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Bloqués à l’aéroport pendant plus de 35h : comment mal commencer un voyage.

Chroniques Mexicaines

PARTIE 1

Si on m’avait dit que je prendrai un avion en plein mois de janvier pour me rendre au Mexique de mon propre chef il y a quelques années de ça, je ne l’aurai sans doute pas cru.

Pendant longtemps, le Mexique ne me donnait pas du tout, mais alors pas du tout envie. J’avais passé une bonne partie de mon été 2015 à lire l’énorme pavé de Roberto Bolano, (que je dois toujours terminer), hautement inspiré de Ciudad Juarez, aka la ville au plus haut taux de féminicide au monde, entre la corruption omniprésente, la violence, et les disparitions inquiétantes, merci mais non merci.

Bien sur le Mexique m’inspirait aussi les plages paradisiaques aperçues dans l’ile de la tentation, les couleurs et la chaleur des tableaux de Frida Kahlo, et le charme des ruines mayas. Ce qui n’était malheureusement pas suffisant pour mettre ce pays sur la liste de ceux que je tenais vraiment à visiter un jour.

Tout a basculé après avoir posé les pieds au Québec il y a un an de ça : ma première rencontre avec un Mexicain = coup de foudre. Appelez moi influençable mais cette incroyable personne a réussi à me défaire d’une bonne partie de mes aprioris sur ce pays. Nos chemins se sont séparés lorsque nous avons quitté Québec. J’avais promis qu’on se retrouverait au Mexique sans savoir si ce serait dans 6 mois ou dans 10 ans. Promesse tenue 1 an plus tard, jour pour jour.

Nous voilà donc partis en plein mois de Janvier pour les régions les plus touristiques du Mexique : Quintana Roo et le Yucatan.

Enfin non, ne nous voilà pas partis.

Le décollage de notre avion en partance de Vancouver pour Cancun était prévu à 5h50 du matin, c’était tellement tôt qu’on ne pouvait pas prendre de transport en commun pour nous y rendre. On a donc pris le dernier métro et passé la nuit dans l’aéroport pour être sûr de ne pas louper l’avion.

Arrivés 5h en avance, on pensait que, pour une fois, on ne serait pas stressé avant le décollage.

NE JAMAIS CROIRE QUE TOUT VA BIEN SE PASSER.

7h50, nous sommes toujours en train d’attendre patiemment que notre avion se positionne à la sortie de la porte d’embarcation mais rien à faire, il n’est même pas sur le tarmac. Le panneau d’affichage indique que le vol est en retard (pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris), mais aucune explication ne nous est donnée.

8h50, le brouillard se lève, on nous prie de bien vouloir changer de porte d’embarcation. Pour calmer les impatients, des chèques repas nous sont distribués.

9h50, je regarde les avions décoller à la chaine et disparaitre dans le brouillard. J’ai arrêté de compter après le 20e décollage. Le notre n’est toujours pas là.

10h50, on nous demande de changer de porte d’embarcation. Les passagers sont toujours sereins.

11h50 on nous demande de changer de porte d’embarcation.

12h50 on nous propose de nouveaux chèques repas, mais les passagers sont désormais assez excédés face à l’attitude de la compagnie aérienne qui est incapable de donner la moindre explication sur la situation. Un agent nous explique que la situation météorologique est beaucoup trop délicate pour espérer partir prochainement. On le regarde, on regarde par la fenêtre. Le brouillard a disparu, on le regarde. On reregarde par la fenêtre et pointons du doigt les dizaines d’avion sur la piste prêt à décoller.

  •  Oui mais vous comprenez votre avion ne va pas dans le même sens du vent… Nous aurons plus d’informations d’ici 40 minutes.

Ça m’a coupé l’appétit.

J’attends 40 minutes dans le silence et le désarroi, pressentant comme un malaise à venir.

 Je deviens impatiente et je passe mon temps à faire des allers retours jusqu’aux hôtesses.

  • 6 h plus tard, vous ne savez toujours pas ce qui se passe ?!
  • Non.
  • FANTASTIQUE, MERCI.

Finalement, sans nouvelle au bout de 40 minutes, on décide d’aller faire une razzia de bouffe, sait-on jamais que l’avion arrive soudainement et que notre départ soit précipité…

On venait à peine de se mettre à table que je vois tout autour de nous les autres passagers de notre avion s’affairer pour repartir à la porte d’embarcation. Les panneaux d’affichage n’indiquent toujours rien, je finis mon repas en paix en me disant que cette agitation doit surement vouloir dire qu’il y a du nouveau.

En arrivant à la porte d’embarcation, nous constatons que tous les passagers sont debout, valises à la main devant les hôtesses. Serait-on enfin sur le point d’embarquer?

En se rapprochant, on constate qu’il n’y a toujours pas d’avion et en tendant l’oreille… que les gens se hurlent dessus. Mon sentiment de malaise se renforce à mesure qu’on se rapproche de la foule. On se faufile entre les gens. On ne comprend pas ce qu’il se passe. Tout le monde parle en même temps, c’est un cauchemar. On finit par attraper un petit steward qui s’était mis à l’écart pour comprendre de quoi il s’agit.

Le vol est annulé. Voilà ce qu’il se passe.

  • Ah et donc, qu’est qu’on fait maintenant ?
  • Vous pouvez prendre le prochain avion !
  • Ah ça c’est une bonne nouvelle, il est à quelle heure ?
  • Je ne sais pas.
  • Comment ça ?
  • Il faut voir avec la manager, il est à la fin de la semaine.
  • Qui est à la fin de la semaine ?
  • Le prochain avion! Il est dans 4 jours.
  • Est-ce que c’est une blague ? Notre vol retour est dans 7 jours, on ne va pas partir dans 4 jours.
  •  Oh, vous pouvez essayer de vous faire rembourser ce vol si vous préférez mais ce n’est pas garanti.

Je vous passe les détails sur notre réaction.

Entre les hôtesses antipathiques, le manque de communication et d’honnêteté de la compagnie… On a quand même fini par savoir la vérité. Le pilote qui devait faire atterrir l’avion que nous devions prendre avait détourné celui-ci en plein vol, laissant à l’intérieur une centaine de passagers assis pendant plus de 10h, avec l’impossibilité de pouvoir sortir puisqu’il n’était pas autorisé à atterrir sur cet aéroport.

La raison ? Le pilote aurait paniqué à la vue de la situation météorologique, d’autant plus qu’il n’était pas certifié pour piloter. Non je vous assure ce n’est pas une blague.

De notre côté, la compagnie INTERJET, je cite bien son nom:

I N T E R J E T

(ne prenez JAMAIS cette compagnie), nous pressait pour que nous rentrions chez nous. Au lieu de quoi, on s’est pris le chou pendant 2h avec les agents de la compagnie, je refusais de partir sans avoir la certitude de me faire rembourser pour leur incompétence. Après que la manager m’ait regardé droit dans les yeux en me disant :

– Ce n’est pas dans notre politique de rembourser qui que ce soit. C’est pour votre sécurité que le vol est annulé.

Je voyais rouge, ne parlons pas de mon copain.

La police est arrivée pour nous dissuader d’en venir à la violence physique, alors même que nous n’étions plus qu’un petit groupe de 20 personnes sur la centaine de passagers initiale, décidés à ne pas quitter l’aéroport sans solution.

Après 2h d’acharnement, la manager revient vers nous pour nous dire que nous avons un vol le soir même, comme par miracle.

Soulagement.

Pas pour longtemps.

Le vol n’atterri pas à Cancun mais à Mexico City… Ce qui laisse imaginer que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.

Notre vol pour Mexico City est prévu pour 21h00. Nous attendons donc plus de 6h, pour ressortir de l’aéroport, s’enregistrer à nouveau et repasser les contrôles.

A 18h pétantes, tous les passagers de notre vol du matin sont déjà entrain de faire la queue au guichet d’enregistrement. Pour ma part, cela fait quasiment 48h que je n’ai pas dormi puisque je travaillais de nuit la veille, alors je sens que la moindre contrariété supplémentaire pourrait me faire massacrer quelqu’un en plein milieu du hall de l’aéroport à coup de sac Quechua.

19h00 passent, il n’y a toujours personne au guichet. Je revois mon visage se tourner vers le panneau d’affichage et voir le statut de notre vol s’actualiser de “à l’heure” à “vol annulé”.

Rire nerveux.

Je pars en furie à la recherche d’une personne de la compagnie. On dirait qu’ils se planquent, comme c’est étrange. Un tel manque de professionnalisme, c’est tellement fou que je ne sais plus quoi dire. L’un des employés de l’aéroport fait mine de compatir à mon désarroi, je m’en retourne retrouver ma tribu dans la file d’attente.

Quelques 45 minutes plus tard, la manager avec qui on a eu affaire toute la journée, arrive nonchalamment mais sure d’elle. A distance, elle nous fait signe de ne pas l’insulter tout de suite, elle tient des papiers dans sa main et nous assure que tout va bien. Le vol est bien annulé mais ils ont trouvé une solution…

Nous allons prendre notre avion dans un autre aéroport.

Il est presque 20h, finalement j’ai envie de rentrer chez moi.

La situation s’arrange, l’avion entier monte dans 3 bus en direction d’un autre aéroport de Vancouver qui se situe à quelques 60 kilomètres de là.

22h nous sommes enfin dans l’avion, ceinturés, fatigués, dégoutés. L’avion décolle.

A coté de moi, un indien (d’Inde,je précise), 70 ans passés, se frotte à moi pendant tout le vol. Je le regarde fixement pendant 2 bonnes minutes. Il me sourit, je l’insulte du regard. Mes yeux injectés de sang due à la fatigue le dissuadent de me faire chier plus longtemps.

Le vol est désagréable. Heureusement on nous donne des chips en guise de repas et du soda.

Je crois que je vais vomir.

5h plus tard, nous avons survécu et nous voilà à Mexico City, sans billet d’avion pour notre correspondance jusqu’ à Cancun.

En parfait naïfs que nous sommes, nous pensions que les agents à Mexico City étaient au courant de ce qu’il s’était passé avec notre avion… Pas du tout.

Incompréhension totale. Nous avons la surprise de découvrir que dans la ville la plus peuplée du monde, personne ne parle anglais aux guichets de notre compagnie aérienne. Par chance après quelques essais infructueux en espagnol, nous tombons sur un agent qui parle français, mais qui ne comprend strictement rien à notre histoire.

Notre correspondance était censée partir le matin meme pour nous faire arriver en début d’après-midi. L’agent fait mine de s’occuper de nos billets, nous les tend en nous expliquant d’aller attendre dans une salle. On ne comprend pas tout mais je constate juste que les billets qu’il nous a donné indiquent que nous partons dans l’après-midi pour arriver en fin de soirée…

Je suis à bout.

Le problème est que si nous prenons cet avion, notre première nuit au Mexique se passera à dormir dans la rue, car ce vol arriverait tellement tard que nous serions dans l’incapacité d’accéder à notre auberge.

Je regarde autour de moi et je constate que nos amis passagers sont tous entrain de s’embrouiller avec les hôtesses en espagnol. Je comprends qu’ils essayent tous de nous entuber mais entre mon mauvais espagnol et leur incapacité à comprendre l’anglais, notre situation ne s’arrange pas. Notre tribu disparait soudainement, impossible de demander de l’aide à quiconque. Nous nous retrouvons seuls face à 4 hôtesses incompétentes, mâchouillant leur chewing-gum avec dédain. Nous leur demandons d’appeler leur manager, elles n’en font rien.

Apres avoir essayé la politesse, après avoir essayé la colère et la menace, le résultat est identique, rien n’y fait, personne ne veut rien savoir.

  • Estimez vous heureux d’avoir des billets déjà ! * Jamais contents ces connards de touristes.*
  • Peut-on parler à votre manager ?
  • Qui ca ? Connais-pas.

A deux doigts d’abandonner et de chercher un spot ou dormir sur la plage en arrivant. Je finis par aller voir une hôtesse de l’air qui finit son service. Je suis confiante parce qu’elle a un sac CACA GROS YEUX (vous savez le fameux émoticône), c est à ca qu’on reconnait les bonnes personnes, je vous le dis.

Par chance, c’est la seule personne que nous rencontrons qui parle anglais, qui accepte de nous écouter, et qui MIRACLE, décide de bien vouloir changer nos billets.

Nous sommes sauvés. GLOIRE AU CACA.

Notre avion décolle une heure plus tard.

Le vol est tout aussi laborieux que le précédant mais cette fois ci, nous avons des barres énergisantes en guise de repas. LE GRAND LUXE.

C’est à bout de nerfs que nous arrivons à Cancun.

Avec notre petite tribu du vol annulé, nous nous saluons chaleureusement, car nous avons passé plus de 30h laborieuses tous ensemble, à crier, jurer, taper des pieds, faire des blagues, retrouver le sourire et s effondrer de sommeil. Cela m’émeut un peu car tous ces gens étaient adorables et ont su garder leur trait d’humour jusqu’au bout.

Finalement, la compagnie Interjet ne se sera jamais excusée de quoi que ce soit. Nous n’avons reçu aucune preuve écrite attestant que le vol avait été annulé. La compagnie n’a remboursé personne parmi ceux qui n’ont pas pu prendre de vol de remplacement. Certains disent même que nous avons eu de la chance d’avoir eu des tickets repas.

Après avoir jeté un œil sur les procédures de remboursements pour vol annulé-retardé, je réalise que la compagnie est sacrement maligne. Grâce à un flou juridique bien pensé, il est impossible d’obtenir un dédommagement provenant de compagnies mexicaines. Mais si vous avez la preuve du contraire, n’hésitez pas à m en parler.

Dans notre malheur, nous avons quand même fait de jolies rencontres et surmonté une nouvelle épreuve sans jamais abandonner. Notre séjour au Mexique en a été que plus intense.

Je vous parle de comment on s’est à nouveau retrouvé coincé à l’aéroport pour notre trajet retour ou vous en avez eu assez ??

La suite au prochain épisode…

PVT CANADA – 1 AN PLUS TARD, L’HEURE DES COMPTES…

Ah Janvier… On pensait avoir définitivement enterré les problèmes de 2018 (entre la voiture volée, les amendes de la voiture volée, une nouvelle voiture à acheter pour ne pas perdre son travail, etc.) mais non, 2019 a commencé tout aussi mal.

Je suis de celle qui fuie l’argent comme s’il s’agissait d’une malédiction. Je me suis toujours dit que je préférais passer ma vie à gagner peu ma vie mais la vivre heureuse, plutôt que de courir après les millions dans un job qui me ferait oublier de vivre. J’ai bien vite été calmée de mon syndrome de Peter Pan.

C’était il y a 2 ans, le moment d’économiser pour ce fameux PVT Canada. J’ai commencé à entretenir une relation bien triste avec l’argent. Chaque jour j’avançais dans l’unique but de gagner un peu plus d’oseille. Remplir ses poches un maximum, dans des jobs pas bien valorisants, quitte à accepter le racisme latent et le harcèlement de certains managers. Ils pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient pendant qu’ils s’épuisaient à partager aux yeux du monde leur petitesse, je comptais les heures pour les convertir en euros.

C’était maladif.

Et c’était le quotidien d’un grand nombre de mes collègues qui pratiquait cela pour une durée indéterminée.

Bien heureuse d’avoir pu faire un gros bras d’honneur à ces nombreux mois qui m’auront ma foi, donné l’opportunité de faire une belle analyse sociologique en plus de ça. Je suis passée d’un extrême à un autre. Celui de travailler sans rémunération autre que le logis et le couvert. Et même s’il a été parfois agréable de ne pas dépenser un seul centime pendant plusieurs semaines, ce n’est pas non plus un mode de vie que j’encourage sur du long terme. Le travail volontaire manque de limites et d’encadrement et donne bien souvent lieu à une exploitation encore plus grande. (Je vous laisse lire ou relire mon bilan sur les volontariats à ce sujet.)

L’heure des comptes

Les autorités canadiennes demandent à chaque détenteur de PVT d’arriver au Canada avec un fond minimum de 2500 $, c’est gentil pour ceux qui n’ont pas eu le temps de trop économiser avant de partir, c’est suicidaire pour ceux qui ne trouvent pas de job dans le mois qui suit leur installation. J’exagère à peine. Ne parlons pas pour ceux qui comme nous, ont décidé de travailler sans aucun revenu à la clé pendant plusieurs mois.

Pour ce PVT Canada, j’avais travaillé et économisé pendant un peu plus d’un an dans des jobs qui ne m’ont pas permis de mettre autant de côté que ce que j’aurai espéré, mais c’était finalement déjà pas mal pour un SMIC. Les conditions de travail étant ce qu’elles sont en France, mon copain a quant à lui, bien plus galéré pour trouver un travail autre que des missions intérims d’une journée et des cdd d’un mois. Sur un an, tous ses jobs cumulés ne dépassent pas les 6 mois. Et comme nous étions déjà malchanceux avant de partir, nous avons eu droit à nos problèmes de la vie quotidienne totalement imprévus quelques mois avant de partir (ordinateur qui décide de mourir subitement, facture d’électricité improbable, problèmes de voitures, etc.) Bref, un véritable cauchemar avant même d’avoir acheté nos billets d’avion pour le grand départ. Les économies que j’avais fièrement amassées pour partir fondaient comme neige au soleil et je désespérais de voir que ce que j’avais mis de coté devoir être séparé en deux, pour permettre à mon copain de ne pas mourir de faim à côté de moi pendant notre voyage.

Pour vous donner des chiffres, nous sommes partis avec un peu plus de 8 000 euros. 8 000 euros divisés par deux, pour vivre pendant 10 mois, je vous laisse faire le calcul ça ne fait pas beaucoup.

Comment perdre de l’argent bêtement et se faire bloquer sa carte de crédit.

Ça ne fait pas beaucoup, surtout quand on commence sur un mauvais départ… Une facture de téléphone de 300 euros qui fait bien mal, 2 semaines après notre arrivée par exemple.

Au même moment, nous achetions notre van au Québec et c’est bien évidemment pour cela que j’avais besoin de crédit, d’ou mon hors forfait, car il fallait que j’augmente le plafond de ma carte bancaire pour payer. Parcours du combattant. Impossible. Il me manquait 400 dollars pour avoir la somme juste, et c’est là que ma carte bancaire a été bloquée. Celle de mon copain l’était aussi, et nous n’avions pas encore payer la SAAQ, le service d’immatriculation québécois et nous n’avions pas non plus suffisamment pour mettre de l’essence pour nous emmener à notre volontariat suivant. Par de multiples combines qui mettraient des heures à détailler ici, nous nous en sommes sortis, pas sans crise d’angoisse et sans sueur, mais ça donnait déjà le ton des mois qui allaient suivre.

Quelques deux mois plus tard, nous entamions notre première traversée du Canada de Terre-Neuve au Manitoba, pas loin de 5 000 kilométrés puisque nous sommes partis de Québec et que nous y sommes repassés en partant. C’était sans doute LA folie de notre voyage. La partie la plus intéressante, riche en rebondissements et découvertes mais aussi la plus onéreuse. Malgré toutes mes prévisions, je ne pensais pas que cela amputerait autant notre budget. A ce moment, la principale source de nos dépenses étaient l’essence, puis les hébergements puisque nous ne pouvions pas dormir dans notre van et enfin la première panne que nous avons eu avec notre van et qui a diminué notre budget de 1000$ d’un coup…

Nous sommes arrivés dans le Manitoba en plein mois de Mars avec un budget très inquiétant… un peu moins de 2000 dollars pour nous deux. VOILA VOILA. Bien évidemment nous n’étions pas suicidaires, si nous n’avions pas eu une promesse de job à Falcon Lake, nous n’aurions pas traversé la moitié du Canada pour finir au milieu de nulle part. Voila en partie pourquoi nous avons décidé de rester pas loin de 4 mois dans le Manitoba, ce qui nous a permis de nous refaire des économies, d’aménager notre van, et de prévoir avec beaucoup plus de précautions un budget adapté à notre road trip estival.

Là encore, je me suis un peu loupée au cours des premières semaines car je ne m’attendais pas à ce que les campings soient aussi chers, que les douches soient en supplément, que le paquet de pate à certains endroits des Rocheuses soit à 9 dollars les 100g, qu’absolument tout, même le plus petit lieu d’exposition soit payant et que le prix des parkings en ville soit non seulement exorbitant mais force à bouger de place sa voiture toutes les 2h.

Bref, niveau facilité de déplacements pour les voyageurs, le Canada a encore beaucoup à apprendre, à moins que cela ne soit fait exprès ?!

Grace à Dieu, Krisna, Bouddha et Jéhovah, surtout KRISNA, nous avons réussi à aller jusqu’au bout de notre voyage avec les économies qui nous restaient et à payer notre premier mois de loyer Vancouverois sans soucis. Un véritable challenge. Et comme j’avais trouvé du travail moins de 48h après avoir déménagé j’étais plutôt confiante pour la suite (enfin nous avions un peu de chance).

L’avantage d’être « pauvre »

Sur la route, on a rencontré beaucoup de voyageurs PVTistes ou non qui traversaient comme nous le pays. On s’est très vite rendu compte qu’on était bien en deça des budgets moyens de la plupart des gens que l’on croisait. Alors on s’excuse d’avoir refusé à plusieurs reprises de suivre des personnes fraichement rencontrés dans des bars mais parfois économiser sur 3-4 verres nous a permis de voyager un peu plus sereinement. On comptait en profiter un peu plus à Vancouver, mais ici la vie est tellement chère et nos problèmes tellement nombreux, que nous n’avons encore jamais fait de sortie au restaurant par nous-mêmes. J’ai acheté mes premières bouteilles d’alcools canadiennes le jour de Noel, c’était un évènement… 30 dollars, deux bouteilles de rouge. JOYEUX NOEL.

Mais nous ne sommes pas malheureux pour autant. Pendant notre voyage on a eu la chance d’être avec des hôtes qui nous ont beaucoup fait sortir, manger aux restaurants, emmener dans des bars. Et aujourd’hui, nos patrons font également la même chose. Alors malgré toutes les choses assez malencontreuses et la perte d’argent phénoménal de ces deux derniers mois, on ne vit quand meme pas trop mal . Et puis c’est aussi ça la frustration d’être dans une grande ville.

Ne pas posséder beaucoup et devoir contrôler ses dépenses en permanence ont toutefois des effets bénéfiques. Nous profitons deux fois plus de tout ce qui nous est offert et de tout ce que nous vivons. Tout semble beaucoup plus intense. Il y a des choses que nous n’aurions jamais faites si nous avions eu plus d’argent. Moi, la fille qui n’aime pas vraiment la randonnée, j’aurai sans doute pris une gondola à chaque fois qu’il y avait une montagne à gravir, au lieu de ça, nous avons toujours tout fait à pieds. Cela peut paraitre banal, mais c est ce qui fait la difference entre faire du tourisme et voyager. Les chemins ne sont pas tout tracés. Nous avons dormi dans des endroits improbables et inoubliables, chose qui ne serait jamais arrivée si nous nous étions pris des emplacements de campings ou des hôtels, au lieu de quoi, nous avons pratiquement toujours fait du camping sauvage. Nous avons partagé des nuits avec des gens qui étaient dans des situations bien pires que nous et qui semblaient s’en plaindre et s’en préoccuper encore bien moins que nous.

Et maintenant ? De retour à une vie sédentaire, je suis heureuse de vivre avec peu d’affaire, chose qui n’était pas du tout le cas avant de partir, sans non plus rentrer dans cette mode du minimalisme qui ne m’attire pas du tout.

Alors oui, 2019 à plutot mal commencer, avec toujours et encore des problèmes de voiture, auquel vient s’ajouter notre séjour au Mexique qui n’est pas de tout repos. Mais si 2018 nous a bien appris quelque chose, c’est qu’il y a toujours moyen de s’en sortir.

Bonne année à vous tous et merci de lire ces mots.

A tres vite, pour un nouveau récit en terrain Mexicain 😉

Voyager en couple, bonheur ou douleur ? De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas.

Brisons le mystère de ce titre dès la première phrase. Il s’agit uniquement d’une paraphrase du Klub des Loosers pour vous donner envie de lire cet article dans l’attente que des choses déchirantes y soient dévoilées… l’avenir vous dira si vos attentes seront comblées.

Si l’amour est un paradis blanc, je préfère encore être en enfer, au moins la-bas on se gèle pas les miches.

Il y a 8 ans, un garçon que je connaissais à peine m’a demandé si j’avais envie de voir New York avec lui.

Je ne pensais pas que cette proposition changerait le cours de ma vie. Non seulement personne ne m’avait jamais demandé de partir en voyage avec elle, mais en plus, c’était bien la première fois que je tombais sur quelqu’un qui avait envie de visiter les mêmes endroits que moi. Bien sûr, j’ai fini par dire oui.

C’est ce voyage-là qui m’a fait tomber en amour de l’Amérique du Nord, et c’est surtout ce voyage-là qui a tué la touriste et éveillé en moi l’âme d’une voyageuse.

Quelques années plus tard, nous avons remis ça. Cette fois ci, ce n’était pas un voyage d’une dizaine de jours, mais une aventure qui nécessitait de quitter nos jobs, nos logements et nos familles pour une période indéterminée.

Toute l’année qui a précédé notre départ au Canada, se sont dessinés deux camps: les optimistes accomplis qui nous souhaitaient le meilleur et qui voyaient en ce grand voyage, une preuve d’amour singulière et de l’autre coté les défaitistes acharnés qui nous prédisaient le pire, l’erreur de notre vie.

C’est vrai qu’on n’est pas parti sur de bonnes bases.

Portrait aux moufles.

Partir au Canada était mon idée.

J’en avais envie depuis longtemps. Malheureusement, ce n était pas le cas de mon copain.

J’estimais qu’on avait perdu assez de temps à faire des choses qui ne nous épanouissaient pas et j’ai pressé le destin. Trois mois après la fin de mes études, nous avions tous les deux étés tirés au sort pour le PVT Canada. Faire partie des 100 premiers sélectionnés de cette année-là ne pouvait être autre chose qu’un signe du destin.

Impossible pour ma part de faire marche arrière, pourtant je voyais mon copain reculer, s’éloigner, angoisser à l’idée d’engager deux années de sa vie pour un projet qui ne l’emballait pas plus que ça.  

Après mille et une péripéties, et un gros déficit d’économie, on était finalement cote à cote dans l’avion qui nous menait en terre québécoise.

Le destin ne nous a pas gâté.

Arrivés au Canada par -36 degrés, de la neige jusqu’ aux genoux, une valise cassée par un abruti fini à l’aéroport, un premier volontariat qui ne se passe pas vraiment bien, des hors forfaits qui donnent des envies de suicide, nos cartes de crédits bloquées, un première Noel canadien plutôt agressif… Le père Noel avait été une belle ordure cette fois-là.

