caméléon, réussissait à sympathiser avec le plus rustre des rustres et à continuer de lancer des vannes à ceux qui ne pouvaient pas nous encadrer, quand mes yeux criaient FUCK YOU ASSHOLE.

J’ai voulu en prendre de la graine, mais la graine n’a jamais poussé.

Pendant une longue période, c’était quelque chose que je vivais très mal, et la grande force de ce voyage aura été d’apprendre à passer au-dessus de ces choses qui nous font mal, nous rendent vulnérables et nous donnent un sentiment permanent d’infériorité.

Ce voyage aura aussi permis de valider une fois de plus l’image totalement dégoulinante d’amour que je me suis faite de mon copain depuis des années.

Si nos défauts se sont révélés en pleine lumière cette année, ils ont vite été éclipsés par l’éclat de nos qualités.

Il m’aura fallu du temps pour comprendre que mes points forts étaient souvent ses points faibles et inversement.

Il m’aura fallu du temps pour l’accepter et pour me dire qu’en réalité c’est là, la vraie force de notre couple.

Je vous passe bien évidemment les détails d’un voyage en plein Pole Nord qui rendent toute vie de couple compliquée. Les tenues absolument tue-l’amour que nous avons portés pendant plus de 10 mois, l’absence totale d’intimité au sein des hébergements de nos hôtes pendant nos Workaway, et un espace de vie réduit à quelques mètres carrés pendant des mois.

Bref, on était bien loin de la vie parisienne de nos débuts.

Je ne regarde personne d’autre que toi en dehors des 4 milliards de filles de cette planète…

Si je devais prodiguer un seul conseil pour une vie de couple en béton ce serait : COMMUNIQUEZ. Dites-tout, (du moins ce qui nécessite d’être dit) et dans ce tout, il y a bien évidemment des belles choses comme beaucoup de choses blessantes. Le véritable amour passe au-dessus des rancœurs, des déceptions et des incompréhensions, mais pour cela faut-il encore pouvoir se les avouer pour avancer.

Parlez avec votre cœur mais apprenez surtout à écouter l’autre.

Préparez-vous à ne pas toujours être d’accord, cela ne veut pas dire que l’un d’entre vous à tort.

Donnez-vous de l’espace, donnez-vous de la liberté, pour toujours mieux vous retrouver.

(La rubrique du cœur est terminée.)

Une pensée à notre ami Fréderic Beigbeder (pour l’anecdote nous avions tous les deux tournés dans l’adaptation de son roman L’amour dure 3 ans), pour dire que sa théorie ne tient pas.

Nos années d’amour se compte désormais au multiple de 3 et malgré l’humidité, la flamme ne s’éteint pas.

PVT: 10 mois de volontariats à travers le Canada.

Voilà deux mois que nous avons posé nos valises dans notre nouveau chez nous à Vancouver. Maintenant que les affaires sont presque toutes rangées, je peux enfin prendre le temps de faire le bilan de ces 10 mois de volontariats que nous venons d’achever.

Pour ceux qui débarquent, petit récapitulatif.

Mon copain et moi-même avons quitté la France mi-décembre de l’année dernière pour nous lancer dans notre aventure PVT que nous voulions entamer par un maximum de volontariats, pour nous familiariser plus doucement avec ce nouveau pays et cette nouvelle culture, nous enrichir d’expériences nouvelles, rencontrer des gens de tous horizons et pour prendre le temps de faire le point sur nos vies et sur les chemins que nous voulions prendre pour la suite. C’était tout un programme !

Pour trouver des volontariats, des 3 sites les plus connus, j’avais choisi de m’inscrire sur le site Workaway, (les deux autres étant Woofing dirigé davantage sur l’agriculture et Helpx). Ce choix était purement intuitif et esthétique. Je ne comprends absolument pas l’interface du site Helpx, c’est un bordel sans nom pour s’y retrouver, le site ne me donnait absolument pas envie d’y consacrer du temps et comme tous les trois sont payants, J’ai choisi le plus attrayant, forcement. Sur Workaway, vous trouverez toute types d’offres, du baby-sitting aux soins de chiens de traineaux, du jardinage à la charpenterie en passant par un séjour dans une ferme d’alpagas. Tout y est possible, c’est du moins la première impression que donne le site…

Pour notre part, la seule chose que nous avions prévu avant notre départ c’était notre tout premier volontariat. Sur Workaway, les hôtes évitent d’accepter des volontaires trop longtemps à l’avance parce qu’ils savent que les imprévus sont bien plus fréquents qu’on ne le croit. De fait, cela ne sert strictement à rien de réserver un séjour 3 mois à l’avance alors même que vous ne savez pas ce que vous ferrez les 3 semaines précédents votre arrivée.

Nous avions donc réservé un volontariat de deux semaines pour commencer dans une auberge à Québec. C’était tout ce que nous avions prévu dans notre agenda. Notre première expérience était assez décevante, je vous l’avais déjà conté ici:

1.Dans une auberge à Quebec, QC

Finalement, nous avons dû rester 2 semaines de plus dans cette auberge alors même que nous voulions vraiment partir. D’une part parce qu’en plein milieu du mois de janvier, personne d’autre ne prenait de volontaire et d’autre part car nous ne voulions pas quitter Québec sans notre futur van, car nous savions qu’il serait alors difficile d’en trouver un par la suite au vu des endroits où nous nous apprêtions à aller.

Finalement, en l’espace de 4 jours, nous avons trouvé un volontariat dans une ferme et notre van pour nous y rendre. C’était l’un des moments les plus stressants de notre PVT jusqu’à présent, le reste du récit se trouve sur cette page:

2. Dans une ferme à Sherbrooke, QC

Après notre volontariat à la ferme, nous avons pris la décision un peu folle de nous rendre à Terre-Neuve en hiver. Une décision très couteuse qui n’en valait pas vraiment le coup, nous devions rester 1 mois à Terre-Neuve mais le sort en a décidé autrement, nos hôtes n’avaient plus besoin de nous au bout d’une semaine et demie, et notre van a eu son premier bobo d’hiver que les garagistes de l’ile n’ont pas voulu nous réparer. Comme nous n’avions pas d’autres choix que de revenir sur le continent pour réparer notre van et nous diriger vers un autre volontariat, nous avons dû dire adieu à nos projets de traversée de Terre-Neuve, à ma plus grande tristesse. Dans l’histoire, nous y avons perdu la plus grande partie de notre budget, malgré tout c’est une aventure que je ne regrette pas car Terre-Neuve est dans mon top 3 des meilleurs souvenirs de ces 10 mois de volontariats, même si pour bien des raisons ce fut une étape assez rude. La suite du récit par ici :

3. Dans une auberge de jeunesse à Terre-Neuve, NL

Mais la roue tourne comme essaye de le dire sans y parvenir un certain Ribéry… Et nous voilà avec nos quelques deniers restants, à nouveaux sur la route glacée fin février. Nous traversons la moitié du pays, pour un volontariat qui n’en est pas vraiment un, puisque je ne l’ai pas trouvé grâce à workaway mais en contactant directement la gérante d’un resort. Toute l’histoire se trouve ici:

4. Dans un resort familial à Falcon Lake, Manitoba

Après avoir passé 3 mois comme volontaires puis comme employés du resort, nous avions suffisamment économisé pour repartir sur les routes des volontariats. Nous avons enchainé avec un volontariat très particulier:

5. Dans un centre de retraite de yoga à Ashcroft, B.C

puis

6. Dans un eco-resort sur la Sunshine Coast, B.C

Et nous avons terminé notre aventure, dans ce qui fut pour nous deux, notre plus belle expérience workaway, un volontariat

7. Dans une boulangerie à Pemberton, B.C

 

Workaway, un bilan assez mitigé

  • Les points positifs

Je me suis sans doute forgée une image très édulcorée de ce système de volontariat avant notre départ. J’en attendais beaucoup et c’est sans nulle doute en partie pour cela que j’ai constamment été déçue au fil de nos expériences. Pourtant, je ne trouve pas avoir été particulièrement utopiste en les rêvant. J’imaginais que nous tomberions sur des hôtes anciennement voyageurs ou n’ayant jamais voyagé qui s émerveilleraient à chaque nouvel arrivant de rencontrer de nouvelles cultures. Je ne m’attendais pas à une vie de luxe, juste une nourriture basique et une chambre décente pour dormir. Je m’attendais cependant à ce qu’on partage énormément de temps avec nos hôtes et pas seulement QUE pour travailler, qu’ils nous emmèneraient visiter des choses aux alentours ou rencontrer des personnes du coin. Je m’attendais à rencontrer des gens ouverts d’esprits, prêt à accueillir avec le même enthousiasme un volontaire suédois qu’un volontaire coréen, malgré les différences culturelles et la difficulté d’adaptation propre à chacun. En fait, je m’attendais à tomber sur des hôtes qui avaient du temps à donner pour un véritable échange culturel, et qui donnerait peut-être lieu à une véritable amitié durable… Voilà pourquoi j’estime ne pas avoir demander la lune, même si par rapport à beaucoup d’autres volontaires, je sais que j’en attendais bien plus. En même temps, ce n’est pas comme si je m’étais inscrite sur ce site en me disant: tiens je n’ai rien d’autre à faire pourquoi pas. Décider de partir après 7 ans d’études et tout lâcher pour aller travailler dans des champs par -40 degrés, peut paraitre incensé mais en réalité c’était très réfléchi.

Je n’ai pas été déçue de cette décision, je pense que ces volontariats ne m’ont pas apporté ce que je cherchais avant de partir mais ils m’ont appris et donner bien d’autres choses.

D’abord, il y a un développement de confiance en soi ENORME qui se développe. Contrairement à la France, je pense que les Canadiens ont davantage l’habitude de surévaluer les aptitudes des gens plutôt que de les mettre en doute sans arrêt. Les premiers mois de notre PVT, on a eu droit à un long moment de tâches ménagères qui m’ennuyait et ne me challengeait pas du tout, et puis un beau jour de février les choses sérieuses ont commencé. On ne m’a pas vraiment demandé mon avis, on ma embarqué sans trop me dire où on allait et me voilà devenu bucheronne pendant 3 semaines. A plusieurs reprises on s’est retrouvé dans des milieux très masculins (bon n’ayons pas peur des mots, j’étais la seule fille !) Parfois je me disais chouette un endroit où on ne me rappelle pas toujours que je suis une fille et que je ne suis pas capable de… Et puis au bout du 10e tronc d’arbre soulevé à bout de bras, (rien à voir avec de la muscu, là on est plutôt sûr de la lutte). Je n’avais qu’une envie c’était qu’on me dise : allez va donc plutôt nous faire du rôti femme! Ça n’est bien évidemment jamais arrivé… et au lieu de quoi, même si je ne suis pas du genre à abandonner, cela m’a surtout appris à ne pas avoir peur de m’engager à faire des choses que je n’aurai pu abandonner puisque l’idée ne me serait même pas venue d’y participer!

Ensuite, il y a eu tous ces hôtes qui m’ont redonné confiance en moi parce qu’ ils m’ont fait confiance alors même qu’on se connaissait à peine. Tu es une personne créative ? Alors tiens, voilà de la peinture tu vas repeindre notre auberge, aider à la décoration d’un mariage, tu sais faire des meubles? Jamais essayé, oh ce n’est pas grave quand on est doué avec ses mains on arrive à tout, tiens voilà du bois ! Finalement avec mon copain qui n’avait lui non plus pas vraiment d’expérience en construction manuelle, on a fini par construire un escalier extérieur… oui, oui et croyez-le ou non, 5 mois plus tard il ne s’est toujours pas effondré…

Les volontariats nous ont appris qu’on avait bien plus de ressources en nous que ce qu’on pouvait bien imaginer. Ils nous ont ouvert les yeux sur plein de nouveaux milieux de travail et sociaux, et nous on fait découvrir tellement de cultures différentes que j’ai du mal à croire que tous ce soient passés dans le même pays.

Travailler au sein de communautés religieuses à deux reprises ont été les périodes les plus éprouvantes pour moi, non pas à cause de la religion, mais de ce fossé assez vertigineux qui nous sépare de ces gens qui ont décidé de se couper volontairement de la société pour ne vivre qu’entre eux. Il y avait du bon dans chacune de ses communautés mais aussi pas mal de choses assez néfastes. Durant la plupart de nos volontariats, nous avons été chanceux, nos hôtes étaient très généreux, nous avons été traités comme des rois au niveau du logement et de la nourriture (il y a bien entendu eu des exceptions).

  • Les points négatifs

Disons que l’on reconnait assez facilement 3 catégories d’hôtes workaway.

