̶R̶o̶a̶d̶ Bad-Trip USA (WEST COAST)- PARTIE 1

Le voici enfin! Le récit de ce fameux Road-Trip sur la côte Ouest Américaine réalisée en Septembre dernier. Je ne savais pas du tout que raconter de ce voyage sur le blog ni sous quelle forme, tant il y a de choses à dire et de leçons à tirer de ce voyage improbable. Cet article abordera quelques anecdotes de notre voyage et vous donnera quelques idées de situations à ne pas reproduire; et un autre article parlera davantage du côté pratique de ce voyage (parce que oui, 10 000 kilomètres en un peu moins de 4 semaines, cela ne s’improvise pas totalement.)

Oregon, (kilomètre 600) : Quand-est ce qu’on rentre ?

  • Un mauvais départ…

Nous ne retiendrons malheureusement pas grand chose de positif de nos premiers jours de voyage et des deux premiers États traversés à savoir Washington et l’Oregon. 
Pour Washington, c’est tout simplement parce que nous avons décidé de ne pas nous y arrêter et pour l’Oregon, c’est sans doute à cause d’un mauvais alignement de planètes…

Après une longue route en ligne droite sous une pluie diluvienne; une vision cauchemardesque répétée de plusieurs véhicules retournés sur le bas côté (et l’impossibilité de trouver un endroit ou manger après 21h à Portland), c’est avec les pieds trempés et le visage ruisselant d’eau que nous nous sommes rabattus sur le dernier McDonald ouvert à cette heure qui n’offrait plus que le service à emporter. Une fois arrivée dans notre tiny house, le repas était bien évidemment froid et les frites trempées. 

Ce mauvais départ de road-trip n’a fait que s’empirer dès le lendemain après notre départ de Portland, au moment ou, 600 kilomètres de route plus loin, mon copain réalise que son backpack n’est pas dans le coffre et qu’il l’a probablement oublié quelque part à Portland.

  • Et une arrestation.

Après avoir vérifié que tous ses objets de valeurs sont avec nous y compris son passeport et son visa, je suis rassurée et j’essaye de le convaincre de ne pas trop s’inquiéter pour quelques paires de chaussettes, une trousse de toilettes et quelques autres affaires personnelles. Mais l’angoisse et l’énervement ne le quitte plus, il est persuadé d’avoir laissé des choses importantes dans ce bagage. Nous perdons du temps à chercher quoi faire, il nous reste encore quelques heures de route avant d’arriver à notre camping pour la nuit.

J’essaye de le raisonner, rien n’y fait, Monsieur veut faire marche arrière, soit 1200 kilomètres A/R pour aller récupérer son sac que nous ne sommes même pas sûrs de retrouver. Je m’obstine à lui faire entendre raison et ce n’est pas sans agacement que je finis par avoir le dernier mot. Mais toute cette situation m’a grandement énervée. Ce voyage commence à prendre des allures d’énorme fiasco. N’ayant pas eu de vacances depuis plus de 8 mois et voyant ce voyage comme l’accomplissement d’un rêve de longue date, le dépit s’installe en moi. 

Au bout d’une bonne heure à rouler à travers les forêts côtières de l’Oregon, mon agacement continue de monter, au fur et à mesure que je réalise que la nuit tombe, que nous sommes encore loin de notre camping et que nous allons sans doute passer une nuit compliquée à galérer pour monter notre tente, manger dans l’obscurité et ne pas avoir le temps de profiter de ce lieu assez incroyable qui nous attend. Alors, j’accélère.

Je ne conduis jamais dangereusement, je sais ralentir quand il le faut, mais ces lignes droites sans fin à 60km/h ont le chic pour me rendre dingue. Je roule bien au dessus de la vitesse autorisée pendant plus d’une heure sans le moindre problème. Jusqu’a la traversée d’un village sans aucune âme qui vive. 

Je suis soudainement obligée de freiner abruptement car nous sommes enveloppés dans un nuage de brume épais qui m’empeche de voir clairement ce qu il y a devant moi. Le ciel est jaune orangé, je me demande même si nous ne sommes pas en train d’approcher d’un feu de forêt. Au moment ou je m’apprête à sortir du village, des gyrophares de police surgissent derrière moi. Je n’ai pas regardé ma vitesse durant toute la traversée du village, trop occupée à regarder par la fenêtre. Un officier sort et c’est l’arrestation immédiate.

Je suis 10 miles au dessus de la limitation, ce qui, en kilomètres/heure est encore un poil plus élevé que 10 km/h, hum hum…

Réprimandes, permis de conduire inspecté et une assignation en justice plus tard, nous voilà prêt à repartir, et je me dis que ce voyage entre en tête de liste du plus pourri qu’il soit. 

Comme prévu, nous arrivons de nuit au camping et nous mangeons avec peine sans lumière (puisque notre unique lampe torche avait elle aussi décidé de nous faire un doigt d’honneur).

La nuit fut glaçante. Je n’arrivais pas à trouver le sommeil avant 3h du matin, transie de froid malgré une couette, mon sac de couchage et mes vêtements en polaire. Dehors, il  s’était remis à pleuvoir et le sol commençait à geler. Quelques minutes après avoir trouvé le sommeil, un souffle effrayant me réveille. Un animal se trouve de l’autre côté de la tente et respire vraiment très près de mes oreilles. Les grognements qui suivent me terrorisent. Je suis sure que ce n’est ni un chien, ni une biche égarée, mais j’ai beaucoup trop froid pour faire quoique ce soit. Quelques secondes plus tard, le chien de chasse de la tente voisine bondit juste à côté de notre tente et s’en prend physiquement à cette chose qui se trouve juste derrière moi. Ils se battent pendant une fraction de secondes et je reconnais le râle de l’animal qui m’a effrayé, c’était bel et un bien un cougar.

California : Lost in California

  • Murder Mountain

Après cette nuit de l’angoisse, une bonne nouvelle vient nous remettre de meilleure humeur: le backpack de mon copain était en sécurité quelque part à Portland. Nous décidons donc de reprendre la route et de nous diriger vers la Californie et tout particulièrement vers le Redwood National Forest.

N’ayant pas particulièrement envie de m’aventurer dans la partie la plus touristique de ce parc hyper connu, je décide qu’il serait peut être mieux de nous aventurer vers le Sud et de sortir de RedWood. Nous nous enfoncions donc dans la forêt, quittant la route principale pour nous retrouver dans un endroit vraiment incroyable où nous étions seuls au monde. On en a d’ailleurs profité pour faire une séance photo absolument grotesque avant de nous remettre en route (désolé seuls les membres accès Premium ont accès à ces photos).


 Sur le chemin du retour, nous étions presque à sec au niveau de l’essence et je décidais de m’arrêter au premier lieu disposant d’une pompe à essence qui figurait sur le chemin. Encore une idée stupide.

A peine sortie de la voiture, je me rends compte que quelque chose cloche dans cette ville. Un homme d’une soixantaine d’année promène son chien vêtu uniquement d’un slip et d’un manteau de fourrure, il tient un bang dans sa main droite et un autre joint dans la main ou il tient la laisse du chien. Un mec tout aussi louche vient le saluer. Plus loin dans un van assez old school, 2 garçons et 2 filles à moitié nus fument des joints en refaisant le monde tandis que quelques mètres plus loin, ce sont des dizaines et des dizaines de gens plus drogués les uns que les autres qui campent sur un bout de trottoir et fument tranquillement en regardant passer le temps. Le décor lui même est étrange, seuls une quincaillerie et un magasin de tondeuse semblent encore ouverts. Nous reprenons notre chemin complètement hagard par tout ce que nous voyons, et nous apprendrons plus tard que nous n’étions ni plus ni moins dans la zone de Murder Mountain, les montagnes de la drogue rendues célèbres par Netflix suite à de très nombreuses affaires de disparitions…

  • Un semi-marathon pour finir en prison

Quelques jours plus tard, nous voilà arrivés à San Francisco.

La route nous offre des paysages incroyables, et notre karma semble allait un peu mieux. 

Nous dormons dans une maison qui ressemble davantage à un musée de l’erotisme, ou absolument chaque piece vous invite à des échanges charnelles. Malheureusement, la magie sexuelle ne s’opère pas, l’absence de porte, me coupe l’appétit et l’omniprésence du gérant absolument terrifiant ne me donne absolument pas envie de courir nue dans les couloirs en mangeant du raisin. L’expérience en valait tout de même la peine, et je repars avec plein d’idées de lectures.

A San Francisco, la chaleur est étouffante. Nous faisons partie des heureux élus à pouvoir profiter de la ville sous un temps clair et radieux. Nous profitons d’un moment de libre dans la journée pour aller visiter le musée des Beatniks (que je ne connais que trop bien, suite à un semestre d’étude consacré à étudier l’oeuvre de Neal Cassady). Bien évidemment, à force de trop vouloir prendre son temps, on en perd la notion… du temps! Et nous voilà, en retard pour notre visite de la prison d’Alcatraz, que j’ai du réserver plus de deux mois à l’avance. (Oui vraiment, songez-y en avance, peut importe les saisons ALCATRAZ AFFICHE TOUJOURS COMPLET, ironique pour une prison.)

Alors nous voilà lancés à travers la ville, à courir après notre ferry, sous 35 degrés à l’ombre et dans ses ruelles AFFREUSES faites de montés et de descentes. Moins de 20 minutes plus tard, nous avons parcouru 4 kilomètres, et nous sommes les derniers passagers à monter à bord du ferry. Mission réussie. Je dégouline de sueur, mes vêtements sont trempés et je réalise que mon pied droit est en feu. La semelle de ma chaussure à rendue l’âme durant mon sprint et l’asphalte à râper mon pied pendant toute cette course effrénée. 