Quelques semaines plus tard, s’astreindre au rythme de vie le plus difficile que je n’ai jamais connu: levés a 5h du matin, effondrés à 19h, une vie d’agriculteurs canadiens passée dehors à profiter quotidiennement des températures négatives.

Tomber en panne au milieu de nulle part.

Tomber une fois, deux fois, trois fois.

Toujours trouver la force de se relever, mais la santé qui ne suit plus. Enchainé jours et nuits sur les routes gelées canadiennes, en se demandant bien pourquoi: mais qu’est qu’on fout la ?!

La copine la plus angoissante du monde.

On était loin.

Loin de chez nous, loin de tout ce que nous avions toujours connu, loin de ce que j’attendais, loin d’un voyage de plaisance, loin du supermarché le plus proche, loin de tout.

De la vie nomade de notre début de PVT jusqu’ à notre vie sédentaire de ces derniers mois, on a passé notre temps à se prendre des coups. On n’aura pas eu un mois de repris, il y aura eu des hauts mais surtout des bas, il n’y a pas un seul mois qui y aura échappé.

Pas facile tout ça, et pourtant…

Pourtant on a tenu bon.

Tu veux sortir avec moi ? Jai beaucoup d’amour à donner.

On ne se sera pas encore dit oui qu’on aura déjà traversé le meilleur mais surtout le pire ensemble.

On aurait dû se séparer.

J’ai arrêté de compter quand ça ne tenait plus sur mes dix doigts.

J’ai failli donner raison au club des défaitistes, mais je ne l’ai pas fait.

J’ai été conditionnée à penser et agir avec raison depuis tant d’années que mon paramétrage était entrain de se casser la gueule et ma tête criait ALERTE ALERTE sans cesse.

J’ai paniqué intérieurement à de nombreuses reprises, j’ai cherché à faire taire la raison et quand j’y suis parvenue l’instinct a repris le dessus pour me chuchoter au creux de l’oreille : si ça devait être fini, ça ferait déjà longtemps que vous n essaierai plus de vous relever à chaque fois que les aléas de la vie vous mettent à terre.

Au lieu de ça, à chaque croche pied vous ne scillez plus aussi facilement. Vous avez arrêté de vous accuser mutuellement de vous faire tomber et regardez-vous à présent, vous avancez sereinement.

Voyager en couple, c’est être quasiment 24h24 7j7 avec la personne qui partage votre vie.

Mieux vaut avoir des choses à se raconter, mieux vaut vraiment se connaitre avant de s’engager dans une démarche qui accorde si peu d’intimité et de moment solitaire.

De ce côté-là, nous n’avons eu aucun problème, c’est même ce qui nous a permis de devenir totalement fusionnel. Il s’est avéré qu’en plus d’être le meilleur ami que je n’ai jamais eu, mon copain était aussi le meilleur collègue de travail et ce peut importe la pénibilité du travail.

Là ou pour moi les choses étaient beaucoup plus compliquées, c’était de me rendre compte de mes défauts à travers les qualités de mon copain.

J’ai toujours voulu prendre exemple sur son hyper sociabilité sans jamais vraiment y parvenir, et ce voyage ou nous avons rencontrés tellement de gens été l’occasion parfaite pour m’entrainer, or je me suis juste rendue compte une fois de plus que je n’étais pas comme ça.

En soi,ce n’est pas bien grave, ça le devient quand vous vous sentez très vite isolée des gens autour de vous, parce que nous étions tellement diamétralement opposés que ce soit dans les personnalités ou dans les modes de vie que je ne savais même pas quoi dire à part: ’eh bien, voilà qui n’est pas commun.’ Alors que mon copain, tel un caméléon, réussissait à sympathiser avec le plus rustre des rustres et à continuer de lancer des vannes à ceux qui ne pouvaient pas nous encadrer, quand mes yeux criaient FUCK YOU ASSHOLE.

J’ai voulu en prendre de la graine, mais la graine n’a jamais poussé.

Pendant une longue période, c’était quelque chose que je vivais très mal, et la grande force de ce voyage aura été d’apprendre à passer au-dessus de ces choses qui nous font mal, nous rendent vulnérables et nous donnent un sentiment permanent d’infériorité.

Ce voyage aura aussi permis de valider une fois de plus l’image totalement dégoulinante d’amour que je me suis faite de mon copain depuis des années.

Si nos défauts se sont révélés en pleine lumière cette année, ils ont vite été éclipsés par l’éclat de nos qualités.

Il m’aura fallu du temps pour comprendre que mes points forts étaient souvent ses points faibles et inversement.

Il m’aura fallu du temps pour l’accepter et pour me dire qu’en réalité c’est là, la vraie force de notre couple.

Je vous passe bien évidemment les détails d’un voyage en plein Pole Nord qui rendent toute vie de couple compliquée. Les tenues absolument tue-l’amour que nous avons portés pendant plus de 10 mois, l’absence totale d’intimité au sein des hébergements de nos hôtes pendant nos Workaway, et un espace de vie réduit à quelques mètres carrés pendant des mois.

Bref, on était bien loin de la vie parisienne de nos débuts.

Je ne regarde personne d’autre que toi en dehors des 4 milliards de filles de cette planète…

Si je devais prodiguer un seul conseil pour une vie de couple en béton ce serait : COMMUNIQUEZ. Dites-tout, (du moins ce qui nécessite d’être dit) et dans ce tout, il y a bien évidemment des belles choses comme beaucoup de choses blessantes. Le véritable amour passe au-dessus des rancœurs, des déceptions et des incompréhensions, mais pour cela faut-il encore pouvoir se les avouer pour avancer.

Parlez avec votre cœur mais apprenez surtout à écouter l’autre.

Préparez-vous à ne pas toujours être d’accord, cela ne veut pas dire que l’un d’entre vous à tort.

Donnez-vous de l’espace, donnez-vous de la liberté, pour toujours mieux vous retrouver.

(La rubrique du cœur est terminée.)

Une pensée à notre ami Fréderic Beigbeder (pour l’anecdote nous avions tous les deux tournés dans l’adaptation de son roman L’amour dure 3 ans), pour dire que sa théorie ne tient pas.

Nos années d’amour se compte désormais au multiple de 3 et malgré l’humidité, la flamme ne s’éteint pas.

PVT: 10 mois de volontariats à travers le Canada.

Voilà deux mois que nous avons posé nos valises dans notre nouveau chez nous à Vancouver. Maintenant que les affaires sont presque toutes rangées, je peux enfin prendre le temps de faire le bilan de ces 10 mois de volontariats que nous venons d’achever.

Pour ceux qui débarquent, petit récapitulatif.

Mon copain et moi-même avons quitté la France mi-décembre de l’année dernière pour nous lancer dans notre aventure PVT que nous voulions entamer par un maximum de volontariats, pour nous familiariser plus doucement avec ce nouveau pays et cette nouvelle culture, nous enrichir d’expériences nouvelles, rencontrer des gens de tous horizons et pour prendre le temps de faire le point sur nos vies et sur les chemins que nous voulions prendre pour la suite. C’était tout un programme !

Pour trouver des volontariats, des 3 sites les plus connus, j’avais choisi de m’inscrire sur le site Workaway, (les deux autres étant Woofing dirigé davantage sur l’agriculture et Helpx). Ce choix était purement intuitif et esthétique. Je ne comprends absolument pas l’interface du site Helpx, c’est un bordel sans nom pour s’y retrouver, le site ne me donnait absolument pas envie d’y consacrer du temps et comme tous les trois sont payants, J’ai choisi le plus attrayant, forcement. Sur Workaway, vous trouverez toute types d’offres, du baby-sitting aux soins de chiens de traineaux, du jardinage à la charpenterie en passant par un séjour dans une ferme d’alpagas. Tout y est possible, c’est du moins la première impression que donne le site…

Pour notre part, la seule chose que nous avions prévu avant notre départ c’était notre tout premier volontariat. Sur Workaway, les hôtes évitent d’accepter des volontaires trop longtemps à l’avance parce qu’ils savent que les imprévus sont bien plus fréquents qu’on ne le croit. De fait, cela ne sert strictement à rien de réserver un séjour 3 mois à l’avance alors même que vous ne savez pas ce que vous ferrez les 3 semaines précédents votre arrivée.

Nous avions donc réservé un volontariat de deux semaines pour commencer dans une auberge à Québec. C’était tout ce que nous avions prévu dans notre agenda. Notre première expérience était assez décevante, je vous l’avais déjà conté ici:

1.Dans une auberge à Quebec, QC

Finalement, nous avons dû rester 2 semaines de plus dans cette auberge alors même que nous voulions vraiment partir. D’une part parce qu’en plein milieu du mois de janvier, personne d’autre ne prenait de volontaire et d’autre part car nous ne voulions pas quitter Québec sans notre futur van, car nous savions qu’il serait alors difficile d’en trouver un par la suite au vu des endroits où nous nous apprêtions à aller.

Finalement, en l’espace de 4 jours, nous avons trouvé un volontariat dans une ferme et notre van pour nous y rendre. C’était l’un des moments les plus stressants de notre PVT jusqu’à présent, le reste du récit se trouve sur cette page:

2. Dans une ferme à Sherbrooke, QC

Après notre volontariat à la ferme, nous avons pris la décision un peu folle de nous rendre à Terre-Neuve en hiver. Une décision très couteuse qui n’en valait pas vraiment le coup, nous devions rester 1 mois à Terre-Neuve mais le sort en a décidé autrement, nos hôtes n’avaient plus besoin de nous au bout d’une semaine et demie, et notre van a eu son premier bobo d’hiver que les garagistes de l’ile n’ont pas voulu nous réparer. Comme nous n’avions pas d’autres choix que de revenir sur le continent pour réparer notre van et nous diriger vers un autre volontariat, nous avons dû dire adieu à nos projets de traversée de Terre-Neuve, à ma plus grande tristesse. Dans l’histoire, nous y avons perdu la plus grande partie de notre budget, malgré tout c’est une aventure que je ne regrette pas car Terre-Neuve est dans mon top 3 des meilleurs souvenirs de ces 10 mois de volontariats, même si pour bien des raisons ce fut une étape assez rude. La suite du récit par ici :

3. Dans une auberge de jeunesse à Terre-Neuve, NL

Mais la roue tourne comme essaye de le dire sans y parvenir un certain Ribéry… Et nous voilà avec nos quelques deniers restants, à nouveaux sur la route glacée fin février. Nous traversons la moitié du pays, pour un volontariat qui n’en est pas vraiment un, puisque je ne l’ai pas trouvé grâce à workaway mais en contactant directement la gérante d’un resort. Toute l’histoire se trouve ici:

4. Dans un resort familial à Falcon Lake, Manitoba

Après avoir passé 3 mois comme volontaires puis comme employés du resort, nous avions suffisamment économisé pour repartir sur les routes des volontariats. Nous avons enchainé avec un volontariat très particulier:

5. Dans un centre de retraite de yoga à Ashcroft, B.C

puis

6. Dans un eco-resort sur la Sunshine Coast, B.C

Et nous avons terminé notre aventure, dans ce qui fut pour nous deux, notre plus belle expérience workaway, un volontariat

7. Dans une boulangerie à Pemberton, B.C

 

Workaway, un bilan assez mitigé

  • Les points positifs

Je me suis sans doute forgée une image très édulcorée de ce système de volontariat avant notre départ. J’en attendais beaucoup et c’est sans nulle doute en partie pour cela que j’ai constamment été déçue au fil de nos expériences. Pourtant, je ne trouve pas avoir été particulièrement utopiste en les rêvant. J’imaginais que nous tomberions sur des hôtes anciennement voyageurs ou n’ayant jamais voyagé qui s émerveilleraient à chaque nouvel arrivant de rencontrer de nouvelles cultures. Je ne m’attendais pas à une vie de luxe, juste une nourriture basique et une chambre décente pour dormir. Je m’attendais cependant à ce qu’on partage énormément de temps avec nos hôtes et pas seulement QUE pour travailler, qu’ils nous emmèneraient visiter des choses aux alentours ou rencontrer des personnes du coin. Je m’attendais à rencontrer des gens ouverts d’esprits, prêt à accueillir avec le même enthousiasme un volontaire suédois qu’un volontaire coréen, malgré les différences culturelles et la difficulté d’adaptation propre à chacun. En fait, je m’attendais à tomber sur des hôtes qui avaient du temps à donner pour un véritable échange culturel, et qui donnerait peut-être lieu à une véritable amitié durable… Voilà pourquoi j’estime ne pas avoir demander la lune, même si par rapport à beaucoup d’autres volontaires, je sais que j’en attendais bien plus. En même temps, ce n’est pas comme si je m’étais inscrite sur ce site en me disant: tiens je n’ai rien d’autre à faire pourquoi pas. Décider de partir après 7 ans d’études et tout lâcher pour aller travailler dans des champs par -40 degrés, peut paraitre incensé mais en réalité c’était très réfléchi.

Je n’ai pas été déçue de cette décision, je pense que ces volontariats ne m’ont pas apporté ce que je cherchais avant de partir mais ils m’ont appris et donner bien d’autres choses.