Il y a les hôtes qui n’ont pas beaucoup de moyens et qui trouvent de l’aide par ce biais. L’avantage c’est qu’ils sont super reconnaissants pour tout ce que vous faites même si vous galerez, l’inconvénient c’est que comme ils n’ont pas beaucoup, votre investissement ne vaut parfois pas du tout le retour que l’on vous donne. Parfois, nous travaillions pendant 5 voire 6 heures dehors, à faire des travaux non seulement pénibles mais surtout très fatigant physiquement (bonjour coupage de bois à la hache par -20 degrés et ratissage des mauvaises herbes par +30 degrés) et comme seule récompense de ces efforts, nous n’avions pas suffisamment à manger pour avoir la force de faire quoi que ce soit d’autre comme activité.

Au départ, on se disait que nos hôtes ne s’en rendaient peut-être pas compte du fait que vous avions faim en permanence, après tous les appétits sont différents. Et puis, le jour où nous avons décidé de nous acheter notre propre nourriture parce qu’on en pouvait plus d’être mal en permanence et que nos hôtes en ont profité pour nous dire : “ah parfait, comme ça on ne vous fait pas à manger vous avez ce qu’il faut”, on s’est dit qu’il y avait peut-être un peu beaucoup d’abus! Mais je vous rassure, c’était très rare!

Il y a une deuxième catégorie d’hôtes workaway, ceux qui ont beaucoup d’argent et qui prennent des volontaires pour se faire encore plus d’argent et ainsi ne pas avoir de dépense à faire en employant quelqu’un. Je pense qu’il s’agit-là du gros point noir de Workaway : L’EXPLOITATION.

Workaway devrait davantage filtrer ses adhérents à l’inscription, et lorsqu’on s’aperçoit du nombre d’hôtels voire même des restaurants qui passent par ce système, on se demande comment est-ce qu’on a pu leur laisser poster une annonce ?

Pourtant, Workaway est plutôt clair dans sa charte d’inscription concernant les hôtes, ils ne doivent pas s’inscrire s ils possèdent un commerce ou du moins une entreprise qui leur rapporte directement de l’argent grâce au travail d’un volontaire, a l’exception des auberges de jeunesses. Ce qui ne nous a absolument pas empêché de nous retrouver dès notre premier volontariat dans une auberge qui n’avait rien à voir avec une auberge de jeunesse mais tout d’un hôtel, et où nous étions les uniques employés. Notre première semaine nous aura valu pas loin d’une quarantaine d’heures chacun, en échange d’une chambre bien trop petite pour s’y tenir debout a deux, sans cuisine, et repas non compris. Mais l’exploitation a de beaux jours devant elle puisque c’est sans doute l’un des workaway qui marche le mieux à Québec, les commentaires sont dithyrambiques, et donne l’impression que c’est vraiment THE PLACE TO BE. C’était ce genre d’ambiance de travail que j’avais quitté en France et voilà qu’on la retrouvait de l’autre côté de l’Atlantique, vous imaginez mon désarroi…

Et puis il y a la troisième catégorie d’hôtes, les pépites! Ceux qui ont beaucoup de moyens et qui prennent Workaway comme une possibilité de rencontrer de nouvelles personnes et de vivre de nouvelles expériences. Ce sont ces gens-là qui ont véritablement du temps à consacrer à leurs volontaires et le plus important… qui y portent de l’attention! Parce que ce n’est pas tout d’échanger une chambre et des repas contre du travail, le volontariat est une expérience humaine avant tout, et je trouve ça essentiel que les hôtes se préoccupent de savoir si leurs volontaires vont bien. A 90% du temps, nous étions isolés de tout, dans des endroits tellement reculés que nous n’avions internet uniquement pour envoyer des mails. Durant l’hiver, il n’y avait pas grand-chose à faire vu les températures, la majorité du temps nous étions en intérieur à lire, discuter, regarder des VHS et cuisiner. C’était une vie qui me convenait la plupart du temps, mais parfois la crise d’angoisse due à la solitude et l’isolement faisait de petites apparitions. Et il n’y a rien qui me fasse plus plaisir que de voir nos hôtes concernés par nos moments difficiles. Cette préoccupation était quelque chose d’assez rare. Je me rappelle avoir été malade pendant non pas plusieurs jours mais plusieurs semaines dans l’un de nos volontariats et absolument personne ne m’a posé la moindre question… ce qui avait tendance à me sentir encore plus mal.

Cela étant, je pense qu’il est tout aussi possible de faire le même constat de ces catégories dans le sens inverse, c’est à dire concernant les volontaires. Aucun d’entre nous ne venons avec les mêmes intentions, les mêmes désirs, et la même motivation. Il en résulte que l’adaptation n’est pas toujours évidente après le départ de quelqu’un qui se croyait en vacances ou lorsque vous êtes accueillis en même temps que des volontaires aussi investis que s’ils faisaient leur service militaire.

  • Ce que j’aurai aime savoir avant de m’engager dans des volontariats

Workaway nous aura apporté beaucoup de choses positives, mais il y a certaines choses que j’aurais aimé savoir avant de partir. J’ai toujours été surprise de voir le nombre de volontariats sur ce site et la diversité de ceux-ci.

Avant de partir, je n’avais aucune envie de faire des volontariats dans des auberges et des ressorts à répétition, un ou deux pourquoi pas, mais notre objectif était de pouvoir expérimenter un maximum de milieux et de travaux différents. Grosse déception à ce niveau-là. Il faut savoir que l’hiver est une période assez redoutable pour les volontariats excepté peut-être, si vous êtes dans le Grand Nord, mais la plupart d’entre eux ne prennent personne à ces périodes de l’année.

Quant à la saison estivale, ce n’est pas plus facile pour trouver un volontariat qui vous plait vraiment, il y a tellement de volontaires et certains endroits exigent ou du moins donne la priorité à ceux qui s’engagent pour plus de 4 semaines.

Beaucoup de pages workaway sont un poil douteux, il y a les annonces qui ne recherchent que des filles de préférence célibataires (erreur de site?), d’autres qui vous font miroiter tout un tas d’activités et une infrastructure incroyable, or vous ne savez pas du tout quelle est la nature du travail demandé, la personne a coché toutes les cases: jardinage, ménage, aide à domicile, ce sera donc la surprise. Il y a celles qui ne mettent PAS DU TOUT LA PRESSION !!!!!! TOUTE L’INTRODUCTION EST ECRITE EN MAJUSCULE POUR VOUS DIRE QUE: “ICI C EST PAS LES VACANCES ON TRAVAILLE DUR MEME LE WEEK END SI VOUS N ETES PAS CAPABLES DE VOUS LEVER TOT, DE MANGER QUE DEUX FOIS PAR JOUR, DE VOUS COUCHER TARD ET DE PARTICIPER AUX TACHES MENAGERES PAS LA PEINE DE POSTULER. AUSSI, ON N’ACCEPTE PAS LES FUMEURS, LES ENFANTS DE MOINS DE 22 ANS, LES MANGEURS DE VIANDE (SATAN), NI LES AMATEURS DE LACTOSE. NOUS N’AVONS PAS INTERNET, AUCUN TRANSPORT EN COMMUN ET LA VILLE LA PLUS PROCHE EST A 1H45 DE ROUTE. LGBT FRIENDLY.” Moi c’est toujours le LGBT friendly de la fin qui me fait rire, “on est ouvert mais pas trop quoi,  faut pas déconner!”

Il y a ceux qui ne veulent pas de couple parce que les couples c’est l’angoisse. Ceux qui ne veulent pas de gens tout seul parce que sinon ça veut dire qu’ils vont être collants tout le temps et demander à faire des sorties avec leur hôtes, non mais vous imaginez ?!

Il y a ceux qui ont des annonces tout à fait normales et qui en message privés deviennent tout à coup très étranges et oppressants, vous demande de quitter tout de suite votre volontariat actuel pour vous engager chez eux pour 6 mois. Ceux qui répondent gentiment que c’est OK pour commencer un volontariat chez eux la semaine suivante, toi qui prends tes dispositions pour te rendre chez eux et au moment de confirmer l’adresse pour t’y rendre, plus personne ne répond!

Certaines situations Workaway auraient pu très très mal tournées. J’en suis même parfois à me demander si les gens présents sur le site étaient volontairement mal intentionnés ou s’ils ne se rendaient pas compte des situations dans lesquelles ils pouvaient nous mettre. Se retrouver à la rue pour un soir ou plusieurs nuits parce que des hôtes vous ont abandonné c’est rageant, mais il y a encore moyen de se débrouiller. Cependant si vous avez fait des milliers de kilomètres pour y aller, que vous vous retrouvez au milieu de nulle part et que votre hôte vous a posé un lapin c’est beaucoup plus compliqué et ça pourrait mettre certaines personnes avec un budget pas très en forme, dans des conditions plus que délicates. Et même si des sanctions peuvent être prises contre les hôtes qui ont ce genre de pratiques en vous plaignant à Workaway, je ne suis pas sure qu’ils puissent aider à trouver une solution de remplacement rapidement…

 En résumé, je pense que Workaway partait à la base d’une très bonne intention mais que les années passants, le système s’effile au fur et à mesure et donne lieu à des abus à répétitions non sanctionnés.

Il faut un minimum de préparation avant de s’engager dans ce genre de programme. Être sûr de ce que vous ne voulez vraiment pas faire et être réaliste sur ce qui est réalisable et ce qui ne l’est pas. Pour beaucoup, le volontariat est un moyen de voyager sans dépenser d’argent, dans les faits je suis d’accord, on ne dépense pas tant d’argent que ça une fois sur place, mais il faut compter ce qu’il y a autour.  Il faut notamment prendre en compte les déplacements d’un volontariat à un autre, et je dois bien avouer que c’était un aspect que j’avais totalement minimisé et qui m’a joué plus d’un mauvais tour…

En dehors de ça, Workaway nous a permis de faire des rencontres formidables tout au long de la route, hôtes comme volontaires, je n’oublierais jamais personne parmi les centaines de rencontres que nous avons faites. Des dizaines et des dizaines de nationalités différentes, des grosses cuites, des heures d’insultes en langues étrangères, de la musique italienne affreuse, des quiproquos improbables, des films pornos espagnols, des soirées québécoises hors du temps, des fous rires au coin du feu, la gorge qui se serre à chaque départ et une nostalgie constante à chaque fois que je recoins un message de toutes ces personnes qui ont marqué notre voyage. Alors même si les épreuves sont parfois dures et décevantes, je ne pourrai que vous conseiller de tenter l’aventure Workaway, il y a tellement plus de choses à gagner qu’à y perdre. Foncez!

 

Dernier volontariat dans une boulangerie ❤ ❤ ❤

Eh bien voilà, nous y sommes enfin arrivés : le récit de notre dernier volontariat au Canada.

Notre aventure qui aura tout de même durée 10 mois, s’est close il y a maintenant plus d’un mois. Le temps de voir les choses avec un peu de recul et de nostalgie ? Non pas vraiment, les évènements qui ont suivi ont été tellement intenses, que je n’ai pas encore pris le temps de réaliser tout le chemin que nous avons parcouru avant de nous installer à Vancouver. Je prendrais le temps de revenir dans un prochain article sur le bilan de cette première partie de PVT. En attendant, cet article n’est étrangement pas celui le plus simple que j’ai eu à rédiger, pour la simple et bonne raison, que c’est sans doute le seul auquel je n’ai absolument aucun reproche, aucune critique négative à faire. Je vous avais tellement habitués à décrire mes petites déceptions, désolé de vous décevoir, il n’y aura rien de tout ca dans les lignes qui vont suivre, et pour cause, ce dernier volontariat était de loin, le plus beau, le plus intéressant et le plus enchanteur que nous avons vécu.

                                      

Voila le décor: quelques kilomètres après le très célèbre Whistler, une route incroyable sillonne à travers les montagnes pour rejoindre un minuscule village dans les alentours de Pemberton. Une zone très agricole, pas particulièrement riche économiquement mais où, contrairement à beaucoup d’endroits où nous avons séjournés,  est riche d’évènements sociaux-culturels. La maison de notre hôte, un petit paradis à la mode romantisme anglais, se trouvait nichée au beau milieu de ce décor montagneux incroyable. Encore un endroit bien isole du reste du monde. Notre hôte, une ancienne architecte s était reconvertie quelque temps auparavant dans le domaine de la boulangerie. Après avoir passé un bon bout de temps à agrandir et retaper sa maison qui était à la base une simple cabane canadienne en rondins de bois, elle s’est attaquée au corps de ferme attenant pour le transformer en atelier boulangerie et en Bed and Breakfast. Un projet très ambitieux et un résultat d’une beauté incroyable. La vente des produits de la boulangerie ne se faisait pas sur place mais lors des marchés hebdomadaires des environs, un autre point super positif de ce workaway !

  

 Ce volontariat a en quelque sorte révolutionné ma vie, puisqu’ il m’a permis de prendre une décision finale sur ce vers quoi je m’orientais professionnellement pour la deuxième partie sédentaire de notre volontariat. J’avais toujours rêvé de travailler dans un tel milieu, sans avoir la possibilité de pouvoir le tester et ainsi voir si cela me correspondrait vraiment bien. Ce volontariat était une opportunité rêvée. Nous avons tellement appris. Je n’avais jamais fait de pain auparavant, et je n’étais pas non plus familière avec la pâtisserie Canadienne Nord-Américaine, voilà qui est désormais chose faite!

 

Nous avons participé à la chaine complète de la production jusqu’à la vente des produits. Nous ramassions les fruits qui servaient à la confection des pâtisseries dans l’immense jardin de notre hôte, nous cuisinions et surtout nous allions vendre les produits sur les marchés. Une expérience incroyable de bout en bout.

Nos hôtes était un couple incroyable, qui ont placé en nous une confiance absolue et ce dès le premier jour. Un couple irlandais plein de vie, d’ambition et de courage. Il en faut de la volonté pour ne dormir qu’une heure par nuit, chaque veille de marche, débordée par le travail qu’engendre tous ces pains à la levure capricieuse.

 

 C’était dans ce volontariat où nous avons fait le plus de sorties avec nos hôtes, nous avions l’impression de faire partie de la famille. Dès notre première semaine, nous avons même eu le droit à notre PREMIER vrai week end Canadien typique dans un chalet en altitude, dans un endroit plus isolé que jamais, où seuls les 4×4 bien puissants ont accès. Ce week end là, j’ai fini par avoir une crampe au visage, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire comme une possédée tout du long. Tout était tellement beau, serein, et doux. Après l’enfer de nos week end attaqués par des milliers de moustiques dans notre volontariat au sein d’une communauté hindouiste, ceux de la Sunshine Coast où j’étais tourmentée par mes problèmes de digestion dû à la nourriture un poil avariée qu’on nous donnait, et ceux que nous avions connus durant l’hiver précèdent si long et si rude… Quel bonheur immense que de pouvoir enfin passer un week end sur l’eau, sans moustique, sans enfant qui hurle, avec une nourriture merveilleuse, en super bonne compagnie. Je revois les photos de ces deux jours et je suis aussitôt saisie d’émotions.  Non mais vous avez vu ce lac glaciaire ?! J’avoue avoir été faible et être la seule à ne pas être allée nager, en même temps si vous aviez vu la profondeur, vous seriez peut être restés sur le ponton avec moi. C’était pour moi, l’occasion de conduire un bateau pour la première fois de ma vie, et j’espère que ce ne sera pas la dernière.

Comme il est difficile de décrire à sa juste valeur tous ces moments qui nous rendent heureux!

 

Nous avions beaucoup de temps libre, ce qui nous a également permis de visiter un peu la région. Nous sommes rendus à plusieurs reprises à Whistler, que nous avons tous les deux bien appréciés, et que nous avons hâte de redécouvrir sous la neige. Et puis encore une fois, j’ai eu ma dose de bonheur avec les animaux de compagnie de nos hôtes et ceux des voisins. D’ailleurs je me rends compte un peu plus chaque jour du vide que je ressens à vivre en appartement sans aucun animal domestique, pour cela nos Workaway étaient incroyables.

Alors voilà, je crois que j’ai usé de tous les superlatifs qui me viennent en tête présentement pour décrire ce workaway. Que dire de plus pour conclure ce chapitre ?! Ne désespérez pas si vous avez tendance à être déçu par vos volontariats ou que cela ne ressemble pas du tout à l’image que vous vous en étiez faits, peut être que le meilleur est prévu pour la fin, peut être que vous allez tomber sur des personnes qui bouleverseront votre vie à jamais. Moi c’est ce qui m’est arrivée, et pour cela, même si j’ai eu beaucoup d’insatisfactions tout au long de cette aventure Workaway, cela valait bien la peine de faire tout ce chemin.

 

On se retrouve très vite, c’est promis.

En attendant, prenez soin de vous.

 

 

 

Trois semaines de road-trip en Colombie-Britannique ❤

Voilà trois mois, bientôt quatre que nous avons franchi la dernière province à l’Ouest du Canada: la COLOMBIE-BRITANNIQUE.

Pour vous, cela n’évoque peut-être rien du tout, pour moi, franchir ce territoire était le deuxième objectif que je voulais atteindre après celui de faire des volontariats durant les premiers mois de notre PVT.

Parcourir le Canada d’un océan à l’autre, l’idée me paraissait belle et pleine de rebondissements. Je voulais atteindre Vancouver pour passer notre second hiver Canadien et reprendre le travail.

Voilà, un bel objectif d’atteint. Mais avant de vous parler de nos deux derniers volontariats et de notre installation à Vancouver, je vous propose un petit retour sur nos trois semaines passées toujours en compagnie de notre bébé Gordon (le van) sur les routes de cette incroyable province.

Parc National YOHO

Si je me rappelle bien de mon dernier article sur notre traversée de l’Alberta, il s’était arrêté ici: après une tempête de neige en plein mois de juin. Quelques kilomètres glaciales plus tard, après avoir parcouru une partie du Parc Provincial Yoho, nous voilà arrivés dans les Kootenays.

  • Semaine 1 : Les Kootenays.

Après une journée bien éprouvante à redescendre les Rocheuses dans un van aux freins défaillants, la première ville sur laquelle nous tombons, me fait un peu oublier les tracas du voyage. Il s’agit de Golden, ce n’est pas une ville en or, mais pour nous, c’est tout comme. Voir autant de lumières à la nuit tombée dans les rues ne nous était plus arrivé depuis des mois. Il n’y a personne dans les rues, même le Macdonald est désert, c’est dire. Un prospectus sur les mariages dans la ville de Golden me donne envie d’y revenir lorsqu’il fera plus beau et plus chaud, car visiblement en dehors d’être une ville étape sur la route des Rocheuses, Golden est difficilement appréciable lorsqu’il fait froid et pluvieux, ses principales attractions sont les sports d’extérieurs. Nous ne restons pas bien longtemps dans cette ville, juste le temps d’un Burger chez Donald.

 

    

Après une nuit presque parfaite autour d’un lac sous un ciel dégagé pour contempler les étoiles, (je tiens à remercier le propriétaire de la caravane du bout du lac et sa musique country insupportable pour nous avoir bien pourri l’ambiance), nous avons filé en direction de notre tout premier hot spring (source d’eau chaude thermale) Canadien.


Une photo officielle de Radium Hot Spring pendant l’hiver. 

Le premier était celui de la ville de Radium Hot Spring, un endroit avec beaucoup de commerces allemands et de vaches en liberté, comme celles ci-dessous, qui sont venues prendre le petit déjeuner avec nous le matin suivant.


La vallée des Kootenays était certes très jolie à parcourir mais ne nous a pas laissé un souvenir particulièrement marquant. La route traverse des étendues de verdure désertiques, ponctuées de petites villes comme Kimberley ou encore Cranbrook, que même Lonely Planet qualifie de « sans grand intérêt ». Les seules occupations que vous pourrez y trouver en dehors des sports extrêmes, sera une visite dans l’un des nombreux musées miniers ou de chemins de fer de la région. Les villes du coin n’ont pas véritablement de charme, ce sont majoritairement des endroits clés pour le commerce et les grandes industries, pas tellement pour le tourisme.

 

 

Cependant, il y a bien une route qui a marqué mon esprit. Un véritable festival de serpentins à flan de falaise avec une vue époustouflante sur le lac Kootenay.

Arrivé à Kootenay Bay, vous n’avez pas d’autre choix, il faudra traverser en ferry si vous voulez aller plus loin ou rebrousser chemin. La route s’arrête nette au milieu de nulle part. Nous nous sommes fait un plaisir de prendre le ferry, puisqu’il était G R A T U I T (ça s’écrit en lettres capitales tellement c’est rare!). La traversée du lac dune rive à l’autre dure moins de 20 minutes, et la vue est grandiose.

 

 

à bord du ferry 

Arrivés de l’autre côté du lac, notre première destination était le fameux Hot Spring d’Ainsworth, connu pour ses caves thermales. Après plusieurs jours sans douche (la vie en van c’est pas facile tous les jours!), on était bien heureux de pouvoir prendre 3 douches d’affilées et de rester barboter dans une eau à plus de 30 degrés jusqu’au coucher du soleil.

Nous n’étions pas du tout déçus du détour, Ainsworth vaut vraiment la peine qu’on s’y arrête.

Photos officielles du Hot Spring d’Ainsworth

Après une nuit diluvienne, nous avons repris la route vers l’une des villes que j’avais le plus envie de découvrir en Colombie-Britannique: Nelson !

J’avais entendu parler de Nelson quelques semaines auparavant seulement, grâce à notre site de volontariats Workaway. Plusieurs annonces pour travailler dans des centres de retraite de yoga se trouvaient dans cette ville là. Je m’étais donc renseignée pour savoir à quoi ressemblait la ville et j’ai tout de suite compris que Nelson était en réalité le San Francisco Canadien, aussi bien à travers son architecture que de part son modèle de vie. Les rues principales de la ville sont remplies de centre de yoga en tout genre, de magasins et de lieux de restauration bio/vegan/gluten-free, de quelques boutiques hippies et plusieurs salles de concerts. Après 3 mois passés dans le très sauvage Manitoba, y a pas à dire, ça dépayse !

Nous n’étions que deux jours à Nelson, je m’y serais bien vu restée plus longtemps, mais les villes sont un véritable gouffre financier lors des voyages en van. D’autant plus que l’unique camping de Nelson était un peu une honte au niveau de l’empilement de ses voyageurs. Notre van n’étant pourtant pas bien grand comparé aux campings cars, nous avions à peine l’espace pour ouvrir nos portières, avec à notre droite, accès direct sur la fenêtre du voisin et à notre gauche, la route ! On a vu pire, mais on a aussi vu bien mieux !

Semaine 2 : The Okanagan Valley

Notre départ de Nelson a marqué notre arrivée dans l’Okanagan Valley, connue comme étant la vallée fruitière du Canada, autant dire la Terre-Promise pour moi en manque de fruits frais depuis tellement de mois…

Osoyoos est la ville la plus au Sud de cette vallée, à la limite de la frontière Américaine, elle arbore un joli look d’Amérique du Sud avec ses maisons ocres et ses bâtiments ne dépassant pas les 3 étages. On s’y serait bien arrêté, mais il ne faisait que pleuvoir. La route était toujours aussi déserte sur des centaines de kilomètres au Nord. Certaines villes avaient des airs de film Western. C’est un fait, la Colombie-Britannique offre une véritable diversité de paysages et d’architecture.

Notre premier arrêt dans la vallée de l’Okanagan et sans doute celui le plus long de notre voyage a eu lieu à Penticton, l’une des villes les plus ensoleillées du Canada, ce qui en fait une très bonne destination touristique pendant la saison estivale. Décor aride, montagnes, lacs et villas improbables en chaines dans les hauteurs des falaises.

 

Penticton ne ressemblait à rien de connu à mes yeux, et c’est sans doute pour cela que j’ai beaucoup aimé y passer du temps.

C’est aussi là que nous avons trouvé nos deux meilleurs spots de camping, le premier était payant mais disposait d’une plage privée trop mignonne, le deuxième était un wild wild one, rempli de moustiques et de bêtes aquatiques, et pourtant c’est l’un de mes meilleurs souvenirs.

 

Si vous avez de gros moyens la vallée de l’Okanagan est un bel endroit pour séjourner une semaine entre visites de vignobles, balades en bateau et sports nautiques. Si comme nous, vous n’avez pas grand chose, alors vous apprendrez à vous satisfaire de la richesse des paysages. Pour cela Summerland et Peachland étaient de chouettes endroits où flemmarder au soleil et randonner sur des chemins de fer abandonnés. La visite des vignobles était pour nous impossible, chaque vignoble faisait payer son droit d’entrée une centaine de dollars par personne. Le meilleur moyen pour les approcher gratuitement et sans doute de faire du picking pendant l’été, mais nous avions bien d’autres projets pour la suite.

Nous nous sommes également arrêtés à Kelowna et Vernon.

Kelowna est une ville agréable, mais nous ne nous y sommes pas trop attardés. A quelques kilomètres de là, se trouve Lake Country, une grosse déception! L’endroit est certes très beau, mais l’unique plage du lac doit mesurer à tout casser 4m2, et au sol ce n’est rien d’autre que du gravier. Quant aux commerces touristiques du coin, je trouve que les locaux ne se sont pas bien foulés, la touriste en manque de consommation qui sommeille en moi était très déçue.

Heureusement, un peu plus au Nord, il y avait Vernon, avec ses gros problèmes de drogues mais surtout-surtout, ses librairies fantastiques! Tout mon budget souvenir y est passé!

Je passerai mon tour sur Kamloops, que nous avons parcouru en moins d’une demi-journée et qui ne m’a pas du tout inspiré.

PLASTIC PONCHO IS THE NEW SEXY

 

Bref intermède dans la vallée Fraser

A la suite de notre volontariat dans une retraite de yoga, nous avons eu l’occasion de nous balader le long de la vallée Fraser.

Cette vallée est sans doute l’une de celles qui est la moins visitée de toute la Colombie-Britannique. Il faut dire que les personnes chargées du tourisme ne sont pas au top de la performance dans les environs. Les guides touristiques n’en parlent que très peu, voire pas du tout, alors pourquoi donc s’y attarder, si pour vous rendre à Vancouver, vous pourriez plutôt passer par Whistler et Squamish ??!

Eh bien, si vous voulez mon avis, la vallée Fraser est de loin celle qui m’a le plus éblouie de notre road-trip. C’est peut-être parce-que j’ai vraiment quelque chose avec les endroits désertiques et arides, mais il n’y a rien qui me fasse pousser plus de cris d’émerveillement que ce genre de décor. La vallée Fraser est celle de la ruée vers l’or. Les villes y ont toutes gardées un petit côté far west.

Après avoir passé les portes de l’enfer. Je ne plaisante pas, HELL’S GATE existe vraiment. Le décor change radicalement, et vous voilà transportés dans ce genre d’endroit:

 

 

Une ville résonant au doux nom de HOPE, où vous pourrez vous perdre dans des tunnels abandonnés, ayant servi précédemment à l’établissement d’un chemin de fer, durant la période de la ruée vers l’or.

Semaine 3 : La Sunshine Coast

Après deux jours à découvrir Vancouver, dont j’aurai le temps de vous reparler en long et en large bien plus tard. Notre route nous a mené sur la Sunshine Coast pour notre avant-dernier volontariat. Nous avons pris le temps de découvrir ce bout de terre isolé de tout, du Nord au Sud, durant 3 semaines.

Ports et plages pour les sudistes, de Gibson à Robert’s Creek

Bon, il faut que je vous avoue un truc. On s’est un peu fait avoir avec la Sunshine Coast. Avec un nom pareil on s’attendait vraiment à débarquer sur un hot spot de surf et de touristes en folie, venus des quatre coins du monde pour s’enjailler sur les rares plages de sables fin de la côte Pacifique du Canada, et bien encore une fois, on n’y était pas du tout. Déjà, il a fallu qu’on oublie les plages de sable fin, c’était bien plus souvent des cailloux que du sable, ensuite les touristes étaient plutôt du genre à habiter à Vancouver, (qui est à 20 minutes de ferry), quant au surf, faudrait-il qu’il y ait des vagues dans un golfe. (Hum hum, voilà, voilà…)

 

Après avoir passé 3 semaines sur la Sunshine Coast, je reconnais que c’est un lieu bourré de charme, mais si vous n’êtes pas fana de randonnées et de sport nautique, je vous déconseille fortement d’y aller, puisque le tourisme n’y est pas du tout développé, en dehors de quelques évènements, il ne s’y passe pas grand chose. Si vous ne me croyez pas vous pouvez toujours consulter le guide touristique de la région, la taille et le design du fascicule et suffisamment explicite !

J’ai adoré cette île parce qu’il y a fait beau et chaud tous les jours où nous y étions et qu’elle nous a permis de nous remettre un peu de toutes nos émotions passées. Les paysages y sont magnifiques et rappellent beaucoup le Morbihan. Gibson et Robert’s Creek sont les deux endroits les plus touristiques.

 

Lacs et montagnes pour les nordistes, de Madeira Park à Egmont

De Madeira Park jusqu’à Egmont, le terrain est beaucoup plus propice à la dépense physique qu’à la glande. L’île offre de nombreux sentiers de randonnée. Tout y est encore très sauvage, des lieux de baignades jusqu’aux ports.

Mon endroit préféré sur la Sunshine Coast est sans conteste Ruby Lake, où nous avons passé 3 semaines lors de notre volontariat dans le resort du meme nom. Les couchers de soleil y sont extraordinaires, la sérénité du lieu, la diversité des animaux que vous pourrez apercevoir en fait un lieu vraiment magique.

Apres le calme de la Sunshine Coast, nous avons retrouvé l’agitation de la ville en nous rendant à nouveau à Vancouver pendant deux jours, avant d’enchainer sur notre tout dernier volontariat non loin de Whistler.

Rendez-vous au prochain épisode ?

Sixième volontariat sur la Sunshine Coast 😎

Septembre, septembre…

SEPTEMBRE ???? Mais je ne vous ai pas encore raconté la fin de notre road-trip du mois de juin!

Puisqu’il faut rattraper le temps, je vais prendre une bonne résolution pour cette rentrée, et écrire quelque chose de court. Je sais très bien qu’à l’heure qu’il est vous êtes bien trop occupés à tester vos nouveaux stylos fluos senteur fruits des bois dans vos cahiers tout propres, plûtot que de lire mes pérégrinations en terre lointaine. Pour ceux qui arrivent à faire deux choses à la fois, voici le récit de notre sixième et avant dernier volontariat au Canada, sur la Sunshine Coast.

  • Un nouveau type de volontariat.

Notre sixième volontariat était sans doute le plus atypique de tous, principalement parce qu’il ne ressemblait pas vraiment à un volontariat. Contrairement à tout ceux que nous avions fait précédemment, celui-ci se déroulait dans un resort d’une taille assez phénoménale, où nous n’avions que très peu de contact avec nos hôtes. Nous ne vivions pas avec eux, nous ne mangions pas avec eux et nous ne travaillions pas non plus avec eux. Nous avions notre propre hébergement que nous partagions avec d’autres volontaires de tous les continents. Nous mangions tous les soirs au restaurant du resort tous ensemble. Nous travaillions seuls la plupart du temps, et surtout, surtout, nous avions BEAUCOUP de temps libre. Le travail que nous faisions se limitait à 5h (comme ce qui était initialement prévu dans le contrat Workaway) et pourtant c’était bien la seule fois que ces 5h étaient respectées.

  • Un cadre incroyable

Ce volontariat se trouvait à Ruby Lake, sans doute l’un des plus beaux endroits de la Sunshine Coast, qui elle-même se trouve à quelques kilomètres de Vancouver mais n’est accessible qu’en ferry, aucune route ne la relie à l’intérieur des terres. Son petit nom estival nous a quelque peu induit en erreur, nous étions persuadés qu’il s’agissait là d’une des principales côtes touristiques de la Colombie-Britannique, une fois sur place, c’était pas vraiment ce qu’on imaginait. La Sunshine Coast est bel et bien l’un de ces lieux qui double voire triple de population l’été, mais ce ne sont pas véritablement les touristes venus en masse qui en sont à l’origine, mais plutôt les riches propriétaires de maisons secondaires venus respirer loin de la ville. Il y a beaucoup de randonnées et de ballades à faire sur la Sunshine Coast, mais très très peu d’activité touristique, mieux vaut donc venir avec son bateau, son équipement de plongé ou de jet ski, et s’approvisionner suffisamment en nourriture avant de venir car ici, tout est incroyablement cher ! Il y a malgré tout quelques téméraires qui tentent l’aventure et qui se retrouvent la plupart du temps à Ruby Lake Resort, le fameux resort où nous travaillions.

Ruby Lake Resort n’était pas un resort comme les autres. Il s’en dégageait une ambiance assez incroyable. Un petit air de paradis au milieu de nulle part. Il y avait des fleurs absolument partout, et il y en avait pour tous les goûts; des sculptures en bois, en fer, en pierre, qui rendaient l’endroit ultra chaleureux, et la présence d’animaux plus adorables les uns que les autres (à l’exception des ratons laveurs, mon copain pourra vous en dire quelques mots si vous le souhaitez.) Le resort proposait une version camping safari pour les aventuriers et une version motel un poil plus chic pour ceux qui préfèrent le confort. C’était un endroit idéal pour les mariages et cérémonies en tout genre, d’ailleurs on a pu en voir quelques uns et même y participer.

Le travail était incroyablement cool comparé à tous les volontariats que nous avions pu faire précedemment, seules la température particulièrement extrême des premiers jours rendait la tache un peu plus compliquée (après les -40 de l’hiver, les 40 de l’été n’étaient pas franchement nécessaires…) Nous nous chargions principalement de divertir les clients en leur permettant d’aller voguer sur l’eau du lac très mystique qui se trouvait en face du resort, (bref, de la location de bateaux si vous préférez), de garder les plantes de la propriété en vie et surtout de garder le resort propre (tentes et parties communes). Rien de bien compliqué.

Nous étions 5 volontaires et les autres personnes qui faisaient fonctionner le resort étaient des membres permanents de l’équipe eux aussi internationaux. L’ambiance était très détendue, parfois même peut-être un peu trop…

  • Derrière la carte postale

Je ne vais pas vous cacher que l’organisation un peu trop cool du resort m’a très vite tapée sur le système. Rien n’est parfait. Quelques employés se sont très vites réposés sur nos épaules en se déchargeant assez facilement de leur propre travail, ce qui rendait certaines journées assez infernales. Sans parler de l’organisation dans un sens plus général autour des normes d’hygiènes qui n’étaient absolument pas respectées et qui me faisaient complètement halluciner (pourtant je peux vous dire que j’en ai vu des trucs crades durant mes précédentes expériences…)

Je n’étais pas seulement affligée pour les clients, je l’étais aussi pour moi-même, puisque je vivais là et que je mangeais là. Très rapidement, l’expérience s’est transformée en un affreux désastre gastrique, je finissais malade après chaque repas, sans exception. J’ai bien essayé d’arrêter la viande et les poissons, en vain, puisqu’on continuait à en dissimuler dans mes plats, il fallait finir les restes, vous voyez ! Les derniers jours, j’ai réussi à passer à des repas uniquement composés de salades, je n’étais plus malade, mais j’avais faim (rien n’est parfait je vous dis). Aujourd’hui on en rigole souvent, mais quelle ironie de se dire que notre pire souvenir culinaire de toutes nos expériences Workaway était dans un restaurant…

 

  • Bilan d’un mois les pieds dans l’eau.

Ruby Lake  est de mon point de vue très loin d’être dans le top 5 de nos meilleurs volontariats pour la simple et bonne raison qu’il ne correspondait absolument pas à mes attentes d’un volontariat, nous n’avons eu aucun échange culturel avec nos hôtes, nous sommes d’ailleurs partis sans même qu’ils ne connaissent nos prénoms, c’est dire ! Nous n’avons développé aucune nouvelle aptitude et n’avons rien découvert que nous ne connaissions déjà en terme de travail. J’ai été très déçue d’être la seule de toute l’équipe de volontaires à avoir toujours la même tâche à faire, qui plus est la moins marrante: le housekeeping! Mais ce sont des sacrifices qu’il faut être prêt à accepter dans ce genre de situations.

A coté de ça, Ruby Lake était sans doute l’un des workaway les plus agréables que nous avons vécu. Nous étions libres de nos mouvements une fois le temps de travail terminé, nous n’avions à rendre de compte à personne, nous ne devions préparé les repas du soir pour personne et surtout surtout, nous ne lavions pas la vaisselle pendant des heures après chaque repas (ce qui était assez inédit). Le resort nous prêtait des canoes et des paddles pour aller sur le lac aussi souvent qu’on en avait envie, et comme dit précedemment toute l’équipe était incroyablement gentille et avenante.

Ces quelques semaines nous ont permis de nous ressourcer, de prendre un peu de temps pour nous, de pouvoir admirer des pluies d’étoiles filantes et des couchers de soleil à couper le souffle.

C’est pour sûr, un volontariat que je conseillerai à toute personne qui a envie de rester indépendante et qui aime les activités outdoor.

Dans un prochain article, je vous dévoilerai un peu plus l’identité de la Sunshine Coast que nous avons traversé et pris le temps de découvrir chaque fois que nous en avions l’occasion, à défaut de faire un volontariat, peut-être que cela vous donnera envie d’y faire un tour !

A très vite !

Deux semaines en Alberta.

Troisième étape de notre road-trip estival.

