5 livres pour voyager sans quitter son canapé.

Confinement oblige, je me suis retrouvée à fouiner dans mes piles de livres accumulés au fil de nos voyages depuis ces deux dernières années et je me suis dit que c’était le bon moment pour vous donner quelques idées de lecture sur la thématique… du voyage pardi !

Motel Blues par Bill Bryson

Si vous avez bien suivi mes récits de road-trip aux USA, vous savez d’ores et déjà que l’un de mes auteurs fétiches est Bill Bryson. Je traîne mon bouquin de Motel Blues à chaque grand voyage depuis maintenant 10 ans, date à laquelle je me suis rendue à New-York pour la première fois. Si vous aimez mon style d’écriture et les anecdotes de tous mes plans foireux en voyage, il ne fait aucun doute que vous adorez Motel Blues. Motel Blues, c’est le récit de deux road-trip à travers les Etats-Unis des années 80. Bill Bryson qui est né américain mais a grandi en Grande-Bretagne part ainsi à la (re)-découverte de son pays natal. J’ai beau avoir déjà lu ce livre plus de trois fois je continue de rire à chaque page à chaque fois. Ses anecdotes et ses descriptions de la vie américaine; de ses grandes villes à ses villages désolés sont absolument MA-GIQUES. Le récit est parfois très noir à la limite du badant, mais toujours d’une justesse et d’un humour vraiment bien maîtrisés. A la fin de sa lecture, vous aurez envie soit de le recommencer soit de vous acheter un aller sans retour pour le Delaware, (LE QUOI ?) si, si je vous jure !

Extrait:

Voilà, hélas, comment de nos jours beaucoup de gens passent leurs vacances. Cela consiste avant tout à ne pas s’exposer au moindre moment d’inconfort ou de désagrément , voire même, dans la mesure du possible , à éviter de respirer l’air pur. Quand l’envie de voyager vous prend, vous vous enfermez dans un luxueuse boite de 13 tonnes , vous parcourez 700 kilomètres hermétiquement protégés contre les éléments naturels, et vous vous arrêtez dans un camping où vous vous vous précipitez pour brancher l’eau et l’électricité afin de ne pas être privé un seul instant , d’air conditionné, de machine à laver la vaisselle ou de four à micro-ondes.

Motel Blues

The Lost City of Z: A Tale of Deadly Obsession in the Amazon (La Cité perdue de Z : une expédition légendaire au cœur de l’Amazonie) par David Grann

ALERTE PÉPITE. La Cité Perdue de Z c’est LE livre coup de coeur de mon voyage à travers le Canada, j’irais même plus loin c’est le livre que j’ai préféré dévorer depuis Harry Potter (c’est dire l’intensité de ma passion pour ce livre). 

Découvert sur un petit étal d’une librairie minuscule sur l’île du Prince Édouard, sa lecture m’a donné des sueurs chaudes pendant toute une partie de ma traversée du Canada vers l’Ouest. Ce livre nous emmène aux confins de l’Amazonie à la recherche de l’un des explorateurs les plus célèbres, disparu sans laisser de trace au cours de sa dernière expédition: Percy Harrison Fawcett. C’est un livre assez fascinant puisqu’on y découvre une partie de l’histoire de la grande époque des explorations (trop peu connue et étudiée à mon goût, que ce soit à l’école ou dans les médias).On y suit tel un journal de bord les aventures de ce fameux Fawcett dans cet endroit que je ne souhaiterais même pas à mon pire ennemi d’y mettre ne serait qu’un orteil, de peur de finir avec un candiru mal placé dans les orifices. 

Cette ignoble créature n’a l’air de rien comme ca, mais elle est plus redoutée qu un Piranha. Son surnom ? Le poisson vampire du Brésil ! Celui-ci se nourrit de sang mais est aussi attiré par l’odeur de l’urine, voilà pourquoi il aime tout particulièrement s’en prendre aux orifices humains, quand il n’est pas occupé à dépecer ses camarades aquatiques.

Ce qu’il y a d’incroyable dans cette histoire, c’est qu’il ne s’agit pas d’une simple reconstitution d’une exploration lointaine, c’est une enquête journalistique ou le journaliste lui-même, de base pas franchement aventurier, part suivre les dernières traces de Fawcett en Amazonie. MASTERPIECE.

Extrait:

La banquise et la jungle amazonienne ne requièrent pas nécessairement les mêmes compétences d’explorateur. De fait, elles sont, à bien des égards, totalement opposées. L’explorateur polaire endure des températures allant jusqu’à moins soixante-dix degrés et vit sans fin les mêmes terreurs : terreur des engelures, terreur de la glace qui cède, terreur du scorbut. Il ne voit que neige et glace, neige et glace – une implacable désolation. L’horreur psychologique ? Savoir que ce paysage ne changera jamais. Le défi ? Supporter, comme un prisonnier à l’isolement, la privation sensorielle. En revanche, les sens de l’explorateur amazonien, immergé dans son chaudron de chaleur, sont sans cesse assaillis. Au lieu de la glace, il y a la pluie, et partout un nouveau danger : un moustique porteur de paludisme, un serpent, une araignée, un piranha… ou une lance. L’esprit vit la terreur d’un état de siège permanent.

The Lost City of Z

N.B: Evitez toutefois de voir le film avant le livre, il est décevant (désolé Robert Pattinson) et n’a surtout pas grand chose en commun avec le livre en dehors des personnages.

How to Talk About Places You’ve Never Been. (Comment parler des lieux où l’on n’a pas été ?) par Pierre Bayard.

