C’était pas du tout prévu… Il y a un an, si on m’avait dit que j’achèterai une camionnette pour l’aménager quelques mois plus tard, j’aurai dit: «bah voyons donc, ça n’a pas de bon sens tout cé» avec l’accent québécois bien sûr! Pourquoi s’infliger autant de stress au lieu d’acheter un van déjà tout aménagé?!…Lire la suite de « Construire une maison sur roues en 10 étapes ! »

En Avril, j’ai tout de même réussi à faire autre chose que d’être simplement fatiguée.

Après avoir longuement attendu l’arrivée du Printemps, je me suis faite à l’idée que peut-être, il ne viendrait pas.

Je me suis découverte d’un fil, je ne porte plus mon manteau c’est terminé, c’est ma manière à moi de lutter contre le froid. Ici, il fait toujours entre -10 et 5 degrés, le vent se lève et la glace sur le lac craque tous les soirs. Elle aussi ne supporte plus les variations de températures, comme ma peau qui s’est remise à peler, je crois bien que je n’ai jamais eu un teint aussi blanc de ma vie. Alors il n’y a rien de mieux à faire que de se fortifier l’esprit et se remonter le moral en nourrissant un peu son cerveau.

Ce mois-ci était riche en découvertes. J’ai pu prendre le temps de comprendre un peu mieux la psychologie des tueurs en série, je me suis remise à m’intéresser à Freud et son interprétation des rêves, je me suis replongée dans la psychose de Norman Bates.

Je me suis intéressée à ces choses qu’on n’aimerait mieux ne jamais savoir, comme par exemple: l’autodestruction du corps*.

Je ne me suis jamais demandée ce que je deviendrai une fois que mon cœur aurait arrêté de battre. Je veux dire, physiquement parlant.

C’est à la fois macabre et rassurant d’y voir désormais un peu plus clair. Et comme je suis d’humeur généreuse, je veux bien vous expliquer ce que j’en ai retenu.

Une fois mort, vous allez vous auto-détruire en plusieurs étapes. Cette autodestruction s’explique par la dégradation des lipides et des glucides. Votre peau prendra une apparence marbrée, et vos veines que vous n’êtes pas habitués à admirer sur votre peau, s’exprimeront de toute leur beauté en un magnifique tatouage sur l’intégralité de votre corps. Viendra ensuite la décomposition organique proprement dite, qui provient de la flore bactérienne hébergée par les intestins. Elle débutera par le colon et s’étendra à l’abdomen où des taches vertes correspondant à la dégradation des pigments biliaires apparaîtront. Cette coloration verdâtre se répandra ensuite sur tout votre corps avant d’atteindre les extrémités, qui elles résistent plus longtemps. Vos tissus et organes deviendront beaucoup plus fluides. Je vous épargne tous les détails vraiment sordides de putréfaction et décompositions progressives de votre apparence extérieure. Mais dites-vous bien que si le simple mot de putréfaction vous dégoûte, il y en a pour qui l’odeur est un véritable délice. Je ne fait pas référence aux tueurs en série, rassurez-vous, non, je vous parle des insectes. Volants ou rampants, quand vous aurez désertez votre corps, c’est eux qui viendront l’habiter. Dit ainsi, je vous l’accorde, c’est effrayant, on n’a pas vraiment envie de savoir ça pour passer une bonne journée. Mais c’est peut-être le moment de remettre en question votre rapport aux insectes et de les affectionner davantage, puisqu’ils feront sans doute un jour parti de vous. On en distingue quatre catégories (et c’est là encore un parallèle très étrange avec mon étude des tueurs en série): les nécrophages qui se nourrissent de la viande putréfiée, les nécrophiles qui se nourrissent des nécrophages, les omnivores qui se nourrissent à la fois des nécrophiles et du cadavre et puis, les opportunistes qui comme certaines araignées se servent du cadavre comme refuge. (J’ai toujours détesté les opportunistes, voilà sans doute pourquoi je déteste aussi les araignées.) Ces quatre catégories se répartissent elles-mêmes en huit escouades : toutes prêtes à entrer en scène au rythme des modifications du substrat nourricier dont elles activent la dégradation. La première escouade composée essentiellement de diptères, mouches bleues pondant leurs larves dans les plis humides et les blessures, intervient au moment même où un sujet donné bascule de vie à trépas. La deuxième escouade constituée par les Sarcophagidae, carnivores alléchés par la décomposition des matières fécales, se nourrit directement de la charogne. La fermentation des graisses et des matières protéiques attire ensuite la troisième escouade, coléoptères et lépidoptères qui se partagent le travail entre la ponte et la dévoration des chairs. Quatrième, cinquième et sixièmes escouades profitent des différentes humeurs du corps jusqu’à son dessèchement. Enfin, les Dermestidae et Tineidae racleront les tendons et les ligaments avant que les Tenebrionidae et Ptinidae n’éliminent les restes des escouades précédentes,  larves, chrysalides et insectes morts. Mouches, papillons, coléoptères, acariens, scarabées noirs et rouges s’installent dans les corps humains. Ils pondent, mangent se reproduisent, se métamorphose. Ainsi, de la mort vient la vie et même si le procédé n’est pas très glamour, je trouve que c’est assez rassurant de se dire que bien qu’on ne sache toujours pas ce que devient l’âme après la mort, le corps lui, se détruit pour vivre ailleurs et cela est certain. Je sens que vous êtes désormais impatients que je vous parle de la réincarnation. Oh, mais cet article est déjà bien trop long !