Et dire que c’était déjà il y a plus de deux mois… Nos deux semaines en Alberta sont passées comme des étoiles filantes ! Avant d’y aller, j’avais beaucoup entendu parler de l’Alberta . J’avais eu beaucoup de retours très positifs concernant la beauté de ses paysages, la vie relativement peu chère qu’elle offrait, les nombreuses opportunités d’emploi et son côté très moderne ville de verre et ses espaces verts. Seules ombres au tableau, le portrait très négatif de son très oisif Fort McMurray et de sa capitale Edmonton dont la principale fierté réside dans la construction de l’un des plus gigantesques centres de consommation de l’Amérique du Nord (oui rien que ça). Nous n’y avons pas mis les pieds, et je me garderai ainsi d’émettre le moindre avis sur ce sujet. Nous avons à la place préféré jouer la carte du touriste à 200%, découvrant ainsi les plus belles pépites de la province.

Sur la route des dinosaures.

Medecine Hat, une belle surprise !

Notre premier arrêt en Alberta fut assez marquant. Après des kilomètres et des kilometres de champs et De villages abandonnés parcourus lors de notre traversée du Saskatchewan, il ne nous aura fallu qu’une petite heure de route après la frontière pour arriver dans la première grosse ville du Sud de l’Alberta : Medecine Hat. Je ne vais pas vous cacher que j’appréhendais un peu cette ville suite à la description qu’en avait fait mon guide Lonely Planet (décidément je m’abstiendrais de leurs conseils pour mes prochaines escapades.) Medecine Hat y était décrite comme la ville du pétrole par excellence et donc comme une ville sombre, peu dynamique en dehors de son busy business et particulièrement inspirante pour les écrivains en mal de spleen.

Je nous imaginais déjà entrain de passer la nuit aux pieds d’une usine alors qu’en réalité pas du tout, ce fut une très belle surprise. Medecine Hat était très bien aménagée et très verte, de gros efforts avaient été fait pour qu’elle finisse dans le top 5 des villes avec le plus de parcs et de domaines boisés du Canada.

Malheureusement pour nous, le déluge nous a rattrapé et a rendu impossible toute tentative de découverte plus approfondie de la ville. En revanche, elle nous aura permis de croiser la route d’une personne dont nous nous souviendrons pendant longtemps. Alors que nous nous étions réfugiés dans notre QG le Mcdo, nous avons fait la découverte d’un voyageur solitaire trempé jusqu’aux os. Un canadien du même âge que nous qui voyageait à contre sens de notre voyage, d’Ouest en Est… en vélo !

A l’heure où j’écris ces mots, sa traversée du pays s’est achevée depuis longtemps et le voilà qui désormais traverse l’Europe ! Rencontrer des gens inspirants un jour de pluie est d’un réconfort absolu. Une belle leçon d’optimisme pour poursuivre notre voyage !

Dinosaur Provincial Park

Le soir même de cette rencontre, reboostés à bloc par cette rencontre, nous avons donc décidé de continuer notre route en direction des dinosaures malgré la pluie, la foudre et le froid. C’était une idée fabuleuse ! Nous n’avions pas encore franchi l’entrée du Parc Provincial que nous en prenions déjà plein les yeux. La nuit fut glaciale mais le lieu était tellement magique que j’en avais perdu toute motivation de me plaindre de quoi que ce soit (c’est dire la beauté de la chose!)

Notre premier contact avec les hoodoos canadiens !!!

Petit précis pour mieux comprendre de quoi il s’agit.

Il y a 75 millions d’années, ce qui est maintenant l’est de l’Alberta, était une plaine littorale de faible altitude aux abords d’une mer vaste mais peu profonde. La température subtropicale ressemblait à celle du nord de la Floride aujourd’hui. D’innombrables créatures fréquentaient l’endroit : des poissons, des amphibiens, des tortues, des oiseaux, des mammifères primitifs et environ 35 espèces de dinosaures. Certaines de ces créatures sont mortes dans les lits des rivières et dans les vasières, et leurs os ont été enfouis sous des couches de sable et de boue. Le passage du temps, combiné à la pression, à l’absence d’oxygène et au dépôt de minéraux, a produit des fossiles, soit des empreintes d’os, de dents et de peaux de créatures qui fréquentaient autrefois la région. La formation de couches de roches sur ces fossiles en a permis la conservation.

Ce n’est qu’à la fin de la dernière période glaciaire il y a environ 13 000 ans — une fraction de seconde dans l’histoire géologique — que les glaciers ont enlevé les couches supérieures de roches. D’importantes quantités d’eau de fonte ont sculpté les couches fragiles de grès et de mudstone, dénudant les sédiments fossilifères et, parallèlement, créant la vallée de la rivière Red Deer. Les cheminées de fées (ou hoodoos), les mesas isolées et les basses ravines de cette vallée, située au cœur des bad lands de l’Alberta, contiennent la plus importante concentration de fossiles de dinosaures de la période du crétacé supérieur jamais découverte.

(Mes remerciements au Gouvernement Canadien pour ce petit précis historique.)

Drumheller

De villages désertiques en villages désertiques. Nous avons poursuivi notre chemin jusqu’à Drumheller, où j’ai fait une indigestion de Dinosaures au musée qui leur est dédié.

D’habitude, grande fan des musées en tout genre, celui-ci m’a donné des vertiges à cause de sa densité. Alors d’accord, on en a eu pour notre argent puisque l’entrée n’est pas donnée, mais au bout d’une heure et demi, j’étais perdue. Alors que je pensais avoir fait le tour du musée, j’en étais en réalité même pas à la moitié !

La ville de Drumheller m’a beaucoup plus inspirée que le musée. Elle avait des airs de ville bloquée dans les années 80, un mélange de Jurassic Park et de Retour vers le Futur.

Preppy Calgary

Et puis nous sommes arrivés dans notre première grande métropole de l’Ouest Canadien : Calgary. Pour tout vous dire, je ne sais toujours pas quoi penser de cette ville. Nous n’y sommes restés que deux jours, c’est peut-être pour ça.

Notre premier contact avec cette ville était un centre commercial uniquement remplis de boutiques asiatiques à moitié à l’abandon ou en liquidation. Globalement, c’est un peu l’impression que m’ a donné le quartier de Chinatown. Un peu plus loin la « city » vibrait de mille feux : bâtiments, bureaux, centre commerciaux, tout semblait être sorti de terre il y a peu de temps. Même les habitants semblaient tout neufs, chaque personne que nous croisions étaient incroyablement bien habillée, maquillée, coiffée. Les serveuses et vendeuses semblaient mener une double vie, j’imaginais qu’elles étaient mannequins la nuit. Après tout ce temps passé dans les forets du Manitoba et sur la route, arriver dans cette ville si jeune et distinguée m’a fait un choc. Je ne m’attendais pas à une ville aussi radicalement différente de ce qu’on avait pu expérimenter jusqu’alors.

Très rapidement, nous sommes également tombés sur les vices urbains de la côte ouest américaine : la drogue dure venue d’Asie, crack ; héroïne, bath salt, le genre de drogues qui transforment ces usagers en véritable zombies arpentant les rues.

C’était beaucoup d’émotions pour qui sait ne pas fermer les yeux sur ce genre de choses…

Les Rocheuses

Ne voulant pas nous attarder trop longtemps dans les grandes villes. Nous avons poursuivi notre chemin vers les Rocheuses. Et que dire des Rocheuses en dehors des communes banalités ?

C’était incroyablement beau.

C’était incroyablement beau.

C’était incroyablement beau.

Notre quota de « wildlife » a explosé, nous avons vu environ 9 ours, un cerf, plusieurs aigles, des coyotes et nous avons même dormi en charmante compagnie d’un lynx.

J’ai adoré Banff et ses environs, certains diront que son aspect Disneyland est un peu oppressant et repoussant, moi c’est ce que j’ai adoré !

Les environs de Lake Louise étaient quant à eux, un véritable enfer, nous avions beau être seulement début juin, le trafic était absolument fou : aucun parking de disponible, les campings saturés, des centaines de perches à selfies en folie… Un moment douloureux à passer pour les nerfs mais qui valait cependant la peine d’avoir fait tout ce chemin.

Notre pass découverte des Parcs Nationaux nous a permis de prendre notre temps pour visiter toutes les curiosités géologiques tout au long de la route de Banff à Jasper et de Jasper au Parc National Yoho.

Jasper n’avait strictement rien à voir avec Banff.

S’en était fini de la frénésie touristique. Jasper est une ville calme et apaisante surtout par temps pluvieux. Les environs de la ville réservent de nombreuses surprises (canyons, hot springs, etc.) mais la ville elle-même m’a quelque peu irritée pour son manque d’infrastructures. Beaucoup de magasins, très grands, très kitsch remplis de produits chinois, mais aucun moyen de trouver un endroit pour boire un café. Les cafés du coin se résumant à Tim Hortons et 2-3 autres cafés indépendants à la capacité d’accueil maximum de 15 personnes. Pour une ville qui reçoit des milliers de touristes PAR JOUR, c’est un peu léger… très léger ! (Admirez la parisienne en colère qui sommeille en moi!)

Il y avait toutefois quelque chose de très poétique qui se dégageait de cet endroit aux airs de « ville du bout du monde ». Un je-ne-sais-quoi qui me rend très nostalgique rien que d’y repenser.

Quant à notre trajet retour jusqu’au Parc National Yoho pour rejoindre la Colombie-Britannique, quelle aventure !

Des monticules de neige se sont abattus sur nous un 10 Juin. C’était un moment magique et inoubliable qui nous permettra de dire que nous avons vu les Rocheuses en été et en hiver, en l’espace d’une nuit. Le glacier Athabasca n’en était que plus majestueux sous cette épaisse couche de neige et les routes donnaient l’impression de rejoindre le Pôle Nord.

MERCI L’ALBERTA pour ces deux merveilleuses semaines que tu nous as permis de vivre.

C’est avec un énorme sourire d’enfant heureux que nous te quittons, pour qui sait, mieux revenir !

Coup de foudre pour le Saskatchewan !

 

  • Deuxième étape de notre road-trip estival.

C’était un voyage qu’on attendait depuis longtemps…la traversée du Saskatchewan!

Bizarrement , quand la plupart des gens ont tendance à me recommander un endroit à visiter ou au contraire, un endroit à éviter, je me méfie. Non pas parce que je ne leur fait pas confiance mais parce que mes goûts divergent énormément de la moyenne. En France par exemple, on m’avait dit beaucoup de bien de villes comme Nantes et Grenoble, pourtant ce sont des villes que j’ai très moyennement appréciées. Alors, lorsque plusieurs personnes ont essayé de nous dissuader de nous arrêter dans le Saskatchewan ça m’a fait sourire, parce que je savais d’avance qu’il y aurait de grandes chances pour que cet endroit me plaise énormément. Pourtant, ce n’était pas gagné! Même dans les guides touristiques, le Saskatchewan est dépeint comme le vilain grenier agricole du Canada, où personne ne veut s’aventurer.

Rien n’est fait pour vous donner véritablement envie de vous y arrêter. Dans mon guide Ulysse, seulement 15 pages sont dédiées à la découverte de cette province boudée, contre les 100 pages concernant la Colombie-Britannique. Plus de la moitié de ces pages concernent les deux villes principales: Regina et Saskatoon et l’une de ses activités les plus lucratives: les tunnels de Moose Jaws (une reconstitution d’un moment phare de la prohibition en Amérique du Nord animée par des comédiens); quant au reste de cet immense territoire, très peu de crédit lui est attribué.

Concernant mon guide Lonely Planet de 2002 (je vous en parlais dans mon précédent article) c’est encore pire. Il n’était pas rare de tomber sur des descriptions du type : « cette petite ville a été très importante à telle époque pour telle communauté, mais aujourd’hui, il s’agit juste d’une ville sans intérêt.» Je veux bien excuser Lonely Planet pour cette fois, en espérant que 15 éditions plus tard, ils se soient mis à jour sur le sujet et donne davantage envie de venir dans cette province.

Ce n’est donc pas grâce aux guides touristiques que nous avons découvert cette province, mais grâce à de nombreuses recherches sur internet.

  • Expérimenter l’immensité.

Si je devais résumer les raisons qui ont fait du Saskatchewan notre coup de cœur en quelques mots, je dirais que cela tient surtout à une expérience inédite pour ma part, celle de l’immensité ! En Europe il y a des champs partout et pourtant l’horizon s’arrête toujours à un point donné : une maison, une usine, une autoroute. Le territoire est morcelé mais ne s’étend jamais vraiment à perte de vue sur un angle de 360°. Au Saskatchewan, si. L’horizon est sans fin, sans obstruction aucune. L’immensité s’accompagne d’un sentiment de puissance et de grandeur de la nature humaine : des milliers de km façonnés par l’homme, à la force de ses mains. Comme beaucoup d’endroits au Canada, celui-ci sent particulièrement la sueur (c’est une image hein!) la force et la rigueur. Pourtant les gens d’ici ont l’air calme et serein, peut-être parce-que nous sommes arrivés au bon moment de l’année, car il paraît que c’est là où se trouvent les pires hivers du Canada, à cause du vent qui s’infiltre sur les prairies gelées. J’ai aussi entendu dire que de vivre dans un environnement à l’horizon dégagé participait grandement au bonheur de ses habitants. En ce sens, on comprend d’ailleurs beaucoup mieux pourquoi les gens des villes sont beaucoup plus enclins à la dépression, de même pour les habitants des forêts sans fin du Manitoba que nous avons côtoyés l’hiver dernier.

C’est une émotion étrange, difficilement définissable. L’immensité rend libre, ou du moins contribue à nous donner l’impression de l’être.

  • Les trésors cachés du Saskatchewan.

Les villages abandonnés.

S’il y a bien une chose que nous avons adoré dans le Saskatchewan ce sont les lieux abandonnées, il y en avait pour tous les gouts : églises, maisons et même villages. Il suffit d’ouvrir les yeux, tout au long des petites routes, et qui sait, peut-être trouverez vous une petite pépite pour passer la nuit !

Le lac Diefenbaker.

L’autre grande merveille du Saskatchewan est le lac Diefenbaker. 225Km de long, 66m de fond à certain endroits. Vous trouvez cela incroyable comme taille pour un lac ? C’est normal puisqu’il s’agit d’un lac artificiel de l’Est à l’Ouest, les petites villes (disons plutôt villages) sont super mignons pour passer une après-midi tranquille au bord de l’eau.

Plus à l’Ouest, si vous n’avez pas peur de vous aventurer en dehors des sentiers battus, non loin de Beechy, vous trouverez un endroit bien caché pour randonner, pique-niquer et dormir. Dunes de sable et collines verdoyantes à perte de vue. Aucune âme humaine, ni construction à l’horizon. Silence et volupté assurés !

Saskatoon, une ville un brin énigmatique.

Notre route a également croisé le chemin de Saskatoon, une ville dont je n’avais jamais entendu parler avant d’arriver au Canada. Ce n’est pas la capitale du Saskatchewan (il s’agit de Régina). C’est dans cette ville que nous avons croisé les premières terrasses canadiennes de l’été, il n’en fallait pas plus pour nous rendre heureux. Nous avons particulièrement aimé le calme, et la non-odeur omniprésente de la pollution, ainsi que les espaces vert de la ville. Nous n’avons pas pris le temps de visiter des musées, même s’il y en avait quelques uns. C’est une ville que nous avons trouvé un brin étrange, avec tout un quartier à l’abandon (boutiques/restaurants fermés et immeubles en décrépitude), tandis que le reste de la ville construite à l’américaine, était constituée de malls et de zones commerciales en périphérie, alors que le centre,lui, était riche en buildings bureaucratique mais très pauvre en magasins.

Je ne dirais pas que Saskatoon est une ville à ne surtout pas rater, mais elle a le mérite de trancher nettement à côté de villes comme Quebec, Calgary ou encore Vancouver. Alors si vous avez envie de découvrir le Canada sous toutes ses facettes, Saskatoon est résolument un endroit à parcourir pour comprendre la diversité incroyable des villes de ce pays.

A très bientôt pour la suite de nos aventures en Alberta!

10 choses que j’aurais aimé savoir avant de partir en road-trip au Canada

 

10 choses que j’aurais aimé savoir avant de partir en road-trip au Canada

  1. Le camping sauvage (dans certaines provinces) tu oublieras.

La première et principale mauvaise surprise que nous avons eu durant notre road-trip d’un mois entre le Manitoba et la Colombie-Britannique c’était ça: la difficulté de faire du camping sauvage. Pour être honnête, avant de partir, nous n’avions pas prévu grand chose en dehors d’un vague itinéraire. Pour la première fois de ma vie, je voulais prendre cette résolution : ne pas tout contrôler, ne pas planifier les événements, mais simplement profiter de l’instant et voir où le vent nous mène. Cela incluait de ne prévoir aucun endroit où nous irions dormir.

En France, on se débrouillait  toujours pour trouver un endroit abandonné, une petite ruelle déserte ou une forêt pour camper. Avec l’immensité du territoire Canadien, on pensait que nous n’aurions que l’embarras du choix pour se trouver un emplacement le soir. En réalité, les choses se sont avérées bien plus compliquées que prévu…

Dans le Manitoba pour notre première nuit, nous avons eu de la chance. Nous sommes allés au Parc Provincial Hecla et comme nous étions totalement hors saison, il n’y avait que nous en dehors des locaux. Nous n’avons pas eu de problème à trouver un emplacement pour dormir, mais la nuit suivante fut notre première galère.

Nous n’avons jamais pris la Transcanadienne, toujours des petites routes car c’est souvent sur celles-ci que l’on découvre de jolis spots pour dormir. Malheureusement pour nous, du Parc d’Hecla jusqu’à Dauphin Lake, en passant par les Narrows, nous n’avons trouvé aucun emplacement, les routes étaient rectilignes, sans possibilité de se garer sur les côtés, ni de pénétrer dans une prairie ou d’avoir accès à un lac sans passer par un camping payant.

Au Saskatchewan, nous n’avons pas du tout eu de problème car la province regorge d’endroits abandonnés et il est aussi très facile de camper à côté d’un lac.

L’Alberta nous a aussi déçu de ce point de vue là. En dehors des Rocheuses où je comprends très bien la nécessité d’interdire ce genre de pratique, le reste de la province n’était pas plus conciliante pour autant. Contrairement au Manitoba, où il était techniquement impossible de camper facilement, en Alberta, les endroits pour le faire ne manquaient pas , mais des panneaux vous rappelaient alors que c’était tout bonnement illégal de planter sa tente et de stationner la nuit à certains endroits.En étant hors saison touristique, il y avait peu de chance de se faire réveiller par un policier en pleine nuit mais ce genre de contexte n’est jamais véritablement agréable.

En Colombie-Britannique, les conditions sont incroyablement plus favorables pour camper que les provinces précédentes. Il y a plus de routes, donc plus de possibilités de trouver des endroits cachés et de lieux à cet effet. Il n’empêche que dans les villes et tout principalement dans l’Okanagan Valley, il est plutôt difficile de se trouver un spot légal autre qu’un parking de supermarché, ce qui a aussi son charme.

  1. Le camping payant tu détesteras.

Force est de constater que si le Canada n’est pas super emballé par le camping sauvage, il n’en reste pas moins l’un des pays les plus performants au niveau du camping payant! C’est bien simple, il y en a partout, toutes les villes en ont un voire même 3 ou 4. Certains ont même de la place pour accueillir plus de 200 tentes/vans/camping-car sur un même terrain. C’était à la fois super impressionnant et aussi assez navrant.

En tant que française (oui on en revient toujours à ça) même si mon expérience en camping se compte sur les doigts d’une main, j’avais en tête une certaine représentation et une certaine attente du camping: un espace suffisamment grand pour poser une tente/garer sa voiture/avoir une table et encore de l’espace pour faire au moins 3 roulades consécutives ; avec des séparations végétales qui empêchent de surprendre ses voisins à moitié nus, plusieurs espaces pour prendre des douches, un espace de restauration type snack ou à défaut une petite supérette, des jeux pour les enfants et un minimum d’animation type concerts ou projections de film. Le tout pour un prix raisonnable Voilà, c’était ça mon idée du camping, et c’était ça que je pensais retrouver au Canada.

On n’y était pas du tout !

Pour avoir essayer plus d’une dizaine de camping, on s’est vite fait à l’idée que les premiers que nous avons essayé n’étaient pas des cas isolés, mais que la façon de pratiquer le camping au Canada était totalement différente de celle que nous avons en France.

Le camping canadien c’est : l’empilement efficace et sans état d’âme (un espace suffisamment grand pour poser une tente, mais parfois la voiture ne rentre pas). Et si vous tombez vraiment sur les plus économes, il se peut que vous partagiez même votre table de pique-nique avec l’emplacement voisin. La plupart des emplacements sont réservés aux détenteurs de camping-car, une pratique qui échappe encore totalement à ma compréhension. Une maison roulante aussi grande qu’un bus, ultra équipée qui ne motive absolument pas ses occupants à faire autre chose que d’y rester à l’intérieur. Le résultat d’une telle pratique ? La plupart des campings n’ayant que peu d’espaces pour les pauvres campeurs en tente et van, estime que cela ne vaut vraiment pas la peine de verser la moindre goutte de transpiration dans la construction d’espaces communs où il serait possible de s’abriter lorsqu’il pleut par exemple. Les aires de jeux pour les enfants sont inexistantes à l’exception de certains campings assez hypes, et si vous tenez à faire un barbecue, cela s’ajoutera sur votre facture finale. A 19h30, tout bon Canadien a donc fini de manger, parfois même, il dort déjà. L’avantage c’est que vous pouvez dormir sereinement, l’alcool étant interdit, personne ne viendra hurler sous votre fenêtre en pleine nuit. L’inconvénient ? Une vie de camping inexistante, et je dois dire parfois assez pesante, quand on se rendait compte que personne autour de nous ne prenait la peine de manger en extérieur. Alors que bon, si on ne fait pas de pique-nique en camping, quel est le bon moment pour en faire un ?!

S’ajoute à cela que pour un prix parfois indécent, il faudra faire avec des douches payantes qui ne fonctionnent pas ! Douches froides à gogo et douches à 20 minutes de marche de l’emplacement de camping… pourtant c’était toujours le même tarif.

La douche à pièces est d’ailleurs l’invention la plus grotesque qui soit, sous couvert d’écologie, prétendre que ce n’est pas une manière de gagner plus d’argent. Alors que l’eau coule à forte pression sans discontinuer et sans possibilité d’interrompre le flux pendant plus de 4 minutes. Mais quelle brillante idée !

  1. La malbouffe, tu aimeras.

Au départ, on était plutôt bien organisé niveau nourriture. Grâce à notre petit réchaud, on pouvait se concocter de bons petits plats qui se transformait parfois en festin : j’ai quand même réussi à faire un couscous de camping et des spaghettis bolognaises. Et puis, ça c’est gâté. Avec l’omniprésence de la pluie, nos ambitions ont été revus à la baisse. Alors la malbouffe a commencé. Un régime alimentaire composé à 50% de pâtes, 25% de chips et 25% de Mcdo. Bon marché, calorique et pratique !

L’avantage en plus d’avoir économisé de l’argent sur les légumes ? On a aussi perdu du poids ! Comme quoi… manger gras et votre corps vous remerciera.

  1. L’hygiène tu pleureras.

Je me rappelle, une de mes principales préoccupations quand je potassais sur l’idée de voyager en van était de savoir : comment survivre aux besoins fondamentaux de ma personne à savoir : faire caca et avoir ses menstrues dignement. Mes amis m’ont d’ailleurs offert : « Comment chier dans les bois », preuve que c’est finalement une préoccupation que nous partageons tous. Alors même s’il est tout à fait possible de rester propre dans un van en se lavant avec des lingettes ou une bassine. C’est un peu plus compliqué quand il s’agit de faire ses besoins alors que d’autres personnes partagent le même parking que vous. Heureusement nous avions une invention de génie avec nous (si vous n’avez pas suivi, je vous invite à relire cet article jusqu’au bout) et je peux vous dire que notre nouveau meilleur ami, nous a sauvé la vie bien plus d’une fois.

Il me reste encore a trouvé une solution pour mes cheveux un peu spéciaux qui n’ont pas vraiment survécu à un hiver canadien + à ses conditions de voyage. La plupart de mes cheveux se sont cassés en deux, ce n’est pas bien grave, mais ce n’est pas non plus esthétique. Et je ne sais pas bien encore comment réparer tous ces dommages.

  1. Pauvre, tu finiras.

Estimer un budget de voyage d’un mois dans un pays que l’on connaît peu et dans des conditions de voyage inédites n’est pas chose aisée.

La plus grosse partie de notre budget résidait dans l’essence.

Nous devions faire autour de 3500 km en 1 mois, au final l’ardoise est montée à quelques centaines d’euros supplémentaires puisque nous avons dépassé la barre des 4000km.

Quand je regarde le compteur défiler, ça m’angoisse toujours…

S’ajoutait à cela les prix des campings payants que je n’imaginais pas aussi conséquents entre 18 et 25 euros la nuit, uniquement pour un emplacement sans eau ni électricité. Les plus chers d’entre eux en profitaient même pour mettre des douches payantes non-inclus dans ce tarif.

Puis il a fallu payer l’entrée dans les Parcs Nationaux, nous avons pris un pass à l’année, ce n’est pas donné (135 dollars pour une voiture) mais au moins nous pourrons en visiter plein d’autres. Nous avons eu la chance pour certains parcs provinciaux d’arriver tard dans la nuit et de nous retrouver face à des guichets fermés… une belle économie!

Les activités au Canada sont extrêmement chers, je repense notamment aux fameuses gondolas de Banff (sorte de téléphérique qui vous emmène au sommet du Mont Sulphur) 1 minute et quelque d’ascension pour la somme de 36$ par personne. Ce que nous n’avons bien évidemment pas fait, puisque nous avons préféré nous servir de notre propre corps pour nous élever au sommet des Rocheuses.

Quant à la nourriture et aux sorties ce sont sans doute les deux points sur lesquels nous avons été les plus économes. Pour la suite de nos aventures, il nous sera même possible de varier les plaisirs et de manger autre chose que des nouilles instantanées!

  1. Car-jacker par les gangstas de la forêt tu seras.

La saison d’hibernation ayant pris fin depuis quelques temps, nous avons eu la chance d’avoir sous nos yeux un merveilleux panel de wildlife tout au long de notre voyage. Nous avons eu la visite d’un orignal au petit matin sur une aire de camping. Un majestueux cerf sur un bord de route, une dizaine d’ours tous plus mignons les uns que les autres et même un lynx, oui, oui rien que ça ! Tous les campings sont d’ailleurs hyper réglementé sur ce point là. Il ne faut pas déconner avec la wildlife. Laisser traîner ne serait-ce qu’un verre de jus de pomme sur une table et ça pourrait être un véritable carnage. Après la ruée vers l’or, la ruée vers la bouffe ! Pour nous montrer à quoi nous nous exposons si nous commettons le délit d’exhibitionnisme alimentaire, chaque camping a chacune de ses entrées met bien en évidence l’exemple d’une glacière négligée par son propriétaire qui a fini déchiquetée par un ours. On a donc bien compris la leçon, pas une seule miette de chips ne dépassait de notre van. Pourtant cela ne nous a pas empêché pour autant de nous faire attaquer par une bête à cornes en pleine nuit. Plutôt rusée car à demi-éveillée, j’ai quand même pu remarquer que l’affreuse créature avait essayé d’ouvrir la portière avec ses bois. Après plusieurs secousses désespérées, serait-ce l’odeur de nos pieds qui était l’objet d’un tel acte de vandalisme ?! Le gangster d’orignal a cédé et poursuivi son chemin. Heureusement que ce genre d’animal ne se déplace pas en meute, vous imaginez les dégâts ?!

Wikicamp deviendra ton pire ennemi.

Ah, Wikicamp! L’application de tout road-triper accompli! Wikicamp est mieux que n’importe quel guide touristique (cf: partie 8 à lire ci-dessous), pourquoi? Parce-que cette merveilleuse application vous montre tous les endroits pour camper qui se situent autour de vous après vous avoir géo-localisé. Elle permet de filtrer votre recherche et de pouvoir uniquement sélectionner des emplacements gratuits par exemple. Chaque utilisateur peut noter ces spots ou en créer un nouveau lui-même. Si pour vous prendre une douche n’est pas une nécessité absolue, vous pourrez donc voguer sans crainte de spot gratuit en spot gratuit. Je ne vais as le nier Wikicamp nous a fait découvrir de très chouettes endroits et nous a emmené sur des routes où nous ne nous serions pas aventurées autrement. Pour autant, Wikicamp est aussi très rapidement devenu mon pire ennemi… La fatigue n’aidant pas, il nous est arrivé un nombre incalculables de fois d’arriver sur un emplacement indiqué et de s’apercevoir une fois sur place qu’il n’y avait rien d’autre qu’une rangée de buissons et d’orties. Ça n’étonnera personne, mais il n’y a rien de plus énervant que de gaspiller de l’énergie et du carburant pour aller nulle part. D’autre fois, il nous est arrivé de tomber sur un terrain agréable muni de toilettes extérieurs, et nous avions l’incroyable surprise de découvrir qu’ils étaient souillés de merde humaine du fond de la cuvette jusque sur le couvercle de la lunette, voire même autour. Le retour à la nature rendrait-il les campeurs incapables de se servir d’un WC ?!

  1. Des guides touristiques tu te méfieras.

Oui bon, d’accord… Je dois vous avouer une chose. J’ai eu la brillante idée d’amener avec moi un guide touristique sur la Canada aussi gros qu’un dictionnaire, je l’avais acheté il y a 3 ans de ça dans une brocante pour la modique somme de 2euros puisqu’il s’agissait d’une édition de 2002. L’avantage c’est que c’est un guide vraiment détaillé, l’inconvénient c’est qu’il n’est absolument pas à jour et que certains endroits n’existaient plus, et les tarifs indiqués étaient totalement désuets. Le meilleur exemple est sans doute celui des gondolas de Banff (encore une fois!) qui coûtaient il y a 15 ans, 10 dollars la montée tandis que la descente elle, était gratuite, aujourd’hui l’allée comme le retour est payant et l’addition est très salée, plus du triple ! Ou bien encore, le prix de la plupart des campings qui ont été multiplié par 2, en 2002 la plupart d’entre eux coûtaient entre 10 et 15 dollars. (Merci la mondialisation!) Mon superbe guide nous a aussi emmené à de nombreuses reprises dans des lieux qui étaient anciennement plein de charme et qui 15 ans plus tard donnaient l’impression d’avoir été laissé à l’abandon, où seuls des magasins de déambulateurs étaient encore en service. Il y a aussi ces endroits qui jadis étaient un pari touristique, et qui par faute de touristes ont fermé boutique, les stations essences y compris. Moralité : essayer toujours de prendre un guide actualisé.

  1. Des randonnées tu te méfieras.

J’adore marcher. C’est important de le préciser car cela est étrangement paradoxal avec ce qui va suivre : je déteste les randonnées. Il y a quelque chose de très scolaire qui me déplaît avec les randonnées, celui de suivre un chemin tout tracé et de le partager simultanément avec des centaines d’autres personnes qui font exactement la même chose. Si les randonnées sont dans lieux un peu exotiques avec une histoire intéressante je me laisse volontiers tenter, mais si c’est uniquement pour la performance alors là, j’ai du mal ! Pendant notre road-trip on s’est essayé à la randonnée à de nombreuses reprises dans les Rocheuses et à chaque fois j’ai eu du mal à comprendre pourquoi s’infliger ça ! Au sommet la vue était certes grandiose mais je me sentais incapable de ressentir la moindre satisfaction par rapport à l’effort que je venais de fournir. J’éprouvais plutôt de la haine pour ceux dont le travail était de baliser le sentier. Combien de fois s’est on retrouvé sur un sentier qui indiquait circuit de 4km, où nous réalisions après plus de 4h de marche que nous avions du rater une balise sur la piste…Je déplorais aussi le manque d’explication sur les paysages et la faune qui nous entouraient dans un milieu aussi protégé que les Rocheuses. Bref, j’étais déçue. Les seules randonnées que j’ai véritablement adorées étaient les plus touristique, il y avait beaucoup trop de monde (et oui déjà au mois de juin) mais les paysages en valaient le détour !

  1. Même en été des bottes fourrées et ton ciré tu prendras et si tu tiens à la vie, l’antimoustique tu n’oublieras pas.

Le Canada est un pays météorologiquement instable. Bien plus que la Bretagne ! Après avoir suivi une amplitude thermique de 80° entre avril et juin (on a connu un -40 degrés en hiver et nous subissons actuellement un 40° à l’ombre). On aurait pu deviner que le Canada nous réservait bien des surprises sur ce point à, mais honnêtement, je ne m’attendais pas à voir autant de pluie sur la route et même de la neige en plein été, de même pour les températures d’un jour à l’autre. Un équipement pour toutes ces variations s’imposait autant du point de vue vestimentaire que de l’équipement à l’intérieur du van. J’ai regretté de ne pas avoir de vêtement imperméable et puis finalement j’ai craqué pour le plus beau des ponchos lors de notre dernière semaine sur la route où bizarrement il ne pleuvait plus !

Quant aux moustiques, que dire ?! Pourquoi n’y a t-il pas une d’extermination massive de ces êtres abominables ? Je vous écris avec actuellement une centaine de piqûres sur tout le corps. C’est insupportable et il me tarde de retrouver la pollution des villes pour ne plus à voir à faire avec ces créatures venus tout droit de l’enfer. C’est dire… l’hiver me manquerait presque !

Revenez bientôt,un article sur le Saskatchewan se prépare !

A très vite !

Trois mois dans l’Ontario//Manitoba

J’avais écrit cet article il y a des semaines, je n’avais plus qu’à le poster avant de nous lancer dans notre road-trip et vous auriez eu de quoi lire en attendant le récit palpitant de notre mois passé sur la route… Mais le destin en a voulu autrement, en essayant d’ouvrir mon document Word, l’article était devenu illisible. Comme je ne crois pas aux hasards, je me dis que c’est sans doute parce que la première version de cet article était un peu trop sévère. Avec un peu de recul sur tout ce que nous avons vécu là-bas, je vais tenter de réécrire cet article avec un peu plus de demi-mesure.

Ontario-Manitoba, la diagonale du vide

Que je vous situe un peu les choses…

Nous sommes arrivés dans le Manitoba au début du mois de Mars, après avoir traversé tout l’Est du Canada depuis Terre-Neuve. Un peu plus de 3500 km au total. Il faisait froid, très froid et les routes que nous avons empruntées étaient à peine visibles sous les monticules de neige. La température moyenne tournait autour de -25 degrés bien que le jour où nous sommes arrivés, il y avait une tempête de neige avec un ressenti bien sympathique de -40 degrés, ce qui avait amené les autorités à fermer les routes autour de Winnipeg (la capitale du Manitoba). Bref, c’était le moment propice pour un voyage au coeur du Canada !

Ce qui nous a permis d’affronter les éléments qui s’élevaient contre nous? L’habitude des déconvenues que nous avons eu sur le chemin, tout particulièrement lors de notre traversée de l’Ontario.

L’Ontario reste jusqu’à présent le souvenir le plus mauvais que je garde de notre voyage à travers le Canada. Beaucoup d’entre vous objecteront sans doute en disant que: 1) j’exagère, 2) c’est pas si affreux quand même, faut pas déconner !

Ne perdez surtout pas le contexte des yeux: mois de mars = conditions hivernales affreuses.

A cette période de l’année, il est bien entendu que tout, absolument TOUT est fermé. Les commerces le long de la route, les lieux touristiques et même les motels. Les seuls à rester ouverts sont : les stations essences, les fast-food et les chaines hôtelières tout droit sorties des années 80, jamais rafraichies depuis, mais qui coûtent quand même une fortune.

Ajoutons à cela que la Transcanadienne (route principale, voire l’unique à cette période de l’année pour traverser cette province) ne passe pas par le Sud donc ni par Toronto ou Kingston. Elle commence à Ottawa pour monter progressivement et se perdre dans le Nord de l’Ontario. Là-bas, les principales villes sont Thunder Bay, Salt Sainte Marie ou encore Petawawa… ces noms ne vous disent rien? C’est normal, il ne s’y passe pas grand chose mais ses habitants y sont adorables pour ceux que nous y avons rencontrés. Ces villes sont séparées par une distance moyenne de 800km. L’Ontario est la province la plus étalée du Canada, il nous aura fallu pas moins de 4 jours pour en venir à bout (soit une traversée plus longue que les provinces de Québec/New-Brunswick et Nova Scotia réunies!) Et entre ces grandes villes que je vous ai citées précédemment, c’est le vide! Rien. Pas même une station service. Parfois quelques villages de 300 habitants, sans aucun commerce ni âme qui vive au dehors. Notre principale attraction durant cette route était le lac Supérieur, une immensité et une beauté figée par la glace. Voilà, c’était tout.

(oui ceci est un lac)

Notre expérience de l’Ontario ne s’arrête pas là puisque nous y venions régulièrement par la suite pour y faire nos courses dans la ville de Kenora, à quelques kilomètres de la frontière avec le Manitoba. J’en ai parlé brièvement dans mon précédent article mais c’est une ville qui, l’hiver, donne le bourdon. Les rues y sont désertes et les seules personnes que nous avons croisées étaient des Premières Nations en perte totale de repères, pour la plupart sous l’effet de la drogue ou de la boisson. Les commerces ne sont pas spécialement accueillants mais chaque commerçant vous soutiendra qu’il s’agit de l’un des plus beaux endroits du Canada (ce qui n’était pas du tout pour me rassurer). Quand les beaux jours sont revenus, Kenora n’avait plus du tout la même apparence… tout d’un coup, la ville a repris vie grâce au Lake of The Woods et ses 1001 îles, très convoitées par les plaisanciers qui se pressent là par centaines en bateau pour rejoindre leur îles privée.