Si on m’avait dit qu’un jour je courrais comme une démente pour me rendre en prison…

Mais l’effort en valait la peine, Alcatraz est vraiment un lieu à ne pas louper si vous venez séjourner à SF.

  • Lavenir meffraie

Avant de quitter totalement la baie de San Francisco, j’insiste auprès de mon copain pour nous rendre à Oakland et visiter le campus universitaire de Berkeley. J ai une passion sans fin pour l’architecture des campus américain, que je souhaite partager avec mon copain depuis des années. 

Berkeley n’est malheureusement pas si incroyable que ca architecturalement parlant, je suis un peu déçue.

Nous nous arrêtons cependant un moment dans le building le plus impressionnant du campus, celui des sciences. Une classe d’étudiants encore assez jeunes est en train de travailler sur les robots du futur. On nous explique assez rapidement que l’élaboration du futur à lieu ici même. Les robots en question devraient etre les futurs outils d’assistance de la vie humaine, ce sont des prothèses en tout genre, qui permettront d’ici quelques années de pouvoir étendre la durée de vie humaine  au delà de 120 ans. 

Je ressors de là terrorisée.

  • Le Musée de la Mort

Quelques jours plus tard, nous arrivons à Los Angeles, après deux jours magiques passés au sein d’Universal Studio, je propose une sortie culturelle un peu marginale à mon copain, et nous voilà devant les collections du Musée de la Mort.

Alors oui d’accord, je l’avoue j’ai une passion ultra morbide pour les histoires criminelles et tout ce qui touche de près ou de loin à la mort. Si vous êtes comme moi, ce musée vous ravira. On y apprend une quantité de choses assez incroyable allant des pires histoires de serial killer aux méthodes de preparation des corps à la morgue en passant par un petit tour du monde des peines capitales. Par contre, si vous etes plutot sensibles et que vous ne souhaitez pas voir d’images de scènes de crimes non censurées, ou que la mort vous effraie un poil: faites vous un cadeau, n’y allez pas.

  • Lost Angeles

D’ailleurs en parlant de Los Angeles, nous n’y avons pas passé suffisamment de temps pour pouvoir nous forger un avis sur la ville. Tout ce que je retiendrais de la ville sera notre visite du Sunset Boulevard de nuit, sans doute pas la meilleure idée qu’il soit encore une fois. 

Je me suis sentie tellement mal en remontant ce boulevard, que j’ai préféré écourter la visite pour rejoindre notre hébergement au plus vite. Les rues étaient peuplés de sans abris qui erraient là avec peine, les magasins pour touriste semblaient ne pas avoir fait de rotation de marchandises depuis la fin des années 90, les musées qui peuplaient le boulevard étaient tous d’un mauvais goût assez déconcertant, entre freak show et temple du narcissisme. La déception.

J’ajoute tout de même pour ne pas finir sur une note négative, que nous avons eu le temps de visiter le quartier de Venice Beach, qui lui, pour le coup était 1000x plus accueillant.

Nevada : Le rêve américain.

  • Des cactus et du vice

Après une longue traversée du désert, nous voilà arrivés à Las Vegas, dans l’Etat du Vice et des cactus. Pourquoi du vice ? Bill Bryson vous l’expliquera bien mieux que moi:

Ici, tout ce qu’on vous a toujours dit sur Las Vegas est vrai.

Oui tout le monde est bourré, ou en phase de l’être.

Oui, c’est bien l’endroit idéal pour que votre copain participe à un gang bang entre amis pour son enterrement de vie de garçon. 

Oui, il y a des gens qui vendent de tout à chaque coin de rue, surtout leur corps.

Oui, les casinos sont bel et bien les temples des vieux retraités en perdition.

Las Vegas clignotent dans tous les sens et tout est fait pour que tous vos sens soient en éveil.

Cette nuit là à Vegas a elle aussi son pesant d’anecdotes à raconter, mais vous savez ce qu’on dit ? Ce qui passe à Vegas doit rester à Vegas.

Quant à moi, je vous retrouve dans un prochain article pour la suite des aventures de ce road-trip.

P.S: Cela je peux vous l ‘ avouer, je n’ ai strictement rien gagné aux machines à sous et je ne comprends toujours pas comment on peut aimer jouer à ca plus d’une minute.

2 commentaires pour “̶R̶o̶a̶d̶ Bad-Trip USA (WEST COAST)- PARTIE 1

  1. hé ben dis donc que d’aventures!! ça donne envie d’en savoir plus 🙂
    mais j’espère que vous avez eu plus de chance dans la suite du voyage ^^

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