Le plus beau cimetière Canadien, quelque part à Terre-Neuve.

Dans la même veine, j’ai aussi pris le temps d’écouter de belles pépites radiophoniques, dont le témoignage d’un ancien directeur RH parlant de ses pratiques et du management des grandes entreprises. Un schéma en parfaite adéquation avec l’imagerie de la chaîne alimentaire, en perpétuel recherche du maillon faible et de la façon la plus efficace pour rendre toute tentative de résistance impossible et chaque employé impuissant. Après moult réflexions et méditations sur le sujet, je me suis rendue compte que malgré tout le mal que j’ai pu dire et voir dans ce système, j’étais encore loin du compte…

J’ai vu un documentaire sur le Minimalisme (merci Netflix) et même si je me demande encore pourquoi en 2018, les documentaires américains continuent de ressembler à des publicités d’1h30 pour une pilule magique qui vendrait le bonheur absolu, il y avait tout de même quelques chouettes mises en scène dans ce docu. Le sujet donne beaucoup à réfléchir, et je reviendrai sans doute dessus.

Avril aura donc été sans conteste le mois le plus froid, le plus long et également celui où je me serais plainte le plus (on ne se refait pas !)

Et voilà que le 30 Avril, les températures s’affolent. La neige a disparu, la glace du lac fond à petit feu et les premiers moustiques font leur apparition.

Déjà 6 piqures en une seule journée, en voilà qui ne m’avaient pas manqué !

Au revoir l’hiver, ne te presse pas trop pour revenir ! XoXo

Promis pour le prochain article je vous en dirais plus sur ce qu’on a fait en cette fin d’hiver et où le printemps nous mène! A très vite !

* Si cet exquis passage sur l’autodestruction du corps vous intéresse, je vous invite à vous plonger dans Mécanismes de survie en milieu hostile, le livre très étrange d’Olivia Rosenthal.

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  Un mois déjà. Il y a un mois nous quittions notre troisième volontariat à Terre-Neuve. Le temps file, les kilomètres aussi, mais je n’ai pas oublié un instant de ce volontariat placé sous le signe de l’immersion en terre-inconnue, pas seulement géographiquement, mais bel et bien à tous les niveaux. Un proverbe que j’ai…Lire la suite de « PVT CANADA – TROISIÈME VOLONTARIAT in NEWFOUNDLAND ❤❤❤ »

  Je suis :   la première province à avoir répondu à l’appel de détresse du Titanic la première province à avoir testé le vaccin contre la variole la première province à avoir opéré une communication sans fil outre Atlantique par télégramme la première province à avoir construit une rue, puis une ville en Amérique…Lire la suite de « IMMERSION EN TERRE ̷i̷n̷c̷o̷n̷n̷u̷e̷-NEUVE »

          15 Janvier 2018 Arrivée à la ferme, notre deuxième volontariat toujours au Québec mais plus au Sud cette fois-ci, non loin de Sherbrooke, la quatrième grande ville de la province.     Minuit passé. La journée a été longue et stressante. Dans cette même journée, nous avons acheté notre van…Lire la suite de « PVT CANADA – Deuxième Volontariat à la ferme ❤ »

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Voilà une grosse étape de passée ! Il y a quelques jours, la famille s’est agrandie d’un très gros bébé : Gordon, un robuste Ford Econoline. L’achat d’une van (eh oui, ici c’est au féminin) était l’une de mes plus grosses préocuppations depuis notre arrivée. Les distances étant affreusement longues ici-bas et à moins de vivre…Lire la suite de « ACHETER UNE VAN AU QUEBEC »