10 choses que j’aurais aimé savoir avant de partir en road-trip au Canada

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10 choses que j’aurais aimé savoir avant de partir en road-trip au Canada

  1. Le camping sauvage (dans certaines provinces) tu oublieras.

La première et principale mauvaise surprise que nous avons eu durant notre road-trip d’un mois entre le Manitoba et la Colombie-Britannique c’était ça: la difficulté de faire du camping sauvage. Pour être honnête, avant de partir, nous n’avions pas prévu grand chose en dehors d’un vague itinéraire. Pour la première fois de ma vie, je voulais prendre cette résolution : ne pas tout contrôler, ne pas planifier les événements, mais simplement profiter de l’instant et voir où le vent nous mène. Cela incluait de ne prévoir aucun endroit où nous irions dormir.

En France, on se débrouillait  toujours pour trouver un endroit abandonné, une petite ruelle déserte ou une forêt pour camper. Avec l’immensité du territoire Canadien, on pensait que nous n’aurions que l’embarras du choix pour se trouver un emplacement le soir. En réalité, les choses se sont avérées bien plus compliquées que prévu…

Dans le Manitoba pour notre première nuit, nous avons eu de la chance. Nous sommes allés au Parc Provincial Hecla et comme nous étions totalement hors saison, il n’y avait que nous en dehors des locaux. Nous n’avons pas eu de problème à trouver un emplacement pour dormir, mais la nuit suivante fut notre première galère.

Nous n’avons jamais pris la Transcanadienne, toujours des petites routes car c’est souvent sur celles-ci que l’on découvre de jolis spots pour dormir. Malheureusement pour nous, du Parc d’Hecla jusqu’à Dauphin Lake, en passant par les Narrows, nous n’avons trouvé aucun emplacement, les routes étaient rectilignes, sans possibilité de se garer sur les côtés, ni de pénétrer dans une prairie ou d’avoir accès à un lac sans passer par un camping payant.

Au Saskatchewan, nous n’avons pas du tout eu de problème car la province regorge d’endroits abandonnés et il est aussi très facile de camper à côté d’un lac.

L’Alberta nous a aussi déçu de ce point de vue là. En dehors des Rocheuses où je comprends très bien la nécessité d’interdire ce genre de pratique, le reste de la province n’était pas plus conciliante pour autant. Contrairement au Manitoba, où il était techniquement impossible de camper facilement, en Alberta, les endroits pour le faire ne manquaient pas , mais des panneaux vous rappelaient alors que c’était tout bonnement illégal de planter sa tente et de stationner la nuit à certains endroits.En étant hors saison touristique, il y avait peu de chance de se faire réveiller par un policier en pleine nuit mais ce genre de contexte n’est jamais véritablement agréable.

En Colombie-Britannique, les conditions sont incroyablement plus favorables pour camper que les provinces précédentes. Il y a plus de routes, donc plus de possibilités de trouver des endroits cachés et de lieux à cet effet. Il n’empêche que dans les villes et tout principalement dans l’Okanagan Valley, il est plutôt difficile de se trouver un spot légal autre qu’un parking de supermarché, ce qui a aussi son charme.

  1. Le camping payant tu détesteras.

Force est de constater que si le Canada n’est pas super emballé par le camping sauvage, il n’en reste pas moins l’un des pays les plus performants au niveau du camping payant! C’est bien simple, il y en a partout, toutes les villes en ont un voire même 3 ou 4. Certains ont même de la place pour accueillir plus de 200 tentes/vans/camping-car sur un même terrain. C’était à la fois super impressionnant et aussi assez navrant.

En tant que française (oui on en revient toujours à ça) même si mon expérience en camping se compte sur les doigts d’une main, j’avais en tête une certaine représentation et une certaine attente du camping: un espace suffisamment grand pour poser une tente/garer sa voiture/avoir une table et encore de l’espace pour faire au moins 3 roulades consécutives ; avec des séparations végétales qui empêchent de surprendre ses voisins à moitié nus, plusieurs espaces pour prendre des douches, un espace de restauration type snack ou à défaut une petite supérette, des jeux pour les enfants et un minimum d’animation type concerts ou projections de film. Le tout pour un prix raisonnable Voilà, c’était ça mon idée du camping, et c’était ça que je pensais retrouver au Canada.

On n’y était pas du tout !

Pour avoir essayer plus d’une dizaine de camping, on s’est vite fait à l’idée que les premiers que nous avons essayé n’étaient pas des cas isolés, mais que la façon de pratiquer le camping au Canada était totalement différente de celle que nous avons en France.

Le camping canadien c’est : l’empilement efficace et sans état d’âme (un espace suffisamment grand pour poser une tente, mais parfois la voiture ne rentre pas). Et si vous tombez vraiment sur les plus économes, il se peut que vous partagiez même votre table de pique-nique avec l’emplacement voisin. La plupart des emplacements sont réservés aux détenteurs de camping-car, une pratique qui échappe encore totalement à ma compréhension. Une maison roulante aussi grande qu’un bus, ultra équipée qui ne motive absolument pas ses occupants à faire autre chose que d’y rester à l’intérieur. Le résultat d’une telle pratique ? La plupart des campings n’ayant que peu d’espaces pour les pauvres campeurs en tente et van, estime que cela ne vaut vraiment pas la peine de verser la moindre goutte de transpiration dans la construction d’espaces communs où il serait possible de s’abriter lorsqu’il pleut par exemple. Les aires de jeux pour les enfants sont inexistantes à l’exception de certains campings assez hypes, et si vous tenez à faire un barbecue, cela s’ajoutera sur votre facture finale. A 19h30, tout bon Canadien a donc fini de manger, parfois même, il dort déjà. L’avantage c’est que vous pouvez dormir sereinement, l’alcool étant interdit, personne ne viendra hurler sous votre fenêtre en pleine nuit. L’inconvénient ? Une vie de camping inexistante, et je dois dire parfois assez pesante, quand on se rendait compte que personne autour de nous ne prenait la peine de manger en extérieur. Alors que bon, si on ne fait pas de pique-nique en camping, quel est le bon moment pour en faire un ?!

S’ajoute à cela que pour un prix parfois indécent, il faudra faire avec des douches payantes qui ne fonctionnent pas ! Douches froides à gogo et douches à 20 minutes de marche de l’emplacement de camping… pourtant c’était toujours le même tarif.

La douche à pièces est d’ailleurs l’invention la plus grotesque qui soit, sous couvert d’écologie, prétendre que ce n’est pas une manière de gagner plus d’argent. Alors que l’eau coule à forte pression sans discontinuer et sans possibilité d’interrompre le flux pendant plus de 4 minutes. Mais quelle brillante idée !

  1. La malbouffe, tu aimeras.

Au départ, on était plutôt bien organisé niveau nourriture. Grâce à notre petit réchaud, on pouvait se concocter de bons petits plats qui se transformait parfois en festin : j’ai quand même réussi à faire un couscous de camping et des spaghettis bolognaises. Et puis, ça c’est gâté. Avec l’omniprésence de la pluie, nos ambitions ont été revus à la baisse. Alors la malbouffe a commencé. Un régime alimentaire composé à 50% de pâtes, 25% de chips et 25% de Mcdo. Bon marché, calorique et pratique !

L’avantage en plus d’avoir économisé de l’argent sur les légumes ? On a aussi perdu du poids ! Comme quoi… manger gras et votre corps vous remerciera.

  1. L’hygiène tu pleureras.

Je me rappelle, une de mes principales préoccupations quand je potassais sur l’idée de voyager en van était de savoir : comment survivre aux besoins fondamentaux de ma personne à savoir : faire caca et avoir ses menstrues dignement. Mes amis m’ont d’ailleurs offert : « Comment chier dans les bois », preuve que c’est finalement une préoccupation que nous partageons tous. Alors même s’il est tout à fait possible de rester propre dans un van en se lavant avec des lingettes ou une bassine. C’est un peu plus compliqué quand il s’agit de faire ses besoins alors que d’autres personnes partagent le même parking que vous. Heureusement nous avions une invention de génie avec nous (si vous n’avez pas suivi, je vous invite à relire cet article jusqu’au bout) et je peux vous dire que notre nouveau meilleur ami, nous a sauvé la vie bien plus d’une fois.

Il me reste encore a trouvé une solution pour mes cheveux un peu spéciaux qui n’ont pas vraiment survécu à un hiver canadien + à ses conditions de voyage. La plupart de mes cheveux se sont cassés en deux, ce n’est pas bien grave, mais ce n’est pas non plus esthétique. Et je ne sais pas bien encore comment réparer tous ces dommages.

  1. Pauvre, tu finiras.

Estimer un budget de voyage d’un mois dans un pays que l’on connaît peu et dans des conditions de voyage inédites n’est pas chose aisée.

La plus grosse partie de notre budget résidait dans l’essence.

Nous devions faire autour de 3500 km en 1 mois, au final l’ardoise est montée à quelques centaines d’euros supplémentaires puisque nous avons dépassé la barre des 4000km.

Quand je regarde le compteur défiler, ça m’angoisse toujours…

S’ajoutait à cela les prix des campings payants que je n’imaginais pas aussi conséquents entre 18 et 25 euros la nuit, uniquement pour un emplacement sans eau ni électricité. Les plus chers d’entre eux en profitaient même pour mettre des douches payantes non-inclus dans ce tarif.

Puis il a fallu payer l’entrée dans les Parcs Nationaux, nous avons pris un pass à l’année, ce n’est pas donné (135 dollars pour une voiture) mais au moins nous pourrons en visiter plein d’autres. Nous avons eu la chance pour certains parcs provinciaux d’arriver tard dans la nuit et de nous retrouver face à des guichets fermés… une belle économie!

Les activités au Canada sont extrêmement chers, je repense notamment aux fameuses gondolas de Banff (sorte de téléphérique qui vous emmène au sommet du Mont Sulphur) 1 minute et quelque d’ascension pour la somme de 36$ par personne. Ce que nous n’avons bien évidemment pas fait, puisque nous avons préféré nous servir de notre propre corps pour nous élever au sommet des Rocheuses.

Quant à la nourriture et aux sorties ce sont sans doute les deux points sur lesquels nous avons été les plus économes. Pour la suite de nos aventures, il nous sera même possible de varier les plaisirs et de manger autre chose que des nouilles instantanées!

  1. Car-jacker par les gangstas de la forêt tu seras.

La saison d’hibernation ayant pris fin depuis quelques temps, nous avons eu la chance d’avoir sous nos yeux un merveilleux panel de wildlife tout au long de notre voyage. Nous avons eu la visite d’un orignal au petit matin sur une aire de camping. Un majestueux cerf sur un bord de route, une dizaine d’ours tous plus mignons les uns que les autres et même un lynx, oui, oui rien que ça ! Tous les campings sont d’ailleurs hyper réglementé sur ce point là. Il ne faut pas déconner avec la wildlife. Laisser traîner ne serait-ce qu’un verre de jus de pomme sur une table et ça pourrait être un véritable carnage. Après la ruée vers l’or, la ruée vers la bouffe ! Pour nous montrer à quoi nous nous exposons si nous commettons le délit d’exhibitionnisme alimentaire, chaque camping a chacune de ses entrées met bien en évidence l’exemple d’une glacière négligée par son propriétaire qui a fini déchiquetée par un ours. On a donc bien compris la leçon, pas une seule miette de chips ne dépassait de notre van. Pourtant cela ne nous a pas empêché pour autant de nous faire attaquer par une bête à cornes en pleine nuit. Plutôt rusée car à demi-éveillée, j’ai quand même pu remarquer que l’affreuse créature avait essayé d’ouvrir la portière avec ses bois. Après plusieurs secousses désespérées, serait-ce l’odeur de nos pieds qui était l’objet d’un tel acte de vandalisme ?! Le gangster d’orignal a cédé et poursuivi son chemin. Heureusement que ce genre d’animal ne se déplace pas en meute, vous imaginez les dégâts ?!

Wikicamp deviendra ton pire ennemi.

Ah, Wikicamp! L’application de tout road-triper accompli! Wikicamp est mieux que n’importe quel guide touristique (cf: partie 8 à lire ci-dessous), pourquoi? Parce-que cette merveilleuse application vous montre tous les endroits pour camper qui se situent autour de vous après vous avoir géo-localisé. Elle permet de filtrer votre recherche et de pouvoir uniquement sélectionner des emplacements gratuits par exemple. Chaque utilisateur peut noter ces spots ou en créer un nouveau lui-même. Si pour vous prendre une douche n’est pas une nécessité absolue, vous pourrez donc voguer sans crainte de spot gratuit en spot gratuit. Je ne vais as le nier Wikicamp nous a fait découvrir de très chouettes endroits et nous a emmené sur des routes où nous ne nous serions pas aventurées autrement. Pour autant, Wikicamp est aussi très rapidement devenu mon pire ennemi… La fatigue n’aidant pas, il nous est arrivé un nombre incalculables de fois d’arriver sur un emplacement indiqué et de s’apercevoir une fois sur place qu’il n’y avait rien d’autre qu’une rangée de buissons et d’orties. Ça n’étonnera personne, mais il n’y a rien de plus énervant que de gaspiller de l’énergie et du carburant pour aller nulle part. D’autre fois, il nous est arrivé de tomber sur un terrain agréable muni de toilettes extérieurs, et nous avions l’incroyable surprise de découvrir qu’ils étaient souillés de merde humaine du fond de la cuvette jusque sur le couvercle de la lunette, voire même autour. Le retour à la nature rendrait-il les campeurs incapables de se servir d’un WC ?!