De l’Ontario, nous n’aurons expérimentés que cet aspect là, peut-être changerais-je un jour d’avis concernant cette province si nous y revenons pendant les beaux jours, ou si nous allons découvrir le sud.

Manitoba, the pursuit of loneliness

Venons-en à présent au vif du sujet: la vie au Manitoba durant 3 mois.

C’est drôle, cela faisait quelques jours que nous étions arrivés et j’étais tombée sur ce livre : The Pursuit of Loneliness, rien à voir avec le Canada. C’était un livre critique et sociologique autour de l’ère de l’individualisme aux Etats-Unis, un sujet en total opposition avec l’expérience communautaire que nous vivions dans notre volontariat. Et pourtant, je trouvais que le titre s’accordait tout aussi bien à cette dernière.

Jusqu’à l’arrivée de l’été, c’est à dire deux semaines avant notre départ du Manitoba, nous avons vécu dans l’isolement le plus total avec une station essence et un dépanneur à plus de 10km. Aucun café, aucun restaurant, aucun magasin, aucune distraction en dehors d’un lac gigantesque gelé et des pistes de randonnée enneigées. Pourtant vivaient là plus d’une centaine de personnes à l’année qui n’avaient pas l’air dérangés le moins du monde de passer tout un hiver chez eux au coin du feu. Et même si ce n’était pas trop dur de nous occuper pendant trois mois, je ne peux m’empêcher d’imaginer comment faire pendant toute une vie?!

Falcon Lake a beau être un endroit magnifique où nous avons pu passer de très bon moments, ce n’est pas un cas isolé en la matière dans le Manitoba. Des endroits supposés bien plus touristes comme le Parc Provincial d’Hecla ou encore Dauphin Lake m’ont procuré exactement la même sensation.

Winnipeg, mon amour

Je me rappelle de ce film, je l’ai vu il y a 8 ans. Winnipeg, mon amour. Je me rappelle aussi d’être sortie de la salle de projection et d’avoir dit mot pour mot : «eh bien, c’est pas demain que j’irais foutre les pieds à Winnipeg ». C’était pas le lendemain, n’empêche que j’y suis quand même allée, 8 ans plus tard. NE JAMAIS DIRE JAMAIS.

Et que dire de Winnipeg ?

En hiver, c’est une ville aussi sombre que dans le film. Ceci est sans doute dû à son architecture informe anti-contemporaine car coincée dans les années 70-80 (le meilleur du pire de l’architecture moderne, mais ça n’engage que moi) et à ses petits problèmes de puanteur (je ne sais pas où on en est niveau pollution, mais il faudrait peut-être s’inquiéter.) Ce qui avait malgré tout le chic de la rendre incroyablement cinématographique.

J’ai détesté Winnipeg.

Je n’ai rien compris à Winnipeg et à son côté not tourist friendly avec ses cafés qui ferment à 17h et ses musées à 16h.

Et puis j’ai commencé à apprécier Winnipeg pour son métissage incroyable de cultures ses infrastructures toutes récentes qui laissent imaginer que la ville deviendra sans doute l’une des future place to be au Canada dans quelques années. J’ai adoré voir la place qui était faite à l’art et la culture dans cette ville, ce qui n’est pas le lot de toutes les grandes villes canadiennes.

J’ai commencé à apprécier Winnipeg et puis il a fallu partir…

Alors même si je n’irais pas jusqu’à chanter avec un enthousiasme démesuré le refrain de Julien Doré « I want to go to Winnipeg with you », je pense tout de même que Winnipeg vaut la peine qu’on s’y arrête plus longtemps que le temps d’un week-end.

Alone, TOGETHer

Alors oui, le bilan de ces trois mois dans le Manitoba est assez mitigé et ce n’est pas plus mal car il nous permet d’apprécier davantage d’avoir repris la route et de voguer vers des territoires qui nous ressemblent davantage. Les forêts du Manitoba avaient beau être magnifiques, elles ajoutent une dimension encore plus saisissante à la solitude.

Une solitude qui n’est pas uniquement négative puisqu’elle nous aura permis de prendre du temps pour nous, ce qui est quelque chose de très précieux durant un voyage comme celui-ci (nous avons entamé notre 7e mois sur le territoire et ce n’est pas rien!) et tous les volontariats ne permettent pas d’avoir autant de temps libre pour faire ce que nous avons envie de faire !

A très vite pour le prochain article sur notre mois passé sur la route du Saskatchewan à la Colombie-Britannique !

Quatrième volontariat dans le Manitoba.

Le récit de ce quatrième volontariat est un peu spécial.

Il y a 5 ans, je savais déjà que je voulais prendre une année à la fin de mes études pour faire quelque chose de totalement différent. Je ne savais pas encore tout à fait où, encore moins quand et certainement pas quoi.

Un PVT au Canada ? C’était très attirant, mais je n’étais pas totalement convaincue.

A force de traîner sur des blogs en tout genre, je suis tombée sur celui de Lætitia(Routes Parallèles) et celui d’Ann (Anolalemag) qui étaient en pleine aventure sur cet immense territoire. Après avoir suivi avec passion ces deux récits de voyage, je n’avais plus de doute.

Le point commun entre ces deux blogs et le lieu même où je me trouve pour écrire cet article: le Falcon Trails Resort. Sans ces deux blogs, je n’aurais jamais entendu parler de cet endroit, et je n’aurai sans doute jamais passé trois mois de ma vie dans le Manitoba. C’est donc grâce à ses auteures que je remercie chaudement, si nous sommes parvenus jusqu’ici…et quelle aventure!

Une des cabines dont nous nous occupions.

Je rêvais donc secrètement de cet endroit pendant plusieurs années, pensant que peut-être, un jour, je pourrais moi aussi y travailler pendant un temps.

Quelques mois avant notre grand départ pour le Canada, j’ai donc tenté ma chance. J’ai envoyé un mail à Barb, la propriétaire du Falcon Trails Resort en lui expliquant toutes les raisons de ma motivation à aller me perdre au fin fond des forêts du Manitoba pour m’engager dans un tel volontariat. La réponse ne s’est pas faite attendre, avec un enthousiasme incroyable, Barb m’a répondu quelque chose comme «avec grand plaisir!»

Le soucis c’est que nous arrivions à Montréal, que nous n’avions pas de voiture et ne pouvions pas estimer combien de temps cela nous prendrait d’en avoir une. Entre temps nous avions programmé d’autres volontariats beaucoup moins lointain et il m’était alors impossible de fixer une date d’arrivée. Nos échanges se tarirent et j’oubliais même pendant un temps que je l’avais contacté, trop préoccupée par tout ce que nous vivions au quotidien.

Et puis, par un jour de janvier pluvieux alors que nous agonisions dans notre premier volontariat à Québec, Barb me recontacta pour me demander si nous pouvions venir au mois de Mars. Nous n’avions à l’époque ni voiture, ni la moindre idée de ce que nous ferions entre ce jour là et le mois de Mars, mais nous nous sommes précipités sur cette proposition. Nous y serions allés en stop s’il le fallait! Tout ce que j’espérais d’un volontariat n’avait été que déception absolue à l’endroit où nous nous trouvions, et le simple fait d’avoir cet hôte à l’autre bout du Canada qui se rappelait de nos messages échangés quelques 4 mois plus tôt me redonnait soudainement espoir.

Je vous passe les détails de notre arrivée, ainsi que la description de ce lieu si exceptionnel où nous avons travaillé durant ces trois mois, et vous propose plutôt de le voir en images.

Par où commencer?

5 Mars 2018

Arrivée à Falcon Lake.
Sortir de la Transcanadienne, celle-là même qui a été notre principal compagnon et notre principale source de divertissement pendant ces quelques 3000 kilomètres parcours depuis Terre-Neuve. Emprunter une route non goudronnée, s’enfoncer à vive allure dans la forêt à la nuit tombante, sillonner pendant plusieurs dizaines de minutes.

Arrivée chez Barb.
Elle nous accueille entourée de trois gros chiens. Une pancarte «Barefoot Friendly» se tient devant la porte d’entrée. De l’autre côté, il y a Craig, le mari de Barb qui se trouve justement pieds nus par -20 degrés.
Quelques pas plus tard, l’émerveillement commence dans le salon de nos hôtes. Le genre de maison que je ne vois que dans mes rêves, se dessine devant mes yeux, je suis ébahie. Barb et son mari étaient charpentiers avant de prendre leur retraite, ils ont construit leur maison eux mêmes, ainsi que toutes les cabines et toutes les structures du Falcon Trail Resort.

Le voyage était épuisant, je suis ébahie, je suis perdue, je ne dis pas un mot.

Il y a à côté de nous des gens très étranges.
Un garçon du nom de Rob qui semble surexcité de vivre et qui nous invite à l’événement de l’année : une célébration du soleil sur une piste de snow. Je lui explique que je ne suis jamais allée au ski de toute ma vie, il me répond que c’est le moment idéal! Et puis il y a Ben, un garçon super grand, super carré, super fin. Il me fait penser à mon frère, il est charpentier et Mennonite. Je ne comprends pas qui ils sont.
Plus le temps passe et plus il y a de gens qui arrivent dans le salon. On finit par comprendre que leur point commun et qu’ils travaillent tous d’une manière ou d’une autre pour le resort et qu’ils s’entendent bien mieux qu’une vraie famille.

 

 

6 Mars 2018

J’aurai bien passé ma journée à dormir, récupérer des courtes nuits que nous avons passé précédemment. Je suis toujours autant perdue. Ce décor, ces gens, ce rythme de vie, n’a absolument aucun point commun avec ce que nous avons vécu à Terre-Neuve.

Le soir, nous sommes conviés à un concert à domicile. C’est bien la première fois que nous en voyons un. Un couple de musicien folk se retrouvent dans notre salon, Clarke & Betsie. Tout comme nous, ils viennent de loin, de Kansas City pour être tout à fait exact. Quel étrange hasard que nos vies se croisent dans un endroit aussi reculé de tout. En les voyant, je me rappelle pourquoi j’aime tant les américains. Ils sont remplis d’ondes positives, posent plein de questions, s’émerveillent de tout et nous parle de leur métier à sillonner les villes pour partager leur amour de la musique folk. C’est un petit concert avec une vingtaine d’invités. Les invités sont pris d’une soudaine fièvre et se mettent tous à chanter, attraper ce qu’ils peuvent dans la maison pour en faire un instrument et rejoindre les deux compères en rythme. Il y en à un au fond du salon qui a attrapé un carton pour en faire une boite à rythme et sa voisine est en folie avec une paire de cueillières. Le spectacle est assez fou à voir. Les invités ne veulent pas partir, chaque fois que la musique s’arrête, quelqu’un propose une nouvelle chanson. Il est 2h du matin quand tout le monde s’en va. A contre coeur mais il le fallait bien!

 

 

10 Mars 2018

L’événement de l’année est arrivé, la célébration du soleil sur les pistes de ski à lieu ce jour.
Si je reste dubitative face à tant d’excitation, je ne suis pas en reste non plus, puisqu’il s’agit de ma première fois sur des skis. Après nos premiers jours de travail, nous voilà invités à descendre les pistes du Falcon Lake. Mon copain me dit que ça ne devrait pas être trop compliqué pour moi puisque les pistes n’ont rien de vertigineuses (c’est le Manitoba, pas les Rocheuses!). C’est tout de même suffisant pour que je reste accrochée en haut de la piste à un lampadère en criant «JE VEUX PAS DESCENDRE » telle Josiane Balasko en perdition. L’abruti d’adolescent qui gardait la remontée mécanique en bas de la piste n’ absolument aucune pitié à mon égard, puisqu’en essayant d’attraper cet objet de torture, j’en ai perdu mes bâtons de ski, ce qu’il a bien évidemment trouvé très drôle de ne pas me redonner. J’ai du mettre à peu près une heure à me plaindre en haut de la piste et à ne pas descendre. Une fois la première descente de faite, ça allait beaucoup mieux.

Pas assez malheureusement pour participer à l’événement de l’année qui était en réalité tout un circuit à bosses et obstacles en snowboard. J’éprouve encore en écrivant ces mots une gratitude absolue envers mes hôtes qui nous ont offert cette journée, et envers mon copain pour sa patience et son amour inconditionnel même dans les situations où je suis totalement exécrable.

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