D’abord, il y a un développement de confiance en soi ENORME qui se développe. Contrairement à la France, je pense que les Canadiens ont davantage l’habitude de surévaluer les aptitudes des gens plutôt que de les mettre en doute sans arrêt. Les premiers mois de notre PVT, on a eu droit à un long moment de tâches ménagères qui m’ennuyait et ne me challengeait pas du tout, et puis un beau jour de février les choses sérieuses ont commencé. On ne m’a pas vraiment demandé mon avis, on ma embarqué sans trop me dire où on allait et me voilà devenu bucheronne pendant 3 semaines. A plusieurs reprises on s’est retrouvé dans des milieux très masculins (bon n’ayons pas peur des mots, j’étais la seule fille !) Parfois je me disais chouette un endroit où on ne me rappelle pas toujours que je suis une fille et que je ne suis pas capable de… Et puis au bout du 10e tronc d’arbre soulevé à bout de bras, (rien à voir avec de la muscu, là on est plutôt sûr de la lutte). Je n’avais qu’une envie c’était qu’on me dise : allez va donc plutôt nous faire du rôti femme! Ça n’est bien évidemment jamais arrivé… et au lieu de quoi, même si je ne suis pas du genre à abandonner, cela m’a surtout appris à ne pas avoir peur de m’engager à faire des choses que je n’aurai pu abandonner puisque l’idée ne me serait même pas venue d’y participer!

Ensuite, il y a eu tous ces hôtes qui m’ont redonné confiance en moi parce qu’ ils m’ont fait confiance alors même qu’on se connaissait à peine. Tu es une personne créative ? Alors tiens, voilà de la peinture tu vas repeindre notre auberge, aider à la décoration d’un mariage, tu sais faire des meubles? Jamais essayé, oh ce n’est pas grave quand on est doué avec ses mains on arrive à tout, tiens voilà du bois ! Finalement avec mon copain qui n’avait lui non plus pas vraiment d’expérience en construction manuelle, on a fini par construire un escalier extérieur… oui, oui et croyez-le ou non, 5 mois plus tard il ne s’est toujours pas effondré…

Les volontariats nous ont appris qu’on avait bien plus de ressources en nous que ce qu’on pouvait bien imaginer. Ils nous ont ouvert les yeux sur plein de nouveaux milieux de travail et sociaux, et nous on fait découvrir tellement de cultures différentes que j’ai du mal à croire que tous ce soient passés dans le même pays.

Travailler au sein de communautés religieuses à deux reprises ont été les périodes les plus éprouvantes pour moi, non pas à cause de la religion, mais de ce fossé assez vertigineux qui nous sépare de ces gens qui ont décidé de se couper volontairement de la société pour ne vivre qu’entre eux. Il y avait du bon dans chacune de ses communautés mais aussi pas mal de choses assez néfastes. Durant la plupart de nos volontariats, nous avons été chanceux, nos hôtes étaient très généreux, nous avons été traités comme des rois au niveau du logement et de la nourriture (il y a bien entendu eu des exceptions).

  • Les points négatifs

Disons que l’on reconnait assez facilement 3 catégories d’hôtes workaway.

Il y a les hôtes qui n’ont pas beaucoup de moyens et qui trouvent de l’aide par ce biais. L’avantage c’est qu’ils sont super reconnaissants pour tout ce que vous faites même si vous galerez, l’inconvénient c’est que comme ils n’ont pas beaucoup, votre investissement ne vaut parfois pas du tout le retour que l’on vous donne. Parfois, nous travaillions pendant 5 voire 6 heures dehors, à faire des travaux non seulement pénibles mais surtout très fatigant physiquement (bonjour coupage de bois à la hache par -20 degrés et ratissage des mauvaises herbes par +30 degrés) et comme seule récompense de ces efforts, nous n’avions pas suffisamment à manger pour avoir la force de faire quoi que ce soit d’autre comme activité.

Au départ, on se disait que nos hôtes ne s’en rendaient peut-être pas compte du fait que vous avions faim en permanence, après tous les appétits sont différents. Et puis, le jour où nous avons décidé de nous acheter notre propre nourriture parce qu’on en pouvait plus d’être mal en permanence et que nos hôtes en ont profité pour nous dire : “ah parfait, comme ça on ne vous fait pas à manger vous avez ce qu’il faut”, on s’est dit qu’il y avait peut-être un peu beaucoup d’abus! Mais je vous rassure, c’était très rare!

Il y a une deuxième catégorie d’hôtes workaway, ceux qui ont beaucoup d’argent et qui prennent des volontaires pour se faire encore plus d’argent et ainsi ne pas avoir de dépense à faire en employant quelqu’un. Je pense qu’il s’agit-là du gros point noir de Workaway : L’EXPLOITATION.

Workaway devrait davantage filtrer ses adhérents à l’inscription, et lorsqu’on s’aperçoit du nombre d’hôtels voire même des restaurants qui passent par ce système, on se demande comment est-ce qu’on a pu leur laisser poster une annonce ?

Pourtant, Workaway est plutôt clair dans sa charte d’inscription concernant les hôtes, ils ne doivent pas s’inscrire s ils possèdent un commerce ou du moins une entreprise qui leur rapporte directement de l’argent grâce au travail d’un volontaire, a l’exception des auberges de jeunesses. Ce qui ne nous a absolument pas empêché de nous retrouver dès notre premier volontariat dans une auberge qui n’avait rien à voir avec une auberge de jeunesse mais tout d’un hôtel, et où nous étions les uniques employés. Notre première semaine nous aura valu pas loin d’une quarantaine d’heures chacun, en échange d’une chambre bien trop petite pour s’y tenir debout a deux, sans cuisine, et repas non compris. Mais l’exploitation a de beaux jours devant elle puisque c’est sans doute l’un des workaway qui marche le mieux à Québec, les commentaires sont dithyrambiques, et donne l’impression que c’est vraiment THE PLACE TO BE. C’était ce genre d’ambiance de travail que j’avais quitté en France et voilà qu’on la retrouvait de l’autre côté de l’Atlantique, vous imaginez mon désarroi…

Et puis il y a la troisième catégorie d’hôtes, les pépites! Ceux qui ont beaucoup de moyens et qui prennent Workaway comme une possibilité de rencontrer de nouvelles personnes et de vivre de nouvelles expériences. Ce sont ces gens-là qui ont véritablement du temps à consacrer à leurs volontaires et le plus important… qui y portent de l’attention! Parce que ce n’est pas tout d’échanger une chambre et des repas contre du travail, le volontariat est une expérience humaine avant tout, et je trouve ça essentiel que les hôtes se préoccupent de savoir si leurs volontaires vont bien. A 90% du temps, nous étions isolés de tout, dans des endroits tellement reculés que nous n’avions internet uniquement pour envoyer des mails. Durant l’hiver, il n’y avait pas grand-chose à faire vu les températures, la majorité du temps nous étions en intérieur à lire, discuter, regarder des VHS et cuisiner. C’était une vie qui me convenait la plupart du temps, mais parfois la crise d’angoisse due à la solitude et l’isolement faisait de petites apparitions. Et il n’y a rien qui me fasse plus plaisir que de voir nos hôtes concernés par nos moments difficiles. Cette préoccupation était quelque chose d’assez rare. Je me rappelle avoir été malade pendant non pas plusieurs jours mais plusieurs semaines dans l’un de nos volontariats et absolument personne ne m’a posé la moindre question… ce qui avait tendance à me sentir encore plus mal.

Cela étant, je pense qu’il est tout aussi possible de faire le même constat de ces catégories dans le sens inverse, c’est à dire concernant les volontaires. Aucun d’entre nous ne venons avec les mêmes intentions, les mêmes désirs, et la même motivation. Il en résulte que l’adaptation n’est pas toujours évidente après le départ de quelqu’un qui se croyait en vacances ou lorsque vous êtes accueillis en même temps que des volontaires aussi investis que s’ils faisaient leur service militaire.

  • Ce que j’aurai aime savoir avant de m’engager dans des volontariats

Workaway nous aura apporté beaucoup de choses positives, mais il y a certaines choses que j’aurais aimé savoir avant de partir. J’ai toujours été surprise de voir le nombre de volontariats sur ce site et la diversité de ceux-ci.

Avant de partir, je n’avais aucune envie de faire des volontariats dans des auberges et des ressorts à répétition, un ou deux pourquoi pas, mais notre objectif était de pouvoir expérimenter un maximum de milieux et de travaux différents. Grosse déception à ce niveau-là. Il faut savoir que l’hiver est une période assez redoutable pour les volontariats excepté peut-être, si vous êtes dans le Grand Nord, mais la plupart d’entre eux ne prennent personne à ces périodes de l’année.

Quant à la saison estivale, ce n’est pas plus facile pour trouver un volontariat qui vous plait vraiment, il y a tellement de volontaires et certains endroits exigent ou du moins donne la priorité à ceux qui s’engagent pour plus de 4 semaines.

Beaucoup de pages workaway sont un poil douteux, il y a les annonces qui ne recherchent que des filles de préférence célibataires (erreur de site?), d’autres qui vous font miroiter tout un tas d’activités et une infrastructure incroyable, or vous ne savez pas du tout quelle est la nature du travail demandé, la personne a coché toutes les cases: jardinage, ménage, aide à domicile, ce sera donc la surprise. Il y a celles qui ne mettent PAS DU TOUT LA PRESSION !!!!!! TOUTE L’INTRODUCTION EST ECRITE EN MAJUSCULE POUR VOUS DIRE QUE: “ICI C EST PAS LES VACANCES ON TRAVAILLE DUR MEME LE WEEK END SI VOUS N ETES PAS CAPABLES DE VOUS LEVER TOT, DE MANGER QUE DEUX FOIS PAR JOUR, DE VOUS COUCHER TARD ET DE PARTICIPER AUX TACHES MENAGERES PAS LA PEINE DE POSTULER. AUSSI, ON N’ACCEPTE PAS LES FUMEURS, LES ENFANTS DE MOINS DE 22 ANS, LES MANGEURS DE VIANDE (SATAN), NI LES AMATEURS DE LACTOSE. NOUS N’AVONS PAS INTERNET, AUCUN TRANSPORT EN COMMUN ET LA VILLE LA PLUS PROCHE EST A 1H45 DE ROUTE. LGBT FRIENDLY.” Moi c’est toujours le LGBT friendly de la fin qui me fait rire, “on est ouvert mais pas trop quoi,  faut pas déconner!”

Il y a ceux qui ne veulent pas de couple parce que les couples c’est l’angoisse. Ceux qui ne veulent pas de gens tout seul parce que sinon ça veut dire qu’ils vont être collants tout le temps et demander à faire des sorties avec leur hôtes, non mais vous imaginez ?!

Il y a ceux qui ont des annonces tout à fait normales et qui en message privés deviennent tout à coup très étranges et oppressants, vous demande de quitter tout de suite votre volontariat actuel pour vous engager chez eux pour 6 mois. Ceux qui répondent gentiment que c’est OK pour commencer un volontariat chez eux la semaine suivante, toi qui prends tes dispositions pour te rendre chez eux et au moment de confirmer l’adresse pour t’y rendre, plus personne ne répond!

Certaines situations Workaway auraient pu très très mal tournées. J’en suis même parfois à me demander si les gens présents sur le site étaient volontairement mal intentionnés ou s’ils ne se rendaient pas compte des situations dans lesquelles ils pouvaient nous mettre. Se retrouver à la rue pour un soir ou plusieurs nuits parce que des hôtes vous ont abandonné c’est rageant, mais il y a encore moyen de se débrouiller. Cependant si vous avez fait des milliers de kilomètres pour y aller, que vous vous retrouvez au milieu de nulle part et que votre hôte vous a posé un lapin c’est beaucoup plus compliqué et ça pourrait mettre certaines personnes avec un budget pas très en forme, dans des conditions plus que délicates. Et même si des sanctions peuvent être prises contre les hôtes qui ont ce genre de pratiques en vous plaignant à Workaway, je ne suis pas sure qu’ils puissent aider à trouver une solution de remplacement rapidement…

 En résumé, je pense que Workaway partait à la base d’une très bonne intention mais que les années passants, le système s’effile au fur et à mesure et donne lieu à des abus à répétitions non sanctionnés.

Il faut un minimum de préparation avant de s’engager dans ce genre de programme. Être sûr de ce que vous ne voulez vraiment pas faire et être réaliste sur ce qui est réalisable et ce qui ne l’est pas. Pour beaucoup, le volontariat est un moyen de voyager sans dépenser d’argent, dans les faits je suis d’accord, on ne dépense pas tant d’argent que ça une fois sur place, mais il faut compter ce qu’il y a autour.  Il faut notamment prendre en compte les déplacements d’un volontariat à un autre, et je dois bien avouer que c’était un aspect que j’avais totalement minimisé et qui m’a joué plus d’un mauvais tour…

En dehors de ça, Workaway nous a permis de faire des rencontres formidables tout au long de la route, hôtes comme volontaires, je n’oublierais jamais personne parmi les centaines de rencontres que nous avons faites. Des dizaines et des dizaines de nationalités différentes, des grosses cuites, des heures d’insultes en langues étrangères, de la musique italienne affreuse, des quiproquos improbables, des films pornos espagnols, des soirées québécoises hors du temps, des fous rires au coin du feu, la gorge qui se serre à chaque départ et une nostalgie constante à chaque fois que je recoins un message de toutes ces personnes qui ont marqué notre voyage. Alors même si les épreuves sont parfois dures et décevantes, je ne pourrai que vous conseiller de tenter l’aventure Workaway, il y a tellement plus de choses à gagner qu’à y perdre. Foncez!

 

Dernier volontariat dans une boulangerie ❤ ❤ ❤

Eh bien voilà, nous y sommes enfin arrivés : le récit de notre dernier volontariat au Canada.

Notre aventure qui aura tout de même durée 10 mois, s’est close il y a maintenant plus d’un mois. Le temps de voir les choses avec un peu de recul et de nostalgie ? Non pas vraiment, les évènements qui ont suivi ont été tellement intenses, que je n’ai pas encore pris le temps de réaliser tout le chemin que nous avons parcouru avant de nous installer à Vancouver. Je prendrais le temps de revenir dans un prochain article sur le bilan de cette première partie de PVT. En attendant, cet article n’est étrangement pas celui le plus simple que j’ai eu à rédiger, pour la simple et bonne raison, que c’est sans doute le seul auquel je n’ai absolument aucun reproche, aucune critique négative à faire. Je vous avais tellement habitués à décrire mes petites déceptions, désolé de vous décevoir, il n’y aura rien de tout ca dans les lignes qui vont suivre, et pour cause, ce dernier volontariat était de loin, le plus beau, le plus intéressant et le plus enchanteur que nous avons vécu.

                                      

Voila le décor: quelques kilomètres après le très célèbre Whistler, une route incroyable sillonne à travers les montagnes pour rejoindre un minuscule village dans les alentours de Pemberton. Une zone très agricole, pas particulièrement riche économiquement mais où, contrairement à beaucoup d’endroits où nous avons séjournés,  est riche d’évènements sociaux-culturels. La maison de notre hôte, un petit paradis à la mode romantisme anglais, se trouvait nichée au beau milieu de ce décor montagneux incroyable. Encore un endroit bien isole du reste du monde. Notre hôte, une ancienne architecte s était reconvertie quelque temps auparavant dans le domaine de la boulangerie. Après avoir passé un bon bout de temps à agrandir et retaper sa maison qui était à la base une simple cabane canadienne en rondins de bois, elle s’est attaquée au corps de ferme attenant pour le transformer en atelier boulangerie et en Bed and Breakfast. Un projet très ambitieux et un résultat d’une beauté incroyable. La vente des produits de la boulangerie ne se faisait pas sur place mais lors des marchés hebdomadaires des environs, un autre point super positif de ce workaway !

  

 Ce volontariat a en quelque sorte révolutionné ma vie, puisqu’ il m’a permis de prendre une décision finale sur ce vers quoi je m’orientais professionnellement pour la deuxième partie sédentaire de notre volontariat. J’avais toujours rêvé de travailler dans un tel milieu, sans avoir la possibilité de pouvoir le tester et ainsi voir si cela me correspondrait vraiment bien. Ce volontariat était une opportunité rêvée. Nous avons tellement appris. Je n’avais jamais fait de pain auparavant, et je n’étais pas non plus familière avec la pâtisserie Canadienne Nord-Américaine, voilà qui est désormais chose faite!

 

Nous avons participé à la chaine complète de la production jusqu’à la vente des produits. Nous ramassions les fruits qui servaient à la confection des pâtisseries dans l’immense jardin de notre hôte, nous cuisinions et surtout nous allions vendre les produits sur les marchés. Une expérience incroyable de bout en bout.

Nos hôtes était un couple incroyable, qui ont placé en nous une confiance absolue et ce dès le premier jour. Un couple irlandais plein de vie, d’ambition et de courage. Il en faut de la volonté pour ne dormir qu’une heure par nuit, chaque veille de marche, débordée par le travail qu’engendre tous ces pains à la levure capricieuse.

 

 C’était dans ce volontariat où nous avons fait le plus de sorties avec nos hôtes, nous avions l’impression de faire partie de la famille. Dès notre première semaine, nous avons même eu le droit à notre PREMIER vrai week end Canadien typique dans un chalet en altitude, dans un endroit plus isolé que jamais, où seuls les 4×4 bien puissants ont accès. Ce week end là, j’ai fini par avoir une crampe au visage, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire comme une possédée tout du long. Tout était tellement beau, serein, et doux. Après l’enfer de nos week end attaqués par des milliers de moustiques dans notre volontariat au sein d’une communauté hindouiste, ceux de la Sunshine Coast où j’étais tourmentée par mes problèmes de digestion dû à la nourriture un poil avariée qu’on nous donnait, et ceux que nous avions connus durant l’hiver précèdent si long et si rude… Quel bonheur immense que de pouvoir enfin passer un week end sur l’eau, sans moustique, sans enfant qui hurle, avec une nourriture merveilleuse, en super bonne compagnie. Je revois les photos de ces deux jours et je suis aussitôt saisie d’émotions.  Non mais vous avez vu ce lac glaciaire ?! J’avoue avoir été faible et être la seule à ne pas être allée nager, en même temps si vous aviez vu la profondeur, vous seriez peut être restés sur le ponton avec moi. C’était pour moi, l’occasion de conduire un bateau pour la première fois de ma vie, et j’espère que ce ne sera pas la dernière.

Comme il est difficile de décrire à sa juste valeur tous ces moments qui nous rendent heureux!

 

Nous avions beaucoup de temps libre, ce qui nous a également permis de visiter un peu la région. Nous sommes rendus à plusieurs reprises à Whistler, que nous avons tous les deux bien appréciés, et que nous avons hâte de redécouvrir sous la neige. Et puis encore une fois, j’ai eu ma dose de bonheur avec les animaux de compagnie de nos hôtes et ceux des voisins. D’ailleurs je me rends compte un peu plus chaque jour du vide que je ressens à vivre en appartement sans aucun animal domestique, pour cela nos Workaway étaient incroyables.

Alors voilà, je crois que j’ai usé de tous les superlatifs qui me viennent en tête présentement pour décrire ce workaway. Que dire de plus pour conclure ce chapitre ?! Ne désespérez pas si vous avez tendance à être déçu par vos volontariats ou que cela ne ressemble pas du tout à l’image que vous vous en étiez faits, peut être que le meilleur est prévu pour la fin, peut être que vous allez tomber sur des personnes qui bouleverseront votre vie à jamais. Moi c’est ce qui m’est arrivée, et pour cela, même si j’ai eu beaucoup d’insatisfactions tout au long de cette aventure Workaway, cela valait bien la peine de faire tout ce chemin.

 

On se retrouve très vite, c’est promis.

En attendant, prenez soin de vous.

 

 

 

Trois semaines de road-trip en Colombie-Britannique ❤

Voilà trois mois, bientôt quatre que nous avons franchi la dernière province à l’Ouest du Canada: la COLOMBIE-BRITANNIQUE.

Pour vous, cela n’évoque peut-être rien du tout, pour moi, franchir ce territoire était le deuxième objectif que je voulais atteindre après celui de faire des volontariats durant les premiers mois de notre PVT.

Parcourir le Canada d’un océan à l’autre, l’idée me paraissait belle et pleine de rebondissements. Je voulais atteindre Vancouver pour passer notre second hiver Canadien et reprendre le travail.

Voilà, un bel objectif d’atteint. Mais avant de vous parler de nos deux derniers volontariats et de notre installation à Vancouver, je vous propose un petit retour sur nos trois semaines passées toujours en compagnie de notre bébé Gordon (le van) sur les routes de cette incroyable province.

Parc National YOHO

Si je me rappelle bien de mon dernier article sur notre traversée de l’Alberta, il s’était arrêté ici: après une tempête de neige en plein mois de juin. Quelques kilomètres glaciales plus tard, après avoir parcouru une partie du Parc Provincial Yoho, nous voilà arrivés dans les Kootenays.

  • Semaine 1 : Les Kootenays.

Après une journée bien éprouvante à redescendre les Rocheuses dans un van aux freins défaillants, la première ville sur laquelle nous tombons, me fait un peu oublier les tracas du voyage. Il s’agit de Golden, ce n’est pas une ville en or, mais pour nous, c’est tout comme. Voir autant de lumières à la nuit tombée dans les rues ne nous était plus arrivé depuis des mois. Il n’y a personne dans les rues, même le Macdonald est désert, c’est dire. Un prospectus sur les mariages dans la ville de Golden me donne envie d’y revenir lorsqu’il fera plus beau et plus chaud, car visiblement en dehors d’être une ville étape sur la route des Rocheuses, Golden est difficilement appréciable lorsqu’il fait froid et pluvieux, ses principales attractions sont les sports d’extérieurs. Nous ne restons pas bien longtemps dans cette ville, juste le temps d’un Burger chez Donald.

 

    

Après une nuit presque parfaite autour d’un lac sous un ciel dégagé pour contempler les étoiles, (je tiens à remercier le propriétaire de la caravane du bout du lac et sa musique country insupportable pour nous avoir bien pourri l’ambiance), nous avons filé en direction de notre tout premier hot spring (source d’eau chaude thermale) Canadien.


Une photo officielle de Radium Hot Spring pendant l’hiver. 

Le premier était celui de la ville de Radium Hot Spring, un endroit avec beaucoup de commerces allemands et de vaches en liberté, comme celles ci-dessous, qui sont venues prendre le petit déjeuner avec nous le matin suivant.


La vallée des Kootenays était certes très jolie à parcourir mais ne nous a pas laissé un souvenir particulièrement marquant. La route traverse des étendues de verdure désertiques, ponctuées de petites villes comme Kimberley ou encore Cranbrook, que même Lonely Planet qualifie de « sans grand intérêt ». Les seules occupations que vous pourrez y trouver en dehors des sports extrêmes, sera une visite dans l’un des nombreux musées miniers ou de chemins de fer de la région. Les villes du coin n’ont pas véritablement de charme, ce sont majoritairement des endroits clés pour le commerce et les grandes industries, pas tellement pour le tourisme.

 

 

Cependant, il y a bien une route qui a marqué mon esprit. Un véritable festival de serpentins à flan de falaise avec une vue époustouflante sur le lac Kootenay.

Arrivé à Kootenay Bay, vous n’avez pas d’autre choix, il faudra traverser en ferry si vous voulez aller plus loin ou rebrousser chemin. La route s’arrête nette au milieu de nulle part. Nous nous sommes fait un plaisir de prendre le ferry, puisqu’il était G R A T U I T (ça s’écrit en lettres capitales tellement c’est rare!). La traversée du lac dune rive à l’autre dure moins de 20 minutes, et la vue est grandiose.

 

 

à bord du ferry 

Arrivés de l’autre côté du lac, notre première destination était le fameux Hot Spring d’Ainsworth, connu pour ses caves thermales. Après plusieurs jours sans douche (la vie en van c’est pas facile tous les jours!), on était bien heureux de pouvoir prendre 3 douches d’affilées et de rester barboter dans une eau à plus de 30 degrés jusqu’au coucher du soleil.

Nous n’étions pas du tout déçus du détour, Ainsworth vaut vraiment la peine qu’on s’y arrête.

Photos officielles du Hot Spring d’Ainsworth

Après une nuit diluvienne, nous avons repris la route vers l’une des villes que j’avais le plus envie de découvrir en Colombie-Britannique: Nelson !

J’avais entendu parler de Nelson quelques semaines auparavant seulement, grâce à notre site de volontariats Workaway. Plusieurs annonces pour travailler dans des centres de retraite de yoga se trouvaient dans cette ville là. Je m’étais donc renseignée pour savoir à quoi ressemblait la ville et j’ai tout de suite compris que Nelson était en réalité le San Francisco Canadien, aussi bien à travers son architecture que de part son modèle de vie. Les rues principales de la ville sont remplies de centre de yoga en tout genre, de magasins et de lieux de restauration bio/vegan/gluten-free, de quelques boutiques hippies et plusieurs salles de concerts. Après 3 mois passés dans le très sauvage Manitoba, y a pas à dire, ça dépayse !

Nous n’étions que deux jours à Nelson, je m’y serais bien vu restée plus longtemps, mais les villes sont un véritable gouffre financier lors des voyages en van. D’autant plus que l’unique camping de Nelson était un peu une honte au niveau de l’empilement de ses voyageurs. Notre van n’étant pourtant pas bien grand comparé aux campings cars, nous avions à peine l’espace pour ouvrir nos portières, avec à notre droite, accès direct sur la fenêtre du voisin et à notre gauche, la route ! On a vu pire, mais on a aussi vu bien mieux !

Semaine 2 : The Okanagan Valley

Notre départ de Nelson a marqué notre arrivée dans l’Okanagan Valley, connue comme étant la vallée fruitière du Canada, autant dire la Terre-Promise pour moi en manque de fruits frais depuis tellement de mois…

Osoyoos est la ville la plus au Sud de cette vallée, à la limite de la frontière Américaine, elle arbore un joli look d’Amérique du Sud avec ses maisons ocres et ses bâtiments ne dépassant pas les 3 étages. On s’y serait bien arrêté, mais il ne faisait que pleuvoir. La route était toujours aussi déserte sur des centaines de kilomètres au Nord. Certaines villes avaient des airs de film Western. C’est un fait, la Colombie-Britannique offre une véritable diversité de paysages et d’architecture.

Notre premier arrêt dans la vallée de l’Okanagan et sans doute celui le plus long de notre voyage a eu lieu à Penticton, l’une des villes les plus ensoleillées du Canada, ce qui en fait une très bonne destination touristique pendant la saison estivale. Décor aride, montagnes, lacs et villas improbables en chaines dans les hauteurs des falaises.

 

Penticton ne ressemblait à rien de connu à mes yeux, et c’est sans doute pour cela que j’ai beaucoup aimé y passer du temps.

C’est aussi là que nous avons trouvé nos deux meilleurs spots de camping, le premier était payant mais disposait d’une plage privée trop mignonne, le deuxième était un wild wild one, rempli de moustiques et de bêtes aquatiques, et pourtant c’est l’un de mes meilleurs souvenirs.

 

Si vous avez de gros moyens la vallée de l’Okanagan est un bel endroit pour séjourner une semaine entre visites de vignobles, balades en bateau et sports nautiques. Si comme nous, vous n’avez pas grand chose, alors vous apprendrez à vous satisfaire de la richesse des paysages. Pour cela Summerland et Peachland étaient de chouettes endroits où flemmarder au soleil et randonner sur des chemins de fer abandonnés. La visite des vignobles était pour nous impossible, chaque vignoble faisait payer son droit d’entrée une centaine de dollars par personne. Le meilleur moyen pour les approcher gratuitement et sans doute de faire du picking pendant l’été, mais nous avions bien d’autres projets pour la suite.

Nous nous sommes également arrêtés à Kelowna et Vernon.

Kelowna est une ville agréable, mais nous ne nous y sommes pas trop attardés. A quelques kilomètres de là, se trouve Lake Country, une grosse déception! L’endroit est certes très beau, mais l’unique plage du lac doit mesurer à tout casser 4m2, et au sol ce n’est rien d’autre que du gravier. Quant aux commerces touristiques du coin, je trouve que les locaux ne se sont pas bien foulés, la touriste en manque de consommation qui sommeille en moi était très déçue.

Heureusement, un peu plus au Nord, il y avait Vernon, avec ses gros problèmes de drogues mais surtout-surtout, ses librairies fantastiques! Tout mon budget souvenir y est passé!

Je passerai mon tour sur Kamloops, que nous avons parcouru en moins d’une demi-journée et qui ne m’a pas du tout inspiré.

PLASTIC PONCHO IS THE NEW SEXY

 

Bref intermède dans la vallée Fraser

A la suite de notre volontariat dans une retraite de yoga, nous avons eu l’occasion de nous balader le long de la vallée Fraser.

Cette vallée est sans doute l’une de celles qui est la moins visitée de toute la Colombie-Britannique. Il faut dire que les personnes chargées du tourisme ne sont pas au top de la performance dans les environs. Les guides touristiques n’en parlent que très peu, voire pas du tout, alors pourquoi donc s’y attarder, si pour vous rendre à Vancouver, vous pourriez plutôt passer par Whistler et Squamish ??!

Eh bien, si vous voulez mon avis, la vallée Fraser est de loin celle qui m’a le plus éblouie de notre road-trip. C’est peut-être parce-que j’ai vraiment quelque chose avec les endroits désertiques et arides, mais il n’y a rien qui me fasse pousser plus de cris d’émerveillement que ce genre de décor. La vallée Fraser est celle de la ruée vers l’or. Les villes y ont toutes gardées un petit côté far west.

Après avoir passé les portes de l’enfer. Je ne plaisante pas, HELL’S GATE existe vraiment. Le décor change radicalement, et vous voilà transportés dans ce genre d’endroit:

 

 

Une ville résonant au doux nom de HOPE, où vous pourrez vous perdre dans des tunnels abandonnés, ayant servi précédemment à l’établissement d’un chemin de fer, durant la période de la ruée vers l’or.

Semaine 3 : La Sunshine Coast

Après deux jours à découvrir Vancouver, dont j’aurai le temps de vous reparler en long et en large bien plus tard. Notre route nous a mené sur la Sunshine Coast pour notre avant-dernier volontariat. Nous avons pris le temps de découvrir ce bout de terre isolé de tout, du Nord au Sud, durant 3 semaines.

Ports et plages pour les sudistes, de Gibson à Robert’s Creek

Bon, il faut que je vous avoue un truc. On s’est un peu fait avoir avec la Sunshine Coast. Avec un nom pareil on s’attendait vraiment à débarquer sur un hot spot de surf et de touristes en folie, venus des quatre coins du monde pour s’enjailler sur les rares plages de sables fin de la côte Pacifique du Canada, et bien encore une fois, on n’y était pas du tout. Déjà, il a fallu qu’on oublie les plages de sable fin, c’était bien plus souvent des cailloux que du sable, ensuite les touristes étaient plutôt du genre à habiter à Vancouver, (qui est à 20 minutes de ferry), quant au surf, faudrait-il qu’il y ait des vagues dans un golfe. (Hum hum, voilà, voilà…)

 

Après avoir passé 3 semaines sur la Sunshine Coast, je reconnais que c’est un lieu bourré de charme, mais si vous n’êtes pas fana de randonnées et de sport nautique, je vous déconseille fortement d’y aller, puisque le tourisme n’y est pas du tout développé, en dehors de quelques évènements, il ne s’y passe pas grand chose. Si vous ne me croyez pas vous pouvez toujours consulter le guide touristique de la région, la taille et le design du fascicule et suffisamment explicite !

J’ai adoré cette île parce qu’il y a fait beau et chaud tous les jours où nous y étions et qu’elle nous a permis de nous remettre un peu de toutes nos émotions passées. Les paysages y sont magnifiques et rappellent beaucoup le Morbihan. Gibson et Robert’s Creek sont les deux endroits les plus touristiques.

 

Lacs et montagnes pour les nordistes, de Madeira Park à Egmont

De Madeira Park jusqu’à Egmont, le terrain est beaucoup plus propice à la dépense physique qu’à la glande. L’île offre de nombreux sentiers de randonnée. Tout y est encore très sauvage, des lieux de baignades jusqu’aux ports.

Mon endroit préféré sur la Sunshine Coast est sans conteste Ruby Lake, où nous avons passé 3 semaines lors de notre volontariat dans le resort du meme nom. Les couchers de soleil y sont extraordinaires, la sérénité du lieu, la diversité des animaux que vous pourrez apercevoir en fait un lieu vraiment magique.

Apres le calme de la Sunshine Coast, nous avons retrouvé l’agitation de la ville en nous rendant à nouveau à Vancouver pendant deux jours, avant d’enchainer sur notre tout dernier volontariat non loin de Whistler.

Rendez-vous au prochain épisode ?

Sixième volontariat sur la Sunshine Coast 😎

Septembre, septembre…

SEPTEMBRE ???? Mais je ne vous ai pas encore raconté la fin de notre road-trip du mois de juin!

Puisqu’il faut rattraper le temps, je vais prendre une bonne résolution pour cette rentrée, et écrire quelque chose de court. Je sais très bien qu’à l’heure qu’il est vous êtes bien trop occupés à tester vos nouveaux stylos fluos senteur fruits des bois dans vos cahiers tout propres, plûtot que de lire mes pérégrinations en terre lointaine. Pour ceux qui arrivent à faire deux choses à la fois, voici le récit de notre sixième et avant dernier volontariat au Canada, sur la Sunshine Coast.

  • Un nouveau type de volontariat.

Notre sixième volontariat était sans doute le plus atypique de tous, principalement parce qu’il ne ressemblait pas vraiment à un volontariat. Contrairement à tout ceux que nous avions fait précédemment, celui-ci se déroulait dans un resort d’une taille assez phénoménale, où nous n’avions que très peu de contact avec nos hôtes. Nous ne vivions pas avec eux, nous ne mangions pas avec eux et nous ne travaillions pas non plus avec eux. Nous avions notre propre hébergement que nous partagions avec d’autres volontaires de tous les continents. Nous mangions tous les soirs au restaurant du resort tous ensemble. Nous travaillions seuls la plupart du temps, et surtout, surtout, nous avions BEAUCOUP de temps libre. Le travail que nous faisions se limitait à 5h (comme ce qui était initialement prévu dans le contrat Workaway) et pourtant c’était bien la seule fois que ces 5h étaient respectées.

  • Un cadre incroyable

Ce volontariat se trouvait à Ruby Lake, sans doute l’un des plus beaux endroits de la Sunshine Coast, qui elle-même se trouve à quelques kilomètres de Vancouver mais n’est accessible qu’en ferry, aucune route ne la relie à l’intérieur des terres. Son petit nom estival nous a quelque peu induit en erreur, nous étions persuadés qu’il s’agissait là d’une des principales côtes touristiques de la Colombie-Britannique, une fois sur place, c’était pas vraiment ce qu’on imaginait. La Sunshine Coast est bel et bien l’un de ces lieux qui double voire triple de population l’été, mais ce ne sont pas véritablement les touristes venus en masse qui en sont à l’origine, mais plutôt les riches propriétaires de maisons secondaires venus respirer loin de la ville. Il y a beaucoup de randonnées et de ballades à faire sur la Sunshine Coast, mais très très peu d’activité touristique, mieux vaut donc venir avec son bateau, son équipement de plongé ou de jet ski, et s’approvisionner suffisamment en nourriture avant de venir car ici, tout est incroyablement cher ! Il y a malgré tout quelques téméraires qui tentent l’aventure et qui se retrouvent la plupart du temps à Ruby Lake Resort, le fameux resort où nous travaillions.

Ruby Lake Resort n’était pas un resort comme les autres. Il s’en dégageait une ambiance assez incroyable. Un petit air de paradis au milieu de nulle part. Il y avait des fleurs absolument partout, et il y en avait pour tous les goûts; des sculptures en bois, en fer, en pierre, qui rendaient l’endroit ultra chaleureux, et la présence d’animaux plus adorables les uns que les autres (à l’exception des ratons laveurs, mon copain pourra vous en dire quelques mots si vous le souhaitez.) Le resort proposait une version camping safari pour les aventuriers et une version motel un poil plus chic pour ceux qui préfèrent le confort. C’était un endroit idéal pour les mariages et cérémonies en tout genre, d’ailleurs on a pu en voir quelques uns et même y participer.

Le travail était incroyablement cool comparé à tous les volontariats que nous avions pu faire précedemment, seules la température particulièrement extrême des premiers jours rendait la tache un peu plus compliquée (après les -40 de l’hiver, les 40 de l’été n’étaient pas franchement nécessaires…) Nous nous chargions principalement de divertir les clients en leur permettant d’aller voguer sur l’eau du lac très mystique qui se trouvait en face du resort, (bref, de la location de bateaux si vous préférez), de garder les plantes de la propriété en vie et surtout de garder le resort propre (tentes et parties communes). Rien de bien compliqué.

Nous étions 5 volontaires et les autres personnes qui faisaient fonctionner le resort étaient des membres permanents de l’équipe eux aussi internationaux. L’ambiance était très détendue, parfois même peut-être un peu trop…

  • Derrière la carte postale

Je ne vais pas vous cacher que l’organisation un peu trop cool du resort m’a très vite tapée sur le système. Rien n’est parfait. Quelques employés se sont très vites réposés sur nos épaules en se déchargeant assez facilement de leur propre travail, ce qui rendait certaines journées assez infernales. Sans parler de l’organisation dans un sens plus général autour des normes d’hygiènes qui n’étaient absolument pas respectées et qui me faisaient complètement halluciner (pourtant je peux vous dire que j’en ai vu des trucs crades durant mes précédentes expériences…)

Je n’étais pas seulement affligée pour les clients, je l’étais aussi pour moi-même, puisque je vivais là et que je mangeais là. Très rapidement, l’expérience s’est transformée en un affreux désastre gastrique, je finissais malade après chaque repas, sans exception. J’ai bien essayé d’arrêter la viande et les poissons, en vain, puisqu’on continuait à en dissimuler dans mes plats, il fallait finir les restes, vous voyez ! Les derniers jours, j’ai réussi à passer à des repas uniquement composés de salades, je n’étais plus malade, mais j’avais faim (rien n’est parfait je vous dis). Aujourd’hui on en rigole souvent, mais quelle ironie de se dire que notre pire souvenir culinaire de toutes nos expériences Workaway était dans un restaurant…

 

  • Bilan d’un mois les pieds dans l’eau.

Ruby Lake  est de mon point de vue très loin d’être dans le top 5 de nos meilleurs volontariats pour la simple et bonne raison qu’il ne correspondait absolument pas à mes attentes d’un volontariat, nous n’avons eu aucun échange culturel avec nos hôtes, nous sommes d’ailleurs partis sans même qu’ils ne connaissent nos prénoms, c’est dire ! Nous n’avons développé aucune nouvelle aptitude et n’avons rien découvert que nous ne connaissions déjà en terme de travail. J’ai été très déçue d’être la seule de toute l’équipe de volontaires à avoir toujours la même tâche à faire, qui plus est la moins marrante: le housekeeping! Mais ce sont des sacrifices qu’il faut être prêt à accepter dans ce genre de situations.

A coté de ça, Ruby Lake était sans doute l’un des workaway les plus agréables que nous avons vécu. Nous étions libres de nos mouvements une fois le temps de travail terminé, nous n’avions à rendre de compte à personne, nous ne devions préparé les repas du soir pour personne et surtout surtout, nous ne lavions pas la vaisselle pendant des heures après chaque repas (ce qui était assez inédit). Le resort nous prêtait des canoes et des paddles pour aller sur le lac aussi souvent qu’on en avait envie, et comme dit précedemment toute l’équipe était incroyablement gentille et avenante.

Ces quelques semaines nous ont permis de nous ressourcer, de prendre un peu de temps pour nous, de pouvoir admirer des pluies d’étoiles filantes et des couchers de soleil à couper le souffle.

C’est pour sûr, un volontariat que je conseillerai à toute personne qui a envie de rester indépendante et qui aime les activités outdoor.

Dans un prochain article, je vous dévoilerai un peu plus l’identité de la Sunshine Coast que nous avons traversé et pris le temps de découvrir chaque fois que nous en avions l’occasion, à défaut de faire un volontariat, peut-être que cela vous donnera envie d’y faire un tour !

A très vite !

Cinquième volontariat dans une retraite de yoga

 

Le voici enfin ! L’article tant attendu sur notre volontariat dans une retraite de yoga. Vous avez été plusieurs à me demander des détails sur cette étape de notre voyage, j’espère que cet article répondra à vos questions et si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser un mot doux en bas de cet article.

  • Un village hors du commun.

Tout a commencé exactement comme notre volontariat à la ferme québecoise de l’hiver dernier. Nous sommes arrivés cette fois-ci sous un temps caniculaire dans une vallée aride et désertique. Alors qu’on s’imaginait arriver dans une petite ville, chez un particulier qui aurait décidé de profiter d’avoir un terrain suffisamment grand pour pouvoir accueillir des retraites de yoga; une fois sur place, nous n’y étions pas du tout. La petite ville était en réalité une gigantesque vallée de 50 habitants unis par une même spiritualité, un même mode de vie en semi autosuffisance et une même culture, celle enseignée par le Baghavad Gita, une branche de l’hindouisme. C’était pour nous la première fois que nous expérimentions un village communautaire.

N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les voir de plus près.

 

 

Cette vallée reculée de tout avait été un jour, le terrain de chasse des hommes venus à la conquête de l’Ouest au temps de la ruée vers l’or. Laissée inhabitée pendant des décennies car étant une terre assez hostile, ce n’est que dans les années 70, qu’un guru hindouiste venu convertir l’Ouest Américain s’intéressa à cette vallée pour y bâtir le premier village Bhakti de la région. D’autres villages semblables prirent forment un peu partout en Amérique du Nord, mais celui-ci ne dura que quelques années avant de péricliter. Comme de nombreuses communautés à volonté autarcique, celle-ci n’échappa pas au dur retour à la réalité que ses membres n’avaient visiblement pas anticipé. Pendant des années, ce village vécu sans argent, chacun cultivait sa propre nourriture et se débrouillait avec les économies de sa vie passée. Sans penser qu’un jour, leurs propres enfants auraient eux aussi besoin d’argent, d’un travail ou tout simplement envie d’un autre mode de vie. L’expérience fut douloureuse pour tout le monde. Les enfants en premier car prisonniers de cette vallée, et les parents également puisqu’ils durent renoncer à cette aventure une fois arrivés en fin de vie de leurs économies. La vallée est ainsi restée à nouveau vide de vie humaine pendant quelques années, avant que de nouvelles personnes ainsi que des anciens reviennent pour retenter l’expérience.

Bien que le village réussi à renaitre de ses cendres il y a une quinzaine d’années, aujourd’hui encore, il n’y a toujours pas de commerce dans la vallée, donc aucune source de rentrée d’argent et une simple école pour une trentaine d’enfants de 3 à 18 ans, avec une seule classe tous niveaux confondus. La version 2.0 de cette communauté ressemble donc étrangement à la première.

Le centre de retraite de yoga dans lequel nous avons travaillé sera donc ainsi le premier business de la vallée, permettant ainsi de créer de l’emploi, du dynamisme et inciter de nouvelles personnes à vivre en ce lieu.

  • Entre jungle et désert.

La vallée à elle seule suffit à donner le vertige. C’est un type de paysage que nous croisions pour la première fois au Canada. Le genre de paysage aussi attrayant que répulsif. Le climat aride et les forêts d’épineux étaient une combinaison parfaite pour l’existence et la prolifération d’insectes et d’espèces animales peu sympathiques. Nos deux principaux ennemis étaient les moustiques et les serpents. Je n’ai sincèrement jamais vu autant de moustiques de ma vie. Ils étaient tellement nombreux que leurs incessants déplacements formaient un bourdonnement omniprésent bien plus fort que celui d’un essaim d’abeilles. Malgré les répulsifs, malgré plusieurs couches de vêtements , il nous arrivait parfois d’avoir plus d’une dizaine de moustiques sur le corps en même temps, rien n’y faisait. Et comme durant ce volontariat, nous dormions dans notre van, que notre douche était une douche solaire, et nos toilettes des toilettes sèches et que nous travaillions majoritairement dehors… le cauchemar était permanent. Si on s’habitue à tout, les moustiques doivent être l’exception à la règle. Les montagnes tout autour de nous étaient quant à elles une agréable présence la plupart du temps, mais renforçaient également le sentiment d’isolement et l’impression d’être sur une terre très hostile à toute présence humaine. L’expérience était de ce point de vue intéressante à vivre pour quelques jours, nous l’avons vécu pendant plusieurs semaines et mon esprit commençait à me jouer des tours, je ne veux pas imaginer à quoi ressemblerait tout une vie en ce lieu. Encore une fois, c’était incroyable de voir, toutes les concessions et les affronts de la nature que les Canadiens sont prêts à affronter pour vivre en autarcie.

Notre maison pendant un mois, notre van d’amour perdu au milieu de l’obscurité.

  • Une patience à toute épreuve.

Autre déconvenue en arrivant sur place, nous remarquons très vite que la retraite de yoga ou du moins les espaces qui devraient lui être dédiés n’existent pas encore. Etant venus principalement pour aider à la construction d’une serre et à l’aménagement des espaces extérieures ,il était évident pour nous que les espaces intérieurs avaient été conçus depuis longtemps. GROSSE ERREUR. Nos hôtes avaient emménagés là cinq ans auparavant, à l’origine leur terrain était une forêt de sapins où il était impossible d’avancer plus de trois pas en ligne droite sans se prendre un arbre. Il leur aura fallu plus d’un an pour déboiser ce qui allait devenir leur espace de vie. Marc, notre hôte a toujours eu la volonté de construire sa maison tout seul, sans faire appel à aucune entreprise. (Vous noterez ici encore la témérité et la volonté sans faille des canadiens.) Leur maison s’est donc construite lentement mais surement. Un été a été dédié à la construction d’un périmètre de sécurité principalement contre les nombreux feux de forêts très récurrents dans cette zone aride et contre les animaux du coin tels que les loups et les ours. A notre arrivée, seulement deux toilettes sèches, une douce solaire et une cabine avait été construite pour le centre de retraite. Il manquait encore le principal: le dôme qui accueillerait les coures de yoga et les infrastructures pour accueillir les participants (5 ou 6 autres cabines). Il y avait donc encore beaucoup à faire. Certains d’entre vous m’ont demandé quelle était la nature de notre aide dans cette retraite de yoga, voilà enfin l’heure de la réponse.

  • Le lac, majeure distraction de la vallée par beau temps.
  • Introduction au véganisme et débroussaillage en milieu hostile.

Nous étions 6 volontaires au départ, un couple allemand et un couple canadien, puis un couple d’italiens, avant que tout le monde ne s’en aille et qu’il ne reste plus que nous. C’était une aventure assez incroyable que d’être entourés par des couples de multiples nationalités pendant ces quelques semaines.

Notre principale mission a été de nous familiariser et de devenir des chefs en cuisine végane (ce qui n’est à la base pas du tout notre truc, rappelez-vous notre première immersion en territoire végane à Terre-Neuve.) Nous avons à nouveau découvert de nouvelles saveurs. La première semaine a été très riche en nouveautés : toutes ces poudres énergisantes et ces alternatives aux produits laitiers et aux aliments composés de gluten. C’était un nouveau monde pour nous. L’expérience était bien plus extrême qu’à Terre-Neuve, les plats étaient beaucoup moins variés, toujours composés de riz et très très peu salés ni épicés. La deuxième semaine était un désenchantement, mon corps n’a pas supporté un tel changement aussi brutal d’alimentation : les ballonnements étaient mon quotidien. Quant aux dernières semaines, en plus des maux de ventre s’ajoutaient la lassitude de manger du riz parfois jusqu’à 3 fois par jour, petit-déjeuner y compris, d’avoir le ventre gonflé comme un enfant du Darfour en malnutrition et de n’éprouver que de l’appréhension à l’approche des repas. Bilan de l’expérience végan : PLUS JAMAIS CA !

Lorsque nous n’étions pas en cuisine, nous étions principalement dehors (eating alive by mosquitoes) à poursuivre le débroussaillage sans fin de la foret ou à construire de nouvelles infrastructures pour la maison mère du centre de retraite. Pour ma part, j’ai appris à construire un escalier de A à Z (vous pouvez donc désormais me contacter pour toute construction sur mesure), nous avons également bâti un potager avec ma tendre moitié.

La troisième tâche qui nous était demandée, et pas des moindres :

  • « Fight the demons !!!! » 

Oui, oui ! Vous avez bien compris : combattre les démons.

Dans la religion pratiquée par la communauté, il était très tôt enseigné aux enfants de combattre le mal, ce qui sous entendait les péchés tels que la luxure, l’avarie, la jalousie, etc. Rien de nouveau sous les tropiques ! Sauf que pour un enfant, le démon est une personne à part entière qui peut se démultiplier à volonté et vous court après toute la journée avec comme seul objectif: vous congeler le cerveau ! Très belle image quand on y pense. Du coup, vous l’aurez compris, notre mission était de s’occuper des enfants et donc des démons.

Sauf que voilà, en moins de 48h, il était devenu évident que les démons n’étaient pas invisibles, ils étaient bien là, en chair et en os, sous la forme de deux petits farfadets de 3 et 5 ans. Les enfants les plus turbulents que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent : au rythme de 4 crises de larmes par heure, une pluie d’insultes quotidienne et une certaine passion pour la destruction et la décadence. Que faire, que dire ? Pour être honnête, c’était pour moi la première fois que je m’occupais d’enfants et j’étais vraiment dépassée par les événements. Ce n’était donc pas une blague, j’ai bien passé plusieurs semaines à combattre deux démons. Et quelle victoire triomphante chaque fois que je parvenais à les réduire au silence !

  • Tout est question de paix intérieure.

Je ne vous cache pas que pour toutes ces raisons, c’était une expérience riche mais très éprouvante.Quand on visualise une retraite de yoga, on pense bien souvent à un endroit calme et relaxant, alors que ce que nous avons vécu était tout l’inverse. Pour autant, l’expérience a été d’autant plus formatrice : comment trouver la paix en soi quand tout autour de vous n’est que chaos.C’est le principe même de la méditation à laquelle nous avons été introduite. La méditation par le chant, une chose bien étrange pour toute personne qui découvre cette pratique pour la première fois, et une véritable transe pour celui qui sait de laisser envouter par la magie de cet art. Et puis bien entendu, nous avons fait du yoga, nos premiers étirements après un hiver bien rude et deux mois de vie dans un van de 4m2, c’était un peu douloureux, mais quel bonheur !

  • Attention, paragraphe optimiste !

Malgré tous les déconvenues qui nous sont arrivés durant ce volontariat : les conditions d’hébergement très rudimentaires, la nourriture qui me faisait tout sauf du bien et l’omniprésence d’enfants turbulents ; je garderai tout de même un bon souvenir de ce volontariat, notamment pour nos deux hôtes qui étaient deux personnes que nous avons beaucoup appréciées, pour tout l’échange culturel dont nous avons pu bénéficier et pour tous les challenges que nous avons dû surmonter. Un workaway est loin d’être un club de vacances, cela implique en réalité bien plus de travail, de concessions et de difficultés qu’un réel travail. Chaque volontariat nous met face à de nouvelles difficultés que nous n’aurions sans doute jamais eu en temps normal. Et si parfois je fulmine en silence, c’est aussi ça qui fait la beauté et la richesse d’un tel voyage.

Deux semaines en Alberta.

Troisième étape de notre road-trip estival.

Et dire que c’était déjà il y a plus de deux mois… Nos deux semaines en Alberta sont passées comme des étoiles filantes ! Avant d’y aller, j’avais beaucoup entendu parler de l’Alberta . J’avais eu beaucoup de retours très positifs concernant la beauté de ses paysages, la vie relativement peu chère qu’elle offrait, les nombreuses opportunités d’emploi et son côté très moderne ville de verre et ses espaces verts. Seules ombres au tableau, le portrait très négatif de son très oisif Fort McMurray et de sa capitale Edmonton dont la principale fierté réside dans la construction de l’un des plus gigantesques centres de consommation de l’Amérique du Nord (oui rien que ça). Nous n’y avons pas mis les pieds, et je me garderai ainsi d’émettre le moindre avis sur ce sujet. Nous avons à la place préféré jouer la carte du touriste à 200%, découvrant ainsi les plus belles pépites de la province.

Sur la route des dinosaures.

Medecine Hat, une belle surprise !

Notre premier arrêt en Alberta fut assez marquant. Après des kilomètres et des kilometres de champs et De villages abandonnés parcourus lors de notre traversée du Saskatchewan, il ne nous aura fallu qu’une petite heure de route après la frontière pour arriver dans la première grosse ville du Sud de l’Alberta : Medecine Hat. Je ne vais pas vous cacher que j’appréhendais un peu cette ville suite à la description qu’en avait fait mon guide Lonely Planet (décidément je m’abstiendrais de leurs conseils pour mes prochaines escapades.) Medecine Hat y était décrite comme la ville du pétrole par excellence et donc comme une ville sombre, peu dynamique en dehors de son busy business et particulièrement inspirante pour les écrivains en mal de spleen.

Je nous imaginais déjà entrain de passer la nuit aux pieds d’une usine alors qu’en réalité pas du tout, ce fut une très belle surprise. Medecine Hat était très bien aménagée et très verte, de gros efforts avaient été fait pour qu’elle finisse dans le top 5 des villes avec le plus de parcs et de domaines boisés du Canada.

Malheureusement pour nous, le déluge nous a rattrapé et a rendu impossible toute tentative de découverte plus approfondie de la ville. En revanche, elle nous aura permis de croiser la route d’une personne dont nous nous souviendrons pendant longtemps. Alors que nous nous étions réfugiés dans notre QG le Mcdo, nous avons fait la découverte d’un voyageur solitaire trempé jusqu’aux os. Un canadien du même âge que nous qui voyageait à contre sens de notre voyage, d’Ouest en Est… en vélo !

A l’heure où j’écris ces mots, sa traversée du pays s’est achevée depuis longtemps et le voilà qui désormais traverse l’Europe ! Rencontrer des gens inspirants un jour de pluie est d’un réconfort absolu. Une belle leçon d’optimisme pour poursuivre notre voyage !

Dinosaur Provincial Park

Le soir même de cette rencontre, reboostés à bloc par cette rencontre, nous avons donc décidé de continuer notre route en direction des dinosaures malgré la pluie, la foudre et le froid. C’était une idée fabuleuse ! Nous n’avions pas encore franchi l’entrée du Parc Provincial que nous en prenions déjà plein les yeux. La nuit fut glaciale mais le lieu était tellement magique que j’en avais perdu toute motivation de me plaindre de quoi que ce soit (c’est dire la beauté de la chose!)

Notre premier contact avec les hoodoos canadiens !!!

Petit précis pour mieux comprendre de quoi il s’agit.

Il y a 75 millions d’années, ce qui est maintenant l’est de l’Alberta, était une plaine littorale de faible altitude aux abords d’une mer vaste mais peu profonde. La température subtropicale ressemblait à celle du nord de la Floride aujourd’hui. D’innombrables créatures fréquentaient l’endroit : des poissons, des amphibiens, des tortues, des oiseaux, des mammifères primitifs et environ 35 espèces de dinosaures. Certaines de ces créatures sont mortes dans les lits des rivières et dans les vasières, et leurs os ont été enfouis sous des couches de sable et de boue. Le passage du temps, combiné à la pression, à l’absence d’oxygène et au dépôt de minéraux, a produit des fossiles, soit des empreintes d’os, de dents et de peaux de créatures qui fréquentaient autrefois la région. La formation de couches de roches sur ces fossiles en a permis la conservation.

Ce n’est qu’à la fin de la dernière période glaciaire il y a environ 13 000 ans — une fraction de seconde dans l’histoire géologique — que les glaciers ont enlevé les couches supérieures de roches. D’importantes quantités d’eau de fonte ont sculpté les couches fragiles de grès et de mudstone, dénudant les sédiments fossilifères et, parallèlement, créant la vallée de la rivière Red Deer. Les cheminées de fées (ou hoodoos), les mesas isolées et les basses ravines de cette vallée, située au cœur des bad lands de l’Alberta, contiennent la plus importante concentration de fossiles de dinosaures de la période du crétacé supérieur jamais découverte.

(Mes remerciements au Gouvernement Canadien pour ce petit précis historique.)

Drumheller

De villages désertiques en villages désertiques. Nous avons poursuivi notre chemin jusqu’à Drumheller, où j’ai fait une indigestion de Dinosaures au musée qui leur est dédié.

D’habitude, grande fan des musées en tout genre, celui-ci m’a donné des vertiges à cause de sa densité. Alors d’accord, on en a eu pour notre argent puisque l’entrée n’est pas donnée, mais au bout d’une heure et demi, j’étais perdue. Alors que je pensais avoir fait le tour du musée, j’en étais en réalité même pas à la moitié !

La ville de Drumheller m’a beaucoup plus inspirée que le musée. Elle avait des airs de ville bloquée dans les années 80, un mélange de Jurassic Park et de Retour vers le Futur.

Preppy Calgary

Et puis nous sommes arrivés dans notre première grande métropole de l’Ouest Canadien : Calgary. Pour tout vous dire, je ne sais toujours pas quoi penser de cette ville. Nous n’y sommes restés que deux jours, c’est peut-être pour ça.

Notre premier contact avec cette ville était un centre commercial uniquement remplis de boutiques asiatiques à moitié à l’abandon ou en liquidation. Globalement, c’est un peu l’impression que m’ a donné le quartier de Chinatown. Un peu plus loin la « city » vibrait de mille feux : bâtiments, bureaux, centre commerciaux, tout semblait être sorti de terre il y a peu de temps. Même les habitants semblaient tout neufs, chaque personne que nous croisions étaient incroyablement bien habillée, maquillée, coiffée. Les serveuses et vendeuses semblaient mener une double vie, j’imaginais qu’elles étaient mannequins la nuit. Après tout ce temps passé dans les forets du Manitoba et sur la route, arriver dans cette ville si jeune et distinguée m’a fait un choc. Je ne m’attendais pas à une ville aussi radicalement différente de ce qu’on avait pu expérimenter jusqu’alors.

Très rapidement, nous sommes également tombés sur les vices urbains de la côte ouest américaine : la drogue dure venue d’Asie, crack ; héroïne, bath salt, le genre de drogues qui transforment ces usagers en véritable zombies arpentant les rues.

C’était beaucoup d’émotions pour qui sait ne pas fermer les yeux sur ce genre de choses…

Les Rocheuses

Ne voulant pas nous attarder trop longtemps dans les grandes villes. Nous avons poursuivi notre chemin vers les Rocheuses. Et que dire des Rocheuses en dehors des communes banalités ?

C’était incroyablement beau.

C’était incroyablement beau.

C’était incroyablement beau.

Notre quota de « wildlife » a explosé, nous avons vu environ 9 ours, un cerf, plusieurs aigles, des coyotes et nous avons même dormi en charmante compagnie d’un lynx.

J’ai adoré Banff et ses environs, certains diront que son aspect Disneyland est un peu oppressant et repoussant, moi c’est ce que j’ai adoré !

Les environs de Lake Louise étaient quant à eux, un véritable enfer, nous avions beau être seulement début juin, le trafic était absolument fou : aucun parking de disponible, les campings saturés, des centaines de perches à selfies en folie… Un moment douloureux à passer pour les nerfs mais qui valait cependant la peine d’avoir fait tout ce chemin.

Notre pass découverte des Parcs Nationaux nous a permis de prendre notre temps pour visiter toutes les curiosités géologiques tout au long de la route de Banff à Jasper et de Jasper au Parc National Yoho.

Jasper n’avait strictement rien à voir avec Banff.

S’en était fini de la frénésie touristique. Jasper est une ville calme et apaisante surtout par temps pluvieux. Les environs de la ville réservent de nombreuses surprises (canyons, hot springs, etc.) mais la ville elle-même m’a quelque peu irritée pour son manque d’infrastructures. Beaucoup de magasins, très grands, très kitsch remplis de produits chinois, mais aucun moyen de trouver un endroit pour boire un café. Les cafés du coin se résumant à Tim Hortons et 2-3 autres cafés indépendants à la capacité d’accueil maximum de 15 personnes. Pour une ville qui reçoit des milliers de touristes PAR JOUR, c’est un peu léger… très léger ! (Admirez la parisienne en colère qui sommeille en moi!)

Il y avait toutefois quelque chose de très poétique qui se dégageait de cet endroit aux airs de « ville du bout du monde ». Un je-ne-sais-quoi qui me rend très nostalgique rien que d’y repenser.

Quant à notre trajet retour jusqu’au Parc National Yoho pour rejoindre la Colombie-Britannique, quelle aventure !

Des monticules de neige se sont abattus sur nous un 10 Juin. C’était un moment magique et inoubliable qui nous permettra de dire que nous avons vu les Rocheuses en été et en hiver, en l’espace d’une nuit. Le glacier Athabasca n’en était que plus majestueux sous cette épaisse couche de neige et les routes donnaient l’impression de rejoindre le Pôle Nord.

MERCI L’ALBERTA pour ces deux merveilleuses semaines que tu nous as permis de vivre.

C’est avec un énorme sourire d’enfant heureux que nous te quittons, pour qui sait, mieux revenir !

Coup de foudre pour le Saskatchewan !

 

  • Deuxième étape de notre road-trip estival.

C’était un voyage qu’on attendait depuis longtemps…la traversée du Saskatchewan!

Bizarrement , quand la plupart des gens ont tendance à me recommander un endroit à visiter ou au contraire, un endroit à éviter, je me méfie. Non pas parce que je ne leur fait pas confiance mais parce que mes goûts divergent énormément de la moyenne. En France par exemple, on m’avait dit beaucoup de bien de villes comme Nantes et Grenoble, pourtant ce sont des villes que j’ai très moyennement appréciées. Alors, lorsque plusieurs personnes ont essayé de nous dissuader de nous arrêter dans le Saskatchewan ça m’a fait sourire, parce que je savais d’avance qu’il y aurait de grandes chances pour que cet endroit me plaise énormément. Pourtant, ce n’était pas gagné! Même dans les guides touristiques, le Saskatchewan est dépeint comme le vilain grenier agricole du Canada, où personne ne veut s’aventurer.

Rien n’est fait pour vous donner véritablement envie de vous y arrêter. Dans mon guide Ulysse, seulement 15 pages sont dédiées à la découverte de cette province boudée, contre les 100 pages concernant la Colombie-Britannique. Plus de la moitié de ces pages concernent les deux villes principales: Regina et Saskatoon et l’une de ses activités les plus lucratives: les tunnels de Moose Jaws (une reconstitution d’un moment phare de la prohibition en Amérique du Nord animée par des comédiens); quant au reste de cet immense territoire, très peu de crédit lui est attribué.

Concernant mon guide Lonely Planet de 2002 (je vous en parlais dans mon précédent article) c’est encore pire. Il n’était pas rare de tomber sur des descriptions du type : « cette petite ville a été très importante à telle époque pour telle communauté, mais aujourd’hui, il s’agit juste d’une ville sans intérêt.» Je veux bien excuser Lonely Planet pour cette fois, en espérant que 15 éditions plus tard, ils se soient mis à jour sur le sujet et donne davantage envie de venir dans cette province.

Ce n’est donc pas grâce aux guides touristiques que nous avons découvert cette province, mais grâce à de nombreuses recherches sur internet.

  • Expérimenter l’immensité.

Si je devais résumer les raisons qui ont fait du Saskatchewan notre coup de cœur en quelques mots, je dirais que cela tient surtout à une expérience inédite pour ma part, celle de l’immensité ! En Europe il y a des champs partout et pourtant l’horizon s’arrête toujours à un point donné : une maison, une usine, une autoroute. Le territoire est morcelé mais ne s’étend jamais vraiment à perte de vue sur un angle de 360°. Au Saskatchewan, si. L’horizon est sans fin, sans obstruction aucune. L’immensité s’accompagne d’un sentiment de puissance et de grandeur de la nature humaine : des milliers de km façonnés par l’homme, à la force de ses mains. Comme beaucoup d’endroits au Canada, celui-ci sent particulièrement la sueur (c’est une image hein!) la force et la rigueur. Pourtant les gens d’ici ont l’air calme et serein, peut-être parce-que nous sommes arrivés au bon moment de l’année, car il paraît que c’est là où se trouvent les pires hivers du Canada, à cause du vent qui s’infiltre sur les prairies gelées. J’ai aussi entendu dire que de vivre dans un environnement à l’horizon dégagé participait grandement au bonheur de ses habitants. En ce sens, on comprend d’ailleurs beaucoup mieux pourquoi les gens des villes sont beaucoup plus enclins à la dépression, de même pour les habitants des forêts sans fin du Manitoba que nous avons côtoyés l’hiver dernier.

C’est une émotion étrange, difficilement définissable. L’immensité rend libre, ou du moins contribue à nous donner l’impression de l’être.

  • Les trésors cachés du Saskatchewan.

Les villages abandonnés.

S’il y a bien une chose que nous avons adoré dans le Saskatchewan ce sont les lieux abandonnées, il y en avait pour tous les gouts : églises, maisons et même villages. Il suffit d’ouvrir les yeux, tout au long des petites routes, et qui sait, peut-être trouverez vous une petite pépite pour passer la nuit !

Le lac Diefenbaker.

L’autre grande merveille du Saskatchewan est le lac Diefenbaker. 225Km de long, 66m de fond à certain endroits. Vous trouvez cela incroyable comme taille pour un lac ? C’est normal puisqu’il s’agit d’un lac artificiel de l’Est à l’Ouest, les petites villes (disons plutôt villages) sont super mignons pour passer une après-midi tranquille au bord de l’eau.

Plus à l’Ouest, si vous n’avez pas peur de vous aventurer en dehors des sentiers battus, non loin de Beechy, vous trouverez un endroit bien caché pour randonner, pique-niquer et dormir. Dunes de sable et collines verdoyantes à perte de vue. Aucune âme humaine, ni construction à l’horizon. Silence et volupté assurés !

Saskatoon, une ville un brin énigmatique.

Notre route a également croisé le chemin de Saskatoon, une ville dont je n’avais jamais entendu parler avant d’arriver au Canada. Ce n’est pas la capitale du Saskatchewan (il s’agit de Régina). C’est dans cette ville que nous avons croisé les premières terrasses canadiennes de l’été, il n’en fallait pas plus pour nous rendre heureux. Nous avons particulièrement aimé le calme, et la non-odeur omniprésente de la pollution, ainsi que les espaces vert de la ville. Nous n’avons pas pris le temps de visiter des musées, même s’il y en avait quelques uns. C’est une ville que nous avons trouvé un brin étrange, avec tout un quartier à l’abandon (boutiques/restaurants fermés et immeubles en décrépitude), tandis que le reste de la ville construite à l’américaine, était constituée de malls et de zones commerciales en périphérie, alors que le centre,lui, était riche en buildings bureaucratique mais très pauvre en magasins.

Je ne dirais pas que Saskatoon est une ville à ne surtout pas rater, mais elle a le mérite de trancher nettement à côté de villes comme Quebec, Calgary ou encore Vancouver. Alors si vous avez envie de découvrir le Canada sous toutes ses facettes, Saskatoon est résolument un endroit à parcourir pour comprendre la diversité incroyable des villes de ce pays.

A très bientôt pour la suite de nos aventures en Alberta!