  1. Des guides touristiques tu te méfieras.

Oui bon, d’accord… Je dois vous avouer une chose. J’ai eu la brillante idée d’amener avec moi un guide touristique sur la Canada aussi gros qu’un dictionnaire, je l’avais acheté il y a 3 ans de ça dans une brocante pour la modique somme de 2euros puisqu’il s’agissait d’une édition de 2002. L’avantage c’est que c’est un guide vraiment détaillé, l’inconvénient c’est qu’il n’est absolument pas à jour et que certains endroits n’existaient plus, et les tarifs indiqués étaient totalement désuets. Le meilleur exemple est sans doute celui des gondolas de Banff (encore une fois!) qui coûtaient il y a 15 ans, 10 dollars la montée tandis que la descente elle, était gratuite, aujourd’hui l’allée comme le retour est payant et l’addition est très salée, plus du triple ! Ou bien encore, le prix de la plupart des campings qui ont été multiplié par 2, en 2002 la plupart d’entre eux coûtaient entre 10 et 15 dollars. (Merci la mondialisation!) Mon superbe guide nous a aussi emmené à de nombreuses reprises dans des lieux qui étaient anciennement plein de charme et qui 15 ans plus tard donnaient l’impression d’avoir été laissé à l’abandon, où seuls des magasins de déambulateurs étaient encore en service. Il y a aussi ces endroits qui jadis étaient un pari touristique, et qui par faute de touristes ont fermé boutique, les stations essences y compris. Moralité : essayer toujours de prendre un guide actualisé.

  1. Des randonnées tu te méfieras.

J’adore marcher. C’est important de le préciser car cela est étrangement paradoxal avec ce qui va suivre : je déteste les randonnées. Il y a quelque chose de très scolaire qui me déplaît avec les randonnées, celui de suivre un chemin tout tracé et de le partager simultanément avec des centaines d’autres personnes qui font exactement la même chose. Si les randonnées sont dans lieux un peu exotiques avec une histoire intéressante je me laisse volontiers tenter, mais si c’est uniquement pour la performance alors là, j’ai du mal ! Pendant notre road-trip on s’est essayé à la randonnée à de nombreuses reprises dans les Rocheuses et à chaque fois j’ai eu du mal à comprendre pourquoi s’infliger ça ! Au sommet la vue était certes grandiose mais je me sentais incapable de ressentir la moindre satisfaction par rapport à l’effort que je venais de fournir. J’éprouvais plutôt de la haine pour ceux dont le travail était de baliser le sentier. Combien de fois s’est on retrouvé sur un sentier qui indiquait circuit de 4km, où nous réalisions après plus de 4h de marche que nous avions du rater une balise sur la piste…Je déplorais aussi le manque d’explication sur les paysages et la faune qui nous entouraient dans un milieu aussi protégé que les Rocheuses. Bref, j’étais déçue. Les seules randonnées que j’ai véritablement adorées étaient les plus touristique, il y avait beaucoup trop de monde (et oui déjà au mois de juin) mais les paysages en valaient le détour !

  1. Même en été des bottes fourrées et ton ciré tu prendras et si tu tiens à la vie, l’antimoustique tu n’oublieras pas.

Le Canada est un pays météorologiquement instable. Bien plus que la Bretagne ! Après avoir suivi une amplitude thermique de 80° entre avril et juin (on a connu un -40 degrés en hiver et nous subissons actuellement un 40° à l’ombre). On aurait pu deviner que le Canada nous réservait bien des surprises sur ce point à, mais honnêtement, je ne m’attendais pas à voir autant de pluie sur la route et même de la neige en plein été, de même pour les températures d’un jour à l’autre. Un équipement pour toutes ces variations s’imposait autant du point de vue vestimentaire que de l’équipement à l’intérieur du van. J’ai regretté de ne pas avoir de vêtement imperméable et puis finalement j’ai craqué pour le plus beau des ponchos lors de notre dernière semaine sur la route où bizarrement il ne pleuvait plus !

Quant aux moustiques, que dire ?! Pourquoi n’y a t-il pas une d’extermination massive de ces êtres abominables ? Je vous écris avec actuellement une centaine de piqûres sur tout le corps. C’est insupportable et il me tarde de retrouver la pollution des villes pour ne plus à voir à faire avec ces créatures venus tout droit de l’enfer. C’est dire… l’hiver me manquerait presque !

Revenez bientôt,un article sur le Saskatchewan se prépare !

A très vite !

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