C’est un livre qui ne plaira pas à tout le monde, surtout ceux qui n’aime pas le ton universitaire dont l’auteur n’arrive pas à se défaire. C’était malgré tout une lecture plutôt amusante et enrichissante, on y apprend tout un tas d’anecdote notamment sur les grands voyageurs tels que Marco Polo, et sur leur capacité à décrire merveilleusement bien des contrés où ils n’ont en réalité jamais mis les pieds.

Extrait:

Les inconvénients des voyages ont été suffisamment étudiés pour que je ne m’attarde pas sur ce sujet. Démuni face aux animaux sauvages, aux intempéries et aux maladies, le corps humain n’est à l’évidence nullement fait pour quitter son habitat traditionnel et moins encore pour se déplacer dans des terres éloignées de celles où Dieu l’a fait vivre.
A ces éléments naturels sur lesquels l’être humain n’a que peu de prise, il convient d’ajouter les désagréments qu’il occasionne par sa propre violence. Contrairement à ce dont rêvaient certains utopistes, ce monde n’est nullement plus sûr qu’auparavant et j’ai du mal à comprendre, ayant la chance de vivre dans un endroit relativement protégé, les raisons qui pourraient me conduire à le quitter pour prendre le risque de recevoir un mauvais coup dans des terres hostiles.
Mais les dangers des voyages ne s’arrêtent pas là. À trop se fixer sur leurs inconvénients physiques, on perd de vue les perturbations psychologiques qu’ils peuvent susciter. Après les travaux de Freud et d’autres psychiatres qui ont étudié les différents syndromes du voyageur, nous savons aujourd’hui que partir loin de chez soi est non seulement susceptible de provoquer des troubles psychiques, mais peut même conduire à devenir fou.

How to Talk About Places You’ve Never Been.

Lost explorers: adventurers who disappeared off the face of the earth par Ed Wright

‘Explorers have to be ready to die lost,’ said Russell Hoban – and hopefully they are, because many of them do. 

Que dire, que dire ? C’est le livre parfait que tout voyageur se doit d’avoir dans ses toilettes pour accueillir dignement ses invités sur le trône. Un de vos invités s’éclipse lors d’un de vos repas et ne réapparaît que 30 minutes plus tard ? Pas de doute, il a été aspiré par l’une des centaines de chroniques d’explorateurs contées dans cet ouvrage. Chaque histoire est détaillée sur 4 à 5 pages et nous transporte à différentes époques et sur les 5 continents à la recherche des disparitions les plus obscures et les plus brutales de l’histoire de l’exploration. C’est un petit bijou, malheureusement jamais traduit en Français jusqu’à ce jour, la lecture en anglais est cependant très accessible. 

SPOILER : aucune histoire ne se termine bien.

AVERTISSEMENT : si vous n’avez déjà pas une grande foi en l’humanité, ne lisez pas ce livre.

The Best Coast: A Road Trip Atlas par Chandler O’Leary

Je ne raffole pas des guides de voyage. Je les ai toujours trouvé décevants, mornes, d’une platitude absolu, alors qu’ils devraient faire exploser notre excitation à l’idée d’explorer de nouvelles contrées, nous faisons toujours face à ces pages grises et tristes, et ces accumulations d’adresses en tout genre. Les guides touristiques ne faisaient déjà pas rêver dans les années 90, mais aujourd’hui à l’heure des blogs de voyage, mieux vaudrait qu’ils innovent pour ne pas disparaître à leur tour. 

Voilà pourquoi quand je suis tombée sur le livre de Chandler O’Leary entre deux guides touristiques monstrueux de 500 pages sur l’Ouest des USA, le coup de coeur fut immédiat.

https://chandleroleary.com/blog/

Si seulement les editions de guide touristiques pouvaient davantage s’inspirer de celui-là, ma bibliothèque en serait remplie. Chandler O’Leary est avant tout une illustratice, mais pour ce livre elle ne s’est pas contentée de répondre à une commande en illustrant les recommandations d’un auteur-routard accompli, non. Tout vient d’elle. Les itinéraires sont les siens, les récits, les explications et les bonnes adresses sont les siennes, et bien qu ils ne sagisse pas de lieux secrets que seuls les locaux connaissent, Chandler O’Leary arrive à me donner envie de me rendre dans les endroits les plus touristiques, là où le Routard et Lonely Planet n’auraient pas su me convaincre d’y mettre les pieds.  Et puis quoi de mieux qu’une authentique américaine de la côte Ouest pour nous faire découvrir le coin ?!

Plus qu’un guide touristique, c’est un livre d’art. Les dessins sont incroyables.

Le livre n’existe qu’en anglais, mais sa lecture est très facile.

Alors si vous voulez visiter  la côte Ouest un de ces jours, faites-vous un cadeau, offrez-vous ce livre.

BONUS

Et sinon, vous vous rappelez de mon tout premier article sur ce blog ? Il était parti de la lecture du livre de Matthias Debureaux :

Chiant,qui comme Ulysse a fait un beau voyage…

C’est un livre que je ne recommanderai jamais assez de lire à tous ceux qui voyagent que ce soit le temps d’un week end à Amsterdam ou aux blog-trotteurs des 4 coins du monde. Ironiquement, c’est cet ouvrage qui me booste à écrire de nouveaux articles sur le blog à chaque fois que je n’en ai plus la motivation. 

A votre tour, je compte sur vous pour me proposer de nouvelles lectures !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut